Elohim Prandi : Biographie d'un prodige du handball français

Elohim Prandi, né le 24 août 1998 à Istres, est un joueur de handball français de renom. Fils de Mézuela Servier, ancienne capitaine de l'équipe de France féminine, et de Raoul Prandi, ancien demi-centre, il a baigné dans le monde du handball dès son plus jeune âge.

Formation et débuts professionnels

La formation en club d'Elohim Prandi se déroule à l'US Ivry sous la direction de Daniel Hager. Il commence à jouer alors qu’il n'a pas 18 ans, démontrant déjà un talent prometteur. En 2017, il rejoint l’USAM Nîmes Gard et signe son premier contrat professionnel, marquant ainsi le début de sa carrière professionnelle.

Ascension au Paris Saint-Germain

En juillet 2019, Elohim Prandi signe un contrat avec le Paris Saint-Germain (PSG) pour la saison 2020-2021, rejoignant ainsi l'un des clubs les plus prestigieux de France et d'Europe. Cette étape marque une progression significative dans sa carrière.

Blessures et épreuves

La carrière d'Elohim Prandi a été marquée par des moments difficiles. En juin 2023, lors d'un match contre le Handball Club de Nantes, il subit une fracture de la main gauche. Plus grave encore, le 1er janvier 2022, il est poignardé dans le dos à six reprises à Paris lors de la soirée du Nouvel An. Malgré ces épreuves, il a fait preuve d'une résilience remarquable.

Euro 2024 : Un moment de gloire

Lors de la demi-finale de l’Euro 2024 face à la Suède, Elohim Prandi réalise un exploit en égalisant à la dernière seconde réglementaire d’un jet franc. Ce moment de gloire témoigne de son talent et de sa détermination.

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Parcours et influences familiales

Elohim Prandi a le handball dans les veines. Il a dû travailler pour réussir à franchir les étapes à vitesse grand V. Il a notamment fallu passer un gros cap mental : « Il y a eu beaucoup de travail physique car en grandissant rapidement, les muscles ne suivent pas forcément. Je devais me muscler tout en évitant la surcharge de travail. Il y a aussi eu un gros travail mental, parce que lorsqu’on est jeune, on ne se rend pas compte de la difficulté de ce qu’il faut faire pour arriver au plus haut niveau. Il faut être capable de se mettre sur le bon chemin. Ça a été assez éprouvant pour moi, au niveau du changement de comportement, de la vision des choses, de la maturité à prendre. Cela a été beaucoup de travail, mais cela a porté ses fruits. »

"Quand j’étais petit, j’étais archi-nul !" Si Elohim Prandi est « né avec un ballon dans les mains », la route vers le professionnalisme n’était pas toute tracée. Il serait trop simple de penser qu’avec un père - Raoul Prandi - quatrième des Jeux olympiques d’Atlanta en 1996 et une mère - Mézuela Servier - ex-capitaine de l’équipe de France féminine de handball, Elohim allait naturellement connaître le même destin. Pour ses grands débuts sur les parquets, le natif d’Istres a « fait gardien ». Il tient à préciser : « Et j’étais bon en plus ! » Meilleur que dans le jeu : « Je jouais ailier gauche, j’étais tout petit, je n’avais pas de muscles, je ne ressemblais à rien. On ne mettait pas une pièce sur moi ! » Les parents ont suivi tout cela attentivement, mais bien décidés à laisser leur enfant choisir son chemin. Difficile d’imaginer l’arrière gauche de 21 ans, culminant aujourd’hui à 1,93 m et imposant ses 96 kg de muscles sur les parquets, chétif et en difficulté.

Le premier déclic est arrivé vers 11 ans : « J’ai eu une grosse poussée de croissance. À partir de là, j’ai développé des qualités techniques et physiques très rapidement. C’est à partir de là que j’ai commencé mon apprentissage et mon ascension. » L’aisance et les progrès aidant, les sélections départementales lui donneront l’envie de devenir professionnel : « Je commençais à sentir que j’avais envie de faire ça beaucoup plus sérieusement. On a tous ce petit rêve quand on est petit de jouer avec les pros, mais on ne se dit jamais véritablement qu’on va y arriver.

Parcours en club : De Ivry à Paris

Avant d’arriver dans le Gard, Elohim Prandi a joué son premier match chez les professionnels à 16 ans, en D2 avec Ivry. « C’était le dernier match de la saison. On allait faire la fête, car on était champion. J’avais joué, c’était déjà un kif de pouvoir jouer en D2. Mais, au fond, ce n’est pas ce que je visais. Je voulais jouer en D1, je voulais évoluer au plus haut niveau. Mais commencer par ça, ça reste un très bon souvenir pour moi. »

Assez rapidement, et même s’il n’oubliera pas ce que l’US Ivry lui a apporté, il prend la direction du Sud de la France, pour renforcer une formation nîmoise ambitieuse. « C’est un choix personnel, j’avais besoin de plus de visibilité. J’avais aussi envie de faire mon propre chemin, de partir de Paris, m’éloigner - de façon positive - de mes proches. Je voulais jouer les premiers rôles aussi, parce que c’était l’ambition de Nîmes. C’est ce qui s’est passé, j’ai énormément évolué, ils m’ont donné toutes les armes pour que je puisse montrer toute l’étendue de mon talent, tout ce que j’étais capable de faire.

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Ses performances nîmoises n’ont pas laissé insensibles les recruteurs du PSG. Elohim Prandi va tout donner pour terminer la saison du mieux possible avec l’USAM Nîmes Gard, afin d’arriver avec un maximum de confiance dans le club de la capitale. « Je suis jeune, même si je montre déjà beaucoup de choses et que je suis devenu un des cadres de mon club sur le terrain, j’ai encore une belle marge de progression. Je suis continuellement en apprentissage, pour moi, c’est important de grandir correctement mais le plus vite possible, pour qu’à Paris je sois déjà capable d’assumer un rôle bien précis », explique-t-il. « Quand Paris s’est manifesté, j’ai vu ça comme un gros défi, de pouvoir faire partie d’un projet d’avenir dans un des plus grands clubs d’Europe. J’ai complètement adhéré à ce projet-là. Avec l’équipe de France, j’ai eu l’occasion de jouer avec certains mecs de l’équipe, et je m’efforce déjà de pouvoir créer certaines affinités pour ne pas perdre de temps. »

À Paris, Elohim Prandi retrouvera sa famille et ses amis, dont un certain Kylian Mbappé. Les deux sportifs se connaissent depuis l’âge de 13 ans et suivent la même ascension fulgurante. Et dans les deux cas, la famille est un cadre important. « Mes parents me soutiennent énormément, sans trop me mettre de pression. Ils sont fiers, mais sans trop le montrer non plus, parce qu’on est très perfectionniste dans la famille. Quand ils me parlent de mon potentiel, c’est pour dire que ce que je fais est bien mais que je peux faire encore mieux », explique le handballeur.

Ambitions et avenir

Autre point commun, l’équipe de France. Elohim Prandi a disputé l’Euro avec les Bleus et, malgré l’échec sportif, il en retire une superbe expérience : « C’est quelque chose que j’ai envie de revivre encore et encore. Pour gagner. C’est un peu contradictoire parce qu’on est frustré de sortir dès le premier tour. Le futur joueur du PSG l’assure, les Bleus seront prêts pour le tournoi de qualification olympique avec leur nouveau sélectionneur : « On est prêt à montrer que ce n’était qu’un passage à vide. On ira aux Jeux olympiques. La défaite permet de se remettre en question, on grandit aussi comme ça. C’est une page qui se tourne, mais on va essayer d’écrire la prochaine de la meilleure façon possible. À nous de travailler tous ensemble et dans la même direction. »

Elohim Prandi veut vivre ses premiers Jeux olympiques, à Tokyo, mais il rêve surtout du rendez-vous à Paris, en 2024. « Ce serait extraordinaire de vivre des Jeux olympiques à Tokyo, je me donnerai à fond pour y aller. Mais si je n’y suis pas, ça ne sera pas une grosse déception parce que je suis jeune, j’ai moins d’expérience que la plupart des joueurs de l’équipe de France. En revanche, Paris 2024 est un réel objectif.

Wallem Peleka : Un autre talent du PSG

Arrivé sur le tard au handball, l’arrière gauche de 22 ans trouve sa place chez les champions de France aux côtés des Karabatic ou Elohim Prandi. Solide défenseur, ce fils de volleyeurs a signé son premier contrat professionnel avec le PSG.

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La discussion décisive date de la mi-août. La section handball du PSG rentre d’un stage au Japon avec une mauvaise nouvelle. Le tibia gauche de Yoann Gibelin est fracturé, et il sera indisponible plusieurs mois. L’entraîneur Raul Gonzalez se rapproche alors de Wallem Peleka avec un message : « Rejoins-nous dans le groupe. » L’arrière gauche, 21 ans alors, qui entre dans sa dernière année de formation, ne rate pas l’opportunité. « Je l’ai pris au pied de la lettre, j’ai travaillé pour défendre, avoir la confiance des coéquipiers », appuie-t-il.

Agression de Prandi : Un événement marquant

Un verre d'eau renversé, et une vie peut basculer. Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, Elohim Prandi a été victime d'une violente agression. Poignardé à six reprises, le handballeur du Paris SG a été transporté dans un état grave à l'hôpital Ambroise-Paré de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Mais heureusement, rapidement, son pronostic vital n'a pas été engagé et depuis, il se remet de cette attaque qui le privera de l'Euro 2022 (13 au 30 janvier) avec l'équipe de France. Un moindre mal, vu les circonstances.

Participant à une soirée privée dans un restaurant de la rue Pierre-Charron, située à proximité des Champs-Élysées dans le VIIIe arrondissement parisien, Prandi aurait eu une vive altercation avec un autre participant à la fête au sujet d'un… «verre d'eau renversé», selon une source citée par le quotidien sportif. Un fait pour le moins anodin, qui allait conduire à de graves conséquences. En effet, dans la foulée de cet échange verbal houleux, l'arrière du Paris SG se serait empoigné avec cet homme, moment choisi par une autre personne pour s'emparer d'un objet tranchant avant de l'agresser et de le frapper à six reprises. «Il y avait beaucoup de monde sur les lieux mais reste à savoir précisément qui a vu quoi, relate une source policière dans L'Équipe.

Dika Mem : Un autre leader de la relève

Les frères Karabatic, Valentin Porte, Elohim Prandi, sans compter les sept blessés avant même le début de la compétition… Les bobos s’accumulent au sein de l’équipe de France de hand, mais il y a peut-être un motif d’espoir à aller chercher là-dedans. Les Bleus, qui affrontent la Suède ce vendredi en demi-finale du Mondial, ont réussi à se hisser dans le dernier carré alors que leur arme numéro 1, Dika Mem, ne s’est pas encore vraiment mise en route. Blessé lui aussi, au sortir du premier match face à la Pologne, l’arrière droit du Barça n’est revenu qu’à l’occasion de la dernière rencontre du tour principal contre l’Espagne, avant de retrouver réellement sa place face aux Allemands en quarts, mercredi.

Alors que Nikola Karabatic traîne une douleur au pied, c’est le moment pour le gaucher de 25 ans d’endosser définitivement le rôle auquel on le destine depuis des années, celui de leader de la relève. Comme ses comparses Nedim Remili (27 ans) et Ludovic Fabregas (26 ans), Dika Mem fréquente les Bleus depuis longtemps maintenant. Comme il se doit au sein de la dynastie royale des Bleus du hand, il a pris sa place petit à petit, couvé par les glorieux aînés Michaël Guigou, Luc Abalo ou Cédric Sorhaindo.

Plus que par la parole, c’est toutefois par son volume de jeu et son extraordinaire bras gauche que le Francilien s’est imposé. Naturellement et inéluctablement, comme partout où il est passé depuis qu’on lui a collé un ballon de hand dans les mains. L’histoire commence à être connue. A 13 ans, Dika Mem, plutôt branché foot et basket, n’avait encore jamais mis les pieds sur un terrain de hand avant d’y être traîné par un copain, sélectionné lors d’une journée de détection dans le Val-d’Oise. « On n’avait pas trouvé de gauchers, alors on a demandé aux jeunes s’ils en connaissaient qui pourraient être intéressés », rembobine Fabrice Le Roy.

C’est ainsi que l’ancien coach de Sannois-Saint-Gratien, qui participait à ces détections, a vu arriver lors de l’entraînement suivant un gamin déjà grand, costaud, avec un talent évident dans les mains, en plus de représenter l’énorme avantage d’être gaucher. « C’est difficile à décrire comme ça, mais on voyait tout de suite son aisance dans la course, son jump. Et puis il avait des savoir-faire techniques, dans le débordement par exemple, alors qu’il ne connaissait pas le hand, raconte son premier formateur. Il présentait des qualités intrinsèques qui marquent un entraîneur. »

Ascension fulgurante de Dika Mem

La suite, c’est une ascension express et rarissime vers le plus haut niveau français. En l’espace de trois ans, Dika Mem intègre le pôle espoir d’Eaubonne, les équipes de France de jeunes, l’équipe première de Saint-Gratien en Nationale 1 puis celle de Tremblay-en-France, en première division. « J’avais deux gauchers, dont un international slovène. Il les a mis sur le banc de touche en quelques matchs », relève David Christmann, le coach de l’époque. Plus encore que les qualités offensives du garçon, c’est sa manière de défendre qui avait convaincu le technicien. « Il était mons-tru-eux, insiste-t-il. Une vraie perle. »

Et tout ça alors que selon les dires de l’intéressé lui-même, le hand ne l’avait pas accroché plus que ça au départ. « Je n’ai jamais senti ça chez lui, coupe Fabrice Le Roy. Mais c’est un gamin intelligent, je pense qu’il a dû sentir à un moment que c’est dans ce sport qu’il pourrait percer, qu’il avait quelque chose en plus. » Faire partie des meilleurs, au niveau départemental d’abord, puis régional, et ainsi de suite, a effectivement servi de moteur au jeune Dika.

Ado très mature pour son âge, il a découvert jeune le sens des responsabilités et les efforts à effectuer pour atteindre ses objectifs. Sollicité par tous les plus grands clubs français après avoir explosé à Saint-Gratien, il a choisi Tremblay pour l’assurance de jouer, mais aussi pour la proximité géographique, qui lui permettait de continuer à s’occuper de sa grand-mère et de son petit frère.

Dika Mem : Un emblème catalan

Heureusement pour nous, on a encore (normalement) une dizaine d’années devant nous avant de devoir réfléchir à la trace que Mem laissera dans l’histoire du jeu. Pour l’instant, le gaillard (1,94m, 104 kg) régale avec le Barça, où il est arrivé à peine majeur et dont il est en train de devenir un emblème. Grand artisan des deux dernières campagnes - victorieuses - en Ligue des champions, nommé vice-capitaine cette saison, le Français a prolongé jusqu’en 2027 dans ce club où il dit se sentir « comme à la maison ».

En Catalogne, on salue son exemplarité, sa force de travail et ses progrès constants. « C’est un joueur d’un niveau incroyable mais dont le potentiel reste énorme pour un joueur de 25 ans, souligne par téléphone son entraîneur, Carlos Ortega. Il est toujours en demande, et ça c’est très important pour un club comme le Barça car quand l’une de tes étoiles montre autant d’envie et de plaisir au quotidien, les autres n’ont d’autres choix que de suivre. »

L’ancien coach de Copenhague et Hanovre, qui a pris en 2021 la suite de l’historique Xavi Pascual, connaissait le loustic de réputation. Ce qu’il a vu en arrivant l’a tout de même bluffé.

Décryptage tactique de Dika Mem

« « Pour un défenseur, c’est très compliqué de défendre sur Dika car si tu montes dessus, il est supérieur dans le un contre un et il peut te passer, mais si tu restes en retrait pour sécuriser, il est capable d’envoyer des tirs de dingue [de loin]. En plus de sauter haut, il arme très rapidement avec une puissance folle. C’est un joueur très complet. » »

Auteur de cinq buts contre la Pologne avant de se blesser aux abdominaux, l’arrière droit des Bleus est apparu un peu en dedans face à l’Allemagne mercredi (3 sur 7 en 42 minutes de jeu). Pas d’inquiétude toutefois, le rendez-vous face à la Suède, championne d’Europe et vice-championne du monde en titre, chez elle à Stockholm, est du genre à réveiller la bête. « Je n’ai aucun doute, il fait partie des meilleurs joueurs au monde, pour moi c’est clair », lance son pote Yanis Lenne.

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