Le handball, un sport collectif dynamique et rapide, met en scène deux équipes de sept joueurs qui s'affrontent sur un terrain de 40 mètres de long et 20 mètres de large. Au sein de chaque équipe, chaque joueur se voit attribuer un poste spécifique, chacun ayant des responsabilités distinctes et contribuant à la stratégie globale. Parmi ces postes clés, le pivot occupe une place centrale et déterminante. Cet article se propose d'explorer en profondeur le rôle du pivot au handball, en analysant ses responsabilités, ses qualités requises et son impact sur le jeu.
Définition et Positionnement du Pivot
Le pivot est souvent considéré comme l'ancre de l'équipe. Il évolue au cœur de la défense adverse, à proximité du but, et est fréquemment marqué par deux joueurs adverses. Sa position centrale lui confère un rôle essentiel dans la perturbation de la défense et la création d'espaces pour ses coéquipiers.
Missions Principales du Pivot
Le rôle du pivot est d'utiliser son corps comme un mur pour gêner les adversaires dans leur défense et créer de l’espace pour ses coéquipiers ou pour lui-même. Le but du pivot est de se positionner de telle sorte que les défenseur·euses ne puissent plus intervenir sur son coéquipier·e. C’est ce qu’on appelle un bloc du pivot. Si un·e deuxième défenseur·euse décide de monter sur l’attaquant·e, un espace sera créé dans le dos de ce·tte défenseur·euse et le·la pivot pourra alors « glisser » dans cet espace.
- Perturbation de la défense adverse: Le pivot a pour mission de désorganiser la défense adverse par ses déplacements, ses blocs et ses prises de position. En occupant l'attention des défenseurs, il crée des espaces pour ses coéquipiers, leur permettant de prendre des intervalles et de tirer.
- Création d'espaces: Le pivot se positionne de manière à ce que les défenseurs ne puissent plus intervenir sur ses coéquipiers. C'est ce qu'on appelle un bloc du pivot. Si un deuxième défenseur monte sur l'attaquant, un espace se crée dans son dos, permettant au pivot de "glisser" dans cet espace.
- Réception de la balle et tir: Si le pivot parvient à se faire oublier par ses adversaires, il peut recevoir la balle et aller lui-même tirer. Une fois le ballon saisi, et s’il·si elle a pu se retourner face au but, il se retrouve alors dans un duel tireur/gardien à 6m, et son équipe compte sur lui·elle pour concrétiser cette belle occasion.
Tout d’abord, c’est souvent le·la pivot qui est responsable de l’engagement au handball. En effet, sa position lors d’une attaque placée (dans la défense de l'équipe adverse) rend logique le fait que ce soit lui·elle qui engage, le·la rapprochant ainsi de sa position d’attaque. C’est également souvent le·la pivot qui joue les coups francs sur la ligne des 9 mètres. Il·elle fait la passe à l’arrière ou au·à la demi-centre qui peut se lancer et aller tirer ou continuer l’attaque placée.Néanmoins, ces rôles ne sont que des fonctions secondaires du·de la pivot.
Un geste du·de la pivot souvent utilisé et très utile au handball s’appelle le bloc. Similaire à l’écran du basket, il consiste à utiliser son corps (sans ses bras) pour gêner le·la défenseur·euse et l’empêcher de neutraliser l’attaquant·e. Cela permet souvent (lorsque c’est bien fait) à l’attaquant·e qui aura bénéficié du bloc de se retrouver en situation de tir. Si, malheureusement pour l’attaquant·e, un·e défenseur·euse vient refermer sur lui·elle, cela créera un nouvel espace dans lequel le pivot pourra s’insérer pour aller lui-même au tir.
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Pour ce qui est de la défense, le·la pivot est souvent responsable de la défense sur le secteur central (en 3) où il·elle défend sur le·la demi-centre et le pivot adverse en collaboration avec un·e deuxième joueur·euse. Il·elle peut également être amené·e à défendre sur le secteur arrière (en 2) où il·elle défend sur l’arrière et/ou le pivot avec un·e autre joueur·euse également.
Demi-centre et pivot travaillent souvent main dans la main. En effet, le·la demi-centre est celui·celle qui annonce le schéma d’attaque qui doit être suivi et souvent, ce schéma dépend de la position du·de la pivot, qui permet d’affaiblir la défense à tel ou tel endroit.
Qualités Essentielles du Pivot
Pour exceller à ce poste exigeant, le pivot doit posséder un ensemble de qualités physiques, techniques et mentales spécifiques :
- Force physique et résistance: Il faut être costaud, très costaud, sinon vous n’avez rien à faire là ! Il est impératif d’être assez solide physiquement, d’être apte à recevoir les coups. Un fétu de paille ne pourra pas endurer le combat physique et les bousculades permanentes dans la défense adverse. Les pivots de l’équipe de France masculine des années 80 et 90 étaient des petits taureaux : des physiques de rugbymen, 1,80 m pour 100 kilos. Aujourd’hui, nos Luka Karabatic, Ludovic Fabregas et Nicolas Tournat sont tous autour de la barre des 2 mètres. Ils sont très grands ! Ils en imposent doublement dans la défense adversaire. Cette évolution morphologique commence aussi à s’effectuer dans le handball féminin. Même si les pivots de taille moyenne ont encore de beaux jours devant elles, des joueuses telles que Astride N’Gouan (1,87 m) et Béatrice Edwige (1,82 m) vont devenir la norme à ce poste.
- Agilité et coordination: Le pivot est très agile. Il excelle par exemple dans la prise de balle par sa «mauvaise main». Car si le joueur est droitier, la défense va faire en sorte de bloquer son bras droit pour empêcher la passe. Un bon pivot est donc capable de réceptionner la balle des deux mains et dans des périmètres vraiment minuscules. Il est également capable de se contorsionner et de tirer dans des positions improbables : de dos, à l’horizontale, à genoux… La qualité d’adresse est donc indispensable.
- Prise de balle et adresse: C’est alors qu’intervient la qualité qu’il·elle doit travailler principalement : la prise de balle. Les défenseur·euses sont proches, les passes difficiles et il n’a souvent qu’une main de disponible pour attraper le ballon. Ce tir est particulièrement difficile car le pivot est souvent déséquilibré·e et doit essayer de sortir de la défense tout en réalisant un tir cadré hors du cylindre du·de la gardien·ne et après une réception de balle parfois compliquée.
- Mental de combattant: Et puis le pivot doit avoir la niaque. C’est un combattant qui est prêt à jouer des coudes contre deux, voire trois défenseurs durant soixante minutes.
L'Impact du Pivot sur le Jeu
Le pivot est le joueur indispensable de l'équipe (hors gardien de but) puisque c'est autour de lui que le jeu offensif va s'organiser. Si le pivot arrive à mettre le gros bazar dans la défense, cela profitera à ses coéquipiers qui auront la possibilité de prendre des intervalles et de tirer. Si au contraire il parvient à se faire oublier par ses adversaires, il pourra recevoir la balle et aller lui-même tirer. L'attaque de son équipe s'organise donc en fonction de ses actions et de ses mouvements. Dans le handball d’aujourd’hui, les pivots sont généralement les clés de voûte du collectif lorsqu’il s’agit de défendre. La plupart du temps, ils sont chargés de défendre sur le pivot de l’attaque adverse. Donc pour résumer, ces joueurs prennent beaucoup de baffes en attaque mais sont capables de rendre la pareille en défense !
Le Duel Pivot-Gardien : Un Moment Clé
C’est un duel unique parce qu’il s’effectue de très, très près. La plupart du temps, lorsque le pivot tire, il est positionné à six mètres de la ligne de but en plein secteur central : une position idéale dans laquelle les autres joueurs ne sont que très rarement. Le gardien a donc tendance à s’avancer vers lui, parfois même à se jeter sur lui pour lui fermer le plus d’angles de tir possibles.
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Les Autres Postes et Leurs Rôles
Pour bien comprendre l'importance du pivot, il est utile de rappeler les rôles des autres joueurs sur le terrain :
- Les ailiers: L’ailier·e, c’est le·la joueur·euse qui se trouve dans l’angle du terrain, entre la ligne de touche et la ligne de fond du terrain.Généralement, c’est la « mobylette » de l’équipe, celui·celle qui court vite et longtemps, toujours le·la premier·e à partir en contre-attaque et à replier (revenir en défense) quand l’équipe adverse récupère la balle.L’ailier·e c’est aussi le·la finisseur·euse de l’équipe, celui·celle qui a l’occasion de conclure les décalages que ses coéquipier·es lui ont créés. Très habile techniquement, il·elle est capable de marquer malgré un angle de tir très fermé grâce à une panoplie de tirs très variée : lobs, tirs à rebonds, ou encore chabalas, roucoulettes dans le style Luc Abalo… Autant d’armes que l’ailier·e a dans son arsenal pour essayer de battre le·la gardien·ne : un véritable tireur de précision. Pour cela, il est nécessaire que l'ailier·e ait un excellent poignet, permettant de tromper le·la gardien·ne.
- Les arrières: C’est LE·LA “shooteur·euse” de l’équipe, il n'y a pas que Nikola Karabatic qui s'est illustré·e à ce poste, comment oublier Daniel Narcisse ou Grâce Zaadi? Celui·celle a ce poste est en charge de tirer de nombreuses fois dans le match, n’en déplaise à son ailier·e qui peut parfois attendre désespérément que le ballon arrive sur lui.Généralement, l’arrière est de grand gabarit, capable de sauter suffisamment haut pour tirer au dessus du contre adverse et battre le·la gardien·ne mais pas uniquement. Il·elle doit être capable via passement de bras ou via un “un contre un” de passer le·la défenseur·euse. Dans le handball moderne, on retrouve d’ailleurs de plus en plus de petits gabarits en arrière, capables de prendre les défenses de vitesse et de finir à 6 mètres. L’arme indispensable de l’arrière reste tout de même le tir de loin, de 9 à 10 mètres du but adverse puisqu’un bon nombre de combinaisons l’emmènent en position de tir lointain. L’arrière reste un élément essentiel dans la fluidité et de la continuité du jeu, et il·elle est souvent à l’origine de la dernière passe qui amène un·e ailier·e ou un pivot en position de tir. En effet, il·elle doit faire vivre le ballon suite à l’enclenchement impulsé par son·sa demi centre, ce qui crée des décalages à son ailier·e.
- Le demi-centre: Il·elle a le rôle de maestro, le·la distributeur·trice, le·la chef·fe d’orchestre, le cerveau de l’équipe (Qui a dit que le rédacteur de l’article était demi centre ?).Positionné·e au centre du terrain, c’est à lui·elle d’observer et d’analyser la défense adverse pour annoncer les enclenchements qui la mettront à mal. En général, c’est lui·elle qui distribue les ballons sur attaque placée. Il·elle est capable d’attirer les défenseur·euses pour créer des décalages à ses coéquipier·es et met donc sur orbite les postes d’arrières et d’ailier·es.De par sa position sur le terrain, il·elle doit également être capable de réaliser des un contre un ou encore tirer de loin pour faire monter la défense et libérer des espaces pour ses partenaires les plus proches, les arrières ou le·la pivot. Au delà de ses qualités individuelles, c'est également souvent lui·elle qui décide à quel moment déclencher telle ou telle combinaison.Le poste de demi-centre est en général celui du·de la créateur·trice de jeu de l’équipe, essayant des passes aveugles, des tirs à la hanche et autres tentatives artistiques du genre. Cependant, il·elle doit rester rigoureux car ses coéquipier·es attendent de lui·elle qu’il·elle organise le jeu et qu’il·elle les mette en position favorable de tir.
- Le gardien de but: Arrêter des tirs. C'est le dernier rempart. Celui·Celle sur qui on compte quand on a perdu un duel en défense pour nous sauver et éviter d’encaisser le but, en allant chercher le ballon dans les coins de son but. Il·elle doit présenter de grandes qualités d'explosivité.On retrouve différents types de gardien(ne) sur un terrain, et il est parfois difficile pour les attaquant·es de s’adapter. Du·de la gardien·ne instinctif capable d’anticiper le tir avant son déclenchement, au·à la gardien·ne “explosif·ve”, qui tente des parades en sautant, en déployant une ou ses deux jambes en “étoile”, et arrête du pied une balle qui prenait pourtant la direction de la lucarne, en passant par le·la gardien·ne cérébral·e capable d’analyser au cours de la rencontre les habitudes de tirs d’un·e attaquant·e et le·la faire déjouer, autant de styles différents qu’on retrouve sur un terrain.Dans le handball moderne, le·la gardien·ne est aussi le·la premier·e attaquant·e. Dès qu’il·elle a effectué un arrêt ou s’il·si elle encaisse un but, son objectif est de relancer le jeu le plus rapidement possible. Les contre-attaques pour les ailier·es et les engagements rapides sont des moyens privilégiés pour marquer des buts « faciles », avant que la défense ne soit replacée. Le·la gardien·ne est même aujourd’hui capable de marquer des buts de sa zone depuis que les règles de jeu ont évolué et bien-sûr si la situation en match le permet.Les gardien·nes sont les véritables clés de voûtes des équipes, repoussant des tirs à bout portant et insufflant énormément de confiance à toute sa défense.
L'Entraînement Spécifique du Pivot
Un entraînement spécifique est essentiel pour développer les compétences requises pour le poste de pivot. Toutes les semaines, Libération vous aide à regarder le sport à la télévision. Aujourd'hui, le rôle du pivot au handball à l'occasion d'un week-end de Ligues des champions, féminine et masculine. Souvent grand et robuste, il est le joueur qu’on «envoie au charbon» pour perturber sans relâche les défenseurs positionnés sur la ligne des six mètres. Mais à quoi sert-il précisément durant le match ? Quelle est sa particularité ? Son impact sur le jeu ? Réponse avec l’expert Daniel Costantini, ancien sélectionneur de l’équipe de France masculine de handball (1985-2001).
Le pivot est le joueur indispensable de l'équipe (hors gardien de but) puisque c'est autour de lui que le jeu offensif va s'organiser. Il doit occuper la défense adverse et la mettre en difficulté - par ses déplacements, ses blocs, ses prises de position - pendant que ses coéquipiers combinent pour trouver une solution. Si le pivot arrive à mettre le gros bazar dans la défense, cela profitera à ses coéquipiers qui auront la possibilité de prendre des intervalles et de tirer. Si au contraire il parvient à se faire oublier par ses adversaires, il pourra recevoir la balle et aller lui-même tirer. L'attaque de son équipe s'organise donc en fonction de ses actions et de ses mouvements. Dans notre jargon, on dit souvent «jouer autour du pivot» : cela démontre bien que ce joueur est le repère sur lequel toute action offensive va s'enclencher.
Dans le handball d’aujourd’hui, les pivots sont généralement les clés de voûte du collectif lorsqu’il s’agit de défendre. La plupart du temps, ils sont chargés de défendre sur le pivot de l’attaque adverse. Donc pour résumer, ces joueurs prennent beaucoup de baffes en attaque mais sont capables de rendre la pareille en défense !
Il faut être costaud, très costaud, sinon vous n’avez rien à faire là ! Il est impératif d’être assez solide physiquement, d’être apte à recevoir les coups. Un fétu de paille ne pourra pas endurer le combat physique et les bousculades permanentes dans la défense adverse. Les pivots de l’équipe de France masculine des années 80 et 90 étaient des petits taureaux : des physiques de rugbymen, 1,80 m pour 100 kilos. Aujourd’hui, nos Luka Karabatic, Ludovic Fabregas et Nicolas Tournat sont tous autour de la barre des 2 mètres. Ils sont très grands ! Ils en imposent doublement dans la défense adversaire. Cette évolution morphologique commence aussi à s’effectuer dans le handball féminin. Même si les pivots de taille moyenne ont encore de beaux jours devant elles, des joueuses telles que Astride N’Gouan (1,87 m) et Béatrice Edwige (1,82 m) vont devenir la norme à ce poste.
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Le pivot est très agile. Il excelle par exemple dans la prise de balle par sa «mauvaise main». Car si le joueur est droitier, la défense va faire en sorte de bloquer son bras droit pour empêcher la passe. Un bon pivot est donc capable de réceptionner la balle des deux mains et dans des périmètres vraiment minuscules. Il est également capable de se contorsionner et de tirer dans des positions improbables : de dos, à l’horizontale, à genoux… La qualité d’adresse est donc indispensable. Et puis le pivot doit avoir la niaque. C’est un combattant qui est prêt à jouer des coudes contre deux, voire trois défenseurs durant soixante minutes.
C’est un duel unique parce qu’il s’effectue de très, très près. La plupart du temps, lorsque le pivot tire, il est positionné à six mètres de la ligne de but en plein secteur central : une position idéale dans laquelle les autres joueurs ne sont que très rarement. Le gardien a donc tendance à s’avancer vers lui, parfois même à se jeter sur lui pour lui fermer le plus d’angles de tir possibles. Nous poursuivons notre découverte des postes du handball avec celui de pivot. Placé au cœur de la défense, son rôle est souvent ingrat mais essentiel pour perturber le secteur défensif adverse. Jouer d'abord pour les autres avant de jouer pour soi-même voilà ce que pourrait être la devise du pivot. Pour mieux comprendre son intérêt, ce n'est rien moins qu'une internationale française, Gladys Boudan, qui nous guide. 5 avr. Gladys Boutan, Bretonne de 25 ans, joue depuis 2005 au club d’Arvor 29 P de Brest. Le club est passé de la Nationale 1 à la LFH en cinq ans. Il est actuellement leader devant Metz, excusez du peu. Gladys a suivi la progression de son club et gravit les échelons en équipe de France. 2008 à ce jour D1 Arvor 29Sélections : 6 sélections en équipe de France AOù te situes-tu sur le terrain en attaque ?Dans la défense adverse.Quel est ton rôle en attaque ?Faire des blocs, des écrans pour mes coéquipières, perturber la défense adverse.Bloc : Faire barrage à un défenseur créant ainsi un espace dans la défense. On l’empêche de se déplacer latéralement.Écran : Se mettre devant un défenseur l’empêchant ainsi de monter sur un partenaire d’attaque. On masque le défenseur dans la profondeur.Quelles sont les spécificités du poste de pivot ? Bien se placer pour ne pas gêner ses coéquipières et bien connaître le jeu de ses coéquipières Quels sont les atouts qu’un pivot doit posséder ?Être solide physiquement car c’est un poste où on prend énormément de coups, combative, avoir l’instinct du jeu, du réflexe…Et toi comment décris-tu ton jeu sur un terrain ?J’aime jouer pour les autres, je me sacrifierais pour mes coéquipières, je joue beaucoup à l’instinct.Quel est ton tempérament sur un terrain ?Combative, guerrière, je lâche rien !!!!Ta référence ?Ma mère, mais qui ne fait pas du tout de hand. Ce sont les valeurs qu’elle m’a transmises qui font ce que je suis aujourd’hui.
Pauletta Foppa : Un Exemple Moderne de Pivot d'Exception
La prochaine fois que votre progéniture vous rabâche qu’il n’est pas franchement fan du sport dans laquelle vous l’avez inscrit, que ce soit le foot, le tennis ou le twirling bâton, dîtes lui bien de prendre exemple sur Pauletta Foppa. A 12 ans, la gamine n’était franchement pas emballée par le handball et, presque dix ans plus tard, la désormais pivot de l’équipe de France, qui affronte l’Allemagne à l’Euro ce mardi (20h30), est championne olympique, vainqueure de l’Euro 2018, finaliste des Mondiaux (2021) et de l’Euro 2020. A 21 ans, donc.
Le déclic a eu lieu à la fin de la seconde, alors qu’elle est entrée au Pôle espoirs d’Orléans : « Jusqu’alors, elle avait du mal à mettre ce niveau d’exigence, on devait batailler pour lui faire comprendre qu’elle pouvait devenir l’une des meilleures pivots du monde, raconte Jonathan Mouton, responsable du Pôle espoirs féminin Centre-Val-de-Loire. Et puis, quelques revers l’ont amenée à se remettre en cause. Elle s’est rendu compte que c’était une bonne joueuse et elle s’est dit qu’il fallait mettre les ingrédients pour y arriver. »
« Elle casse les défenses en deux »
Jusqu’à devenir, aujourd’hui, l’une des meilleures joueuses du monde. « En tout cas, c’est la meilleure pivot du monde, assure Manon Houette, joueuse de Chambray et consultante de BeIN Sports, qui diffuse la compétition. Elle regroupe toutes les qualités qu’on peut espérer pour une pivot. » Au point, même, de révolutionner le poste chez les féminines ? Presque, selon Sladjana Pop-Lazic, ancienne pivot, qui a joué avec Foppa quatre ans à Brest.
« Dans l’imaginaire collectif, le poste de pivot c’est du combat, des coups… Elle peut arriver à faire changer cela, avec sa richesse technique. Et, aussi avec sa tête, parce qu’elle arrive à bien analyser le jeu des défenseures. Mais bon, il y a quand même malheureusement beaucoup de combats (rires), surtout pour elle, qui se retrouve face à deux ou trois défenseures. »
« Mais, mettez-lui deux, trois filles au contact, les Avengers ou l’armée de Sauron sur le paletot, elle en sortira toujours les mains en l’air. L’avantage d’avoir bénéficié d’une formation spéciale qui lui permet d’avoir un registre unique : « Pauletta est une pivot qui tient les positions et casse les défenses en deux, détaille le formateur. On a fait le pari de l’apprentissage du gain de position, qui était plus complexe, qu’apprendre à glisser, qui vient avec le temps et l’expérience. Chez les filles, un pivot qui tient autant ce gain de position, qui est capable de faire des duels dos au but, il n’y en a pas beaucoup. »
Pauletta Foppa, deux en un
Pour les handballix qui nous suivent, petite explication technique avec Jonathan Mouton :
« Glisser, c’est avoir un espace dans le dos de la défense et s’y engouffrer pour offrir une solution de passe à ses partenaires. »
« Gain de position, c’est ouvrir les espaces pour elle et ses partenaires. C’est rester devant les défenseurs quand ça tourne autour d’elle, garder un espace devant elle, ce qui permet de donner de l’espace à l’attaque et être en situation de surnombre. »
Là où des clubs et des sélections ont besoin de deux joueuses au poste avec des qualités différentes, l’équipe de France possède en Pauletta Foppa un spécimen qui possède les deux facettes. « C’est rare de voir des filles être comme ça, reprend Sladjana Pop-Lazic. Par exemple, pour glisser, il faut avoir le feeling, savoir le fonctionnement des arrières, avoir une connexion avec les joueuses. Ce n’est pas facile et ça vient avec l’expérience. Et, elle, à 21 ans, elle a déjà acquis tout ça. »
« Pour les défenseures, le problème avec Pauletta, c’est qu’elle sait tout faire, résume Manon Houette. Tu ne peux pas empêcher les blocs, sinon elle va glisser, et vice versa, en contre-attaque elle arrive à anticiper, elle sait défendre en poste 3, tu peux la faire jouer quasiment soixante minutes et elle ne s’épuise pas… Tout ça, c’est très nouveau dans le hand. »
Illustration lors du match face au Monténégro (27-19), dimanche, où les Bleues se sont baladées. Très présente offensivement (avec un très bon 6/7), avec de belles contre-attaques, Pauletta Foppa a également muselé le principal danger adverse, Jovanka Radicevic. A la faveur d’une technique qu’elle est, là aussi, l’une des seules à maîtriser : « Quand elle est au contact, techniquement, c’est le seul défenseur féminin capable d’attraper le bras opposé, développe Jonathan Mouton. L’adversaire va arriver avec son épaule gauche devant et Pauletta va réussir à attraper son épaule droite derrière pour la ramener vers elle. »
Et ce n'est que le début
Même si ce n’est pas très patriote, petits conseils pour les prochains adversaires des Bleues afin de réduire l’efficacité de Pauletta Foppa à peau de chagrin : « Quand elle est en défense, elle peut être débordée car elle n’a pas encore toute la culture des joueuses, de la défense », selon Mouton ; « il faut l’éloigner de la zone et la pousser vers les 9 mètres, car, comme ça, quand elle récupère la balle, on a un peu plus le temps de fermer à deux ou trois sur elle et gérer le problème », d’après Houette.
Mais c'est vraiment histoire de dire, car le phénomène Foppa pourrait faire aussi évoluer le jeu tricolore dans son ensemble, selon le responsable du Pôle espoirs : « Elle marque déjà une génération. Et là où elle peut faire avancer le handball français, c’est dans le jeu de passe [sur attaque placée, une faiblesse historique des Bleues malgré leurs nombreux titres, ndlr] Pour qu’elle puisse s’exprimer, il faut des bonnes joueuses autour d’elle capables de lui faire des passes dans le bon timing. » Le titre aux JO 2024 se décidera peut-être là.
Le Rôle des Remplaçants : L'Exemple d'Igor Anic
Face à l’Espagne ce dimanche (14 h 30), l’équipe de France souhaite parachever son Mondial avec une médaille de bronze autour du cou. Cela viendrait alors récompenser l’implication d’un groupe tout entier, acquis à la cause de son sélectionneur et au sein duquel les remplaçants n’ont jamais fait profil bas. Aujourd’hui capitaine du Cesson-Rennes Métropole, Igor Anic a longtemps été la doublure de Cédric Sorhaindo au poste de pivot en équipe de France. Aujourd’hui capitaine du Cesson-Rennes Métropole, Igor Anic a longtemps été la doublure de Cédric Sorhaindo au poste de pivot en équipe de France. Observer, beaucoup ; jouer, un peu moins. Être remplaçant implique un certain nombre de sacrifices, de concessions personnelles, mais toujours au profit du groupe. Un rôle sous-estimé et dont l’équipe de France, battue par la Suède en demi-finale et qui affrontera l’Espagne ce dimanche (14 h 30) pour la troisième place, a rappelé une fois encore la définition lors de ce Mondial. Pardin, Tournat, Acquevillo, Lagarde, Dipanda, Claire… Tous ont eu du temps de jeu, des actions à mener et se sont, pour la plupart, révélés précieux aux yeux du collectif. Igor Anic connaît cela. Igor, on a la sensation que l’équipe de France vit très bien de l’intérieur. J’ai envie de dire que oui. C’est difficile de se faire une idée quand on est devant sa télévision, mais ils donnent l’image d’un groupe soudé, équilibré et qui se soutient. C’est ce qui se dégage quand ils jouent, quand il y a un but, une bonne action défensive, quand tout marche bien mais aussi quand ça ne marche pas… C’est important. C’est peut-être aussi ce qui leur a permis d’atteindre ce niveau aujourd’hui. Déjà abonné ?