Le handball, sport collectif dynamique et rapide, met en scène deux équipes de sept joueurs qui s'affrontent sur un terrain de 40 mètres de long et 20 mètres de large. Au sein de chaque équipe, chaque joueur se voit attribuer un poste spécifique, chacun ayant des responsabilités distinctes et contribuant à la stratégie globale. Parmi ces postes clés, le pivot occupe une place centrale et déterminante. Cet article se propose d'explorer en profondeur le rôle du pivot au handball, en analysant ses responsabilités, ses qualités requises et son impact sur le jeu.
Définition et Positionnement du Pivot
Le pivot est souvent considéré comme l'ancre de l'équipe. Il évolue au cœur de la défense adverse, à proximité du but, et est fréquemment marqué par deux joueurs adverses. Sa position centrale lui confère un rôle essentiel dans la perturbation de la défense et la création d'espaces pour ses coéquipiers.
Missions Principales du Pivot
Le rôle du pivot est d'utiliser son corps comme un mur pour gêner les adversaires dans leur défense et créer de l’espace pour ses coéquipiers ou pour lui-même. Le but du pivot est de se positionner de telle sorte que les défenseur·euses ne puissent plus intervenir sur son coéquipier·e. C’est ce qu’on appelle un bloc du pivot. Si un·e deuxième défenseur·euse décide de monter sur l’attaquant·e, un espace sera créé dans le dos de ce·tte défenseur·euse et le·la pivot pourra alors « glisser » dans cet espace.
- Perturbation de la défense adverse: Le pivot a pour mission de désorganiser la défense adverse par ses déplacements, ses blocs et ses prises de position. En occupant l'attention des défenseurs, il crée des espaces pour ses coéquipiers, leur permettant de prendre des intervalles et de tirer.
- Création d'espaces: Le pivot se positionne de manière à ce que les défenseurs ne puissent plus intervenir sur ses coéquipiers. C'est ce qu'on appelle un bloc du pivot. Si un deuxième défenseur monte sur l'attaquant, un espace se crée dans son dos, permettant au pivot de "glisser" dans cet espace.
- Réception de la balle et tir: Si le pivot parvient à se faire oublier par ses adversaires, il peut recevoir la balle et aller lui-même tirer. Une fois le ballon saisi, et s’il·si elle a pu se retourner face au but, il se retrouve alors dans un duel tireur/gardien à 6m, et son équipe compte sur lui·elle pour concrétiser cette belle occasion.
Qualités Essentielles du Pivot
Pour exceller à ce poste exigeant, le pivot doit posséder un ensemble de qualités physiques, techniques et mentales spécifiques :
- Force physique et résistance: Il faut être costaud, très costaud, sinon vous n’avez rien à faire là ! Il est impératif d’être assez solide physiquement, d’être apte à recevoir les coups. Un fétu de paille ne pourra pas endurer le combat physique et les bousculades permanentes dans la défense adverse. Les pivots de l’équipe de France masculine des années 80 et 90 étaient des petits taureaux : des physiques de rugbymen, 1,80 m pour 100 kilos. Aujourd’hui, nos Luka Karabatic, Ludovic Fabregas et Nicolas Tournat sont tous autour de la barre des 2 mètres. Ils sont très grands ! Ils en imposent doublement dans la défense adversaire. Cette évolution morphologique commence aussi à s’effectuer dans le handball féminin. Même si les pivots de taille moyenne ont encore de beaux jours devant elles, des joueuses telles que Astride N’Gouan (1,87 m) et Béatrice Edwige (1,82 m) vont devenir la norme à ce poste.
- Agilité et coordination: Le pivot est très agile. Il excelle par exemple dans la prise de balle par sa «mauvaise main». Car si le joueur est droitier, la défense va faire en sorte de bloquer son bras droit pour empêcher la passe. Un bon pivot est donc capable de réceptionner la balle des deux mains et dans des périmètres vraiment minuscules. Il est également capable de se contorsionner et de tirer dans des positions improbables : de dos, à l’horizontale, à genoux… La qualité d’adresse est donc indispensable.
- Prise de balle et adresse: C’est alors qu’intervient la qualité qu’il·elle doit travailler principalement : la prise de balle. Les défenseur·euses sont proches, les passes difficiles et il n’a souvent qu’une main de disponible pour attraper le ballon. Ce tir est particulièrement difficile car le pivot est souvent déséquilibré·e et doit essayer de sortir de la défense tout en réalisant un tir cadré hors du cylindre du·de la gardien·ne et après une réception de balle parfois compliquée.
- Mental de combattant: Et puis le pivot doit avoir la niaque. C’est un combattant qui est prêt à jouer des coudes contre deux, voire trois défenseurs durant soixante minutes.
L'Impact du Pivot sur le Jeu
Le pivot est le joueur indispensable de l'équipe (hors gardien de but) puisque c'est autour de lui que le jeu offensif va s'organiser. Si le pivot arrive à mettre le gros bazar dans la défense, cela profitera à ses coéquipiers qui auront la possibilité de prendre des intervalles et de tirer. Si au contraire il parvient à se faire oublier par ses adversaires, il pourra recevoir la balle et aller lui-même tirer. L'attaque de son équipe s'organise donc en fonction de ses actions et de ses mouvements. Dans notre jargon, on dit souvent «jouer autour du pivot» : cela démontre bien que ce joueur est le repère sur lequel toute action offensive va s'enclencher.
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Dans le handball d’aujourd’hui, les pivots sont généralement les clés de voûte du collectif lorsqu’il s’agit de défendre. La plupart du temps, ils sont chargés de défendre sur le pivot de l’attaque adverse. Donc pour résumer, ces joueurs prennent beaucoup de baffes en attaque mais sont capables de rendre la pareille en défense !
Le Duel Pivot-Gardien : Un Moment Clé
C’est un duel unique parce qu’il s’effectue de très, très près. La plupart du temps, lorsque le pivot tire, il est positionné à six mètres de la ligne de but en plein secteur central : une position idéale dans laquelle les autres joueurs ne sont que très rarement. Le gardien a donc tendance à s’avancer vers lui, parfois même à se jeter sur lui pour lui fermer le plus d’angles de tir possibles.
Les Autres Postes et Leurs Rôles
Pour bien comprendre l'importance du pivot, il est utile de rappeler les rôles des autres joueurs sur le terrain :
- Les ailiers: L’ailier·e, c’est le·la joueur·euse qui se trouve dans l’angle du terrain, entre la ligne de touche et la ligne de fond du terrain.Généralement, c’est la « mobylette » de l’équipe, celui·celle qui court vite et longtemps, toujours le·la premier·e à partir en contre-attaque et à replier (revenir en défense) quand l’équipe adverse récupère la balle.L’ailier·e c’est aussi le·la finisseur·euse de l’équipe, celui·celle qui a l’occasion de conclure les décalages que ses coéquipier·es lui ont créés. Très habile techniquement, il·elle est capable de marquer malgré un angle de tir très fermé grâce à une panoplie de tirs très variée : lobs, tirs à rebonds, ou encore chabalas, roucoulettes dans le style Luc Abalo… Autant d’armes que l’ailier·e a dans son arsenal pour essayer de battre le·la gardien·ne : un véritable tireur de précision. Pour cela, il est nécessaire que l'ailier·e ait un excellent poignet, permettant de tromper le·la gardien·ne.
- Les arrières: C’est LE·LA “shooteur·euse” de l’équipe, il n'y a pas que Nikola Karabatic qui s'est illustré·e à ce poste, comment oublier Daniel Narcisse ou Grâce Zaadi? Celui·celle a ce poste est en charge de tirer de nombreuses fois dans le match, n’en déplaise à son ailier·e qui peut parfois attendre désespérément que le ballon arrive sur lui.Généralement, l’arrière est de grand gabarit, capable de sauter suffisamment haut pour tirer au dessus du contre adverse et battre le·la gardien·ne mais pas uniquement. Il·elle doit être capable via passement de bras ou via un “un contre un” de passer le·la défenseur·euse. Dans le handball moderne, on retrouve d’ailleurs de plus en plus de petits gabarits en arrière, capables de prendre les défenses de vitesse et de finir à 6 mètres. L’arme indispensable de l’arrière reste tout de même le tir de loin, de 9 à 10 mètres du but adverse puisqu’un bon nombre de combinaisons l’emmènent en position de tir lointain. L’arrière reste un élément essentiel dans la fluidité et de la continuité du jeu, et il·elle est souvent à l’origine de la dernière passe qui amène un·e ailier·e ou un pivot en position de tir. En effet, il·elle doit faire vivre le ballon suite à l’enclenchement impulsé par son·sa demi centre, ce qui crée des décalages à son ailier·e.
- Le demi-centre: Il·elle a le rôle de maestro, le·la distributeur·trice, le·la chef·fe d’orchestre, le cerveau de l’équipe (Qui a dit que le rédacteur de l’article était demi centre ?).Positionné·e au centre du terrain, c’est à lui·elle d’observer et d’analyser la défense adverse pour annoncer les enclenchements qui la mettront à mal. En général, c’est lui·elle qui distribue les ballons sur attaque placée. Il·elle est capable d’attirer les défenseur·euses pour créer des décalages à ses coéquipier·es et met donc sur orbite les postes d’arrières et d’ailier·es.De par sa position sur le terrain, il·elle doit également être capable de réaliser des un contre un ou encore tirer de loin pour faire monter la défense et libérer des espaces pour ses partenaires les plus proches, les arrières ou le·la pivot. Au delà de ses qualités individuelles, c'est également souvent lui·elle qui décide à quel moment déclencher telle ou telle combinaison.Le poste de demi-centre est en général celui du·de la créateur·trice de jeu de l’équipe, essayant des passes aveugles, des tirs à la hanche et autres tentatives artistiques du genre. Cependant, il·elle doit rester rigoureux car ses coéquipier·es attendent de lui·elle qu’il·elle organise le jeu et qu’il·elle les mette en position favorable de tir.
- Le gardien de but: Arrêter des tirs. C'est le dernier rempart. Celui·Celle sur qui on compte quand on a perdu un duel en défense pour nous sauver et éviter d’encaisser le but, en allant chercher le ballon dans les coins de son but. Il·elle doit présenter de grandes qualités d'explosivité.On retrouve différents types de gardien(ne) sur un terrain, et il est parfois difficile pour les attaquant·es de s’adapter. Du·de la gardien·ne instinctif capable d’anticiper le tir avant son déclenchement, au·à la gardien·ne “explosif·ve”, qui tente des parades en sautant, en déployant une ou ses deux jambes en “étoile”, et arrête du pied une balle qui prenait pourtant la direction de la lucarne, en passant par le·la gardien·ne cérébral·e capable d’analyser au cours de la rencontre les habitudes de tirs d’un·e attaquant·e et le·la faire déjouer, autant de styles différents qu’on retrouve sur un terrain.Dans le handball moderne, le·la gardien·ne est aussi le·la premier·e attaquant·e. Dès qu’il·elle a effectué un arrêt ou s’il·si elle encaisse un but, son objectif est de relancer le jeu le plus rapidement possible. Les contre-attaques pour les ailier·es et les engagements rapides sont des moyens privilégiés pour marquer des buts « faciles », avant que la défense ne soit replacée. Le·la gardien·ne est même aujourd’hui capable de marquer des buts de sa zone depuis que les règles de jeu ont évolué et bien-sûr si la situation en match le permet.Les gardien·nes sont les véritables clés de voûtes des équipes, repoussant des tirs à bout portant et insufflant énormément de confiance à toute sa défense.
L'Entraînement Spécifique du Pivot
Un entraînement spécifique est essentiel pour développer les compétences requises pour le poste de pivot. Les pivots peuvent travailler sur leur force et leur agilité pour résister à la pression défensive et maintenir leur position dans la zone de tir.
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