Le 26 mai 1993, l'Olympique de Marseille (OM) a marqué l'histoire du football français en remportant la Ligue des Champions face au grand Milan AC à Munich, grâce à un but de la tête de Basile Boli (1-0). Trente ans après, le club phocéen reste le seul club français à avoir soulevé la C1. Cependant, ce triomphe a été rapidement suivi d'une période sombre pour le club, marquée par des affaires de corruption et une relégation administrative.
Cet article explore en détail l'effectif de l'OM lors de cette saison historique, les moments clés de leur parcours en Ligue des Champions, ainsi que les événements qui ont conduit à la chute du club.
L'Effectif de l'OM en 1993 : Un Mélange de Talents
L'équipe de l'OM en 1993 était composée d'un mélange de joueurs expérimentés et de jeunes talents, encadrés par l'entraîneur Raymond Goethals et le président Bernard Tapie. L'effectif comprenait des joueurs français de renom, ainsi que des internationaux étrangers.
Parmi les joueurs clés de l'équipe, on peut citer :
- Fabien Barthez: Gardien de but talentueux, futur champion du monde.
- Basile Boli: Défenseur central, auteur du but victorieux en finale.
- Marcel Desailly: Défenseur polyvalent, futur champion du monde.
- Didier Deschamps: Milieu de terrain et capitaine de l'équipe, futur champion du monde et d'Europe.
- Éric Di Meco: Défenseur latéral expérimenté.
- Jocelyn Angloma: Défenseur latéral polyvalent.
- Franck Sauzée: Milieu de terrain expérimenté.
- Jean-Philippe Durand: Milieu de terrain.
- Manuel Amoros: Défenseur latéral expérimenté.
- Bernard Casoni: Défenseur central expérimenté.
- Jean-Marc Ferreri: Attaquant expérimenté.
- Abedi Pelé: Milieu de terrain ghanéen, talentueux et technique.
- Alen Bokšić: Attaquant croate, efficace devant le but.
- Rudi Völler: Attaquant allemand, expérimenté et redoutable.
- Jean-Jacques Eydelie: Milieu de terrain.
L'âge moyen des onze internationaux A de 1993 était de 27 ans et 9 mois.
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Le Parcours en Ligue des Champions : Une Épopée Mémorable
Le parcours de l'OM en Ligue des Champions 1992-1993 a été marqué par des moments de bravoure et de suspense. Lors des tours préliminaires, l'OM s'est défait de Glentoran, champion d'Irlande du Nord, puis du Dinamo Bucarest, sacré l'année précédente en Roumanie.
En phase de poules, l'OM a été confronté aux Glasgow Rangers, au CSKA Moscou et à Bruges. Contrairement à l'AC Milan, qui a remporté ses six matches de poule, les Marseillais ont été plus poussifs et ont terminé avec un bilan de trois victoires et trois matches nuls. Ils ont obtenu leur qualification pour la finale lors de leur dernière rencontre en allant s'imposer sur la pelouse de Bruges grâce à un but d'Alen Boksic.
La finale contre l'AC Milan a été un match intense et disputé. L'OM a ouvert le score en fin de première période grâce à un but de la tête de Basile Boli sur un corner tiré par Abedi Pelé. En seconde période, les Marseillais ont résisté aux assauts milanais et ont conservé leur avantage jusqu'au coup de sifflet final.
L'Affaire VA-OM : La Chute d'un Empire
Quelques jours avant la finale de la Ligue des Champions, l'OM a été impliqué dans une affaire de corruption lors d'un match de championnat contre Valenciennes. Des joueurs de Valenciennes auraient été incités à lever le pied avant la rencontre. Jacques Glassman dévoile que Jean-Pierre Bernès, directeur général de l’Olympique de Marseille et Jean-Jacques Eydelie, l’un de ses anciens coéquipiers, l’auraient contacté la veille de la partie lui et deux autres joueurs de Valenciennes, Christophe Robert et Jorge Burruchaga, pour les inciter à lever le pied sur le match.
À la suite de cette affaire, l'OM a été exclu de l'édition 1993-1994 de la Ligue des Champions par le comité exécutif de l'UEFA et n'a pas pu disputer la Supercoupe d'Europe ni la Coupe intercontinentale. De plus, le club a été rétrogradé administrativement à l'issue de la saison 1993-1994 et son titre de champion de France lui a été retiré.
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Bernard Tapie a été sanctionné d'une peine de deux ans de prison dont huit mois ferme pour corruption et subornation de témoins.
Conséquences et Reconstruction
La relégation administrative de l'OM a marqué le début d'une période difficile pour le club. Plusieurs joueurs majeurs ont quitté le club, et l'équipe a dû être reconstruite.
Malgré les difficultés, l'OM a réussi à remonter en Ligue 1 en 1996. Le club a ensuite connu des succès nationaux et européens, mais la victoire en Ligue des Champions de 1993 reste un moment unique dans l'histoire du club et du football français.
L'OM Après 1993
Malgré les affaires, le club phocéen, emmené par Deschamps, Boli, Anderson, Völler, Di Meco, Barthez, Stojković et bien d’autres, termine second de première division au terme de la saison 1993-1994 et se hisse jusqu’en quarts de finale de la Coupe de France face à Montpellier. Mais à l’issue de la saison, l’OM, entraîné par Marc Bourrier, est rétrogradé administrativement à cause de l’affaire VA-OM. Marseille pourra se consoler avec la Coupe UEFA puisque le club de Tapie est autorisé à disputer la compétition européenne.
L’OM est alors obligé de dégraisser. Plusieurs joueurs majeurs quittent le club comme Deschamps, Boli et Di Méco. Tapie fait alors confiance à des vieux briscards (Germain, Ferreri, Dib, Casoni, Cascarino). L’attaquant irlandais Tony Cascarino se met en évidence en inscrivant 31 buts cette saison-là en championnat. Une saison 1994-1995 ponctuée par des changements d’entraîneurs. Marc Bourrier est remplacé par Gérard Gili à la tête de l’équipe première en décembre 1994 mais le contrat de Gili est invalidé. Henri Stambouli prend alors place sur le banc marseillais. L’OM s’incline à huit reprises en championnat lors de cet exercice mais termine premier de D2 ! En Coupe UEFA, les provençaux sont éliminés en seizièmes de finale face au FC Sion après avoir battus l’Olympiakos au tour précédent. Et la bande de Stambouli sera éliminée en demi-finale de la Coupe de France face au PSG (2-0).
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Malheureusement, la DNCG n’autorise pas l’OM à remonter en Ligue 1. Le club provençal est très endetté et va devoir passer une saison de plus en Ligue 2. Lors de la saison 1995-1996, Roussier est le nouveau président du club phocéen. Il confirme Stambouli au poste d’entraîneur mais les mauvais résultats du début de saison poussent le président à nommer Gérard Gili à la tête de l’équipe première. Les Amoros, Libbra, Cascarino, Durand, Ferrer, Alonzo parviennent à hisser l’OM à la deuxième place du classement juste derrière Caen et en demi-finale de la Coupe de France (défaite contre Auxerre aux tirs au but).