Oujda: Histoire et héritage d'une ville marocaine

Oujda, ville située à 55 km de la côte méditerranéenne et à proximité de la frontière algérienne, possède une histoire riche et complexe, marquée par diverses influences culturelles et économiques. Cet article explore l'histoire d'Oujda, son développement urbain, son économie et ses traditions, offrant un aperçu complet de cette ville de l'Oriental marocain.

Origines et fondation d'Oujda

L'histoire d'Oujda remonte à la préhistoire, avec des traces d'activité humaine découvertes dans les grottes environnantes. Selon les historiens, Oujda pourrait être Lanigare, mentionnée par Ptolémée, ou Stabulum regis, située à l'ouest de Nigrensis (Tafna). Avant l'arrivée des Romains, les populations de l'Est de la Moulouya étaient unies sous le royaume des Massaesyles, où la culture des céréales et l'élevage étaient développés.

La fondation d'Oujda remonte à environ 994, au centre de la plaine des Angads, par Ziri Ben Attia, chef des Maghraouas, investi par les Khalifes Omeyyades de Cordoue. La cité devient le siège de la dynastie des Maghraouas pendant 80 ans, acquérant de l'importance grâce à sa position stratégique sur les voies commerciales reliant la mer à Sijilmassa et Fès à l'orient.

Évolution historique et dynasties

Au fil des siècles, Oujda passe sous le contrôle de différentes dynasties, notamment les Almoravides et les Almohades, qui érigent une ceinture de fortifications en 1206. La ville assume une fonction stratégique importante en Occident musulman et fait partie du royaume Zianide pendant quelques décennies avant d'être détruite en 1271 par le sultan Abou Yaacoub Elmarini.

En 1692, le sultan Moulay Ismaïl chasse les Turcs d'Oujda, qui avaient établi leur hégémonie sur l'Algérie. La bataille d'Isly en 1844 et la première occupation de la ville marquent une période de changements et de conflits. En 1857 et en mars 1907, Oujda sert de base à la conquête du Maroc, avec des unités militaires françaises qui y stationnent.

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La médina d'Oujda : un cœur historique

La médina d'Oujda, d'une superficie de vingt-cinq hectares, abrite des monuments de valeur historique. Elle était autrefois entourée d'une ceinture de jardins plantés d'oliviers, formant un système de défense renforcé par des murailles en pisé.

Près de Bab Sidi Abdelouahab, on trouve un souk hebdomadaire, cinq fondouk, trois mosquées (Djamaâ El Kebir, Djamaâ Heddada, Djamaa Sidi Okba), une medersa et trois synagogues. Dans les jardins irrigués par les seguias, les habitants cultivent des produits maraîchers.

Les portes de la médina

La médina d'Oujda est accessible par plusieurs portes historiques, chacune ayant sa propre signification et son histoire :

  • Bab Sidi Abdelouahab : Située à l'ouest, cette porte ogivale était autrefois utilisée pour exposer les têtes coupées des rebelles, d'où son nom de « porte des têtes ».
  • Bab El Khemis : Démolie en juin 1920, elle était située au nord de la médina.
  • Bab Oulad Amran : Cette porte donne sur la rue de Marrakech.
  • Bab Gharbi : Ancienne tour de contrôle.

Monuments et lieux d'intérêt dans la médina

La médina abrite également plusieurs monuments et lieux d'intérêt, tels que :

  • La Kasbah
  • Dar Al Makhzen
  • Dar Al Bacha

L'ère coloniale et le développement urbain

Au début du XXe siècle, la colonisation européenne se développe rapidement dans la région nord d'Oujda. L'administration coloniale est assurée par le contrôleur en chef de la région civile d'Oujda, qui dépend de la Résidence Générale de Rabat.

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La ville connaît un développement urbain avec la construction de nouveaux bâtiments et infrastructures. L'école Sidi Ziane est créée, devenant le premier établissement scolaire moderne au Maroc.

Oujda moderne : économie et infrastructures

La position géographique d'Oujda constitue un atout pour son développement économique. La ville possède une vocation commerciale et tertiaire.

Secteur primaire

Colaimo est une coopérative laitière présente dans la région orientale.

Secteur secondaire

La ville dispose d'un tissu industriel embryonnaire, avec des zones industrielles telles que la zone industrielle (boulevard Mohamed V) et la zone industrielle Al Boustane II. De nombreuses usines sont implantées dans ces zones, notamment des usines de matériaux de construction, des conserveries, des minoteries et des laiteries.

Secteur tertiaire

Le pôle tertiaire d'Oujda comprend un équipement commercial grossiste, un appareil administratif étoffé et des services rares, tels que des professions libérales. Les commerces d'articles et de Melilla attirent la clientèle locale et les visiteurs. Le nombre élevé d'agences bancaires est lié à la fonction de refuge des capitaux des Marocains résidents à l'étranger (MRE) originaires de la région.

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Transports et infrastructures

Oujda est reliée par chemin de fer à l'Algérie (ligne fermée depuis 1994), à Fès, Rabat, Casablanca et à Bouarfa. La ville dispose également d'un réseau de transport routier, avec des taxis rouges et des bus pour les déplacements urbains, ainsi que des grands taxis blancs (Mercedes) pour les destinations plus éloignées. L'aéroport international Oujda - Angads relie la ville à plusieurs villes du Maroc et d'Europe occidentale.

Tourisme et attractions à Oujda

La capitale de l'Oriental possède des atouts naturels favorables au développement du tourisme. La plage de Saïdia, longue de quatorze kilomètres de sable fin, est une attraction majeure. La montagne de Béni-Snassen offre un paysage naturel avec la vallée de Zegzel, des gorges et des cascades. L'oasis de Sidi Yahya, située à six kilomètres d'Oujda, est un site agréable avec un souk hebdomadaire.

D'autres lieux d'intérêt touristique incluent :

  • Dar Sebti : Un palais abritant le Centre d'Études et de Recherches sur la Musique Gharnati.
  • Le parc Lalla Meriem : Aménagé pour la détente et abritant un musée.
  • La bibliothèque Charif Al Idrissi : Située dans une demeure mauresque.
  • Le parc Lalla Aïcha : Un lieu de détente avec des piscines et des terrains de sports.
  • Tafoughalt : Une station d'altitude dans les Béni-Snassen.
  • Sidi Mâafa : Une forêt offrant une vue panoramique sur la ville.
  • Tgafaït : Un village oasis avec des jardins verdoyants.

Traditions et folklore à Oujda

Oujda est une ville où les traditions sont ancrées. Parmi les fêtes et coutumes locales, on trouve :

  • Ennaîr : Une célébration du calendrier julien, équivalent du Ianuarius romain (janvier), où les familles préparent un dîner spécial et partagent des fruits secs.
  • Thara : La fête de la circoncision des jeunes enfants, marquée par des cérémonies et des cadeaux.
  • Arsse : Un mariage traditionnel qui dure quatre jours, avec des rituels spécifiques et des festivités.

La ville est également connue pour sa musique gharnatie et ses arts populaires, ainsi que pour la fantasia, un spectacle équestre traditionnel.

L'université Mohammed Premier

La ville d'Oujda dispose de l’université Mohammed premier (l’UMP) qui a été créée en 1978. La ville d'Oujda compte plusieurs écoles privées d'enseignement primaire et secondaire.

Personnalités liées au MCO

Plusieurs personnalités sont liées au Mouloudia Club d'Oujda (MCO), notamment Abdelkader Belhachmi (ancien ambassadeur) et Mustafa Belhachmi (ancien président du MCO).

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