Match Maroc-Iran : Histoire, Politique et Sport

Le match entre le Maroc et l'Iran au stade de Saint-Pétersbourg lors d'un événement majeur, portait une forte charge géopolitique. Au-delà de l'aspect sportif, cette rencontre était marquée par le contexte des relations diplomatiques tumultueuses entre les deux pays, exacerbées par les sanctions américaines contre Téhéran. Cet article explore les différentes dimensions de cette confrontation, de l'historique des relations bilatérales à l'analyse du match sur le terrain.

Un Match Décisif dans un Contexte Tendu

Sur le plan sportif, ce match était décisif pour les deux outsiders du groupe B, qui comprend également l'Espagne et le Portugal. L'Iran et le Maroc, qui ne se sont jamais affrontés en match officiel auparavant, avaient besoin de décrocher les trois points pour espérer se qualifier pour la suite de la compétition.

Cependant, la dimension politique de ce match était indéniable. Les relations entre le Maroc et l'Iran ont connu des hauts et des bas depuis la révolution islamique iranienne de 1979. Le clivage religieux entre le Maroc sunnite et l'Iran chiite a été une source de tension constante. De plus, la question du Sahara occidental, une priorité pour la diplomatie marocaine, a accentué les divergences au fil des décennies.

Relations Maroc-Iran : Entre Ruptures et Rapprochements Timides

En 1980, Rabat a rompu ses relations avec Téhéran après que ce dernier a reconnu la République arabe sahraouie démocratique (RASD), proclamée par les indépendantistes du Front Polisario au Sahara occidental. Le Maroc considère ce territoire comme sien.

La dernière crise en date remonte au 1er mai, lorsque le royaume a de nouveau rompu ses relations avec Téhéran, accusant l'Iran d'avoir, avec l'appui d'Alger et via son allié libanais le Hezbollah, aidé militairement le Polisario. Ces accusations ont été démenties par toutes les parties concernées, qui accusent les Marocains de faire le jeu de l'Arabie saoudite et des Américains.

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Malgré ces tensions, certains espéraient que le match de Saint-Pétersbourg pourrait être une occasion de détente. Cependant, jusqu'à la dernière minute, il n'était pas certain que des représentants officiels du Maroc assisteraient au match. Côté iranien, une députée qui milite pour le droit des femmes à assister aux matches avait initialement prévu de se rendre en Russie, mais finalement, aucun député iranien n'a fait le déplacement "à cause de la situation économique en Iran" et parce que "l'opinion publique n'y est pas favorable".

Seul signe des tensions, l'Iran s'est abstenu lors du vote du congrès de la FIFA qui appelait à choisir entre le Maroc et le trio USA-Mexique-Canada pour l'organisation du Mondial 2026.

Un Match Moins Chargé Qu'Iran-États-Unis en 1998

Le chercheur marocain Moncef El Yaghzi a souligné que "la querelle irano-marocaine n'a pas la même intensité que celle ayant précédé le match de l'Iran contre les Etats-Unis en 1998". Il a ajouté que "les matchs à enjeu politique sont généralement précédés par une charge médiatique, des tensions, des joutes verbales (…) ce n'est pas du tout le cas pour le match Maroc-Iran". Selon lui, "la dimension politique est beaucoup plus présente quand le Maroc joue contre l'Algérie", son voisin et rival.

Cependant, les effets des sanctions américaines liées au dossier nucléaire iranien se sont fait sentir sur le terrain. Nike a annoncé sa décision de ne pas fournir de chaussures aux joueurs iraniens pour se conformer à la loi américaine.

Déroulement du Match : Une Victoire Surprenante de l'Iran

Le match lui-même a été une rencontre tendue et disputée. Le Maroc a dominé la majeure partie du match, se créant plusieurs occasions de but. Dès l'entame, Ziyech, servi au sol quasiment au point de penalty sur un corner à ras de terre, se trouait et manquait le ballon. Benatia se heurtait ensuite à Beiranvand après un cafouillage dans la surface. Belhanda a bien cru ouvrir le score mais sa volée n'a pas trompé Beiranvand, parfait sur sa ligne.

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Cependant, l'Iran a fait preuve de résilience et a réussi à contenir les attaques marocaines. La Team Melli, annoncée plus offensive qu’au Brésil, n’a pas vraiment changé, contre-attaque toujours plus qu’elle n’attaque, détruit plus qu’elle ne construit, mais reste capable de détruire une défense adverse sur la moindre occasion.

Dans les dernières minutes du match, alors que le score était toujours de 0-0, l'Iran a obtenu un coup franc. Aziz Bouhaddouz, qui a remplacé Harit, a marqué contre son camp à la 94e minute, offrant ainsi la victoire à l'Iran.

Analyse du Match : Domination Marocaine Stérile

L'Iran a surpris le Maroc en fin de match pour s'imposer grâce à un but contre son camp dans le temps additionnel de Bouhaddouz à la 94e minute (1-0) ! Une première surprise dans cette Coupe du monde tant les Marocains semblaient supérieurs à leur adversaire ! Mais sans briller. Queiroz avait évoqué vouloir séduire, parlant de « charme »: il n'y en a pourtant pas eu. Ce fut sans doute le meilleur moment iranien, l'espace d'un instant fugace. Car le reste n'a été qu'à l'avantage des Marocains, les Iraniens se contentant d'imprimer une certaine intensité physique, flirtant souvent avec la limite. Dommage pour le Maroc, bien au-dessus pendant l'essentiel de la rencontre.

Les compositions d'équipes étaient les suivantes :

  • Maroc (4-1-4-1) : El Kajoui - Amrabat (Amrabat, 76e), Benatia (c.), Saïss, Hakimi - El Ahmadi - Ziyech, Belhanda, Boussoufa, Harit (Da Costa, 83e) - El Kaabi (Bouhaddouz, 77e). Sélectionneur : Hervé Renard.
  • Iran (4-3-3) : Beiranvand - Rezaiean, Pouraliganji, Cheshmi, Hajisafi - Shojaei (c) (Taremi, 68e), Ebrahimi (Montazeri, 80e), Amiri - Ansarifard, Jahanbakhsh (Ghoddos, 85e), Azmoun. Sélectionneur : Carlos Queiroz.

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