Imane Khelif, boxeuse algérienne de 26 ans, se trouve au centre d'une controverse persistante concernant son genre et son éligibilité à concourir dans les compétitions féminines de boxe. Cette polémique, exacerbée lors des Jeux de Paris, a conduit à des attaques personnelles et à une campagne de désinformation la présentant comme un homme combattant des femmes. Malgré ces défis, Khelif a continué à se battre, tant sur le ring que devant les tribunaux, pour défendre son droit de participer et de prouver sa valeur en tant qu'athlète.
Une Carrière Jalonnée de Succès et de Controverse
Imane Khelif s'est illustrée à plusieurs reprises dans le monde de la boxe féminine, participant à de nombreux tournois, y compris les Jeux Olympiques de Tokyo 2020, sans susciter de controverse particulière. Cependant, sa participation aux Jeux de Paris a été marquée par une vive polémique, alimentée par son exclusion des Championnats du monde de New Delhi en mars 2023. L'IBA (Fédération Internationale de Boxe), instance non reconnue par le monde olympique, avait justifié cette exclusion en affirmant que Khelif avait échoué à un test destiné à établir son genre, sans préciser la nature de ce test.
Malgré ces obstacles, Khelif a continué à performer. Elle a remporté la finale des -66 kg aux Jeux de Paris, une victoire qu'elle a dédiée à ses détracteurs, affirmant être une femme comme les autres, née femme et ayant toujours concouru en tant que femme.
Bataille Juridique Contre World Boxing
La controverse autour du genre d'Imane Khelif a pris une nouvelle tournure lorsque World Boxing, la nouvelle Fédération internationale de boxe, a décidé de rendre obligatoires les tests de genre pour toutes les participantes à ses compétitions. Cette décision, annoncée fin mai, a contraint Khelif à contester son interdiction de participer aux compétitions internationales devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).
Khelif demande l'annulation de la décision de World Boxing et souhaite pouvoir participer aux compétitions sans avoir à subir de test chromosomique. Elle a également contesté son exclusion du tournoi d'Eindhoven, où elle devait faire son retour à la compétition. Bien que le TAS ait refusé d'accorder un effet suspensif à son appel, l'action en justice de Khelif offre une occasion de débattre de la légitimité des tests génétiques destinés à établir le sexe biologique dans le sport.
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Les enjeux des tests de genre
Les tests de genre mis en place par World Boxing consistent en un test PCR visant à détecter l'absence du "gène SRY", situé sur le chromosome Y, indicateur de masculinité. Cette méthode, présentée comme simple par ses promoteurs, exclurait les athlètes transgenres, ainsi qu'une partie des femmes présentant des chromosomes XY, une forme de "différence de développement sexuel" (DDS) ou intersexuation.
L'imposition de tels tests a suscité une vague d'indignation, certaines délégations, comme la délégation française, ayant été privées de compétition en raison de la non-transmission des résultats de leurs tests à temps.
Soutiens et Réactions Politiques
Imane Khelif a reçu un large soutien de la part des autorités algériennes et de ses fans. Le comité olympique et sportif algérien a condamné "fermement la fausse propagande et le comportement immoral" à l'égard de la championne. Après sa victoire aux Jeux de Paris, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a salué sa "forte et magnifique qualification pour la finale".
Cependant, la polémique a également pris une dimension politique internationale. L'abandon de l'Italienne Angela Carini face à Khelif lors des Jeux de Paris a suscité des réactions indignées en Italie, allant jusqu'à la Première ministre Giorgia Meloni, qui a dénoncé "un combat qui n'était pas sur un pied d'égalité". Des personnalités politiques comme Donald Trump se sont également emparées du sujet, alimentant la controverse.
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