L'histoire de Marles-les-Mines est intrinsèquement liée à son passé minier et à la passion de ses habitants, notamment pour le football. Cet article explore cette relation, en s'appuyant sur des témoignages, des archives et des analyses de l'évolution de la ville.
Un Hommage à André de Marles
Impossible d'évoquer Marles-les-Mines sans rendre hommage à André de Marles, figure emblématique de la ville, décédé prématurément le 31 mars 2014 à l'âge de 55 ans. Passionné par l'histoire locale, l'épopée du charbon, le matériel minier, et bien d'autres sujets, André était surtout connu pour son incroyable collection de lampes de mineur, considérée comme l'une des plus belles au monde.
En octobre 2008, il créa un blog dédié au patrimoine minier, andredemarles.skyrock.com, où il partageait ses connaissances et ses anecdotes. Son site devint rapidement une référence pour ceux qui cherchaient des informations sur les mines, les catastrophes, les grèves ou la vie dans les corons. Après sa disparition, sa fille Amandine a repris le flambeau, entretenant la collection de lampes et le blog, avec l'espoir de publier un jour un livre rassemblant les meilleurs écrits de son père.
Le Paysage Minier : Traces du Passé et Reconversion
Le passé minier a profondément marqué le paysage du Nord-Pas-de-Calais, laissant des traces visibles telles que les carreaux de mines, les chevalements, les terrils et les corons. Ces éléments persistent à travers le temps, façonnant l'identité de la région. Une vidéo relative aux « paysages du pays minier de Marles-les-Mines » donne une vision relativement négative du paysage industriel, et préfère valoriser un paysage de campagne considéré comme « naturel » et pittoresque.
La valorisation de ces vestiges passe par leur reconversion et leur modernisation. La région s'est engagée dans une politique de patrimonialisation de ce passé, à travers des projets culturels ambitieux. Ces aménagements sont soutenus par une volonté politique forte et s'inscrivent dans une logique de développement économique régional. La reconversion de la base du 9-9 bis d'Oignies, avec le développement du Métaphone, salle de concert, en est un exemple concret. Depuis le 30 juin 2012, le bassin minier est officiellement inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, une reconnaissance de son importance historique et culturelle. La SOGINORPA a durablement participé à la transformation des corons. De plus, l'aménagement régional est désormais pensé selon une logique de durabilité afin de gérer l'après-mine et les friches industrielles.
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Le Football : Un Sport Enraciné dans le Bassin Minier
Le football occupe une place particulière dans le cœur des habitants du bassin minier. Henrik Witkowski, un Marlésien passionné de foot, avait fait venir les Bleus de 58 dans le secteur, en 2009. Il rappelle l'histoire étroite entre le football et le bassin minier depuis l'Après-Guerre. Des plaques commémoratives et des écoles portant leurs noms témoignent de la reconnaissance envers les joueurs issus de cette région.
Des joueurs comme Maryan Wisniewski, Raymond Kopa ou Jean Vincent ont marqué l'histoire de l'équipe de France en 1958. Lewandowski, nom familier aux amateurs de football, est aussi celui de Michel Lewandowski, qui a joué à Lens de 1938 à 1945. Fils de mineur polonais immigré, Michel a débuté sa carrière à Pogon-Marles, un club polonais de Marles-les-Mines. Son talent l'a rapidement mené au Stade béthunois, puis au RC Lens, où il a brillé malgré le contexte difficile de la Seconde Guerre mondiale.
Évolution Démographique et Urbanistique de Marles-les-Mines
Au XIXe siècle, Marles était un village rural. En 1852, lors de la découverte de la houille, le village comptait 430 habitants. Avec l'installation des mines, ce chiffre est passé à 500 en 1856. En 1861, la Société des Mines de Marles fit construire la Cité Sainte Barbe au Nord du village, pour loger ses ouvriers. Entre cette nouvelle agglomération et le village, la route de Vis-à-Marles (rue Pasteur aujourd'hui) prit une importance croissante, avec la construction d'une école de filles en 1861.
L'augmentation de la population entraîna la création d'un Bureau de la Bienfaisance en 1854 et des projets d'agrandissement de l'église. L'écroulement de la fosse No 2 en 1866 ralentit l'évolution de Marles. Cependant, la situation de Marles, tête de ligne du nouveau réseau de chemin de fer des mines, lui donna une nouvelle importance. Les bureaux administratifs des Mines de Marles restèrent installés dans les locaux du siège 2. En 1896, un lavoir moderne fut édifié près de la gare de triage.
À partir de 1871, avec la création d'une voie ferrée reliant Béthune à Saint-Pôl, Marles connut de nouvelles transformations. L'accroissement de la population nécessita de nouveaux services, notamment les P.T.T. En 1887, un projet de construction d'une mairie et d'une école fut réalisé entre 1889 et 1890. En 1900, le tarissement des puits entraîna la Compagnie des Mines de Marles à alimenter la ville en eau potable.
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Marles-les-Mines au XXe Siècle : Guerres, Immigration et Urbanisation
Pendant la Première Guerre mondiale, Marles fut touchée par les combats. 112 Marlésiens sont tombés sur les champs d’honneur. Après la guerre, la Compagnie des Mines de Marles intensifia sa production et mit en exploitation le nouveau siège 2 bis. Avant 1921, la population marlésienne était presque entièrement française. Entre 1911 et 1921, elle passa de 2983 à 4560, avec une proportion de près de 21 % d'étrangers.
Dès 1921, des colonies d'hommes arrivèrent, rassemblés dans des camps de travailleurs organisés par la compagnie minière. Pour loger ces personnes, la Société des Mines de Marles entreprit un vaste programme de constructions de cités minières. En cinq années, une énorme agglomération s'éleva entre Marles, Calonne-Ricouart et Auchel. L'ancien chemin champêtre qui unissait Auchel à Marles fut transformé en boulevard Gambetta en 1924. La prudence du gouvernement français dans l’étude des dossiers de naturalisation; la sollicitude de leur gouvernement d’origine qui, par ses consulats, entretient le contact avec la mère-patrie; le maintien d’un culte catholique polonais avec églises et paroisses polonaises, la fondation des sociétés folkloriques, sokol, chorales, etc … leur donnaient une figure bien autonome.
En 1936, la population totale diminua, passant de 13.755 habitants en 1926 à 11249 en 1936. Cette diminution est corollaire de la crise économique qui a sévi dans nos régions et a atteint fortement le marché charbonnier. La Compagnie des Mines de Marles, réduisant sa production, organisa surtout en 1934, le rapatriement de nombreux ménages polonais, ce qui occasionna, un équilibre dans la composition raciale de la population marlésienne qui compte presque actuellement 50 % de français pour 50 % de polonais. Les électrifications, le services des eaux, les routes, les écoles, etc … reçoivent toutes l’attention des pouvoirs publics. En 1924, le Conseil municipal baptisa les rues de Marles de leur nom d’aujourd’hui.
Défis Économiques et Perspectives d'Avenir
Les difficultés économiques touchent particulièrement la région, avec un taux de chômage élevé. La région mise sur l'innovation et le renforcement de la compétitivité régionale à l'échelle nationale et européenne. La région n'en oublie pas pour autant la dimension locale de l'aménagement en créant des plans locaux de développement économique.
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