L'histoire et l'évolution du maillot du gardien de but de l'équipe de France (FFF)

En matière d'équipement sportif, le maillot du gardien de but de l'équipe de France de football (FFF) occupe une place à part. Cet article explore l'histoire et l'évolution de ces tenues emblématiques, en mettant en lumière les aspects techniques, esthétiques et culturels qui ont façonné leur développement au fil des décennies. Le rôle du gardien de but a considérablement évolué, passant d'un simple rempart à un acteur clé dans la stratégie collective. Cette transformation se reflète également dans les tenues portées par ces athlètes d'exception.

Les origines du gardien de but et de son équipement

Il y a plus de 150 ans, le gardien de but au football était souvent choisi au hasard, basé sur sa taille ou son courage. Officiellement, le poste de gardien de but est apparu en 1863, lorsqu'une règle fondamentale a réservé l'usage des mains à un seul joueur. Huit ans plus tard, il est devenu le seul à pouvoir manipuler le ballon dans sa moitié de terrain. À cette époque, on le choisissait souvent pour sa stature plus que pour son talent. Les filets de but, installés en 1893, ont clarifié la vision du jeu. John Robinson a marqué l'imaginaire en introduisant les premiers plongeons spectaculaires.

L'âge d'or et les légendes du poste

Impossible de parler du gardien de but au football sans évoquer Lev Yashin. L'Araignée Noire, seul portier à avoir remporté le Ballon d'Or, incarne la légende. Entre 1950 et 1970, il a imposé sa vision tactique et transformé sa surface en citadelle. Dans son sillage, Dino Zoff a écrit sa propre histoire, symbole de régularité et de longévité, avec un record hallucinant de 1142 minutes sans encaisser de but. Gordon Banks, avec son arrêt face à Pelé en 1970, reste gravé dans les mémoires.

Le surnom de l’araignée noire fait référence à la tenue que portait le gardien russe, restée célèbre grâce à ses exploits et son Ballon d’Or obtenu en 1963. Habillé en noir de la tête au pied en sélection, à une époque où les seules couleurs autorisées pour les gardiens étaient le vert, le bleu, le rouge et le blanc ; excepté pour les matchs internationaux où le jaune et le noir étaient autorisés.

L'impact des changements de règles et de l'évolution du jeu

En 1992, le football a changé de visage avec l'interdiction de saisir une passe en retrait volontaire. Pour le gardien de but au football, c'est une révolution silencieuse mais décisive. Finies les sécurités faciles, place à la responsabilité du jeu au pied. Les maladresses des débuts ont vite laissé place à une nouvelle génération de portiers capables de distribuer et de relancer sous pression. Manuel Neuer a poussé cette logique encore plus loin en incarnant le gardien-libéro. Ses sorties face à l'Algérie en 2014 ont marqué les esprits.

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Aujourd'hui, le gardien de but au football doit posséder un arsenal de compétences impressionnant : jeu au pied, relances millimétrées, lecture du jeu. Ses qualités rappellent celles d'un milieu de terrain. L'aspect mental reste essentiel. Les gardiens vivent avec une pression énorme. Une erreur se paye cash, et la résilience est vitale. Ils travaillent leur souffle, leur concentration et utilisent des techniques de visualisation.

L'évolution des équipements et des technologies

L'entraînement spécialisé intègre désormais vidéo, analyse technologique et exercices sous pression. Le poste a aussi changé grâce à l'équipement. Des gants rudimentaires en cuir du XIXe siècle aux gants en latex haute performance des années 80, chaque détail compte. Certains modèles utilisent des matériaux composites, voire des capteurs pour analyser la performance. L'intelligence artificielle s'ajoute au tableau. Vidéo 3D, capteurs et données avancées permettent une étude minutieuse des réflexes et des déplacements. Les gardiens bénéficient d'entraînements personnalisés, où chaque faiblesse est corrigée et chaque force consolidée.

L'émergence du football féminin et les gardiennes d'exception

L'évolution n'a pas touché que les hommes. Le football féminin a vu émerger des gardiennes d'exception. Hope Solo a ouvert la voie, prouvant que les femmes pouvaient exceller à ce poste exigeant. Mary Earps, double meilleure gardienne du monde, symbolise cette progression. Avec son arrivée au PSG, elle incarne une nouvelle ère de reconnaissance. Le profil de la gardienne moderne combine réflexes, jeu au pied et vision globale du terrain.

Les règles et l'avenir du poste

Le gardien de but au football vit aussi au rythme des évolutions réglementaires. L'IFAB a récemment allongé son temps de possession à huit secondes. Dépasser la limite offre désormais un corner à l'adversaire, une sanction bien plus sévère qu'un coup franc indirect. Cette règle encourage un jeu plus rapide, plus intense. Le futur du gardien de but au football se dessine déjà. L'intelligence artificielle promet d'affiner encore l'analyse des adversaires et le positionnement. Les académies forment des gardiens complets grâce à des programmes ultra-spécialisés. Le portier de demain devra être encore plus polyvalent, capable de jongler entre tradition et technologie.

Les maillots de la Coupe de France : une tradition à part

La Coupe de France est bien plus qu'une simple compétition nationale de football. Les tenues portées lors de cette compétition représentent bien plus qu'un équipement de jeu : elles marquent le passage à un niveau supérieur de la compétition. Ces tenues sont souvent personnalisées aux couleurs des clubs amateurs tout en arborant le logo de la Coupe de France. En termes de couleurs, les clubs recevant jouent en rouge ou blanc, obligeant les équipes qui se déplacent à choisir entre le bleu, le vert ou le jaune. Pendant la Coupe de France, certains clubs, y compris professionnels, ne portent pas toujours leurs couleurs habituelles, comme on a pu le voir avec des équipes telles que Guingamp, Nîmes ou Toulouse. Les équipes recevant doivent choisir entre le blanc et le rouge, tandis que les visiteurs peuvent opter pour le bleu, le jaune ou le vert. Cette directive est mise en place pour éviter que les couleurs des équipes ne se confondent sur le terrain. Le règlement impose également des restrictions sur les numéros des joueurs, renforçant l’aspect traditionnel de la Coupe de France.

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Dès le 4ème tour, les équipes qualifiées peuvent espérer recevoir ces précieuses tenues, marquant leur progression dans la compétition. Elles représentent l’histoire, le dépassement de soi et l’unicité d’une compétition qui permet à tous les clubs de rêver. La Coupe de France est l’une des compétitions de football les plus anciennes et prestigieuses du pays. Créée en 1917, elle permet à des clubs de toutes divisions, professionnelles comme amateurs, de s’affronter. La Fédération Française de Football (FFF) impose certaines règles en matière d’équipement, comme l'inclusion du logo de la compétition et le respect des directives strictes concernant la taille et l’emplacement des sponsors.

L'évolution des tenues de l'équipe de France : une perspective historique

Matthieu Delahais et Bruno Colombari ont référencé pas moins de 94 modèles de tenues portées par l’équipe de France depuis le 1er mai 1904. L’ouvrage nous les présente dans l’ordre chronologique, découpé en quatre grands chapitres. Les éléments qui différencient deux tuniques sont de plusieurs natures. C’est le blanc qui avait initialement été choisi comme couleur principale de l’équipe de France alors sous l’autorité de l’USFSA, principal organe sportif de l’hexagone. La destinée de l’équipe de France fut ensuite confiée au CFI, qui supprima les anneaux (et même toute forme d’emblèmes) et imposa d’improbables paletots à rayures verticales. Nous entrons au lendemain de la première guerre dans l’ère moderne de l’équipe de France. S’il y a peu d’évolution notables jusqu’aux années 1970, on voit apparaître ensuite un coq redessiné et modernisé, ainsi que des liserés bleu-blanc-rouge sur le col, sur les poignets puis le long des manches. Au début des années 1980, elle dessine de fines et élégantes lignes verticales déjà adoptées par les nombreuses équipes que la marque habille. Celles-ci font ensuite place à trois lignes horizontales blanches surmontées d’une large bande rouge au niveau de la poitrine. Par la suite, seule la bande rouge sera conservée notamment pour l’Euro 2000 victorieux.

L’ouvrage de Matthieu Delahais et Bruno Colombari a le mérite de rapiécer une histoire un peu décousue. L’écriture s’est faite en deux phases, avec des recherches portant sur plus de 850 rencontres. Les recherches n’ont pas toujours été simples, surtout en remontant dans le temps. Les auteurs se sont principalement appuyés sur des ouvrages historiques sur l’équipe de France et ont eu accès aux archives de la FFF.

L'influence des équipementiers

Plusieurs équipementiers se sont succédés comme fournisseurs de l’équipe de France. On trouve la trace d’un premier équipementier en 1908 (Williams & Co, face à l’Angleterre). Ensuite on a eu Ducim en 1920 pour trois ans avant que Allen ne prenne le relais pour plus de quarante ans. Viennent ensuite Le Coq Sportif et Kopa dans les années 1970. L’apparition d’un col ou des tours de manches tricolores datent de la Coupe du monde 1966. Les équipementiers ont tout intérêt à faire des tenues qui se démarquent de celles des autres. Adidas et Nike ont apporté leur contribution sur les aspects technologiques, vantant les qualités de légèreté et d’évaporation de la transpiration. Sur le plan visuel, Adidas a réussi à associer son symbole (les trois bandes) avec les couleurs nationales françaises. En 1984 est apparue pour la première fois la fameuse bande rouge, qui deviendra un porte bonheur quand elle réapparaîtra en 1998 puis sera conservée en 2000. Nike a créé des tenues plus sobres, avec le style marinière comme marque de fabrique pour les Bleus.

Les couleurs et les emblèmes

Pendant la période Raymond Domenech, la France a commencé à jouer souvent avec une seule couleur. Domenech préférait les tenues intégralement unies. Les règlements de la FIFA et de l’UEFA demandent à ce que les équipes aient des tenues de rechange qui contrastent bien avec la tenue principale. La « génération Adidas » semblait attachée au bleu roi. Mais la France a aussi joué dans un bleu plus ciel dans l’entre-deux guerres, et un bleu layette a été utilisé en 2013. Initialement, le bleu était plutôt clair et qu’il a tendance à devenir de plus en plus foncé.

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Il y a eu un épisode lors d’un match face à la Hongrie en 1969 à Gerland où la France s’est rabattue sur la tenue de l’Olympique Lyonnais en raison d'une confusion de couleurs. Un maillot spécifique a été créé pour le centenaire de la FFF (en mars 2019, face à l’Islande), et un autre pour le centenaire de la FIFA (mai 2004, contre le Brésil). Aux emblèmes des fédérations se sont ajoutés au fil des années les logos de l’équipementier, les numéros, les patronymes des joueurs, les étoiles, le logo des épreuves, les patchs de tenant du titre, les inscriptions diverses… Jouer sans numéro ni emblème semblerait une hérésie. Les étoiles de champion du monde sont entrées dans la culture, et c’est la France qui a généralisé leur usage.

La singularité des gardiens

On se souvient par exemple de Lama qui jouait toujours avec un pantalon de survêtement ou Barthez qui appréciait les tenues noires. Pendant longtemps les tenues ont été différentes pour les hommes, les femmes et les sélections de jeunes. Ce n’est que depuis l’arrivée de Nike que toutes les sélections portent la même tenue.

Perspectives d'avenir

Il est possible que de nouvelles couleurs soient utilisées un jour. Si on compare avec le rugby, le football ne joue pas dans la même catégorie en termes de sponsoring, mais il est loin d’être impossible qu’on y arrive. Les Anglais ont numéroté leurs internationaux depuis le premier et jusqu’à maintenant, et chaque joueur porte à l’intérieur du col son numéro d’international, ce qui fait prendre conscience de tous ceux qui ont défendu ces couleurs avant.

L'évolution du rôle de l'entraîneur des gardiens

L’entraînement des gardiens a énormément évolué. Lorsque j’étais joueur, l’entraîneur des gardiens n’intervenait qu’une seule fois par semaine. L’un des changements les plus profonds concerne le comportement du gardien. Étant donné l’évolution des règles et du jeu, maintenant, le gardien doit s’adapter au bloc équipe. Cela implique qu’en fonction de la situation, il peut être positionné assez haut sur le terrain. Ce qui veut dire qu’il a de l’espace dans le dos, qu’il devra éventuellement reculer et ajuster son positionnement en fonction des angles. La façon d’entraîner a aussi changé. Avant, nous pensions qu’un gardien qui avait beaucoup travaillé, avait forcément bien travaillé. Le spécifique était essentiellement axé autour des frappes. Maintenant, l’idée est de se rapprocher le plus possible de ce que nous rencontrons en match, à travers des situations complexes et variées. L’entraîneur des gardiens doit faire preuve d’imagination et s’inspirer des situations de matchs pour créer des exercices pertinents. Malgré tout, il reste difficile de reproduire les conditions réelles d’un match à l’entraînement. L’imprévu, les émotions et la pression sont difficiles à simuler.

Historiquement, les entraîneurs de football spécialistes des gardiens de but ont eux-mêmes été gardiens. Assez logiquement, leur approche de l’entraînement et du rôle a été fortement influencée par leur propre expérience. Le métier a également beaucoup évolué. Lorsque j’ai commencé à entraîner, mes responsabilités étaient limitées aux gardiens de but. Puis, mon rôle s’est élargi. Par ailleurs, les entraîneurs principaux ont également évolué. Bruno Genesio, Christophe Galtier, Laurent Blanc ou encore Didier Deschamps sont des entraîneurs qui n’ont pas hésité à me demander mon avis sur des situations tactiques ou une composition d’’équipe. Auparavant, j’étais cantonné à mon domaine et nous étions un peu assimilés à une « secte ». Aujourd’hui, l’entraîneur des gardiens est impliqué dans d’autres aspects que sa spécialité. Il y a les coups de pied arrêtés, les sorties de balle… Maintenant, nous sommes confrontés à de nouvelles problématiques organisationnelles. Nous devons nous occuper des deux qui restent avec nous, mais ceux qui effectuent le travail tactique avec les autres joueurs ont également besoin de nous.

Le troisième et le quatrième gardien étant souvent des jeunes, l’entraîneur du centre de formation peut remplir ce rôle. Cela permet à l’entraîneur principal de se concentrer sur les aspects tactiques, les coups de pied arrêtés, etc. Pour moi, il est inconcevable de laisser un gardien ne rien faire pendant que les autres travaillent. Je préfère m’occuper de lui, plutôt que d’aller sur la séance tactique avec le gardien qui va jouer le week-end. Pour cela, il faut choisir la bonne personne, quelqu’un qui partage la même philosophie, qui connaît votre façon de travailler. Je pense donc qu’à terme, les staffs vont évoluer et compter deux entraîneurs de gardiens. Je partage mon expertise avec le staff à travers des vidéos et des échanges. J’essaie d’apporter ma contribution en soulignant l’importance du rôle spécifique du gardien. L’entraîneur prend alors conscience de l’importance de ces détails. Je transmets ensuite mes analyses au staff, qui peut ainsi étudier les spécificités du gardien adverse. Si par exemple, je leur montre que le gardien adverse a des difficultés sur sa droite et que pendant le match on marque de ce côté, cela permet d’ancrer plus facilement certaines choses.

Je n’impose jamais mon point de vue. J’essaie d’influencer en apportant des éléments concrets et pertinents. J’ai la chance de travailler avec des staffs ouverts et à l’écoute. Au LOSC, Bruno Genesio me consulte régulièrement et m’associe aux analyses de matchs. Lorsque je travaillais à l’OGC Nice, avec Patrick Vieira et Adrian Ursea, j’ai vécu une expérience intéressante. Ces techniciens sont très axés sur la tactique, les sorties de balle, la recherche de l’homme libre, l’orientation corporelle, etc. C’est une approche à laquelle j’ai adhéré et qui m’a fait progresser. Mais, je me suis également aperçu que lors des spécifiques, j’avais été trop loin. J’ai réalisé que je devais trouver un équilibre. Le projet de jeu était stimulant, mais je ne devais pas oublier que mon rôle principal était de préparer le gardien à être performant dans la défense de son but. Je me suis alors recentré sur l’efficacité du gardien sur sa ligne tout en continuant à travailler les sorties de balle et les aspects tactiques. Cette expérience a été très enrichissante. Elle m’a permis de mieux comprendre le jeu et les attentes des entraîneurs, notamment sur le plan tactique. J’ai également travaillé avec des entraîneurs qui ne sortaient pas le ballon depuis une position basse. Il est donc important de s’adapter à la philosophie de jeu de chaque entraîneur, tout en veillant à ne pas négliger les fondamentaux du poste de gardien.

Un certain nombre d’entraîneurs, comme c’est le cas pour Guardiola, choisissent leur gardien lorsqu’ils arrivent dans un club. Il est important d'aider le gardien à progresser sur les aspects où il n'a pas l'habitude, afin qu'il puisse répondre aux attentes de l’entraîneur et s’intégrer pleinement au projet de jeu de l’équipe. A très haut niveau, comme à Marseille ou au PSG, le mental est primordial. La capacité à gérer la pression, à prendre les bonnes décisions et à exécuter les gestes justes malgré le contexte est fondamentale.

Les préparateurs mentaux ont un rôle important à jouer auprès des jeunes gardiens, les proches, la famille également. Ils peuvent les aider à définir leurs objectifs à court et à long terme, à maîtriser leurs émotions et à gérer la pression. L’idéal serait de mettre en place un véritable accompagnement pour ces jeunes, avec un préparateur mental et un entraîneur des gardiens qui travaillent main dans la main. Il est essentiel de commencer ce travail de préparation mentale dès le centre de formation. C’est à cette période que l’on a le temps de construire les bases, de développer les qualités mentales nécessaires. L’important est de donner aux jeunes les outils pour réussir, tant sur le plan mental que sur le plan technique et tactique. Après, c’est à eux de faire leur chemin et de saisir les opportunités qui se présentent.

L'importance de la perception et du travail cognitif

Pour moi, l’aspect cognitif est essentiel dans le travail avec les gardiens. Je travaille beaucoup sur la prise d’information et la prise de décision, en utilisant des exercices spécifiques. Par exemple, avec les gardiens, j’utilise des couleurs et des plots pour simuler des situations de match. L’objectif est de le mettre dans des situations de stress et d’incertitude, pour qu’il apprenne à gérer ses émotions et à prendre les bonnes décisions malgré la pression. Il est important que le gardien vive des situations similaires au match à l’entraînement, car même s’il ne touche pas toujours le ballon, il est constamment sollicité mentalement. Le positionnement est d’ailleurs un élément clé, et cela rejoint la notion de repères cognitifs. Un gardien qui se situe le plus souvent au point de penalty n’aura pas les mêmes repères cognitifs qu’un gardien qui évolue sur la ligne des 16m50 ou celle des 5,50m. Un gardien qui a l’habitude de jouer bas et à qui l’on va demander d’avancer, va se sentir perdu. On travaille aussi beaucoup sur les centres, en utilisant des mannequins de différentes couleurs pour simuler les positions des joueurs adverses. L’idée est de le mettre constamment face à des choix et à des situations variées, pour qu’il développe son intelligence de jeu et sa capacité à s’adapter à toutes les circonstances. Nous essayons de recréer les émotions et le stress du match à l’entraînement, afin que le gardien soit prêt à affronter toutes les situations. Il faut qu’il apprenne à gérer ses émotions, à surmonter ses peurs, comme celle d’être lobé par exemple. En ce sens, même si les gardiens peuvent à certains moments sembler inactifs physiquement, ils ne le sont pas cognitivement. Ils doivent en permanence observer, analyser et anticiper.

Avant le match, une fois l’échauffement terminé, je prends un moment avec le gardien pour lui donner un objectif précis. C’est un moment que j’apprécie particulièrement. À la mi-temps, je peux lui donner un autre objectif, même s’il n’a pas touché beaucoup de ballons. L’important, c’est de donner des objectifs réalisables, de maintenir le gardien sous pression, de le faire réagir. Je peux aussi lui donner des conseils sur l’adversaire, sur les penaltys, sur les situations de jeu qu’on a travaillées à l’entraînement. C’est tout ça qui fait le sel de mon métier. J’adore concevoir des séances d’entraînement, mais ce que je préfère, c’est le côté psychologique, la relation avec les gardiens.

Les gardiens de but de l'équipe de France : une histoire en chiffres

Longtemps délaissé, peu valorisé, le poste de portier des Bleus n’a été vraiment déterminant qu’à l’arrivée de Joël Bats en 1983. Deux chiffres pour commencer : 931 et 81. Le premier, c’est le nombre de matchs disputés par l’équipe de France depuis 1904 (en novembre 2025). Le second, c’est le nombre de gardiens de but qui se sont succédé sur cette période. La réalité est bien sûr très différente. Les deux premiers, que ce soit au nombre de matchs joués, au palmarès ou en talent pur, comptent 232 sélections, soit près de 25% du total ! Aux 145 de Hugo Lloris s’ajoutent en effet les 87 de Fabien Barthez. Une autre statistique intéressante, c’est le nombre de matchs consécutifs joués par chaque gardien (la dernière colonne du tableau en bas de l’article). Ou plus précisément sa meilleure série. Le record est détenu depuis juin 1986 par Joël Bats avec 29 matchs consécutifs entre septembre 1983 et la demi-finale de la Coupe du monde 1986.

Si l’on se penche sur l’histoire des gardiens, il y a clairement trois périodes distinctes. Avant-guerre, ils sont pas moins de 28 à défendre les cages françaises, de Maurice Guichard en 1904 à Julien Darui en 1939. Soit 154 matchs, pour 475 buts encaissés. Pas terrible (3,08 buts par match en moyenne)… Chaque gardien occupe le poste en moyenne 5,5 fois. Mais seuls Alex Thépot (31), Pierre Chayriguès (21) et Maurice Cottenet (18) s’installent durablement à ce poste. Huit gardiens ne comptent qu’une seule sélection et neuf autres moins de cinq. La deuxième période va de 1940 à 1983, soit 273 matchs. Elle compte 30 nouveaux gardiens (Julien Darui fait l’essentiel de sa carrière internationale après 1945, mais il a débuté en 1939) desquels émergent, outre Darui (25), Georges Carnus (36 capes à partir de 1963), François Remetter (26 à partir de 1953), Pierre Bernard et Dominique Baratelli (21), sans oublier Marcel Aubour (20) et René Vignal (17). Il y a encore neuf gardiens éphémères (une seule apparition) et quatre autres à moins de cinq capes. Le nombre moyen de sélections par gardien ayant débuté dans cette période passe à 9,1. La troisième période, celle qui commence en 1983 et dure encore aujourd’hui, compte 446 matchs et seulement 328 buts encaissés (0,724). Et il n’y a plus que 22 gardiens, qui ont donc disputé près de 21 matchs chacun en moyenne… C’est là que se retrouvent les quatre plus capés dont j’ai parlé plus haut, mais aussi le cinquième (Maignan, 37), le septième (Mandanda, 35), le huitième (Coupet, 34) et le neuvième (Martini, 31). La conséquence est facile à comprendre : il ne reste quasiment rien pour les treize autres.

Autre indicateur intéressant, les intervalles de matchs entre deux nouveaux gardiens. Alors que dans les périodes précédentes, il était rare de voir des années sans nouveau (1976, 1974, 1971, 1970…), les intervalles s’allongent désormais : entre les débuts de Mickaël Landreau en juin 2001 et ceux de Sébastien Frey en novembre 2007, il s’est écoulé plus de six ans, soit 88 matchs avant qu’un nouveau gardien n’ait sa chance. Et plus de cinq ans et 75 matchs entre Cédric Carrasso (juin 2011) et Benoît Costil (novembre 2016). On remarquera que dans les deux cas, les quatre portiers concernés n’ont pas vraiment fait carrière (11 sélections pour Landreau, 2 pour Frey, 1 pour Costil et Carrasso). Auparavant, les intervalles étaient quasi inexistants avant-guerre : il faudra attendre 1923 pour voir un premier intervalle significatif de 20 matchs (près de quatre ans) entre deux nouveaux gardiens, Charles Berthelot et Jacques Dhur. Lors des dix premières années entre 1904 et 1914, on compte pas moins de douze gardiens différents pour seulement 35 matchs ! A titre de comparaison, depuis 2010 et Stéphane Ruffier, seuls six nouveaux portiers ont été lancés. Lors de la deuxième période (1940-1983), les intervalles se font plus conséquents, même si le maximum ne dépasse pas 21 matchs (entre 1953 et 1957). Et il devient fréquent d’attendre entre 15 et 20 matchs pour voir un nouveau gardien arriver.

Mike Maignan est bien installé dans la hiérarchie maintenant que Hugo Lloris et Steve Mandanda ont annoncé la fin de leur carrière internationale. Un temps concurrencé par Benjamin Lecomte (en juin 2019), Maignan est largement en avance sur d’autres prétendants. Il est désormais titulaire indiscutable, renforcé par une année 2023 convaincante, un excellent Euro 2024 et une grande sécurité apportée sur les pénalties et tirs au but. Le Lensois Brice Samba a bénéficié de l’excellente saison 2022-23 de son club, alors vice-champion de France, et de ses prestations très convaincantes. Il a honoré sa première sélection à Faro contre Gibraltar en juin 2023, à plus de 29 ans.

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