Les Étoiles du Football : Histoire et Signification

Dans l'univers du football, l'étoile est un symbole connu de tous. Elle orne les maillots, les blasons et les cœurs des supporters. Pourtant, sa présence n’est liée à aucun règlement universel. Chaque pays a sa façon de faire et parfois, à l’intérieur d’un pays, chaque club peut faire ce qu’il souhaite. Cet article explore l'histoire et la signification des étoiles dans le football, en examinant les différentes approches adoptées par les clubs et les nations à travers le monde.

L'Italie : La Règle de la Serie A

S'il y a bien un championnat où tout est calé et où l'on ne rigole pas avec le règlement, c'est bien la Serie A. En Italie, des règles sont non seulement inscrites dans les lois du jeu, mais elles sont d'une simplicité enfantine. Ainsi, dix titres offrent une étoile. La Juventus compile à ce jour 36 titres et peut donc arborer trois étoiles. L’Inter Milan qui a remporté 20 titres peu afficher ses deux étoiles tandis que l’AC Milan et 19 titres, n’en compte qu’une. Simple. Cette tradition italienne remonte à 1958, instaurée pour célébrer les dix premiers titres de la Juventus. Aujourd'hui, elle s'applique uniquement en championnat, les trophées européens ne comptant pas. Cette règle claire donne une cohérence aux symboles affichés par les clubs italiens.

L'Allemagne : Une Codification Stricte

En Allemagne aussi, depuis 2004, porter une étoile en lien avec les championnats n’a rien d’étonnant. Mieux, c’est inscrit dans le règlement des équipements de la compétition. Ainsi, trois titres de champion d’Allemagne donnent le droit d’afficher une étoile, gagner cinq titres représente deux étoiles, dix titres = trois étoiles, vingt titres = quatre étoiles et trente titres offrent le droit d’afficher cinq étoiles. C’est le cas du Bayern Munich. En revanche, il est important de noter qu’en Allemagne, les titres remportés entre 1903 et 1963 ne comptent pas. Ni les titres obtenus par les anciens clubs d’Allemagne de l’Est comme le Dynamo Berlin et le Dynamo Dresde. Cette codification est respectée par tous les clubs allemands. Elle permet d’identifier immédiatement les plus titrés. Le Borussia Dortmund, avec huit titres, arbore deux étoiles. Le Werder Brême et Hambourg en ont une chacun. Cette régulation renforce l’image de sérieux de la Bundesliga.

France, Angleterre, Espagne et Grèce : La Liberté d'Interprétation

En France, en Angleterre et en Espagne, la donne est en revanche différente. Malgré tout, sur les deux derniers championnats nommés, rien ne stipule dans le règlement qu’une étoile pourrait être intégrée en cas de X titres de champion national. En France, c’est la même chose. Au sein du règlement des équipements, aucune règle n’existe au sujet de ce symbole. De quoi offrir de la liberté à ceux qui souhaitent afficher une étoile. Idem du côté de la Grèce où l’Olympiakos affiche quatre étoiles quand le Panathinaïkos et l’AEK ne le font pas.

Dans l’Hexagone, l’Olympique de Marseille et l’AS Saint-Étienne sont donc les deux seuls clubs français à afficher de manière permanente une étoile au-dessus du blason. L’AS Saint-Étienne a été la première à en afficher une pour ses dix titres. L’OM arbore une étoile pour sa victoire en Ligue des champions 1993. Cette étoile est d’ailleurs devenue l’emblème du club phocéen. Avant son changement de blason, le FC Nantes affichait, lui, ses huit étoiles de champion au sein même du logo. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Le PSG, pourtant champion à plusieurs reprises, n’en porte aucune. La LFP ne fixe pas de règle officielle. Chaque club agit à sa guise. Cela génère des débats. Certains supporters demandent une étoile pour leur équipe. D’autres considèrent ce symbole comme réservé aux sacres mondiaux.

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Les Étoiles et les Compétitions Européennes

Le club phocéen n’est d’ailleurs pas le seul à honorer sa victoire dans la plus belle des compétitions de clubs. Dans ce petit monde, Nottingham Forest est attaché à ses deux étoiles de vainqueur de la C1 (1979, 1980), tout comme le Celtic, vainqueur en 1967. À l’inverse, les clubs les plus titrés sur la scène continentale comme le Real Madrid, l’AC Milan, Liverpool ou encore le Bayern Munich n’affiche aucune étoile en lien avec une victoire en Champions League.

Les Étoiles Décoratives et les Exceptions

Mais outre la victoire en Coupe d’Europe, certains clubs affichent des étoiles de manière assez audacieuse. On se rappelle par exemple que sur l’ancien blason de Manchester City apparaissaient trois étoiles. Trois étoiles qui n’avaient pourtant aucune signification et qui étaient simplement là pour des raisons décoratives. Toujours en Angleterre, Huddersfield affiche aussi trois étoiles, mais pour honorer ses trois titres de champion d’Angleterre (1924, 1925, 1926).

Un club brésilien défie toutes les normes : Sao Paulo avec trois étoiles rouges pour ses Coupes intercontinentales (1992 et 1993) et sa Coupe du monde des clubs (2005), mais aussi deux jaunes pour… les records en triple saut d'Adhemar da Silva, licencié au club et double champion olympique (1952 et 1956).

Les Étoiles des Sélections Nationales

Évidemment, pour les sélections, il y a moins de compétitions, donc tout est plus simple. La règle d'or est la suivante : une étoile pour une Coupe du monde gagnée. La France en porte donc deux, le Brésil cinq ou l'Argentine trois. L'Uruguay, elle, ajoute à ses deux Coupes du monde (1930 et 1950) les titres olympiques (1924 et 1928). Les instances légifèrent clairement à ce sujet. La hauteur de chaque étoile ne doit pas dépasser 2 cm. » Les équipes africaines, elles, ont le droit d'afficher une étoile par CAN remportée, mais seulement dans les compétitions de la CAF. Le Cameroun n'arbore donc pas ses cinq étoiles pendant la Coupe du monde.

L'Étoile Rouge de Belgrade : Un Cas Particulier

L’Europe de l’Est a vu passer de très grandes équipes, des trois générations dorées du Dynamo Kiev de Valeri Lobanovskiy au Steaua Bucarest vainqueur de la C1 en 1986. L’histoire du club est profondément liée à l’histoire politique de son pays. L’Étoile rouge gagne le championnat serbe en 1946, lui permettant d’accéder à la première division yougoslave dès son retour pour la saison 1946-1947. Le club gagne enfin le titre, après plusieurs saisons dans les places d’honneur, en 1951, grâce à un meilleur goal-average que le Dinamo Zagreb. Le club gagne le titre à nouveau lors de la saison 1952-1953, mais ce sont les changements au sein de la structure du club qui permettent à l’Étoile rouge de dominer le championnat yougoslave et de devenir un concurrent sérieux à l’Europe pour la première fois de son histoire. Au milieu de la décennie, Dušan Blagojević devient président, Slobodan Ćosić agit en tant que secrétaire général et Aca Obradović devient quant à lui le directeur technique et sportif du club. Ensemble, ils ouvrent la voie à une génération glorieuse : le gardien de but Vladimir Beara, les défenseurs Vladimir Durković et Branko Stanković, les milieux de terrain Vladica Popović et Dragoslav Šekularac et les attaquants Rajko Mitić et Bora Kostić.

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Cette équipe fait la loi dans le championnat yougoslave, devenant championne en 1956, 1957, 1959 et 1960. La fin de cette génération dorée et de la domination belgradoise laisse place à une période trouble dans l’histoire du club. C’est le Partizan Belgrade, éternel rival, qui devient l’équipe dominante du pays. Les résultats de l’Etoile rouge atteignent des niveaux jamais vus auparavant : de second en 1961, elle chute à la quatrième place l’année suivante avant de toucher le fond en 1963, les hommes de Milorad Pavić finissant septième. C’est le pire résultat en championnat de l’histoire du club. Ces échecs peuvent néanmoins s’expliquer par un évènement : le club doit jouer de 1960 et 1963 dans le Stadion JNA du Partizan, suite à la destruction de l’ancien stade du SK Jugoslavija, qui n’avait pas été rénové depuis les années 1920. En 1963, le Stadion Crvena zvezda est enfin construit et l’Étoile rouge retrouve son stade, surnommé Marakana en hommage au stade carioca du même nom. En 1966, Miljan Miljanić arrive à Belgrade pour devenir le nouvel entraîneur du club. Il amorce un renouveau complet de l’effectif en le rajeunissant. La nouvelle génération de joueurs, une des plus belles de l’histoire du club, est menée par le fabuleux ailier gauche Dragan Džajić. Elle gagne le championnat trois années de suite, exploit qui n’avait jamais été fait auparavant (1968, 1969 et 1970). L’Etoile rouge atteint les demi-finales de la Coupe des clubs champions européens en 1971, battu 4-4 aux buts à l’extérieur par le Panathinaïkós de Ferenc Puskás. Le club remporte une nouvelle fois le titre en 1973 et va jusqu’en quarts de finale de la C1 en 1974 en parvenant à éliminer le champion en titre, Liverpool, en les battant 2-1 au Marakana et sur le même score à Anfield, devenant la première et seule équipe à réussir à battre les Reds chez eux dans la plus grande des compétitions européennes durant le XXe siècle.

Après quelques années pendant lesquelles le titre change de mains régulièrement, Gojko Zec devient entraîneur à Belgrade en 1976. Sa première saison fut un chef d’œuvre, l’Étoile rouge gagnant de nouveau le titre avec une avance de neuf points sur son dauphin zagrébois. C’est le plus gros écart jamais enregistré à l’époque dans le championnat yougoslave. Les deux saisons suivantes voient l’Étoile rouge finir à la deuxième puis la troisième place du championnat, envoyant le club en Coupe de l’UEFA. C’est donc en C3 que l’Étoile rouge atteint pour la première fois de son histoire une finale européenne, en 1979. Après avoir sorti le BFC Dynamo dans un Marakana en feu grâce à un but qualificatif à la 89e minute, puis le Sporting Gijon, Arsenal, West Bromwich et finalement le Hertha Berlin, les hommes de Branko Stanković, remplaçant de Zec, font match nul contre le Borussia Mönchengladbach de Kevin Keegan et Berti Vogts, entraîné par Udo Lattek, dans un Marakana plein à craquer avant de perdre sur un penalty de l’attaquant danois au match retour.

La saison 1979-1980 voit l’Étoile rouge devenir champion mais un événement particulier a lieu, éclipsant totalement le championnat et annonçant le déclin progressif du pays : le 4 mai 1980, l’Hajduk Split reçoit l’Étoile rouge pour la 25e journée du championnat. A la 41e minute, trois hommes rentrent sur le terrain et font arrêter le match. Le président de l’Hajduk, Ante Skataretiko, annonce la mort du maréchal Josip Broz Tito. La foule se met à pleurer et certains joueurs comme Zlatko Vujović, attaquant de l’Hajduk et futur joueur des Girondins et du PSG, s’effondrent. Le public se met ensuite à chanter « Druže Tito, mi ti se kunemo », chant à la gloire du Camarade Tito. Des changements importants ont lieu au club en 1986. Dragan Džajić, devenu directeur technique et sportif du club, commence à construire une équipe qui pourrait rivaliser avec les plus grosses écuries européennes de l’époque. Un plan quinquennal est mis en place en 1987 avec l’objectif d’être champion d’Europe d’ici 1992. L’Étoile rouge recrute Dragan Stojković et Robert Prosinečki, deux jeunes joueurs yougoslaves en provenance des clubs rivaux. Entre 1987 et 1992, le club remporte le championnat à quatre reprises. A la fin de la saison 1989-1990, l’Étoile rouge devient champion avec une avance de 11 points sur le dauphin zagrébois, battant le record de 1976. Le club continue sa politique de recrutement des meilleurs joueurs du championnat en achetant Darko Pančev, Dejan Savićević, Siniša Mihajlović et en faisant monter en équipe première deux jeunes espoirs du centre de formation : Stevan Stojanović et Vladimir Jugović. Cette équipe, avec l’arrivée du transfuge roumain Miodrag Belodedici, gagne la Coupe des clubs champions européens en 1991 en battant tour à tour le Grasshopper Club Zurich, les Glasgow Rangers, le Dynamo Dresde, le Bayern Munich puis l’Olympique de Marseille en finale à Bari. Ils remportent ensuite la Coupe Intercontinentale 1991, (qui opposait le vainqueur de la C1 au vainqueur de la Copa Libertadores), en battant Colo-Colo sur le score de 3 buts à 0.

Le Contexte Politique et la Dissolution de la Yougoslavie

Néanmoins, la période suivant la mort du Maréchal Tito voit également la montée des extrémismes ethniques au sein d’une Yougoslavie de plus en plus morcelée en l’absence de sa figure totémique. Le 13 mai 1990, lors d’un match au Maksimir de Zagreb, le Dinamo affronte l’Etoile rouge pour un match sportivement sans conséquence : L’Etoile rouge était déjà championne et le Dinamo avait également assuré sa seconde place. Politiquement, le match est un symbole fort car il a lieu une semaine après les élections législatives croates qui ont porté Franjo Tuđman et l’Union démocratique croate au pouvoir au sein de la République socialiste de Croatie. Le match est annulé, les Bad Blue Boys croates et les Delije serbes se battant et s’insultant dans les tribunes, obligeant la police à venir calmer l’émeute. Zvonimir Boban, capitaine du Dinamo et international yougoslave, se fait remarquer pour un coup de genou donné à un policier en train de frapper un supporter croate. L’Étoile rouge gagne à nouveau le titre en 1992 mais le championnat ne comporte plus d’équipes croates et slovènes à la suite de l’indépendance de ces deux pays. Les sanctions des Nations Unies, l’inflation et la guerre civile font beaucoup de mal au club qui voit partir tous les joueurs ayant gagné la Coupe d’Europe en 1991. Les années suivantes voient le Partizan Belgrade gagner le titre dans un championnat devenu un championnat serbo-monténégrin, l’Étoile rouge ne retrouvant la première place qu’en 1995 avec une nouvelle génération incarnée par Dejan Petković, Darko Kovačević ou Dejan Stanković. Mais ce titre ne sera qu’une éclaircie dans un ciel sombre, le Partizan étant champion en 1996, 1997 et 1999. Si l’Étoile rouge gagne le titre en 2001 et 2004, ses performances européennes font pâle figure, éliminée lors du deuxième tour par le Celta Vigo en Coupe de l’UEFA en 2001, puis par l’Arsenal Kiev lors du premier tour de la C3 en 2002, puis par la Lazio Rome au même stade de la compétition l’année suivante. Malgré tout, le club continue de faire progresser des joueurs de son académie, tel que Milenko Ačimovič, Branko Bošković ou Nemanja Vidić. L’Étoile rouge gagne le dernier titre avant l’indépendance du Monténégro, en 2006. Les performances européennes continuent d’être décevantes et le club ne gagne le championnat qu’en 2007 avant de voir le Partizan enchaîner six titres consécutifs. Entre 2005 et 2014, 16 entraîneurs et cinq présidents se succèdent à la tête du club. En début d’année 2010, la situation économique du club est telle que l’Etoile rouge doit demander des donations par téléphone allant dans un fond pour essayer de rester à flot. Malgré le titre de 2014, le club ne peut participer à la Ligue des Champions 2014-2015 à cause d’un mauvais bilan financier. En décembre 2014, le candidat incontesté Svetozar Mijailović devient président de l’Étoile rouge, amenant enfin de la stabilité dans un club qui en avait terriblement besoin. Après avoir gagné le titre en 2016, c’est en 2017-2018 que l’Etoile rouge revient en Europe, en atteignant les phases de poules de l’Europa League pour la première fois depuis 10 ans. Dans un groupe composé d’Arsenal, Cologne et le BATE Borisov, les Serbes parviennent à se qualifier pour les phases finales, pour la première fois depuis 25 ans, en finissant derrière Arsenal avant de se faire éliminer en 16e de finale par le CSKA Moscou. L’Étoile rouge remporte à nouveau le championnat en 2018 puis 2019 mais ne passe pas la phase de groupes de la Ligue des Champions.

L'Olympique de Marseille : De la Fondation à l'Étoile de la Ligue des Champions

L’Olympique de Marseille est officialisé le 31 août 1899 par arrêté préfectoral puis en assemblée générale le 8 janvier 1900. Les années 1890 sont marquées par un fort engouement des Marseillais pour le sport. Pour suivre et entretenir cette dynamique, des clubs, pratiquement tous omnisports, sont crées. L’Olympique de Marseille est né de la refonte d’un club : le Football Club de Marseille. Le FCM résulte de la fusion d’un club d’élèves du lycée de Marseille et de celui du collège Saint-Ignace, accompagnée par quelques anciens du Fol Club. Le Football Club de Marseille compte une trentaine d’adhérents à ses débuts et pratique la natation, l’aviron, le tennis, le vélo, le cricket, l’athlétisme et le rugby. Mais en 1899 et après deux ans d’existence, le Football Club de Marseille décide de faire peau neuve et fusionne avec le club d’escrime L’Épée pour créer un nouveau club : l’Olympique de Marseille. Le FCM laissera sa place à l’Olympique de Marseille à la fin de l’année 1899. Avant de laisser l’OM prendre place, l’association inscrit pendant ce changement trois nouvelles sections sportives dans son fonctionnement : l’escrime, la boxe et le football. Le Football Club de Marseille décide également de déplacer son siège de la place Castellane à la rue Saint-Suffren, dans les locaux du club d’escrime L’Épée avec lequel il fusionne. Le FCM dispose alors d'excellentes infrastructures pour un club omnisports marseillais puisqu’il a à sa disposition les terrains du Parc Borély ainsi que deux salles avec vestiaires et douches à la rue Saint-Suffren. Le Football Club de Marseille apparaît pour la dernière fois en décembre 1899 lors d’un match de football contre le Sporting Club de Marseille.

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Pour faire partie intégrante de l’OM, quelques conditions s’imposent à cette époque : être âgé de 15 ans minimum et être présenté par deux parrains. Le droit d’entrée à l’OM est alors de cinq francs, ce qui équivaut à 76 centimes aujourd’hui et la cotisation atteint les trois francs par mois, soit 46 centimes, exceptés les lutteurs et les boxeurs qui paient un supplément assez important pour couvrir les frais de la salle. Le club de rugby du Football Club de Marseille, fondé en 1897, lègue sa devise à l’OM. La devise de l’Olympique de Marseille est alors “Droit au But“ et elle apparait dès 1899 sur l’emblème du club. Elle l’est encore aujourd’hui. Elle se caractérise par un goût prononcé du club phocéen pour l’offensive. Le mot “Olympique“, présent dans le nom du club, est rattaché à l’Olympe pour faire référence aux racines grecques de la cité phocéenne. L’OM, présidé par René Dufaure de Montmirail, compte deux vice-présidents, A. Bideleux et Liotier, ainsi qu’un secrétaire et un trésorier, L. Devaux et F. Durst. L’Olympique de Marseille compte dans ses rangs les grands noms du FCM comme Gilly, vainqueur en 1899 de l’ensemble des titres de course à pied du championnat littoral. En football, l’Olympique de Marseille remporte le championnat du littoral 1899-1900 pour sa première participation.

L'OM arbore une étoile pour sa victoire en Ligue des champions 1993. Cette étoile est d’ailleurs devenue l’emblème du club phocéen.

La Coupe du Monde et les Étoiles : Un Symbole de Gloire Nationale

Ce dimanche au stade de Lusail au Qatar, l’Argentine et la France vont ferrailler pour rafler le trophée le plus convoité du sport mondial, la 22e Coupe du monde de foot. Il s’agira de flatter l’ego de ses compatriotes, de faire remonter mécaniquement le moral des ménages et, surtout, d’ajouter une étoile juste au-dessus du coq. La troisième pour les deux équipes. L’Albiceleste (1978, 1986) court après depuis le sacre de Mexico de Diego Maradona qui avait survolé la compétition, quand les Bleus (1998, 2018) sont les tenants du titre. Dans l’ère post-moderne du sport le plus populaire du monde, le football de sélection se jauge au nombre d’astérisques situés juste au-dessus du blason, tout près du cœur. Ni l’Uruguay (1930, 1950), ni l’Italie mussolinienne (1934, 1938), ni l’Allemagne de l’Ouest (1954), ni le Brésil (1958, 1962, 1970) et encore moins l’Angleterre vainqueur de sa Coupe du monde à domicile en 1966. Appartenir à ce club très sélect suffisait à leur bonheur. En gagnant une troisième fois le tournoi planétaire en douze ans, les Auriverde ont le droit de conserver la coupe Jules-Rimet, un trophée qui ressemble aux statuettes que recherchent Jean-Paul Belmondo et Françoise Dorléac dans l’Homme de Rio. Et la Seleção brésilienne étale pour la première fois ses trois astérisques, qui attestent de son glorieux passé, le 18 juillet 1971 contre la Yougoslavie, à l’occasion de la dernière cape de Pelé, le plus grand joueur de tous les temps pour beaucoup. Depuis lors, c’est entendu, le Brésil évolue avec les trois étoiles et il lui faut patienter vingt-quatre ans pour en coudre une quatrième (1994), puis une cinquième (2002). En l’absence du moindre texte législatif, une incongruité quand on sait comment la Fifa aime tout réguler, la tradition fait loi.

En juillet 1982, la Nazionale italienne gagne un troisième Mondial et patiente jusqu’à décembre pour sacrifier à son tour à l’atavisme des trois novas. Même chose avec l’Allemagne(1), qui attend l’Euro 96, soit six ans après son troisième sacre mondial, pour afficher sa troisième étoile. D’autres pays n’auront pas cette pudeur levantine. La Céleste fait valoir qu’elle a gagné les deux tournois olympiques (1924 et 1928) qui précédaient la création de la Coupe du monde et qu’en conséquence on pouvait la créditer de quatre succès planétaires. Spécieux mais efficace. Au bout d’un long processus, la Fédération internationale finit de guerre lasse par s’en désintéresser et laisse les Sud-Américains brandir leurs quatre étoiles.

Ce vide juridique va profiter à d’autres. Les premiers à s’en saisir ? Les Français remixent la table des lois. A peine deux mois après leur sacre du 12 juillet 1998, les Bleus jouent avec une étoile au-dessus du coq, le 5 septembre contre l’Islande. Vainqueurs du Mondial 1998 et de l’Euro 2000, les Bleus se présentent en immenses favoris à l’édition suivante en Corée du Sud et au Japon. Pour l’occasion, Adidas, leur équipementier, a vu les choses en grand et en déraisonnable. Message inconscient, pas la peine d’y aller, on a déjà gagné. On sait ce qu’il advint. En Asie, l’équipe de France ne marque pas un but et sort piteusement au premier tour. La transgression française de la «première étoile» de 1998 a fait des émules. La Roja espagnole arbore sa première étoile dès le soir de son triomphe sud-africain en 2010. Résultat, le «produit» avait été manquant pendant des semaines. Gageons qu’à l’heure d’affronter l’Argentine, Nike suit la même feuille de route.

Les Étoiles : Plus Qu'un Simple Ornement

Chaque étoile n’est pas qu’un ornement. Elle raconte un exploit et résume un palmarès. Elle marque l’histoire. Mais d’un pays à l’autre, sa signification diffère. Et certaines étoiles provoquent parfois la polémique. Le Brésil en arbore cinq pour ses titres de 1958, 1962, 1970, 1994 et 2002. L’Italie et l’Allemagne en portent quatre chacune. La France a ajouté sa première étoile après 1998, puis une seconde en 2018. L’Argentine affiche désormais trois étoiles, la dernière gagnée en 2022.

Controverses et Débats Autour des Étoiles

Certaines étoiles font grincer des dents. Le cas de l’Uruguay reste controversé. Mais la FIFA a tranché : les titres olympiques de 1924 et 1928 sont équivalents aux Coupes du monde. En club, l’OM provoque régulièrement ses rivaux avec son étoile européenne. Des supporters y voient un abus. D’autres estiment qu’une Ligue des champions mérite cette distinction. Nottingham Forest et Aston Villa sont aussi critiqués pour avoir mis en avant leurs anciens sacres européens. Certains clubs ajoutent des étoiles pour des coupes nationales, ce qui dénature le symbole. Le risque est de banaliser l’étoile, voire de la décrédibiliser.

Le Choix de Certains Clubs de Ne Pas Afficher d'Étoiles

Le FC Barcelone suit la même voie. En France, le PSG et Lyon n’en ont jamais voulu, malgré de nombreux titres nationaux. Ce refus est souvent lié à une volonté de sobriété. Le prestige passe par le logo, le style, la reconnaissance mondiale. Ces clubs considèrent que leur nom suffit à inspirer le respect. L’étoile n’est pas jugée nécessaire. C’est aussi une manière de se distinguer des autres.

Vers une Uniformisation des Règles ?

Chaque pays, chaque club, chaque fédération applique ses propres règles. Cela entraîne des écarts visibles et parfois absurdes. Certains plaident pour un système commun. Une étoile pour dix titres nationaux. Une pour chaque Ligue des champions. Une pour chaque Coupe du monde. Mais cette idée se heurte aux spécificités culturelles et historiques. L’Italie a ses codes. L’Allemagne aussi. L’Angleterre préfère l’élégance. L’uniformisation semble donc peu probable.

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