L'histoire du football à Bayonne est indissociable de celle des Croisés de Saint-André, un club profondément enraciné dans le quartier du Petit Bayonne. Depuis sa création en 1913, l'association a traversé les époques, les guerres et les transformations du football, laissant une empreinte durable sur le paysage sportif local. Cet article explore les moments clés de l'histoire des Croisés de Bayonne, de leurs modestes débuts à leurs exploits en Coupe de France, en passant par les figures emblématiques qui ont façonné leur identité.
Les Racines du Patronage: 1913 et les Premières Années
Le patronage des Croisés est intimement lié au quartier Saint-André de Bayonne. Le 9 août 1913, l'abbé Marot, vicaire, et M. Sagardoy, curé de la paroisse, déposent les statuts de la nouvelle société. L'abbé Marot, en tant que secrétaire, et le curé Sagardoy, en tant que président-fondateur, signent la déclaration. Depuis 1907, l'abbé Marot s'occupait des jeunes le jeudi après-midi, les accueillant l'hiver dans un local de l'école des filles, rue de la Visitation, ou sur les terrains militaires de Mousserolles. L'été, les jeunes partaient en groupe vers la croix de Mouguerre ou sur la vieille route des cimes d'Hasparren.
Le football fut l'une des premières sections recensées en 1913. Un terrain fut aménagé, clôturé et équipé en haut de la Côte de Mousseroles, pour les Croisés, Dès 1913, une section d’athlétisme fut formée et organisa une course à pied et un challenge qui fut un succès. La section de gymnastique des Croisés participe pour la première fois à une séance récréative et artistique le 10 novembre 1913.
Cependant, la Première Guerre mondiale interrompt brutalement les activités du patronage. Les locaux sont réquisitionnés, la section de gymnastique est suspendue et l'abbé Marot est mobilisé.
L'Entre-Deux-Guerres et l'Essor de la Musique
Après la guerre, les Croisés renaissent de leurs cendres. Une clique, dès 1922, sous la direction de M. Fresneau (père), devint la plus belle de la région. En 1951, la Clique des Croisés est championne de France, titre décroché à Nantes. La Clique et l’Harmonie sont une des identités du Patronage, identité bien sonore de la paroisse lors des processions de la Saint Léon ou de la Fête Dieu, mais aussi tradition oblige, lors de l’aubade de la première heure du Nouvel An. Comment ne pas évoquer la célèbre silhouette du dévoué Amédée Poisson qui veillait à la bonne marche de cette troupe ? Ces Petits Marins, la relève du Patro, sont de toutes les sorties de la Clique ou de l’Harmonie.
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Louis Etcheto se souvient des premières Fêtes de Bayonne: Elles ont débuté en 1932, ces belles fêtes : « J’ai été libéré du service en 33, j’ai donc pris les Fêtes en cours de route. A l’époque, les premières Fêtes de Bayonne avaient été organisées par Jean Noguès et sa bande de copains du rugby de l’Aviron Bayonnais et la banda des Croisés de Saint-André. Ça n’avait pas l’ampleur d’aujourd’hui mais on s’amusait différemment, les endroits de la fête étaient différents eux aussi. On se rassemblait le matin dans le Petit-Bayonne pour participer à quelques jeux. Puis le quartier du Petit -Bayonne était déserté au profit du centre-ville et surtout de la mairie. Là, les gens se rassemblaient sous les arceaux Port-Neuf ou encore au Café Farnié, au Café du Grand Balcon, au Café de la Brasserie et au Café du Théâtre. La fête se concentrait là pour la soirée et les gens chantaient, dansaient et faisaient des batailles de confettis. C’était bon enfant.
L'association propose également des séances récréatives, comme celle du 10 novembre 1913, avec quatre sketches comiques entrecoupés d'auditions musicales. En 1958, la troupe théâtrale des Croisés connaît un immense succès avec "Vues…et Revue", un panorama de l'actualité bayonnaise. La troupe Théâtrale des Croisés se met en sommeil en 1958, et pourtant en 1966 elle reprend du service avec l’interprétation de ”Georges et Margaret”.
La Relance du Football et les Années 1970
En 1960, la section football est relancée par le président Laffargue (Omnisports), grâce à René Cazaux, futur président, et de nouveaux dirigeants tels que Saumonneau, Lacabérats, Uhaldeborde, Etchart et Capdeboscq. La saison 1971-1972, entraînée par Pierre Cassan, est considérée comme un "grand cru".
Pourtant, si la Musique disparaît, une autre forme de Musique apparaît en 1960 : la création d’une ”Banda” au départ avec des musiciens des Croisés, associés à une joyeuse équipe du Petit-Bayonne, l’une des plus célèbres bandas de Bayonne, ”Lous Tilholès”.
Les Exploits en Coupe de France et les Années 2000
Les années 1990 et 2000 marquent une période faste pour les Croisés de Bayonne. En 1995-1996, les moins de 18 ans, entraînés par Jean Galliana et Armand Bidegain, accèdent aux 32e de finale de la Coupe Gambardella en battant la Souterraine (2-0), avec des buts d'Harretche et Boisramé. En 2002-2003, les Croisés atteignent le 6e tour de la Coupe de France, la finale de la coupe des Pyrénées, et la réserve la finale de la coupe Vispaly. En 2006-2007, ils sont champions de DHR et atteignent la DSR.
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Le Centenaire et les Défis Actuels
En 2013, les Croisés de Saint-André célèbrent leur centenaire avec faste. Pour l'occasion, l'association organise un grand événement avec 1 500 musiciens, 30 sociétés musicales, 50 jurés et environ 200 bénévoles.
Plus de 110 ans d’histoire et de sport au service de la jeunesse Bayonnaise. Pilier historique de la vie associative bayonnaise, notre association les Croisés de Bayonne compte 790 adhérents et plusieurs dizaines de bénévoles passionnés et dévoués. Elle allie sections sportives (Football, Tennis de table, Gymnastique) et loisir (Modélisme). Elle siège à la Maison des Associations de Bayonne et utilise les infrastructures sportives de la ville de Bayonne (Gymnases Robert CAILLOU et Jean FONTAN, terrains synthétiques de La Floride, Lauga et le stade Didier Deschamps).
Aujourd'hui, les Croisés de Bayonne continuent de jouer un rôle important dans la vie sportive et associative de Bayonne. L'association compte 790 adhérents et propose des activités dans les sections sportives (Football, Tennis de table, Gymnastique) et loisir (Modélisme). Elle utilise les infrastructures sportives de la ville de Bayonne, telles que les gymnases Robert Caillou et Jean Fontan, les terrains synthétiques de La Floride, Lauga et le stade Didier Deschamps.
L'Aviron Bayonnais FC et le Paysage Footballistique Basque
Il est important de situer les Croisés de Bayonne dans le contexte plus large du football au Pays Basque. Bien que le rugby occupe une place prépondérante dans la région, le football y est également très populaire. À Bayonne, l'Aviron Bayonnais Football Club (ABFC) est le club phare, évoluant en National 3 et ambitionnant de retrouver le National et de devenir le premier club français professionnel du Pays Basque.
L’ancien dirigeant des Chamois Niortais veut faire de l’Aviron Bayonnais FC (N3), qu’il préside depuis dix mois, le premier club français professionnel du Pays Basque. Un vaste projet, qu’il entend mener en plusieurs étapes et en équipe. A Bayonne, au stade Didier Deschamps. Si on vous dit le jambon, les fêtes, le chocolat, la Nive, l’Adour, le « petit », les arènes, les halles, Ramuntcho… Bienvenue à Bayonne ! Bienvenue au Pays Basque, le pays du … rugby ! Le pays de l’Ovalie et… du ballon rond. Bien sûr, l’Aviron Bayonnais phagocyte un peu tout. Sans compter qu’à 5 kilomètres d’un stade Jean-Dauger rénové et qui accueille près de 15 000 personnes pour des affiches du top 14, l’historique Biarritz Olympique réunit lui aussi des milliers de fidèles au parc des sports d’Aguilera en Pro D2. Pour autant, le football tient une place très importante dans la ville qui a vu naître Didier Deschamps : rien qu’entre le petit frère, l’Aviron Bayonnais Football-club et les Croisés de Bayonne, on frôle les 1500 licenciés. Au stade Didier Deschamps de Bayonne - l’ex-capitaine des Bleus a donné son nom au stade en 2000 -, on est loin de l’affluence de Jean-Dauger, mais il existe une constante : le football est et sera toujours plus populaire que le rugby, question de culture. Et celle du ballon rond est plus grande que celle de l’ovalie en France. Mais pas au Pays Basque. Pas encore ? A Bayonne, au stade Didier Deschamps.
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L’ancien milieu de terrain professionnel (plus de 300 matchs de Ligue 2 à son actif et une centaine de matchs en D2 anglaise) n’est pas venu révolutionner le ballon rond à Bayonne. Il est venu structurer le club et lui donner une nouvelle orientation avec des objectifs précis. La deuxième étape, c’est de retrouver le National, un championnat que l’Aviron Bayonnais a fréquenté pendant 6 ans (2004 à 2006 puis 2008 à 2012) avant, troisième étape, d’aller voir encore plus haut, comme le Pau FC, pensionnaire de Ligue 2 depuis 2020, le grand club des Pyrénées-Atlantiques. Le grand club… du Béarn. Béarnais, Basque, à chacun son histoire !
On a deux deux entités, la SAS, que je préside, et l’association, avec Lausséni (Sangaré) en co-président. Il va y avoir une augmentation de capital à la rentrée, la société va être constitué d’actionnaires locaux, comme on l’avait dit, parce que c’est un projet territorial. On souhaite faire entrer des acteurs du territoire afin de devenir le premier club français professionnel du Pays Basque. C’est ça le projet. Je sais, c’est un sacré pari, mais c’est notre ambition. Le foot, c’est toujours des paris et de l’ambition. A Bayonne, au stade Didier Deschamps. Déjà, ce serait bien d’imiter nos prédécesseurs, ceux qui ont permis à l’Aviron Bayonnais FC de monter deux fois en National. Ce n’est pas rien. Donc on va déjà essayer de réécrire cette page, avec l’ambition de rester en National puis de devenir professionnel. Je dis toujours que, sans ambition, sans projet, on ne construit rien. Ce projet humain est passionnant : ça va prendre du temps, de l’argent sera injecté mais ce n’est pas uniquement une question d’argent. Ici, c’est incroyable, il y a 1500 licenciés foot rien qu’à Bayonne, avec le club des Croisés. Nous, on est déjà pratiquement 800. Et dans le bassin, il y a la JAB (Biarritz), les Genêts d’Anglet, Saint-Jean-de-Luz, etc. Le territoire est vaste, riche.
Le foot reste le foot. Avec toute sa force. Rien ne peut le battre. Même en terre de rugby. Parce qu’il est le sport le plus populaire dans le monde et même dans le territoire basque, où il y a de la place pour tout le monde. Bien sûr, ici, on aime le rugby, mais aussi le foot ! Le meilleur exemple, pour moi, c’est Clermont-Ferrand. J’ai vu des matchs au stade Gabriel-Montpied, ils faisaient une moyenne de 2500 spectateurs en Ligue 2. Le foot n’existait pas en Auvergne. Personne ne voulait aller voir un match à Gabriel Montpied. Et puis Clermont Foot est monté en Ligue 1, avec Pascal Gastien comme coach et un investisseur suisse (Ahmet Schaefer), que j’ai eu l’occasion de rencontrer. Aujourd’hui, on ne parle plus que du Clermont Foot, le stade fait 15 000 spectateurs de moyenne, et pourtant Montferrand est toujours en Top 14.