Dopage dans le football : une liste de cas marquants

Le dopage, bien que moins médiatisé que dans d'autres disciplines sportives, est une réalité dans le monde du football. Des joueurs de renom ont été pris la main dans le sac, avec des conséquences variées sur leur carrière. Cet article explore certains des cas les plus emblématiques de dopage dans le football, en mettant en lumière les substances utilisées, les sanctions imposées et les répercussions sur la carrière des joueurs concernés.

L'affaire Pogba : la testostérone au cœur du scandale

Le milieu de terrain français Paul Pogba a été suspendu à titre provisoire par l’agence italienne antidopage après avoir été contrôlé positif à la testostérone. Le contrôle a eu lieu en marge du match face à l’Udinese, le 23 août dernier. Cette affaire a fait grand bruit et met en lumière la persistance du dopage dans le football de haut niveau.

Suite à un contrôle positif à la testostérone le 20 août dernier avec la Juventus, Paul Pogba a été provisoirement suspendu. Ce lundi, Paul Pogba a été suspendu provisoirement par l’Agence italienne antidopage suite à un contrôle positif à la testostérone, datant du 20 août dernier lors du match Udinese-Juventus (0-3). Si le champion du monde 2018 risque jusqu’à quatre ans de suspension, son agent et avocate, Rafaela Pimenta, a pris sa défense quelques heures après la révélation des faits.

Diego Maradona : l'icône argentine rattrapée par la cocaïne et l'éphédrine

Diego Maradona, l'une des plus grandes stars de l'histoire du football, a été impliqué dans plusieurs affaires de dopage au cours de sa carrière. Lors de la Coupe du Monde 1994 aux États-Unis, il fait son retour au sein de l'Albiceleste après une suspension de quinze mois en 1991 pour un contrôle positif à la cocaïne et une peine de prison de quatorze mois avec sursis, pour possession de drogue. Après deux matches de poules, la star argentine est contrôlée positif à l'éphédrine à l'issue de la rencontre face au Nigeria (2-1, le 25 juin).

Adrian Mutu : une carrière entachée par la cocaïne et la sibutramine

La carrière d’Adrian Mutu a été faite de haut et de bas, notamment en raison de problèmes de dopage. En 2003, l’attaquant roumain signe à Chelsea où il inscrit 10 buts en 36 matches. Mais en octobre 2004, il est contrôlé positif à la cocaïne. Le joueur est suspendu 7 mois et Chelsea le licencie pour faute grave. Mutu rebondit à la Juventus puis à la Fiorentina où il va parvenir à se relancer. Mais en 2010, il est de nouveau contrôlé positif, cette fois-ci à la sibutramine, un stimulant.

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En octobre 2004, un peu plus d'un an après son arrivée à Chelsea, Adrian Mutu est contrôlé positif à la cocaïne. L'attaquant roumain est alors suspendu sept mois et le club anglais le licencie pour faute grave. Par la suite, le joueur, passé par Ajaccio (2012-2014), se relance à la Juventus puis à la Fiorentina mais, en 2010, il est de nouveau contrôlé positif, à la sibutramine (médicament contre l'obésité) cette fois-ci. Il sera suspendu pour une durée de neuf mois.

Francesco Flachi : la cocaïne, une addiction fatale

Francesco Flachi fut contrôlé à la cocaïne non pas une, mais deux fois dans sa carrière. À la fin de l’année 2006, Francesco Flachi est au sommet de son erreur. Le buteur italien empile les buts avec la Sampdoria, participant au renouveau du club. Sauf que Francesco Flachi est contrôlé positif à la cocaïne en janvier 2007 et est suspendu deux ans. Il tente à Empoli en 2009 puis à Brescia l’année suivante. Mais bis repetita, Flachi est de nouveau contrôlé positif à la cocaïne. Cette fois-ci, le Comité olympique antidopage italien décide d’une mesure exemplaire et suspend le joueur pour douze ans.

L'attaquant italien détient le record de la plus longue suspension pour un joueur de football. Le serial buteur de la Sampdoria, de 1999 à 2006, est d'abord suspendu deux ans pour un contrôle positif à la cocaïne en janvier 2007. En 2009, Flachi retente sa chance au club d'Empoli (Serie B) puis Brescia l'année suivante. Mais, il récidive et est de nouveau contrôlé positif à la cocaïne en janvier 2010. Le Comité olympique italien lui inflige donc une suspension de douze ans. Cette sanction marque la fin de carrière de l'attaquant.

Fabien Barthez et Bernard Lama : le cannabis chez les gardiens de but

Seulement quelques mois après sa signature à Monaco, Fabien Barthez est contrôlé positif au cannabis. En 1995, Fabien Barthez quitte l’OM, relégué en D2, pour Monaco. Son arrivée se passe mal. En août, il se fracture le poignet. En octobre, il est contrôlé positif au cannabis.

À peine arrivé, l'international français se fracture un poignet. Après son retour à la compétition, le gardien subit un contrôle positif au cannabis, le 3 novembre 1995, à l'issue d'un match de Championnat, Monaco - FC Nantes. Fabien Barthez est alors suspendu quatre mois dont deux fermes en janvier 1996.

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Remplaçant de Barthez lors la Coupe du monde 1998, Bernard Lama a lui aussi été pris pour dopage au cannabis, quelques mois avant le sacre historique à domicile. Durant un stage de préparation avec les Bleus en février 1997, le portier du PSG est contrôlé positif. Ce qui lui vaut une suspension de cinq mois (dont deux ferme) et une mise à l’écart du club de la capitale pendant l’été. En janvier 98, il rejoint West Ham en prêt pour regagner du temps de jeu.

En février 1997, Bernard Lama (33 ans), gardien du PSG, est contrôlé positif au cannabis lors du stage précédant France - Pays-Bas (son seul match avec les Bleus durant l'année 1997) à l'occasion d'un contrôle inopiné diligenté par le ministère de la Jeunesse et des Sports. En mai, il est condamné par la Commission de contrôle dopage de la FFF à cinq mois de suspension, dont deux fermes, qu'il doit purger au cours du Championnat. Écarté par son club à l'intersaison, il retrouve du temps de jeu à West Ham en janvier 1998. À temps pour participer à la Coupe du monde mais en numéro 2.

Mamadou Sakho : une erreur de l'AMA aux lourdes conséquences

En 2016, Mamadou Sakho est suspendu à titre provisoire pour un contrôle positif. Une erreur de l’AMA qui lui coûtera en partie sa place à l’Euro. En 2016, Mamadou Sakho est un joueur important de Liverpool. Même s’il manque une partie de la saison sur blessure, il revient à temps pour les matches importants et notamment le huitième de finale retour de Ligue Europa contre Manchester United. Les Reds s’imposent 2-0 et se qualifient. Le joueur sera suspendu à titre provisoire par l’UEFA et manquera la finale de la C3.

En 2016, Mamadou Sakho joue à Liverpool et est un élément phare pour les Reds. Le défenseur participe aux rencontres importantes, notamment le huitième de finale retour de Ligue Europa contre Manchester United (1-1, le 17 mars). Peu de temps après, l'Agence mondiale antidopage annonce un contrôle positif à un brûleur de graisse et le défenseur, qui évolue actuellement à Montpellier, sera suspendu à titre provisoire par l'UEFA. Cette erreur coûtera cher à l'international français (33 ans, 29 sélections) puisqu'il manquera la finale de la C3 et l'Euro 2016. Quatre ans plus tard, en 2020, l'AMA reconnaît son erreur et annonce qu'elle paiera des dommages et intérêts à l'ancien parisien.

Samir Nasri : la perfusion de vitamines interdite

Lors de son passage à Séville, Samir Nasri avait été surpris avec une perfusion de vitamines. En février 2018, alors sans club après avoir quitté Antalyaspor, Samir Nasri a été condamné par l’UEFA à six mois de suspension pour avoir eu recours à une perfusion intraveineuse de vitamines en 2016, dans une clinique de Los Angeles, prohibée par l’Agence mondiale antidopage (AMA).

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En février 2018, Samir Nasri, alors sans club après son départ d'Antalyaspor, est condamné par l'UEFA à six mois de suspension pour avoir eu recours à une perfusion intraveineuse de vitamines, interdit par l'AMA, en 2016, dans une clinique à Los Angeles. En août 2018, sa suspension sera allongée jusqu'à 18 mois. Après cette sanction, le milieu offensif ira à West Ham le temps d'une saison et finira sa carrière professionnelle à Anderlecht, en Belgique.

André Onana : une erreur aux conséquences fâcheuses

Lors d'un contrôle inopiné le 30 octobre 2020, André Onana est contrôlé positif au Furosémide, un diurétique puissant. L'UEFA suspend alors le Camerounais pendant un an, une sanction réduite à neuf mois quelque temps plus tard par le Tribunal Arbitral du Sport. L'actuel gardien de l'Inter Milan, sous contrat avec l'Ajax au moment des faits, argue qu'il voulait simplement prendre un médicament pour la tête mais se serait trompé et aurait pris une pilule similaire que sa femme utilisait pour la rétention d'eau.

José Luis Palomino : blanchi après un contrôle positif

L'un des cas les plus récents avant l'annonce du contrôle positif de Paul Pogba était celui de José Luis Palomino. Le 26 juillet 2022, le joueur argentin a été testé positif à la Nandrolone, un stéroïde anabolisant qui est interdit. Le défenseur de l'Atalanta a, alors, été suspendu à titre conservatoire par le tribunal national antidopage. Par la suite, José Luis Palomino avait demandé l'analyse complète de ses échantillons et cela a conclu, une nouvelle fois, à un résultat positif à cette substance. Finalement, un peu moins de quatre mois après, le joueur est blanchi par les autorités italiennes de lutte contre le dopage.

Autres cas et suspicions

Stéphane Paille (Mulhouse, 1995) Stéphane Paille (30 ans), avant-centre engagé comme chômeur par Mulhouse à la fin de l'été 1995, est contrôlé positif en septembre et est suspendu pour deux mois, le contrôle ayant révélé des traces de cannabis.

En mai 1997, le joueur qui évolue alors à Heart of Midlothian est exclu par son club écossais immédiatement après avoir été suspendu quatre mois par la Fédération écossaise pour avoir absorbé un produit interdit, le Dinitel, médicament contenant notamment des amphétamines, afin de perdre un excès de poids. Cette affaire marquera la fin de sa carrière, lui qui comptera 8 sélections chez les Bleus à son actif.

En septembre 1997, après Bordeaux - Le Havre, Cyrille Pouget (24 ans) est contrôlé positif à la nandrolone. Il est suspendu le 2 juillet 1998 à dix-huit mois, dont six mois ferme.

En octobre 1997, le milieu parisien Vincent Guérin (29 ans) est contrôlé positif à la nandrolone lors de Nantes - Paris-SG avant de disputer le dernier match européen de sa carrière le 5 novembre 1997 face au Bayern (3-1) en phase de groupes. Il est suspendu le 8 janvier 1998 pour dix-huit mois, dont six mois ferme.

Les nuages sombres s'accumulent au-dessus de Turin et de la Juventus. Deux scientifiques italiens cités mercredi par la télévision publique néerlandaise NOS affirment que les Turinois, vainqueurs à Rome de la finale de la Ligue (ex-Coupe) des champions face à l'Ajax Amsterdam en 1996 aux tirs au but, s'étaient dopés à l'EPO pour disputer ce match. Pour les deux scientifiques cités par la NOS, il ne fait guère de doute, au vu des documents reprenant notamment des analyses des échantillons sanguins de joueurs, que les Turinois « ont été préparés à l'EPO » avant leur finale face à l'Ajax.

Parmi les joueurs ayant remporté la finale de la C1 en 1996, figurait l'actuel sélectionneur de l'équipe de France, Didier Deschamps, soupçonné à plusieurs reprises d'avoir eu recours à l'EPO durant sa carrière. Le médecin de l'équipe de France de foot en 2006, année de la finale perdue en Coupe du monde, a témoigné fin avril devant la commission d'enquête sénatoriale sur l'efficacité de la lutte contre le dopage confirmant ses soupçons émis dans son livre "L'implosion": «Ce n'est pas une révélation, écrivait-il alors. Il y avait eu le procès de Turin, où les chiffres étaient dans les actes du procès. C'étaient ceux qui jouaient à la Juve, Deschamps et Zidane, c'est sûr, qui présentaient des variations qui semblaient un peu anormales. Un spécialiste italien avait même dit que ça ne pouvait être que la conséquence de prises exogènes d'EPO. Mais quand c'est sorti, en 2002 je crois, on ne touchait pas aux icônes »

L'affaire de dopage de Sergio Ramos lors de la finale Ligue des Champions en 2018 n’a bizarrement pas fait tant de bruit que ça. Contrôlé positif à la dexaméthasone, un corticoïde utilisé contre les inflammations, le Capitaine madrilène s’en est tiré en expliquant avoir reçu ce traitement pour lutter contre des douleurs à l’épaule et au dos.

En mars 2011, le défenseur d’Arsenal est rattrapé par la patrouille anti-dopage. Fabio Cannavaro est un habitué des piquouzes.

Autorisations à usage thérapeutique (AUT) : une zone grise

Les Fancy Bears, un groupe de hackers russes, ont révélé que 160 footballeurs ont été contrôlés positifs en 2015 à des substances comme le cannabis, les corticoïdes et la morphine. Six d'entre eux ont été analysés par l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). En 2016, le chiffre grimpe à 220 contrôles anormaux. Ils ont également mis en lumière l'utilisation d'autorisations à usage thérapeutique (AUT) par certains joueurs. Cette pratique, décriée, n'est pas considérée comme du dopage. Elle permet à des sportifs de haut niveau d'avoir recours de manière exceptionnelle à des substances normalement interdites s'il est avéré qu'elles n'améliorent pas leurs performances.

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