Le Tours Football Club, autrefois connu sous le nom de FC Tours, est un club de football français basé à Tours. Son histoire est marquée par des périodes de succès, des difficultés financières récurrentes et, finalement, une disparition tragique. Cet article retrace le parcours de ce club, de sa fondation à sa récente dissolution.
Les Débuts et l'Ascension
L'histoire du club commence en 1919 avec la fondation de l'Association Sportive Docks du Centre par l'entreprise de distribution Docks de France. En 1921, le club est rebaptisé Association Sportive du Centre. Le club est rebaptisé Union Sportive du Centre. Après avoir évolué dans les divisions régionales, le club gravit les échelons et accède à la Division 2 à la fin de la saison 1973-1974. Les premières années en deuxième division permettent à l'équipe de s'installer dans l'antichambre de l'élite, terminant 3ème en 1977 puis 5ème en 1978. En 1980, le FC Tours obtient la montée en Division 1, marquant le début de son âge d'or.
L'Âge d'Or et les Stars
L'arrivée en Division 1 marque une période faste pour le club. Le stade de la Vallée du Cher accueille des stars telles que Delio Onnis, meilleur buteur du championnat en 1981 et 1982, Omar Da Fonseca, Jean-Marc Furlan, Guy Lacombe, Merry Krimau et Alain Polaniok. Le 1er match de l'histoire du FC Tours en D1 se solde par une victoire contre le Stade Lavallois (3-2). Les Tourangeaux se maintiennent trois ans au plus niveau, réalisent quelques exploits en coupe (demi-finaliste en 1982 et 1983, battus à chaque fois par le PSG) avant de faire l'ascenseur ensuite.
Le club atteint les demi-finales de la Coupe de France en 1982 et 1983, échouant à chaque fois face au Paris Saint-Germain. Malgré ces succès, le club est relégué en Division 2 après sa défaite en barrage contre le Nîmes Olympique (1-1, 1-3).
L'Alternance et les Difficultés Financières
Après une remontée rapide en Division 1, le FC Tours connaît une période d'alternance entre la première et la deuxième division. En 1993, la DNCG retire le statut professionnel au FC Tours et le rétrograde de deux échelons. Le club dépose le bilan dans la foulée mais parvient à éviter la liquidation et renaît sous le nom inversé de Tours FC.
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Le club est rebaptisé Football Club de Tours après le désengagement de la société Docks de France. Au début du 21e siècle, Tours a cependant repris des couleurs. Monté en Ligue 2 en 2006 avant de redescendre la saison suivante en National, le Tours FC remontait directement dans un championnat où il s’est installé avec comme rôle principal, celui du poil à gratter.
Les difficultés financières persistent, et le club est souvent sanctionné par les instances pour sa situation économique. En 2013, Jean-Marc Ettori, président de Corsicatours, rachète le club, comme souvent au bord du gouffre financier. Il installe son homonyme et ancien gardien international comme président délégué, et redresse petit à petit les comptes.
La Formation et les Joueurs Émergents
Malgré les difficultés, le Tours FC a été un club formateur pour de nombreux joueurs de talent. Olivier Giroud, formé à Grenoble, arrive en 2008 dans une équipe fraîchement remontée de National. Laurent Koscielny est un parfait inconnu pour la grande majorité des supporters lorsqu’il arrive en 2008. Tours vient alors d’être relégué en National après une saison calamiteuse, et remonte tout de suite, notamment grâce à l’impact défensif de Kos’. Le club a aussi vu Medhi Benatia, Haris Belkebla, Jonathan Gradit, Billy Ketkeophomphone, Rayan Raveloson ou encore Ismaël Bennacer passer en son sein au 21e siècle.
D'autres joueurs comme Andy Delort, Baptiste Santamaria et Denis Bouanga ont également été révélés par le club. La génération U19 a été sacrée championne de France en 2014, signe de la qualité de la formation tourangelle.
La Spirale Infernale et la Disparition
Resté en Ligue 2 pendant 10 en se positionnant globalement en milieu de tableau, Tours terminait dernier à l’issue de la saison 2017/2018. Une relégation en National 1 qui allait doucement, mais sûrement précipiter la chute du club à la couleur bleu ciel. La saison suivante, Tours qui avait l’un des gros budgets du championnat échouait dans sa mission remontée et l’exercice allait même virer au cauchemar sur l’ultime journée où la 15e place du club conduira à sa relégation en National 2. Cependant, cela n’allait pas s’arrêter là puisque les problèmes financiers du Tours FC provoquaient la rétrogradation administrative du club en National 3. Réagissant la saison suivante en terminant leader de National 1 en 2020, Tours sera interdit administrativement de montée puis dans une saison 2020/2021 interrompue par la pandémie de Covid-19, carrément rétrogradé en Régional 1 en 2021.
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La situation financière du club se détériore inexorablement. Arrivé cet été pour aider le Tours FC dans une situation dramatique, l’homme d’affaires belge Ivan Desmet devait réincarner le renouveau de cette équipe. Alors qu’il lui a évité la liquidation judiciaire, il promettait d’injecter 500 000 euros et d’amener une nouvelle dynamique. Finalement, ça a été un clou supplémentaire sur le cercueil du Tours FC. Entre des salaires impayés, des retards de paiement, des conditions d’accueil catastrophiques et une situation qui a même touché les équipes jeunes du club, la situation a atteint un niveau clownesque à la fin de l’année 2024.
En 2024, le club est retiré de tous ses championnats et disparaît, laissant derrière lui un sentiment de gâchis et de tristesse.
Les Entraîneurs Marquants
De nombreux entraîneurs se sont succédé à la tête du Tours FC, avec des fortunes diverses. Parmi eux, on peut citer :
- Aston (1951-1956)
- Yvon Jublot
- Pierre Phélipon
- Hennie Hollink
- Guy Briet
- Serge Besnard
- Raymond Keruzoré
- Christian Letard (1 juil. 1995 - 15 janv. 1999)
- Albert Falette (16 mars 196215 janv. 1999 - 30 avr.)
- Philippe Bizeul
- Daniel Sanchez (21 nov. 19531 juil. 2010)
- Peter Zeidler (8 août 19621 juil. 2011 - )
- Olivier Pantaloni (13 déc. 19661 juil. 2013 - 21 oct. 2014)
- Alexandre Dujeux (8 janv. 197621 oct. 2014 - 28 janv. 2016)
- Marco Simone (7 janv. 19691 juil. 2016 - )
- Fabien Mercadal (29 févr. 197213 juil. 2016 - 18 févr. 2017)
- Nourredine El Ouardani (4 janv. 197818 févr. 2017 - )
- Gilbert Zoonekynd (4 oct. 195628 mars 2017 - 15 oct. 2017)
- Sébastien Gondouin (15 mars 197616 oct. 2017 - 22 nov. 2017)
- Jorge Costa (14 oct. 197122 nov. 2017 - )
- René Lobello (5 mai 19634 juin 2018 - 23 déc. 2018)
- Sébastien Gondouin (15 mars 197623 déc. 2018 - 14 janv. 2019)
- Michel Estevan (28 sept. 196115 janv. 2019 - )
- Nourredine El Ouardani (4 janv. 19781 juil. 2019 - )
- Bryan Bergougnoux (12 janv. 198320 août 2024 - 30 avr. )
Daniel Sanchez, recruté par Max Marty en même temps que Koscielny, prend en main l’équipe qui vient de descendre en National en 2007. L’objectif de remonter immédiatement en L2 est tenu, l’équipe terminant deuxième de National.
Peter Zeidler, entraîneur allemand francophile, au style de jeu offensif, qui a pris en main l’équipe en juin 2011 et terminé à une belle sixième place.
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Les Joueurs Emblématiques
Outre Delio Onnis, meilleur buteur de l'histoire du club avec 64 buts, d'autres joueurs ont marqué l'histoire du Tours FC. Parmi eux, on peut citer Olivier Giroud, Laurent Koscielny et Bryan Bergougnoux, promu capitaine après son arrivée au club en 2012.
Rivalités et Identité
Le Tours FC n'a pas de rivalités locales fortes, mais a connu quelques derbys récurrents en Ligue 2. Le Tours Volley Ball est le gentil rival sportif local, au palmarès légèrement supérieur. La mascotte du club, une salamandre bleue pétant, est baptisée Delio en hommage à Delio Onnis.