La Coupe du Monde 1998 en France reste gravée dans les mémoires, non seulement pour le triomphe des Bleus, mais aussi pour le parcours attachant et frustrant de l'équipe du Maroc. Vingt ans après cette participation, le souvenir des Lions de l'Atlas et de leur guide, Henri Michel, disparu depuis, suscite encore une vive émotion au Maroc. Malgré une élimination en phase de poules, l'équipe marocaine a marqué les esprits par son jeu séduisant et un scénario cruel qui l'a privée d'une qualification méritée.
Un Groupe Difficile et un Début Prometteur
Le Maroc était logé dans le groupe A, en compagnie du Brésil, de la Norvège et de l'Écosse. Le match d'ouverture contre la Norvège, le 10 juin 1998, donnait le ton de la compétition. Dominant la rencontre avec une possession de balle de 57,3 %, les Marocains ouvraient le score grâce à un but exceptionnel de Mustapha Hadji, qui concluait un rush solitaire par une frappe limpide dans le petit filet.
Hadji se souvient : « Marquer un but tel que celui que j’ai marqué contre la Norvège, pour son pays, dans une Coupe du monde, c’est certainement… Je ne dirai pas le plus beau mais le souvenir le plus fort, oui. À ce moment-là, le Maroc est regardé par tout le monde. »
Malheureusement, un but contre son camp de Youssef Chippo juste avant la mi-temps permettait à la Norvège d'égaliser. En seconde période, Abdeljalil Hadda redonnait l'avantage aux Lions de l'Atlas, mais la joie était de courte durée, car Dan Eggen égalisait à nouveau une minute plus tard. Le match se terminait sur un score de parité (2-2), laissant un goût amer aux Marocains, qui avaient dominé la rencontre.
La Confrontation avec le Brésil : Une Défaite Honorable
Le second match opposait le Maroc au Brésil, champion du monde en titre et grand favori de la compétition. Malgré la présence de stars comme Ronaldo, Rivaldo et Roberto Carlos, le Maroc ne sombrait pas et rivalisait avec la Seleçao en termes de possession de balle. Cependant, la différence se faisait sur les individualités, notamment Ronaldo, qui ouvrait le score dès la 9e minute.
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« Jusqu’à aujourd’hui oui, c’est peut-être le meilleur de tous », estime Mustapha Hadji, admiratif des qualités de Ronaldo. « Pour moi. Aujourd’hui c’est vrai qu’il y a Messi, (Cristiano) Ronaldo, mais pour avoir eu la chance de jouer contre ce génie du football… Ça restera le top ».
Rivaldo doublait la mise juste avant la mi-temps, et Bebeto scellait la victoire brésilienne en seconde période (3-0). La défaite était lourde, mais le Maroc avait montré de belles choses face à une équipe brésilienne impressionnante.
Le Match Cruel contre l'Écosse : De la Joie aux Larmes
Le troisième match contre l'Écosse était décisif pour la qualification. Les Marocains devaient impérativement gagner et espérer une défaite de la Norvège contre le Brésil. Sur la pelouse de Saint-Étienne, les Lions de l'Atlas réalisaient un match parfait, dominant largement les Écossais et s'imposant 3-0 avec des buts de Salaheddine Bassir (2) et Abdeljalil Hadda.
Cependant, la joie était de courte durée. Dans l'autre match, la Norvège arrachait une victoire controversée contre le Brésil sur un penalty tardif. Ce résultat éliminait cruellement le Maroc, qui avait pourtant fait le travail en dominant l'Écosse.
« Quand vous revoyez après le match de l’Écosse où on gagne 3-0 et qu’il ne reste plus qu’une trentaine de secondes à jouer dans l’autre match entre le Brésil contre la Norvège, nous on s’est regardés et on s’est dit : ‘ça y est, on passe le premier tour' », témoigne Mustapha Hadji. « Et en une fraction de seconde, on est passés de la joie à une tristesse énorme. Ces larmes-là, on les a partagées avec tous les Marocains. »
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Une Équipe Attachante et un Hommage à Henri Michel
Malgré l'élimination, l'équipe du Maroc avait séduit par son jeu technique et sa combativité. Les statistiques montrent qu'elle avait même été plus habile que le Brésil dans l'art du dribble et qu'elle avait presque autant frappé au but que les Auriverde.
Cette équipe portait la signature d'Henri Michel, un entraîneur charismatique et bienveillant, considéré comme un père par ses joueurs. « Comme je l’ai très souvent dit, ça a été un papa pour nous », rappelle Mustapha Hadji. « C’est vraiment quelqu’un qui a déclenché pratiquement toute l’épopée de 1998. Cette équipe-là s’est souvent appuyée sur Henri. Il a été à la fois un grand frère, un papa, une source de motivation pour notre carrière. On avait vraiment un lien de famille avec Henri ».
Conclusion : Une Épopée Inoubliable
L'aventure de l'équipe du Maroc à la Coupe du Monde 1998 s'est achevée prématurément, mais elle a laissé une trace indélébile dans le cœur des Marocains. Malgré la cruelle élimination, les Lions de l'Atlas ont montré un visage séduisant du football marocain et ont rendu hommage à leur entraîneur, Henri Michel. Cette épopée fait partie de ces petites histoires qui font le charme de la Coupe du Monde.
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