Les Joueurs de Football Emblématiques des Girondins de Bordeaux : Une Histoire de Fidélité et de Flamboyance

Les Girondins de Bordeaux occupent une place singulière dans le paysage du football français. Avec leurs titres de champion, leurs campagnes européennes mémorables et leurs générations de talents formés au club, ils ont bâti une histoire riche et passionnante. Le mythique club au Scapulaire est un patrimoine du football français. De ses années fastes lors des années 80, symbolisées par les Giresse et Tigana, à sa renaissance dans les années 2000, ponctuée du titre des Gourcuff et Chamakh en 2009, sans occulter la génération Zidane, les Girondins ont bâti leurs succès grâce à des joueurs talentueux, devenus pour certains des légendes. Ce club, avec ses 6 titres de champion de France, 4 Coupes de France, 3 Coupes de la Ligue, 4 Trophées des champions, 2 Coupes Gambardella, 1 championnat de Ligue 2 et enfin 1 Challenge des champions en 1986, a marqué le football français.

Un Top 10 Incontournable

Ce top 10 met en avant les joueurs qui ont marqué l’histoire des Girondins. Des attaquants redoutables comme Jean-Pierre Papin ou Pauleta, mais aussi des gardiens et des défenseurs de renom comme Gaëtan Huard et Marc Planus, composent ce panthéon.

  1. Alain Giresse : L'Icône Incontestée. Véritable icône du club, Giresse est le joueur qui symbolise le plus la fidélité aux Girondins. Voilà comment le site des Girondins de Bordeaux définit le milieu offensif, artisan majeur des années triomphantes du club au Scapulaire dans les années 80. Âme de cette prestigieuse équipe, en compagnie des Tigana, Rohr, Lacombe, Girard, Battiston… le petit gabarit (1,63m) était un géant du foot."« Giresse, quand je le voyais, tous les matins à l’entraînement, c’était extraordinaire… C’était (Andrés) Iniesta aujourd’hui ! »"- Bernard Lacombe Monument des Girondins, Alain Giresse est également le métronome du légendaire carré magique, avec en tête de gondole Michel Platini. Né en Gironde, le milieu offensif a passé pas moins de seize ans au FCGB. Avec ses 592 matches et ses 181 buts, il est sans conteste le joueur le plus capé et le meilleur buteur des Girondins. S'il fallait ériger une statue à Bordeaux, ce serait à son effigie. Alain Giresse après la victoire en Coupe de France, en 1986.
  2. Zinédine Zidane : La Révélation Bordelaise. Avant de devenir champion du monde, Zidane s’est révélé à Bordeaux. Il y a affiné sa technique, sa frappe de balle et sa capacité à faire basculer un match. Si Zizou n’est pas numéro 1 du classement, c’est parce qu’il en est qu’au premier chapitre de sa légende. Sans doute le meilleur joueur français de l’histoire, le natif de Marseille connaît sa première expérience en ligue des champions à Bordeaux, tout comme sa première sélection en 1994. Dès son arrivée à Bordeaux, Yoann Gourcuff éblouit la France entière de son talent inestimable. On se souvient de ses gestes de grande classe et de ses buts fantastiques, à l’image de celui inscrit contre le PSG où il passe en revue toute la défense adverse. Rarement l’étiquette de nouveau Zidane n’a semblé aussi vraie. Malheureusement, le fiasco de Knysna avec les Bleus et son transfert à Lyon auront raison de tous les espoirs placés en lui.
  3. Jean-Pierre Papin : L'Instinct du Buteur. Même si c’est à Marseille qu’il a atteint son apogée, Papin a brillé à Bordeaux par son instinct de buteur et ses fameuses « papinades ».
  4. Pauleta : L'Aigle des Açores. Le buteur portugais a conquis les cœurs bordelais grâce à ses buts décisifs et son charisme. En 2000, les Girondins de Bordeaux sont à la recherche d'un remplaçant à Sylvain Wiltord, parti à Arsenal, et recrutent Pauleta. Bonne pioche. L'international portugais, totalement inconnu à son arrivée au Haillan, inscrit trois buts pour son premier match face à Nantes (0-5). Le reste de sa vie girondine s'inscrit dans la continuité de ce triplé : 91 buts toutes compétitions confondues lors de ses trois saisons à Bordeaux (de 2000 à 2003). Pauleta a inscrit un doublé en finale de la Coupe de la Ligue face à Lorient (3-0), en 2002. Il y a connu deux fois l'honneur d'être sacré meilleur joueur du Championnat de France (2002 et 2003), et a été décisif pour le seul titre remporté par les Girondins durant cette période, en inscrivant deux des trois buts bordelais en finale de la Coupe de la Ligue 2002 face à Lorient (3-0).
  5. Gaëtan Huard : Le Mur Infranchissable. Gardien emblématique, Huard détient le record d’invincibilité en Ligue 1 avec Bordeaux. Après une saison 1990-1991 blanche à l'Olympique de Marseille en raison d'une fracture d'une jambe, Gaëtan Huard rejoint Bordeaux, tout juste rétrogradé en Division 2. Il remonte avec le club l'année suivante en remportant le titre. Mais son passage de cinq ans chez les Girondins est surtout remarqué pour son record d'invincibilité en Championnat de France, qu'il détient toujours. Lors de la saison 1992-1993, Huard a gardé sa cage inviolée pendant 1 176 minutes entre le cinquième but (Amara Simba, 73e minute) d'un match à oublier face au PSG lors de la 17e journée et celui d'Aljosa Asanovic (Montpellier) à la 79e minute de la 31e journée, soit 13 matches complets.
  6. Bixente Lizarazu : L'Ascension d'un Champion. Avant de devenir champion du monde, Lizarazu a fait les beaux jours de Bordeaux. Avant de se découvrir une carrière internationale au Bayern Munich notamment, Bixente Lizarazu a débuté à Bordeaux en 1988. Des débuts rapides. Dès l'âge de 18 ans, il prend place sur le banc face à Caen, où il entre en cours de jeu. Ailier gauche de formation, l'international français (97 sélections), prend du galon en étant titularisé un cran en dessous dans le couloir gauche sous la houlette de Didier Couécou. Avec les Girondins, il a participé à 299 matches en huit ans, dont 26 en Coupe de l'UEFA. Capitaine, il termine son aventure bordelaise après la finale de C3 perdue en 1996 face au Bayern Munich (5-1, en cumulé), le plus grand regret de sa carrière. « Il était milieu gauche, moi arrière gauche, mais on ne savait pas trop qui était le milieu et qui était le défenseur, c’était assez magique, cette relation avec un joueur de couloir pur. »"- Jesper Olsen sur Lizarazu
  7. Christophe Dugarry : Le Complice de Zidane. Autre enfant du club, Dugarry a formé un duo redoutable avec Zidane et Lizarazu, propulsant Bordeaux en finale de Coupe UEFA. ""On avait tous les deux beaucoup de talent. Mais ce qui fait que Zizou est devenu Zizou, c’est le travail. (…) A son âge, on avait à peu près le même niveau technique. On avait des ressemblances au niveau du potentiel et du talent.""- Christophe Dugarry sur RMC Sport
  8. Marc Planus : La Fidélité Incarnée. Pur produit du centre de formation, Planus a incarné la fidélité au club. Marc Planus n'a connu que les Girondins de Bordeaux.
  9. Ulrich Ramé : Le Rempart Fiable. Gardien fiable et exemplaire, Ramé a longtemps été le dernier rempart des Girondins. Malgré la concurrence de Dominique Dropsy et Gaëtan Huard, nous avons choisi Ulrich Ramé pour garder les cages de notre onze de légende Girondins de Bordeaux ! Recruté en 1997 en provenance du SCO d’Angers, il débarque au Haillan en tant que doublure de l’international néerlandais Stanley Menzo, mais gagne très vite sa place de titulaire. Elu meilleur gardien du championnat à plusieurs reprises, le vainqueur de l’Euro 2000 a fait preuve d’une longévité exceptionnelle avec les Girondins, ce qui lui a permis de remporter la Ligue 1 avec une décennie d’intervalle.
  10. Marouane Chamakh : L'Enfant du Club Décisif. Formé à Bordeaux, Chamakh a marqué les années 2000 par ses buts décisifs et sa capacité à peser dans les grands matchs. Né à Tonneins, dans le Lot-et-Garonne, Marouane Chamakh est une figure emblématique des Girondins. Ce n’est pas tant son nom qui surprend, mais plutôt son ascension fulgurante.

Autres Joueurs Ayant Marqué l'Histoire des Girondins

Outre ce top 10, d'autres joueurs méritent d'être mentionnés pour leur contribution à l'histoire des Girondins.

  • François Grenet : L'Enfant du Club. Né à Bordeaux, François Grenet fait d'abord ses classes à Bayonne avant de revenir dans sa ville à l'âge de 15 ans. Il remplace Zinédine Zidane pour ses débuts en Division 1 à 18 ans face à Lyon, en 1993 (victoire 3-2). Attaquant de formation, son repositionnement en défense pendant la saison 1996-1997 lui offre une place de titulaire dans l'équipe. François Grenet a disputé 242 matches avec les Girondins.
  • Marius Trésor et Patrick Battiston : La Charnière Centrale. Arrivé en 1980 à Bordeaux contre un million de francs en provenance de l'OM, Marius Trésor s'impose dans le club girondin aux côtés de François Bracci en charnière centrale. En Division 1, il termine avec les Girondins à la troisième place du Championnat en 1981, à la quatrième en 1982 et finit vice-champion de France en 1983. Mais pour sa dernière saison, en 1983-1984, ses problèmes de dos, pour lesquels il se fait opérer, l'empêchent de jouer l'entièreté du Championnat (seulement 12 matches joués) et favorisent l'arrivée de Patrick Battiston. Cette saison de transition défensive entre Marius Trésor et Patrick Battiston voit Bordeaux remporter le titre de champion de France. La relève est assurée. Battiston réitère la performance l'année d'après. Homme fort du titre de 1987, il rejoint Monaco à la fin de la saison, mais reviendra deux années plus tard pour finir sa carrière. Buteur en demi-finale de la Coupe d'Europe des clubs champions face à la Juventus en 1985 (2-0, 0-3 à l'aller), il aura porté son équipe jusqu'aux portes de la finale, avant de s'arrêter également en demies de C2 deux ans plus tard (0-1, 1-1 face à Leipzig).
  • René Girard et Jean Tigana : Le Milieu de Terrain en Or. Les années d'or de Bordeaux se sont écrites dans les années 1980. Trois titres de champion de France (1984, 1985, 1987), deux Coupes de France (1986, 1987) et un milieu de terrain en or, lui aussi. Il y a d'abord le rugueux René Girard, au club de 1980 à 1988, qui s'est affirmé comme un pilier de la grande période bordelaise, accompagné de deux membres du carré magique de l'équipe de France. De l'autre, il y a le technique Jean Tigana. Lui non plus n'a pas multiplié les clubs. Huit ans à Bordeaux bien calés entre une aventure à Lyon (1978-1981) et une autre à Marseille (1989-1991), il a amplement contribué aux sacres de 1985 et de 1987. Dans l'édition du 26 février 1985 de France Football, Tigana était élu homme de la semaine après deux matches au Parc des Princes (victoire 1-2, buteur) et au Vélodrome (victoire 0-1). « Qui arrêtera Bordeaux ? Celui qui stoppera Tigana », écrivait le journal.
  • Yoann Gourcuff : Le Talent Éphémère. Prêté par l'AC Milan en 2008, Yoann Gourcuff s'impose dans le coeur du jeu bordelais. Il enchaîne des prestations de haut niveau et des buts de grande classe, comme celui face au PSG le 11 janvier 2009, élu but de l'année aux Trophées UNFP. Il s'engage définitivement avec Bordeaux à l'été 2009, mais sa saison est marquée par de nombreuses blessures. Il n'inscrit que six buts en 29 matches, contre 12 en 37 rencontres lors de l'exercice 2008-09. Si son passage est trop court pour être placé plus haut, Yoann Gourcuff a marqué en deux ans l’histoire des Girondins. Sa carrière explose à Bordeaux, après un passage raté à l’AC Milan. Il produit sa meilleure saison en 2009, avec notamment un enchaînement Zidanesque contre Paris, saison du titre pour le club.
  • Sylvain Wiltord : L'Artisan du Titre de 1999. Formé au Stade Rennais, Sylvain Wiltord explose véritablement sous les couleurs des Girondins de Bordeaux. Meilleur buteur du club l'année du titre en 1999 (22 buts), il se révèle aux yeux du monde lors de l'Euro 2000 avec les Bleus, en arrachant l'égalisation en finale face aux Italiens, dans les ultimes secondes.

Les Années de Gloire et les Moments Historiques

Les Girondins de Bordeaux ont connu des périodes fastes et des moments historiques qui ont marqué le football français.

  • Les Années 80 : L'Apogée du Club. Les années 80 sont considérées comme l'âge d'or des Girondins, avec trois titres de champion de France (1984, 1985, 1987) et deux Coupes de France (1986, 1987). L'équipe, emmenée par des joueurs comme Giresse, Tigana, Battiston et Lacombe, rayonne également en Europe, atteignant les demi-finales de la Coupe des Clubs Champions en 1985.
  • La Coupe UEFA 1995-1996 : L'Épopée Européenne. Les Girondins réalisent un parcours exceptionnel en Coupe UEFA, éliminant notamment le Milan AC en quart de finale. L'équipe, avec Zidane, Dugarry et Lizarazu, atteint la finale, où elle est battue par le Bayern Munich.
  • Le Titre de Champion de France 1998-1999 : Le Triomphe au Parc des Princes. Les Girondins remportent leur cinquième titre de champion de France lors de la dernière journée du championnat, en battant le Paris SG 3 buts à 2 au Parc des Princes. L'équipe, entraînée par Elie Baup, devance Marseille d'un point au classement final.

De la Fondation à la Relégation : Une Histoire Riche en Événements

  • Les Débuts du Club. Le 1er octobre 1881 est fondée le club omnisports des girondins, crée par un groupe de sportif dans le quartier des Capucins, rue Sanche-de-Pommier, au coeur de Bordeaux. Le club comprend différentes sections sportifs comme la gymnastique, la natation ou l'aviron. La section football fait son apparition seulement en 1910 sous la pression de Raymond Brard. Un essai qui dure qu'une saison avant de reprendre en 1919 après la fusion avec plusieurs autres clubs de la ville. La naissance du club coïncide avec les débuts de la terrible guerre civile d’Espagne, qui vient d’éclater de l’autre côté des Pyrénées. Parmi les nombreux opposants à la dictature franquistes contraints de s’exiler et de se réfugier dans le Sud-Ouest, plusieurs grands noms du ballon rond basco-espagnol signeront au club bordelais, dont Benito Diaz, surnommé "le sorcier basque", ancien entraîneur de la Real Sociedad de San Sebastian, Santiago Urtizberea, le "taureau de Guipuzkoa" et Jaime Mancisidor, "El pape".
  • Les Années de Guerre. L’entrée de la France dans la Seconde Guerre Mondiale, le 3 septembre 1939, rend bien futile l’avenir du football et du club qui rêve alors d’un grand destin. Durant les années troubles de la guerre, malgré l’occupation de Bordeaux par les Allemands et le bombardement raté par les Alliés du quartier nord de la ville en mai 1943, les Girondins continuent pourtant à jouer.
  • Le Premier Titre de Champion de France (1950). En 1950, les Girondins décrochent leur premier titre de champions de France avec six points d’avance sur les Lillois après leur avoir repris douze points en 17 rencontres jouées sans l’ombre d’une défaite! Et ce grâce notamment à l’attaquant hollandais, le divin chauve, Berthus de Harder. Recruté en 1949, il marque dès son arrivée 21 buts. Fort de son titre et de son expérience, Bordeaux s’installe pendant quatre ans au sommet des meilleures équipes de France. Seul l’OGC Nice lui résiste vraiment.
  • La Rétrogradation Administrative (1991). Au terme de la saison 1990-91 où le club finit dixième, la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion de la Ligue de football) décide de reléguer administrativement les Girondins de Bordeaux en D2 en raison d’un déficit budgétaire d’environ 300 millions de francs (45,7 millions d’euros). Poussé à la démission, Claude Bez sera condamné le 21 mars 1994 pour escroquerie à deux ans de prison, dont un avec sursis, et à 2 millions de francs d’amende, pour usage de faux et recel de faux, dans l’affaire du centre d’entraînement du Haillan.
  • Le Déménagement au Matmut-Atlantique (2015). Les Girondins de Bordeaux déménagent. Un nouveau grand stade voit le jour dans le quartier du Lac à Bordeaux. D’une capacité de 42 115 places, le stade Matmut-Atlantique est inauguré, le 18 mai 2015.

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