Jean-Michel Larqué, figure emblématique du football français, est indissociable des grandes heures de l'AS Saint-Étienne et de son rôle de consultant télévisé. Cependant, un chapitre moins connu de sa carrière est son passage au Paris Saint-Germain à la fin des années 1970. Bien que bref, ce passage a marqué un tournant dans sa vie et a influencé son parcours professionnel.
Un passage éclair au PSG (1977-1979)
C'est à la fin des années 70 que l'emblématique capitaine des Verts a terminé sa carrière de joueur au PSG, de 1977 à 1979. Ses trois années au PSG de 1977 à 1980 comme entraîneur, entraîneur-joueur, joueur, puis manager général n’ont pas marqué les mémoires. L’ancien Vert reconnaît qu’elles lui ont montré ses limites, mais aussi accéléré son après-carrière. Larqué a porté les casquettes d'entraîneur, d'entraîneur-joueur et de joueur. Il est même devenu le deuxième entraîneur-joueur de l’histoire du club parisien (après Pierre Phelipon, en 1970) avant de quitter son banc pour rester simple joueur.
Une expérience mitigée
Larqué lui-même reconnaît que cette période n'a pas été une "grande réussite". Il souligne les difficultés rencontrées, notamment le fait de cumuler les rôles d'entraîneur et de joueur. "Ce n’est pas tant mes rapports avec mes coéquipiers, parce que nos rapports étaient remarquables… C’était que je n’étais bon ni dans l’un, ni dans l’autre de mes exercices. Il faut être à 100 % entraîneur ou à 100 % joueur. On ne peut pas être à 100% les deux", explique-t-il. Il ajoute que les journées d’un entraîneur sont longues et que pendant que vous travaillez, vous ne récupérez pas, vous n’allez pas au massage, vous ne faites pas les entraînements comme vous devriez les faire.
Contexte difficile et souvenirs humains
Larqué est arrivé au PSG dans une période "troublée" de la vie du club. Il évoque "l’affaire Hechter, dite de la double billetterie", qui a relégué les résultats sportifs au second plan. Avec un effectif extrêmement réduit qui se limitait à 13 ou 14 pros, le club a lancé quelques jeunes du centre comme Lemoult, Morin ou Brisson, mais ce n’était pas suffisant pour jouer autre chose que le milieu de tableau. Malgré cela, il garde de bons souvenirs de cette aventure humaine. "J’ai eu du mal à passer du rôle d’acteur à celui de spectateur, impuissant à regarder son équipe depuis le banc. Je ne l’acceptais pas alors que je croyais pourtant avoir les arguments pour réussir. Au moins, ça m’a permis d’avoir un regard moins dur et critique sur les entraîneurs."
Il se souvient également de Francis Borelli, le président qui a succédé à Daniel Hechter, comme d'un homme "absolument adorable, exceptionnel". Il évoque aussi l'ambiance de l'époque, avec des terrains d’entraînements qui étaient plutôt des cours à cochons et des vestiaires au Camp des Loges qui étaient extrêmement rudimentaires.
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Un bilan sportif honorable
Malgré les difficultés, le PSG a terminé au milieu de tableau (11ème) avec une des meilleures attaques de D1, le meilleur buteur (Bianchi, 37 buts) et un contenu dans le jeu qui était attrayant. Larqué souligne que, même avec un groupe restreint, l'équipe a affiché un jeu spectaculaire et a marqué beaucoup de buts.
L'influence sur sa carrière de consultant
Larqué reconnaît que son passage au PSG a été un moment charnière de sa vie. Il se demande s'il aurait continué à entraîner si les résultats avaient été meilleurs. Il estime que c'est grâce au Paris Saint-Germain qu'il a connu sa seconde carrière de journaliste et de consultant. Cette expérience lui a permis d'avoir un regard différent sur le rôle d'entraîneur et de mieux comprendre les enjeux du management d'une équipe.
Un regard critique sur le PSG actuel
Depuis, Jean-Michel Larqué entretient forcément un rapport un peu particulier avec un club qu’il n’hésite pas à égratigner. Il a un regard critique sur le fonctionnement du PSG actuel, notamment sur l'influence des dirigeants et le turnover des entraîneurs depuis l'arrivée de QSI. Il pense que les problèmes du club ne viennent ni de la qualité de l’effectif, ni du profil des entraîneurs, mais bien de l’institution elle-même, de son management, du chevauchement des responsabilités. Pour Larqué, la réussite d’une équipe dépend davantage de la qualité des joueurs et de leur état d’esprit que du profil de leur coach. Il estime que le coach est la valeur ajoutée.
Il critique également l'influence négative du directeur sportif Leonardo, en prenant l'exemple de son expérience à l'AS Saint-Étienne où le directeur sportif était discret et efficace. Il pense que la mode est de mettre des strates dans un club, d’en faire de vrais mille feuilles, alors que pour marcher droit, un club doit pouvoir s’appuyer sur trois personnes, pas plus : un président, un coach et un directeur sportif.
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