La Fédération Française de Football (FFF), pilier du sport national, a été guidée par une succession de présidents dont chacun a contribué à façonner son histoire et son identité. Cet article explore l'évolution de la FFF à travers le prisme de ses dirigeants, de Jules Rimet, pionnier de la Coupe du Monde, aux figures plus récentes comme Philippe Diallo.
Les Pionniers et Fondateurs
Jules Rimet (1919-1942 puis 1944-1949)
Jules Rimet est une figure emblématique de la FFF et du football mondial. Président de la fédération dès sa création en 1919, succédant au Comité français interfédéral (CFI), il a milité activement pour la création d'une compétition internationale, aboutissant à la création de la Coupe du Monde en 1928. Le trophée de cette compétition sera d'ailleurs baptisé en son honneur en 1946. Sa vision a posé les fondations du football moderne en France et à l'échelle internationale.
Henri Jevain (1942-1944) et Emmanuel Gambardella (1949-1953)
Ces présidents ont œuvré dans une période de reconstruction et de structuration du football français après la Seconde Guerre Mondiale. Emmanuel Gambardella, notamment, a impulsé la création du Championnat professionnel en juillet 1930, une étape cruciale pour le développement du football en France. La Coupe Gambardella a pour ancêtre la Coupe nationale des juniors (1937 à 1939). Paul Nicolas a proposé cette épreuve pour jeunes des clubs pros et a suggéré que son nom honore Emmanuel Gambardella, président de la FFF décédé le 30 août 1953.
Les Présidents des "Trente Glorieuses"
Pierre Pochonnet (1953-1963) et Antoine Chiarisoli (1963-1968)
Leurs mandats se situent dans une période d'essor économique et social en France, les "Trente Glorieuses". Le football français se structure davantage, avec notamment la création de l'UEFA en 1954, à laquelle Henri Delaunay, figure importante du football français, a contribué. La première édition du Championnat d'Europe des Nations, aujourd'hui connu sous le nom d'Euro, a eu lieu en France en 1960.
Jacques Georges (1969-1972 puis par intérim du 29/12/1993 au 19/02/1994)
Jacques Georges a occupé la présidence à deux reprises, marquant une période de transition et de réflexion sur l'avenir du football français.
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L'Ère de la Modernisation et des Succès Sportifs
Fernand Sastre (1973-1984)
Fernand Sastre a marqué son passage à la tête de la FFF par la modernisation des infrastructures et la professionnalisation du football français. Il est notamment à l'origine de la création du centre technique national de Clairefontaine, inauguré en 1988, qui est devenu un modèle de formation pour le monde entier. Sous sa présidence (1972-1984), Fernand Sastre lance l'idée de doter la FFF d'un centre d'excellence pour la formation et les sélections. Inauguré en 1988 en présence du président de la République François Mitterrand, le Centre technique national, installé sur les 56 ha du domaine de Montjoye à Clairefontaine (Yvelines), avec son fameux château du XVIIe, a fait école dans le monde entier. Il a été rebaptisé Centre National du Football. C'est aussi sous sa présidence que s'est produit le terrible drame de Furiani, le 5 mai 1992, coûtant la vie à 18 personnes et ayant fait plus de 2 300 blessés.
Jean Fournet-Fayard (1985-1993)
Jean Fournet-Fayard a succédé à Fernand Sastre et a présidé l'instance de 1985 à 1993. Il avait alors démissionné, le 29 novembre 1993, après l'élimination (face à la Bulgarie) de l'équipe de France lors des qualifications à la Coupe du monde 1994. Né le 31 décembre 1931 à Lyon, cet ancien international chez les jeunes avait fait partie de la sélection nationale Juniors sacrée championne d'Europe, en 1949, aux Pays-Bas. Le premier titre pour une sélection française en football. Mais le défenseur a vu sa carrière stoppée prématurément en raison d'une blessure à un genou, alors qu'il venait de signer à Angers (1950-1951). Élu à la tête de la FFF le 22 décembre 1984, il avait été réélu en 1988 et en 1992.
Claude Simonet (1994-2005) : L'Ère de la Première Étoile
Le mandat de Claude Simonet à la tête de la FFF a connu son apothéose le 12 juillet 1998. Ce soir-là, l'équipe de France affronte le Brésil au Stade de France lors de la finale de la Coupe du monde. Zinedine Zidane et ses partenaires s'imposent 3-0 et décrochent la première étoile de l'histoire de la sélection. La suite de la présidence de Claude Simonet est couronnée de succès avec la victoire lors de l'Euro 2000.
Il restera l'homme à la tête de la Fédération française de football lorsque la sélection a décroché sa première étoile. Claude Simonet, âgé de 92 ans, est décédé dans la nuit de lundi à mardi. Selon l'entourage de l'ancien dirigeant, ses obsèques devraient avoir lieu le mardi 21 mars. Son mandat à la tête de l'instance française s'est étendu de 1994 à 2005. Avant cela, il avait lui-même joué au football, mais en tant qu'amateur. Au poste de gardien de but, le natif de Mortagne-au-Perche (Orne) a évolué dans plusieurs clubs, comme Le Mans ou Nantes. Il fut également international militaire en 1951. Après sa carrière sportive, Claude Simonet entame celle de dirigeant. Il devient notamment vice-président délégué chargé des finances au FC Nantes (1972-1984), puis président de la Ligue atlantique (1984-2000). Le 19 février 1994, il prend la succession de Jacques George à la tête de la Fédération française de football. Ce dernier assurait l'intérim après la démission de Jean Fournet-Fayard à la suite du match France-Bulgarie le 17 novembre 1993. Cette rencontre, perdue par les Bleus, les avait privés d'une qualification au Mondial 1994.
Les Défis du XXIe Siècle
Jean-Pierre Escalettes (2005-2010) et Fernand Duchaussoy (2010-2011)
Ces présidents ont été confrontés à des défis importants, notamment la gestion des conséquences du fiasco de l'équipe de France à la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud. Fernand Duchaussoy avait été nommé à la présidence de la FFF en juillet 2010 à la suite du fiasco de l'équipe de France à la Coupe du Monde sud-africaine et le fameux épisode du "bus de Knysna".
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Noël Le Graët (2011-2023)
Noël Le Graët a occupé la présidence de la FFF pendant plus d'une décennie, marquant une période de succès sportifs, notamment la victoire à la Coupe du Monde 2018. Noël Le Graët a été réélu, samedi, à la tête de la FFF. En poste depuis 2011, le Breton a obtenu 73,02 % des suffrages face à Frédéric Thiriez et Michel Moulin. S’il avançait un bilan positif pour briguer ce 4e mandat, tout le monde ne semblait pourtant pas y trouver son compte. Noël Le Graët, 79 ans, président de la FFF depuis 2011, sera-t-il réélu ? Réponse samedi 13 mars. Samedi 13 mars, la Fédération française de football (FFF) procède à l’élection de son président et de son comité exécutif pour un mandat de quatre ans. L’échéance, comme pour les autres fédérations, s’impose après le rendez-vous quadriennal des jeux Olympiques, même si ceux-ci ont été reportés d’un an. Président depuis 2011, après en avoir été le vice-président dès 2005, Noël Le Graët, 80 ans en décembre prochain et réélu en 2012 et 2017, s’y présente en favori. Il a deux adversaires, Frédéric Thiriez et Michel Moulin. Le premier a dirigé la Ligue nationale de football (LFP), l’univers des clubs pros, de 2002 à 2016. Une trajectoire dans le foot où il a souvent croisé son adversaire breton.
Philippe Diallo (depuis 2023)
Philippe Diallo a été élu à la présidence de la FFF en 2023, succédant à Noël Le Graët. Il a été réélu à la tête de la FFF ce samedi. L'une de ses missions sera de trouver des solutions pour "renouveler le modèle économique" du football. Le sortant Philippe Diallo a été réélu ce samedi à la présidence de la Fédération française de football (FFF) avec 55,34% des voix, battant Pierre Samsonoff, proche de Noël Le Graët. Philippe Diallo avait remplacé ce dernier en janvier 2023, après sa démission. Sa victoire a été plus serrée que son statut de sortant et de favori ne le laissait supposer. "Ce qui reste important comme en foot c'est de gagner les matches", a souri Philippe Diallo, arguant d'"une marge significative".
Pour être réélu à l'issue d'une campagne express, Philippe Diallo a mis en avant son bilan. La Fédération va notamment bénéficier à partir de 2026 d'un contrat record de 100 millions d'euros annuel avec l'équipementier Nike, et les résultats sportifs des différentes équipes de France sont plus que corrects. Avec Jean-Michel Aulas, numéro 2 sur sa liste, Diallo jouissait aussi d'une notoriété bien plus importante que son adversaire auprès du grand public. Et ce même si Samsonoff avait pour lui les réseaux de son ami l'ancien président de la FFF Noël Le Graët, originaire comme lui des Côtes-d'Armor. Diallo a affirmé ses ambitions auprès du monde amateur en augmentant son budget de 100 à 150 millions d'euros annuels d'ici à 2028, et auprès du football féminin dont il voudrait voir le nombre de licences doubler de 250.000 à 500.000 d'ici cinq ans. Il a salué la "maturité démocratique qui fait honneur à notre sport", qui avec le vote des clubs amateurs s'est conformé à une loi de mars 2022 visant à démocratiser le sport et ses instances.
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