L'équipe de France féminine de volley-ball a connu une progression remarquable ces dernières années, culminant avec des performances historiques dans les compétitions internationales. Cet article se penche sur le parcours récent de l'équipe, en mettant l'accent sur ses confrontations avec la Chine et le Brésil, deux nations majeures du volley-ball mondial.
Un parcours jonché d'obstacles et de progrès
Longtemps considérée comme l'équipe la moins performante des sports collectifs tricolores, l'équipe de France féminine de volley-ball a opéré une transformation notable. Héléna Cazaute, Amandine Giardino et leurs coéquipières ont vécu une progression incroyable depuis cinq ans. Après 51 ans d'absence, le retour au programme d'un Mondial a été marqué par une qualification historique pour les 8es de finale d'une Coupe du monde féminine de volley, après un succès contre la Grèce 3 sets à 1 (17-25, 25-21, 28-26, 25-18). La jeune sélection entraînée par l'Espagnol Cesar Hernandez accomplit ainsi son objectif initial, mais le niveau affiché depuis une semaine en Thaïlande entretient l'espoir de réaliser un exploit au tour suivant, contre des adversaires réputées plus fortes.
Les progrès sont importants, essentiellement liés au fait de jouer des matchs de haut niveau. L’équipe avait besoin d’affronter les meilleures nations du monde, il faudra reproduire ça plusieurs années consécutivement pour continuer cette belle progression.
Confrontations avec la Chine : Une revanche éclatante
Les Bleues ont écrit l'une des plus belles pages de leur histoire, ce dimanche à Bangkok. Les Bleues sont venues à bout de la Chine en huitièmes de finale pour arracher une place dans le top 8 mondial, du jamais vu (Mondial et Jeux Olympiques confondus).
En huitièmes de finale, vous allez retrouver une équipe de ChinePour moi, ce n’est pas du tout la même Chine que celle des JO, comme on n’est pas du tout la même équipe qu’il y a un an. Ce qui est sûr c’est qu’on a une revanche à prendre sur elle, car perdre 3-0 lors de la première semaine de la VNL nous a quand même irritées, cette défaite nous est restée en travers de la gorge. Je suis contente parce qu’on a un collectif au complet et, selon moi, prêt à rivaliser avec cette équipe, on en veut vraiment, je pense qu’on peut les déstabiliser. En tout cas, on va rentrer sur le terrain avec l’envie de dominer notre adversaire, de tout donner pour que le ballon tombe côté chinois et pas chez nous, en s’entraidant au maximum et en jouant en équipe.
Lire aussi: PSG : Le divorce avec Donnarumma
Battues en trois sets secs par la même nation lors des JO 2024 à Paris puis en Ligue des nations plus tôt cet été, les coéquipières de la capitaine Héléna Cazaute ont pris une revanche éclatante en quatre sets (25-19, 27-25, 22-25, 25-20) contre les championnes olympiques 2016. Brouillonnes en attaque, les Chinoises ont parfaitement lancé les Bleues, beaucoup plus appliquées dans le premier set jusqu'à passer à +6 sur une amortie d'Iman Ndiaye après une énorme défense de Juliette Gélin (9-3). Les joueuses de César Hernandez ont résisté et assuré le gain du set sur une première main astucieuse de Nina Stojiljkovic, suivie d'une énième faute chinoise au service (25-19). Mais le meilleur était à venir avec un énorme come-back tricolore dans la seconde manche. Menées, les Bleues ont arraché l'égalisation sur une attaque en force de Cazaute (21-21) avant de sauver trois balles de set grâce à Ndiaye (20 points), une attaque dans le filet de Yingying Li et un nouveau missile de Cazaute (22 points dont 2 aces). Amélie Rotar, excellente (18 points dont 2 blocks), a pris le relais dans la foulée avec une attaque et un block gagnant sur la centrale Yi Gao, prostrée à genoux, comme incrédule (27-25). Vite dominées dans le troisième set, remporté par la Chine avec le réveil de Yuanyuan Wang (15 points) et Mengjie Wu (13), les Françaises ont montré leur mental dans la quatrième manche.60 Héléna Cazaute (22), Iman Ndiaye (20) et Amélie Rotar (18) ont cumulé à elles trois 60 points pour les Bleues et récompensé l'énorme travail défensif collectif.
La Chine a effacé six points de retard (de 10-4 à 14-14) mais un 3-0 français a aussitôt chassé les doutes, ponctué par une nouvelle attaque gagnante de Rotar (17-14). Sous pression en fin de set, les Bleues se sont encore appuyées sur leur capitaine pour souffler (23-18) avant le point de la délivrance : un énorme contre de Lucille Gicquel, pointue remplaçante derrière Ndiaye sur Yingying Li.
Analyse de l'équipe chinoise
"C’est une équipe assez jeune, avec une nouvelle génération arrivée après les Jeux Olympiques de Paris, mais des joueuses qui ont évolué ensemble en U19 et U21, elles ont été championnes du monde (U21 en 2023). Les atouts de cette formation, dont la passeuse Zixuan Zhang n’est pas majeure (17 ans), tandis que les réceptionneuses/attaquantes titulaires, Mengjie Wu et Yushan Zhuang, ont 22 ans ? "Elles ont de très bonnes centrales (Yuanyuan Wang et Yi Gao), assez grandes, donc très fortes au bloc, il faudra que les filles soient intelligentes pour éviter de se faire contrer.
Confrontations avec le Brésil : Une rivalité persistante
Le parcours historique de l’équipe de France au Mondial féminin de volley s’est arrêté, ce jeudi 4 septembre, en quart de finale. Les joueuses de César Hernández ont été dominées par le Brésil (3-0), l’actuelle deuxième nation au classement mondial FIVB. Si le score peut paraître très sec, il ne reflète pas forcément la physionomie de la rencontre. Le rêve d’une qualification pour le dernier carré a tenu quelque temps. Après un début de rencontre en demi-teinte, Amélie Rotar et ses partenaires ont fait jeu égal avec les Auriverde. Mais c’est surtout sur le deuxième set que les Françaises peuvent nourrir des regrets. Le dernier set a lui été beaucoup plus rapide (25-19). Engluées dans un jeu beaucoup trop stéréotypé sur les ailes, les Tricolores n’ont pas su se réinventer. Leur parcours restera malgré tout comme encourageant avec seulement deux défaites face au Brésil. Les Bleus ont logiquement été battues en trois manches par les Brésiliennes. La tâche se complique pour les Bleues. Ce sont finalement les Brésiliennes qui empochent la deuxième manche.
Dimanche 24 août, l’équipe de France s’était inclinée face au Brésil (2-3) lors de la deuxième journée de la phase de poule. La France s'était inclinée contre le Brésil lors de la phase de groupe. La France ou le Brésil retrouvera l’Italie dans le dernier carré.
Lire aussi: XV de France Féminin : Analyse de la composition
Pour voir plus loin et atteindre le dernier carré, il faudra battre le Brésil - qui avait battu les Bleus au tie-break en phase de groupes - ou la République dominicaine qui s'affrontent à 15 h 30 ce dimanche.
Facteurs clés de la progression
Plusieurs facteurs ont contribué à la progression de l'équipe de France :
- Le leadership de César Hernandez : César Hernandez effectue une remarquable première campagne à la tête de l’équipe de France.
- La montée en puissance de jeunes talents : César Hernandez n’a pas hésité à bousculer les hiérarchies au sein du groupe en confiant davantage de responsabilités (et une place de titulaire) à des joueuses qui avaient peu (ou pas du tout) d’expérience internationale sur les grandes compétitions ou étaient jusqu’ici plus dans un rôle de remplaçantes, comme la passeuse Enora Danard-Selosse, la pointue Iman Ndiaye, Juliette Gelin ou les centrales Fatouma Fanguedou et Eva Elouga.
- L'expérience acquise dans les compétitions de haut niveau : Après avoir atteint en juillet la neuvième place de la Volleyball Nations League (sur 18 équipes) pour seulement sa deuxième participation à la compétition, l’équipe de France féminine, quart-de-finaliste des Euro 2021 et 2023, poursuit sa progression avec cette place en huitièmes de finale, la première de l’histoire du volley tricolore féminin, qui n’avait plus participé au Championnat du monde depuis 1974.
- Un esprit d'équipe et une mentalité de gagnantes : Pour la libéro tricolore Juliette Gelin (23 ans), les Bleues ne doivent nourrir aucun complexe. "Nous sommes sur une bonne lancée et on affronte une équipe avec des stars qui sont vachement jeunes. Je pense qu’on a peut-être un supplément d’âme par rapport à elles, l’équipe qui gagnera le match sera celle qui en voudra le plus et refusera la défaite, ce sera nous !" affirme avec ambition Juliette Gelin.
Lire aussi: Tout savoir sur la Serie A