Le hockey sur glace, plus qu'un simple sport au Canada, est souvent considéré comme un culte, une religion. Son histoire à Vancouver est riche en moments de gloire et de déception, marquée par des triomphes olympiques et des défaites amères en Coupe Stanley. Cet article explore cette histoire complexe, en mettant en lumière les événements clés qui ont façonné la place du hockey dans le cœur des Vancouvérois.
Les racines du hockey sur glace : du bandy au Canada
L'ancêtre direct du hockey sur glace est généralement considéré comme étant le bandy. C'est au Canada que le hockey sur glace a véritablement pris son essor. À partir de 1855, des soldats britanniques en garnison à Halifax ont organisé des parties de hockey sur les lacs gelés. Durant les années 1870, les étudiants de l'université McGill de Montréal ont adopté ce sport. La première ligue de hockey sur glace vit le jour en 1885 à Kingston (Ontario).
Les Jeux olympiques de Vancouver 2010 : l'apogée
Les Jeux olympiques de Vancouver en 2010 ont été un moment phare pour le hockey canadien. Le pays entier s'est arrêté pour regarder le match considéré comme le plus important disputé au Canada depuis la "Série au sommet" de 1972 contre l'URSS. Le Canada a répondu aux attentes de tout un peuple et a battu les États-Unis 3 à 2 après prolongation pour remporter la médaille d'or du tournoi de hockey sur glace messieurs. Ce 14e titre remporté à Vancouver par le Canada, un record, est la cerise sur le gâteau pour un pays qui a réussi une belle moisson lors de la dernière semaine des JO.
Le Premier ministre canadien Stephen Harper, qui a notamment fait sa thèse universitaire sur le thème du hockey, était bien sûr assis dans les tribunes aux côtés de la légende Wayne Gretzky. La patinoire n'était que rouge et blanche, les couleurs de l'équipe canadienne. Un but de Toews, son premier des JO, a libéré quelque peu le peuple rouge. Perry a porté le score à 2-0, mais Kesler a ramené les USA à 2-1. Les deux gardiens rivalisaient d'adresse et Ryan Miller, élu par ailleurs meilleur joueur du tournoi, a arrêté notamment une échappée de Crosby à trois minutes de la fin. L'impensable s'est alors produit quand Parise est parvenu à égaliser à 25 secondes du terme pour envoyer les deux équipes en prolongation, une première en finale olympique. Et dans ce match appelé à entrer dans la légende, c'est Sidney Crosby, la figure emblématique de l'équipe, qui a envoyé tout un peuple au septième ciel en marquant entre les jambières de Miller.
Les Canucks de Vancouver : espoirs et désillusions en Coupe Stanley
Les Canucks de Vancouver ont connu des moments difficiles en Coupe Stanley. En 2011, la défaite des Canucks de Vancouver en finale de la Coupe Stanley a plongé la ville dans une nuit d’émeutes sans commune mesure. Le 15 juin 2011, 150 000 personnes étaient réunies en plein centre-ville de Vancouver pour assister à ce match décisif - le game 7 - contre les Bruins de Boston. L’attente était énorme mais les Canucks ont été balayés. Dès la fin du match, la ville s’est embrasée. Une centaine de voitures ont été brûlées, des magasins ont été vandalisés et pillés. La police a été vite dépassée, avec 101 personnes arrêtées la nuit même.
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Ces émeutes sont les premières de l’ère des smartphones et des réseaux sociaux. Des milliers d’images prises sur le coup ont permis a posteriori d’identifier les fauteurs de trouble mais aussi attiser la haine sur les réseaux sociaux. Un « name and shame » du tribunal populaire dont les cibles - retrouvées dix ans plus tard pour le documentaire - paient encore le prix aujourd’hui. Le documentaire remet une pièce dans la machine à stupéfaction quand on découvre que le même genre d’émeutes s’était produit dix-sept ans plus tôt, déjà après une défaite en finale.
Vancouver jouera la finale de la Coupe Stanley pour la troisième fois de son histoire après avoir remporté la finale de conférence Ouest face à San José, grâce à une victoire en double prolongation (3-2). Les Canucks de Vancouver ont remporté cette série 4 victoires à 1 grâce à un but de Kevin Bieksa après dix minutes de jeu dans la seconde prolongation du cinquième match, qui a offert un succès 3-2 à son équipe. Cela faisait dix-sept ans que les Canucks n'avaient plus joué la finale de la Coupe Stanley. En 1994, Vancouver s'était en effet incliné en sept matches face aux Rangers de New York.
L'impact du hockey sur l'identité canadienne à Vancouver
Le hockey sur glace occupe une place centrale dans l'identité canadienne, et particulièrement à Vancouver. Ce sport rythme la vie de millions de passionnés à travers le pays. Au Québec, l’attachement au hockey revêt une dimension particulière, transcendant les barrières linguistiques et culturelles, unissant francophones et anglophones dans une même passion. Le hockey influence le quotidien des Canadiens. Dans les rues de Montréal ou Toronto, il est courant de croiser des passants arborant fièrement les couleurs de leur équipe favorite. Les grandes vedettes du hockey canadien sont célébrées comme de véritables héros nationaux.
Les infrastructures sportives à Vancouver
Les épreuves des Jeux olympiques de 2010 étaient réparties sur des sites principaux : Vancouver et les environs (Richmond et Cypress Mountain) et la station de Whistler, à 150 km au nord de Vancouver. À Vancouver, les épreuves avaient lieu dans des enceintes couvertes. Le BC Place Center, le plus grand stade à dôme gonflable d'Amérique du Nord, accueillait les cérémonies d'ouverture et de clôture. Les épreuves de patinage artistique et de short track avaient lieu au Pacific Coliseum. Très attendu par les Canadiens, le hockey sur glace bénéficiait de la Place hockey du Canada, la salle des Vancouver Canucks (NHL) et de l'UBC Thunderbird Arena. Le curling disposait du Centre olympique de Vancouver. Au nord de la ville, la Cypress Mountain accueillait le ski acrobatique et le surf des neiges (snowboard). Les épreuves de ski alpin avaient lieu à Whistler Creekside, dans les montagnes Rocheuses.
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