Le hockey sur glace, un sport intense où vitesse, précision et stratégie s’unissent, offre un spectacle palpitant qui captive les foules à travers le monde. Des compétitions nationales comme la Synerglace Ligue Magnus à la Coupe du Monde de Hockey sur Glace Féminin, en passant par le Championnat du Monde de hockey sur glace, l'engouement pour ce sport ne cesse de croître. Cet article explore l'histoire riche et les moments mémorables qui ont façonné le hockey du samedi soir, en mettant en lumière les événements marquants et les figures emblématiques qui ont contribué à son essor.
Les Brûleurs de Loups de Grenoble : Une Épopée Victorieuse
Les hockeyeurs grenoblois ont marqué l'histoire en battant les Ducs d'Angers 4 matchs à 1 lors de la finale des play-offs de la Ligue Magnus. Ce triomphe a permis aux Brûleurs de loups de remporter un 9e titre de champions de France à l'issue d'un match mémorable. De mémoire de supporter, on n'avait rarement vu la patinoire Pôle Sud de Grenoble dans une telle ébullition. Ce samedi soir, les Brûleurs de loup disputaient un match décisif et ils ont répondu présents face aux Ducs d'Angers. Victorieux par 6 buts à 2 au terme d'un match grandiose, les hockeyeurs grenoblois ont soulevé la coupe Magnus pour la 9e fois de leur histoire !
Ce nouveau titre de champions de France marque également une transition pour les Brûleurs de loups. Ce cinquième (et donc ultime) match de la finale a aussi marqué le départ de deux légendes du club saluées par le public grenoblois : l’attaquant Damien Fleury, 39 ans, et le défenseur canadien Kyle Hardy, 37 ans.
Grenoble à la Conquête du Titre
Après avoir perdu les deux premières finales qu'ils ont disputées cette saison, les hockeyeurs grenoblois ont défié Angers à partir de vendredi soir, avec la ferme intention de décrocher le 9e titre de champion de leur histoire. Si le match de Ligue des Champions contre Lausanne a pu être sportivement historique pour les Bruleurs de Loups, il a aussi marqué le retour à Grenoble de Cristobal Huet, légende du hockey grenoblois et français, désormais entraîneur des gardiens du club suisse. Malgré une défaite 3-1 à domicile face aux Suédois de Frolunda en 8e de finale aller de CHL, la ligue des champions de hockey sur glace, l'équipe a démontré une performance remarquable face à l'une des meilleures équipes du continent.
Un Événement Historique à Paris en 2017
Du 5 au 21 mai 2017, Paris a co-organisé avec Cologne le Championnat du Monde de Hockey sur Glace de l’IIHF. Un événement historique pour la Ville Lumière, qui avait accueilli cette compétition une seule fois, il y a 66 ans. Au cours des mois qui ont précédé le Championnat du Monde de Hockey sur Glace organisé à Paris en 1951, ce grand rendez-vous sportif a posé un problème logistique pour les hockeyeurs français. Toutefois, dans son reportage, le journaliste soulignait que le hockey sur glace français devait faire face à une difficulté puisque parmi les quatre patinoires qui existaient à l’époque dans la capitale, deux d’entre elles n’avaient pas les formes et les dimensions règlementaires. Il s’agissait de la piscine-patinoire de Molitor proche du Parc des Princes, qui ressemblait plus à un trapèze qu’à un rectangle, et celle du Palais de Glace du rond-point des Champs-Elysées, qui était de forme ronde. Quant à la patinoire dans laquelle allait se dérouler le futur tournoi mondial de hockey, celle de l’ancien vélodrome d’hiver, son utilisation restait très ponctuelle puisque le Palais des Sports (son nom officiel), situé rue Nélaton, ne mettait sa piste en glace que quelques jours seulement avant le début de la compétition.
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C’est après avoir fait ce constat de carence que tous les dirigeants du hockey sur glace français de l’époque ont cherché une solution afin de préparer dans de bonnes conditions le tournoi mondial parisien. En effet, après la publication de ce premier article qui faisait un inventaire des patinoires parisiennes, et alors que le coup d’envoi du Championnat du Monde approchait, le journaliste André Bozon a évoqué à nouveau la préparation des hockeyeurs tricolores en annonçant le 7 décembre 1950, toujours dans le journal L’Équipe, « qu’un projet sportif audacieux allait se réaliser dans l’ouest de la capitale.
Roland-Garros se Transforme en Patinoire
L’annonce que le célèbre temple du tennis français accueillerait ainsi tard le soir les « rudes hockeyeurs », pour reprendre l’expression employée, a provoqué l’étonnement général. Mais le journaliste a souligné le côté positif de cette opération singulière en expliquant que grâce à cette solution provisoire « le hockey sur glace parisien, menacé de disparaître, serait ainsi sauvé du déclin par la Fédération de tennis. Pour comprendre la raison du lancement de ce projet surprenant, il faut savoir que le directeur de la patinoire Saint-Didier, Jean Renault (piste sur laquelle se disputaient pendant l’hiver presque tous les matches de hockey de la région parisienne), a exigé un prix de location beaucoup trop exorbitant dès lors qu’il faudrait multiplier le nombre des rencontres préparatoires au détriment des séances publiques lucratives et des heures réservées au patinage artistique.
Le président de la FFT de l’époque, Pierre Gillou, ne fut pas étonné outre mesure de cette demande quelque peu iconoclaste car il ne s’agissait pas en fait de la première expérience de transformation du central de Roland-Garros en patinoire. Une fois l’accord obtenu, c’est Marcel Daury, spécialisé à l’époque dans l’installation de patinoires artificielles (il avait construit celle de Chamonix), qui fut désigné comme responsable de ce nouvel aménagement aux portes de la capitale. Ce dernier a voulu rassurer tout le monde en expliquant dans la presse que « le court de tennis ne sera aucunement abîmé par la présence des tuyaux réfrigérants car six trous seulement seront percés face à la tribune d’honneur.
Concrètement, cette patinoire artificielle provisoire nécessitait l’utilisation de dix-huit kilomètres de tuyauterie, quatre bacs à saumure, quatre machines réfrigérantes et un groupe électrogène. Un total de 30 m3 de saumure à circulation ultra-rapide permettait la formation d’une couche de glace de sept centimètres d’épaisseur. Il aura fallu finalement un mois pour créer cette nouvelle piste de glace artificielle à la porte d’Auteuil en lisière du bois de Boulogne. « Le stade Roland-Garros sera ainsi entretenu l’hiver et les gosses qui passeront devant les courts auront peut-être l’idée de jouer ensuite au tennis », ont ajouté les dirigeants de la FFT qui voyaient là une occasion de promouvoir indirectement leur discipline favorite.
La Sécurité dans les Patinoires : Une Préoccupation Constante
La sécurité des spectateurs dans les patinoires est une préoccupation majeure, exacerbée par des incidents tragiques. Samedi soir, un enfant a été tué par un palet lors d'un match de hockey, ravivant les inquiétudes concernant la sécurité des patinoires. Le décès du petit Hugo, touché par un palet de hockey dans les tribunes lors du match Dunkerque-Reims, est le 5e accident mortel d'un spectateur dans l'histoire mondiale du hockey-sur-glace et le premier en Europe.
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À la patinoire d'Angers, des mesures sont mises en œuvre pour éviter ce genre de drame. Ce week-end encore, lors du match Angers-Chamonix, plusieurs palets ont terminé leur course dans les tribunes. Pour un club évoluant en ligue Magnus, des vitres en plexiglas doivent entourer l'ensemble de la patinoire, sur une hauteur minimale de 80 cm au-dessus de la balustrade.
Roselyne Bienvenu, adjointe aux Sports à la ville d'Angers, note qu'une seule chose peut être améliorée : la responsabilisation du public. Des consignes de sécurité établissent des espaces à risques dans lesquels il ne faut pas se placer. Il en va aussi de la prudence des supporteurs. Michaël Juret ajoute que la sécurité du point presse doit aujourd'hui être renforcée. Ce week-end, un palet a atterri dans l'objectif d'un appareil photo et l'a brisé.
À Caen, la sécurité a été renforcée cet été. Christine Grieu, directrice de la patinoire, avance qu'ils sont au-delà des normes imposées par la Fédération française de hockey. Alors même que celle-ci avait homologué leur patinoire en juin, ils ont fait refaire cet été tout le tour de piste. En cas de charges, les barrières vétustes avaient tendance à bouger. Et ils ont fait poser au-dessus des vitres de protection des filets. Aucun drame similaire à celui intervenu samedi soir à Dunkerque n'est jamais arrivé à Caen. Mais la direction du Hockey-club de Caen a souhaité prendre les devants après deux incidents parvenus la saison dernière : un enfant avait reçu un palet sous un œil, une dame sur la bouche.
En Vendée, le président du club de La Roche-sur-Yon, Laurent Fleuret, se souvient qu'il y a 3 ou 4 ans, contre Metz, un palet était retombé, presque sans vitesse, sur la clavicule d'une spectatrice.
L'Émergence du Hockey à Épinal
Bien avant l'ouverture de la patinoire de Poissompré, le hockey sur glace faisait parler de lui à Épinal. Comme ailleurs, c'est sur une glace naturelle que les "pionniers" s'adonnaient aux joies du patin. Sur l'étang de Poissompré, qui doit d'ailleurs son nom à ses eaux jadis poissonneuses. Au fil des années, des efforts sont entrepris pour aménager le site (buvette, sanitaires…) et rendre la glace semi-artificielle. Une dalle de béton est ainsi arrosée l'hiver pour les besoins des patineurs.
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En 1968, Grenoble organise les Jeux olympiques d'hiver qui font la part belle au hockey sur les ondes hertziennes. L'opération "Cent patinoires" est lancée. Ce projet vise à doter cent villes françaises d'infrastructures permettant la pratique régulière des sports de glace. La ville d'Épinal est de celles-là. La patinoire, d'une capacité officielle de 1 200 places assises (elle oscille de manière plus officieuse autour des 1 500) est érigée sur l'étang asséché et s'ouvre le 3 décembre 1970.
Parisien bon teint, Jean-Paul Henet débarque dans les Vosges à 29 ans, en 1969, après une mutation l'ayant envoyé à Nancy quelques temps auparavant. Son nom va dès lors devenir indissociable du hockey spinalien. Pratiquant à l'ACBB et informaticien de formation, Henet met aussitôt le hockey spinalien sur les rails, l'engageant dans le championnat de la Ligue de l'Est et devenant son tout premier entraîneur. La patinoire n'est pas encore achevée… Très vite, le club des sports recense un nombre significatif de licenciés, proportionnel à l'engouement généré dans la ville. La formation s'affirme et les jeunes se font les dents dans un cadre propice à leur épanouissement, sur "l'immense" glace de Poissompré.
L'Ascension du Hockey Spinalien
L'apprentissage ne va pas durer et Épinal s'inscrit comme un favori dans son championnat régional. Une progression rapide et marquée de nombreux succès sur ses voisins Belfort, Mulhouse, Metz, Nancy, Colmar, Besançon et surtout Strasbourg et Dijon. Autant de derbys et de rivalités attisées au fil des ans, ce qui n'est pas pour déplaire à un public déjà nombreux à Poissompré. En 1977, Épinal atteint même la phase finale de 2e série, le troisième échelon national mais sera battu par Dunkerque (4-4 et 3-5 au retour dans le Nord).
Alors que les divisions se structurent, Épinal poursuit sa mainmise sur la Ligue de l'Est mais échoue une nouvelle fois, en finale cette fois-ci face à la réserve grenobloise (3-6 et 3-4) après avoir écarté Le Vésinet en demi-finales (11-5 et 11-7). La montée en puissance du hockey spinalien, où les débutants d'hier forment aujourd'hui l'ossature, ne se traduit plus seulement par une franche domination de la Ligue de l'Est. En 1978-79, Épinal se défait d'Asnières et Dunkerque pour affronter Nice en finale du championnat de Nationale C. Avec son Canadien de 23 ans Brad Neville, le premier étranger du club, Épinal arrache le nul à l'aller (4-4) pour terrasser les Azuréens à Poissompré (7-3). La montée est acquise pour les hommes du président Tavernier et c'est à la Nationale B que la relève, ces minimes tous passés entre les mains de Jean-Paul Henet, allait maintenant goûter.
Ceux-ci avaient rapidement progressé du fait d'une compétition organisée en interne. "Tout le monde rencontrait tout le monde ; les jeunes avaient le droit de tout faire et les plus vieux ne devaient pas toucher aux jeunes… Parmi cette bande de copains, on retrouvait les Pierre Aubert, Jean-Paul Peltier, Laurent Gaspard, Didier Froment, Denis Claudé, les frères Jean-François, Éric Bardy et le gardien Christian Nadobny. Sans oublier Gilles Durand, évidemment, qui a découvert le hockey quelques années auparavant. "À l'époque j'avais 13 ou 14 ans et je jouais au foot au SAS mais je venais voir les matchs et je faisais aussi les séances publiques. Un monsieur qui s'appelait Serge Grandclaude m'a alors repéré. Cela me plaisait car c'était un sport de contact et il y a aussi l'aspect de la nouveauté. J'ai progressé très vite et je me suis retrouvé en équipe première à 16 ans et demi. Tous sont bientôt rejoints par l'atypique Patrick Adin. Le Rémois possède en effet la particularité d'avoir débuté le patin à l'âge tardif de 15 ans, ce qui ne l'a pas empêché de finir meilleur marqueur français de Nationale B en 1979.
Fort d'une belle réussite populaire et sportive, Épinal est maintenant devenu un fief, une ville où le hockey va prendre son essor au tout début des années 80, participant à l'émergence du "hockey de plaine" dans un contexte toujours dominé par les clubs alpins.
L'Ère des Joueurs Étrangers
Épinal, avec son Canadien Yvan Marcotte, découvre la Nationale B en 1979/80 dans une poule nord dominée par Amiens mais se voit reversé dans une poule de maintien remportée haut la main. Après les Jackson, Marcotte, Weinstein, Neville et autres Owen, un autre Nord-Américain allait marquer son passage de son empreinte. En 1980, les États-Unis tenaient leur "Miracle" aux Jeux Olympiques. Cette même année Épinal tenait en Joseph Fernald un des présélectionnés de Lake Placid. Natif du Massachusetts et passé par la prestigieuse université de Boston College, "Jo" Fernald mérite très vite son surnom de "Magicien" et enchante le public par sa technique et son sens du but, incomparable à ce niveau.
Au terme d'un incroyable derby gagné face à Dijon (6-3 devant plus de deux mille spectateurs), Épinal accède à une poule finale s'avérant finalement trop relevée face à des adversaires du calibre de Lyon, Caen, Gap et surtout Saint-Gervais, intouchable. Qu'importe, l'évolution est belle pour Jean-Paul Peltier, l'un des fidèles de la première heure. "Le club n'a plus rien de comparable avec les débuts du hockey. À cette époque-là, on ne connaissait rien de ce sport. On le pratiquait par plaisir, en dilettante. Maintenant, il faut faire des sacrifices. Pourquoi ? Eh bien, parce que nous voulons atteindre les sommets et que nous avons un public. On doit en tenir compte. Il faut lui faire plaisir, il faut bien jouer et gagner.
Pour l'acquérir, Épinal démarche un nom célèbre du hockey français. L'ex-sélectionneur national en personne, Pete Laliberté, venu de Strasbourg. Sous la férule du Canadien, les "verts" découvrent une nouvelle éthique de travail. Quelques renforts de poids (deux internationaux venus de Tours, Gilles de Saint-Germain et Philippe Decock) apportent leur savoir-faire à une défense très solide devant le gardien Patrick Partouche, également passé par la Touraine et qui devient vite emblématique. Le groupe spinalien fait montre d'une combativité à toute épreuve et prône un jeu physique, un style très… canadien où les bagarres foisonnent, le tout dans l'ambiance surchauffée, festive de Poissompré. La patinoire était alors un lieu de rencontre privilégié où le public, bruyant et très nombreux, jouait un rôle prépondérant dans les victoires spinaliennes, poussant ses joueurs à donner le meilleur d'eux-mêmes.
Poissompré : Un Chaudron Vert
Poissompré devient "la hantise de toutes les équipes" lorsque celles-ci se déplacent "dans l'enfer d'Épinal" pour reprendre Patrick Partouche, alors gardien du temple. Un chaudron vert, parfois comparé à celui de Geoffroy-Guichard (toutes proportions gardées, évidemment). Une ferveur qui ne laisse personne de glace et surtout pas les "verts", qui le lui rendent bien, transcendés par la volonté de se surpasser. Intarissable dès qu'il s'agit d'évoquer ses souvenirs spinaliens, Patrick Partouche rejoignit la Cité des Images à 24 ans "parce qu'il régnait et règne toujours un esprit hockey". Aujourd'hui le manager d'Amnéville, qui reste un témoin privilégié d'une époque formidable, n'a rien oublié. Insistant avant tout sur la proximité régnant entre un public enthousiaste et les joueurs. Une étonnante complicité qui poussait le groupe à se surpasser pour satisfaire un public qui, au final, le lui rendait bien.
Véritables "acteurs de la ville d'Épinal", les joueurs, qu'ils soient étrangers ou non, forment un groupe très soudé, "une bande de copains" totalement impliquée dans la vie locale. Avec des Québécois de naissance, la barrière de la langue ne s'applique pas et les rend d'autant plus "accessibles et humbles, abordables envers le public et surtout très ouverts". Une simplicité et une ambiance de franche camaraderie les poussant à se retrouver pour de fameux "quatrièmes tiers-temps", toujours en compagnie de nombreux supporters.
C'est évidemment le cas de Jo Fernald mais le magicien américain va très vite se blesser dès la troisième journée du championnat 1981/82 à Anglet. Le diagnostic est sans appel : luxation de l'épaule avec déchirure des ligaments. Le remplacer est une nécessité pour qu'Épinal puisse rivaliser avec ses principaux concurrents, Dijon et surtout Briançon. Ainsi débarque Normand Pépin, l'un des tous meilleurs attaquants de Nationale A venu en droite ligne de Megève. Là encore, c'est une pointure. Le petit Canadien a passé son junior majeur au Québec à Shawinigan et met rapidement le public dans sa poche. Pépin est un technicien hors-pair, très vif et doté d'une redoutable efficacité.
Les rapports sont tout aussi houleux avec Briançon, qui survole la compétition en compagnie d'Épinal. Lorsque les Vosgiens se déplacent dans les Hautes-Alpes en décembre 1981, la veille du choc, les dirigeants locaux leur interdisent l'accès à la glace. Épinal est battu sans discussion (1-7) mais accède à une poule de promotion / relégation pour le "saint des saints", la Nationale A. L'ambiance électrisante de Poissompré impressionne les pensionnaires de l'élite. Lyon (4-5) et Caen (1-5) tombent dans le chaudron et les "verts" prennent une savoureuse revanche en gagnant à Briançon (4-1). Avec un seul revers (5-9 à Amiens), les Spinaliens bouclent la phase aller en tête mais connaissent un retour plus délicat avec deux succès à l'extérieur, dont un succès à Caen (5-2) synonyme de montée. En ce 6 février 1982, le sport vosgien voyait son premier club (tous sports collectifs confondus) rejoindre l'élite nationale.
L'Accession à la Nationale A
En instance de naturalisation, Normand Pépin fait défaut à ses coéquipiers lorsque ceux-ci se lancent dans le grand bain en 1982/83, du côté de Gap. Avec le tout jeune (18 ans) Jérôme Campiglia comme premier buteur, la défaite à la Blache (6-10) est frustrante, mais pas autant que la raclée subie à Chamonix (2-15), où les "ténors" Luc Tardif (quatre buts et quatre passes) et Philippe Rey (trois buts et six passes) s'en donnent à cœur joie. Qu'importe, Épinal se joue de Viry à Poissompré (5-3) et remet ça face à Lyon (5-1) avant d'accrocher Tours (2-2). Petit à petit, les "verts" annoncent la couleur et entrevoient les exploits dans le sillage d'étrangers charismatiques et tous francophones, ce qui facilite évidemment leur intégration et leur adoption dans ce qui était alors un véritable "phénomène" dans le hockey français.
Naturalisé deux jours avant le match de Lyon, Normand Pépin signera le but décisif, suivi par son successeur canadien, Robert "Bob" Sauvé. Le troisième larron, Bernard Meslier, est un autre "franco" qui signe un doublé dans un match nul méritant face aux Tourangeaux (2-2). Alliant robustesse dans son jeu et précision dans ses relances, Meslier est une véritable armoire à glace, infranchissable pour quiconque s'approcherait trop de Patrick Partouche, "l'homme masqué". On est loin du feu-follet Normand Pépin qui, lui, brille par sa vivacité. Les jeunes ont aussi droit à leur part du gâteau. Venu de Strasbourg, Olivier Pousse rejoint Pascal Guillou, qui fait également ses premières armes à ce niveau à l'instar des Patrick Adin, Stéphane Poirot, Gilles Durand et autres Jérôme Campiglia.
Grâce à d'excellentes prestations à domicile (Amiens et Briançon sont notamment tombés de haut et Grenoble a frisé la correctionnelle), les hommes de Pete Laliberté bouclent la phase aller au huitième rang, un point devant Viry. Mais plus que tout, Épinal est devenu un véritable phénomène dans le hockey français. Tout le monde en parle et les médias spécialisés n'en reviennent toujours pas. Car la frénésie de Poissompré intimide et brasse un nombreux public avec une moyenne estimée à 1 200 spectateurs par match. Dans ces conditions tous les rêves sont permis, "en vert et contre tous".
Les Défis et les Triomphes Continuent
Pourtant, Épinal va souffrir au retour. Les quelques roustes d'usage face aux traditionnelles places fortes des Alpes sont compensées par de fameux succès, dont un devant Megève (5-2). Une belle victoire qui fait oublier les débordements (une bagarre générale en l'occurrence) d'un match houleux (mais gagné 5-0) face à des Lyonnais revanchards après que Jean-Pierre Giannecchini a "bousculé" le gardien Patrick Dettori au match aller. Les hommes de Pete Laliberté finissent neuvièmes, à six points du dernier qualifié (Viry en l'occurrence) mais auront fait très forte impression lors de cette première partie de saison.
Plus facile à dire qu'à faire, d'autant que les joueurs de la Cité des Images lâchent du lest en ouverture (8-8 à Caen et défaite 5-7 à Amiens après avoir mené 4-2) mais se reprennent en dominant Lyon (3-2). Vainqueurs sans discussions la semaine suivante à Anglet (8-3), les Spinaliens se "vengent" de Briançon (5-3) et battent les Volants à Paris (7-5). Le maintien est en bonne voie et sera finalement assuré.
Dave Ayres : Un Conte de Fées Moderne
Le conducteur de surfaceuse Dave Ayres (42 ans) a disputé samedi soir son premier match de NHL avec Carolina comme gardien. Il a touché 500 dollars pour sa pige, et est devenu une vraie star locale. Dave Ayres vit un véritable conte de fées. À 42 ans, ce conducteur de surfaceuse a disputé son premier match NHL samedi soir avec les Hurricanes de Caroline sur la glace des Maple Leafs de Toronto, avec une victoire et le titre d'homme du match à la clé (6-3). Spectateur au coup d'envoi, Ayres est entré en jeu après la blessure des deux gardiens des « Canes ». Il figurait sur la liste des gardiens de réserve que l'équipe à domicile met à disposition des visiteurs dans chaque match NHL, en cas de blessure. Pour les Hurricanes, « Dave Ayres est le plus grand ». S'il n'a touché que 500 dollars pour sa pige, l'éphémère numéro 90 des Hurricanes est devenu une star. Enfin, il sera l'invité des Hurricanes face à Dallas ce mardi soir, et pourra actionner la sirène qui lance les matches de la franchise après avoir reçu l'ovation du public.