L'équipe de France féminine de handball U20 s'apprête à disputer le Championnat d'Europe avec l'ambition de réitérer, voire de surpasser, leur succès de 2023. Fortes de leur titre de championnes continentales U17, les Bleuettes de la génération 2006-2007 abordent cette compétition avec un mélange d'humilité et de détermination.
Un esprit de revanche après le Mondial U18
Si l'équipe affiche une belle constance au niveau européen, elle reste marquée par sa quatrième place au Mondial U18 2024. La défaite en demi-finale face au Danemark (20-21) et la perte de la médaille de bronze contre la Hongrie (24-25) ont laissé des traces. La capitaine Mélissa Chantelly reconnaît que « la frustration d'avoir été quatrièmes est restée dans les têtes de l'équipe ». L'objectif est donc d'exorciser cette mésaventure en réalisant un bon parcours au Championnat d'Europe.
L'expérience de la LBE comme atout
Pour certaines joueuses, cette saison a été l'occasion de découvrir le monde professionnel en LBE (Ligue Butagaz Énergie). Mélissa Chantelly, qui vient de quitter Mérignac, a pu observer et décrypter le jeu de ses aînées. « Les pros font des choses que je n'aurais jamais osé tenter. En jouant, je réussis à contrer leurs petits coups. Mais il reste beaucoup de chemin pour tout mettre en place », confie-t-elle. D'autres jeunes talents, comme Dawiya Abdou (Chambray) et Prunelle Kingué (Besançon), ont réussi à s'imposer dans leurs équipes respectives.
Une ossature conservée et des nouveaux visages
L'équipe dirigée par Éric Baradat s'appuie sur une ossature solide, héritée de la génération dorée de Lylou Borg (championne du monde U20 2024). Quatre nouvelles joueuses ont intégré le groupe : les pivots Lyson Samaï (Mérignac) et Sheryl Hoffner-Roucolle (Côte Basque), l'ailière gauche Mara Vama (Fleury) et la demi-centre Mathilde Amelot (Saint-Sébastien-sur-Loire). Ces nouvelles venues apporteront un souffle nouveau et permettront d'étoffer le potentiel de l'équipe.
Composition de l'équipe
La composition exacte de l'équipe pour le Championnat d'Europe n'est pas encore connue, mais on peut s'attendre à retrouver des joueuses telles que :
Lire aussi: Ne manquez pas France Hongrie Handball !
- Mélissa Chantelly (demi-centre) : Capitaine de l'équipe, elle apporte son expérience et sa vision du jeu.
- Dawiya Abdou (ailière droite) : Joueuse rapide et technique, elle est capable de marquer des buts importants.
- Prunelle Kingué (arrière gauche) : Puissante et adroite, elle est une menace constante pour les défenses adverses.
- Lyson Samaï (pivot) : Elle apporte sa force physique et son sens du placement en attaque.
- Sheryl Hoffner-Roucolle (pivot) : Une autre option intéressante au poste de pivot, avec un profil complémentaire à celui de Samaï.
- Mara Vama (ailière gauche) : Elle dynamise le jeu sur l'aile gauche grâce à sa vitesse et sa capacité à déborder.
- Mathilde Amelot (demi-centre) : Elle offre une alternative intéressante au poste de demi-centre, avec un style de jeu différent de celui de Chantelly.
Déroulement du tour préliminaire
L'équipe de France débutera le tour préliminaire avec le calendrier suivant :
- Mercredi 9 juillet : France - Portugal (19h30)
- Jeudi 10 juillet : France - Norvège (19h30)
- Samedi 12 juillet : Slovénie - France (12h)
Les deux premières équipes de chaque groupe se qualifieront pour le tour principal.
Objectifs et ambitions
Si Mélissa Chantelly se montre prudente en évoquant un dernier carré comme objectif initial, il est clair que les Bleuettes visent plus haut. Leur titre de championnes d'Europe U17 leur confère une légitimité et une confiance en leurs capacités. L'expérience acquise par certaines joueuses en LBE est un atout précieux. Pour atteindre leurs objectifs, les Bleuettes devront faire preuve de constance, d'efficacité en attaque et de solidité en défense. Elles devront également exorciser le souvenir du Mondial U18 et aborder chaque match avec détermination.
L'héritage des Jeux Olympiques de Tokyo 2020
L'équipe de France féminine de handball a décroché la dernière médaille tricolore des Jeux olympiques de Tokyo. Les joueuses d’Olivier Krumbholz ont dominé l’équipe du comité olympique russe par 30 à 25 (15 à 13). Une finale parfaitement maitrisée et une revanche éclatante après la défaite, face aux Russes, à Rio, en 2016.
Amandine Leynaud, Pauline Coatanea, Laura Flippes, Grace Zaadi-Deuna, Béatrice Edwige (avec Pauletta Foppa), Estelle Nze-Minko et la capitaine Coralie Lassource débutent cette finale face au CO russe, la deuxième consécutive après Rio 2016.
Lire aussi: Hongrie-France : le débrief
Allison Pineau montre la voie en ouvrant le score de la finale olympique. Un but sur jet de 7m avant que Polina Vedekhina ne marque à deux reprises. Les Bleues défendent remarquablement bien : c’est sûrement la clef du match. Avec pas moins de quatre jets de 7m réussis sur les six buts marqués, les Bleues ont pris les commandes de la rencontre. Ekaterina Illina marque aussi sur cet exercice si particulier et Daria Dmitrieva score à deux reprises : les joueuses du comité olympique russe sont devant. Le temps que la benjamine de l’équipe de France, Pauletta Foppa, n’égalise (7-7, 17e).
L’équipe de France masculine, médaillée d’or hier, est présente pour encourager les collègues féminines avec le souhait que la revanche de Rio soit totale. La Bisontine Chloé Valentini, depuis son aile gauche, puis en contre-attaque, repositionne l’équipe de France à +2 (9-7, 19e) puis encore à la 22e (11-9) avec le 4e but de l’épatante Pauletta Foppa. Temps-mort côté russe et Olivier Krumbholz conseille à ses joueuses de « ne pas se faire tasser en défense ». Dans la foulée, les Bleues recupèrent un énième ballon et Estelle Nze-Minko met son équipe à +3 (12-9 ; 24e).
L’équipe du CO russe et Polina Vedekhina profitent de l’exclusion de Grace Zaadi-Deuna pour se rapprocher. Mais Polina Vedekhina est aussi invitée à faire une pause de 2 minutes. Si elle n’est pas idéalement servie, Pauletta Foppa ouvre des brèches et s’infiltre : elle marque déjà son 5e but dans cette finale (à 100%) et son équipe mène 15-12. Cléopatre Darleux a réalisé 30 minutes de très haut vol en stoppant 9 .
Cléopatre Darleux a tout ferméPour les 30 dernières minutes du tournoi olympique, les deux équipes vont tout donner sur le 40×20 du Yoyogi National Stadium. Les joueuses d’Alexey Alekseev cravachent dur et refont leur retard : Polina Gorshkova égalise (16-16) après 39 minutes. Océane Sercien-Ugolin se charge, en 40 secondes, de remettre sa formation à deux longueurs devant les championnes olympiques en titre (18-16, 40e). Avec 6 arrêts, sur 9 tirs, le tout en quinze minutes, Cléopatre Darleux a fermé la boutique. Ses partenaires enchainent les défenses héroïques et derrière, l’efficacité est au rendez-vous. L’écart croit de façon exponentielle avec une Pauletta Foppa éblouissante à 6 m. Le chrono s’égrène et les Bleues maîtrisent parfaitement leur sujet : ce n’est pas seulement la défense qui est exceptionnelle, aussi l’attaque tricolore qui martyrise les gardiennes du Co Russe. Avec 9 arrêts sur 17 (53 %) après 54 minutes, Cléopatre Darleux réalise une performance qu’elle racontera bientôt à sa petite Olympe, née à l’automne 2019. Le money-time ne devrait pas changer l’issue de cette finale dominée par les championnes du monde 2017 et d’Europe 2018 auxquelles il manquait seulement le titre olympique. Elles s’imposent 30 à 25 et célèbrent joyeusement ce sublime succès. Elles sont bien championnes olympiques, une issue inattendue après un premier tour compliqué, un dénouement logique depuis la fin du tour préliminaire. Une phase où elles s’étaient inclinées (27-28) face à ce même adversaire. Une joie intense s’est emparée du collectif tricolore.
Ces succès inspirent sans aucun doute les jeunes Bleuettes, qui rêvent de suivre les traces de leurs aînées et de marquer à leur tour l'histoire du handball français.
Lire aussi: Transition de l'équipe de France féminine