Les gardiens de but sont des figures emblématiques du hockey sur glace, auréolées de mystère et de superstition. Leur rôle exige une force mentale et une concentration exceptionnelles pour faire face à la pression constante. Cet article explore l'histoire de ces athlètes en Suisse, mettant en lumière des légendes comme Renato Tosio et Cristobal Huet, tout en retraçant l'évolution du poste et les défis auxquels les gardiens sont confrontés.
Renato Tosio : Une Carrière Exceptionnelle
Un des plus grands gardiens de l'histoire du hockey suisse a pris sa retraite, marquant la fin d'une ère. L'honneur de clore la carrière de Renato Tosio est revenu à un autre vétéran, Jean-Jacques Aeschlimann, qui compte lui aussi plus de sept cents matches en LNA. Après un tir au but décisif d'Aeschlimann, Tosio a confié à la télévision suisse allemande : « Quand Aeschlimann a marqué le tir au but décisif, le monde m'est tombé dessus. J'ai ressenti une grande émotion : j'ai compris que j'avais atteint la ligne d'arrivée. Mais maintenant encore je ne me rends pas compte d'avoir terminé ma carrière. »
Tosio a démontré son talent jusqu'au bout, réalisant une dernière partie magistrale et soutenant toujours la comparaison dans un championnat où les grands gardiens ne manquent pas : Reto Pavoni, Ari Sulander, Lars Weibel, et bien sûr le Français Cristobal Huet.
Renato Tosio n'est pas un joueur comme les autres ; c'est une légende. Pendant quatorze saisons, il a défendu les buts de Berne. En y ajoutant ses premières saisons dans l'élite à Coire (dès le championnat 1979/80), il a disputé 872 matches au plus haut niveau national, au cours desquels il a réalisé 36 blanchissages, un record du championnat. Mieux encore, jusqu'à cette soirée d'adieux mémorable, il a disputé 691 matches consécutifs (dont 655 sans discontinuer depuis qu'il a rejoint Berne, en 1987, lorsque Coire a été relégué en LNB), ce qui constitue un record impressionnant. Cette longévité, il la doit à une alimentation et à une préparation physique soignées, qui lui ont évité blessures et maladies, hormis deux blessures au ménisque.
Tosio s'apprête à commencer sa reconversion. Ce poste de directeur sportif que Berne n'a pas voulu lui offrir, il l'a trouvé chez le seul autre club qu'il aura connu dans sa carrière, Coire, ville où il est né le 16 novembre 1964, et où il a appris le hockey. Il y retournera donc avec sa femme Nicole, tout en continuant à jouer au hockey, mais dans la catégorie vétérans…
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Cristobal Huet : Un Français qui a Marqué la Suisse
L'ancien gardien français, Cristobal Huet, a pris sa retraite de joueur il y a un an pour devenir entraîneur des gardiens du LHC. Il est le quatrième joueur à être ainsi distingué dans l'histoire du club vaudois. « Je suis un homme heureux. Merci d'avoir fait de moi l'un des vôtres », a déclaré Huet.
Légende du hockey français, dont il est le seul représentant à avoir remporté la Coupe Stanley et disputé le All-Star Game de NHL, le Grenoblois d'origine est aussi une grande figure en Suisse, pour avoir brillé à Lugano (1998-2002), avec qui il a été champion en 1999, puis Fribourg (2010-2012) et enfin Lausanne, qu'il a rejoint en 2012 et aidé à se réinstaller dans l'élite helvétique.
Cristobal Huet a laissé une trace indélébile dans l’Hexagone. Lors de la saison 1994/1995, la France du hockey découvre un jeune gardien d’à peine 20 ans. Avec Grenoble, il va jouer ses tous premiers matchs dans l’Elite. En seulement quatre saisons, le natif de Saint-Martin-d’Hères va accumuler les prestations individuelles de très bonne facture. À seulement 22 ans, il remporte le trophée Jean Ferrand, titre de meilleur gardien de la saison. La saison suivante, Cristobal Huet confirme et porte son équipe à bout de bras. Les Brûleurs de Loups finissent premiers en saison régulière avec 36 victoires en 38 matches de championnat et deviennent ultra-favoris pour le titre de champion. Malgré une blessure au premier tour des play-offs, Grenoble honore son statut et remporte la Coupe Magnus. Il connait alors ses premières sélections avec l’équipe de France sénior.
Ses performances hors du commun intéressent les plus grands clubs étrangers. Cristobal Huet quitte le championnat de France au sommet de sa gloire et poursuit sa progression sous les couleurs du Hockey Club Lugano en Ligue nationale A suisse. Mais le portier tricolore ne s’arrête pas là. Il traverse l’Atlantique pour découvrir le championnat nord-américain et devient le deuxième joueur français de l’Histoire, après Philippe Bozon, à jouer en Ligue Nationale de Hockey (NHL). L’ancien Grenoblois évoluera aux Los Angeles Kings, puis aux Canadiens de Montréal où il enregistrera le pourcentage d’arrêts le plus élevé, soit 92,9 %, lors de la saison 2005-2006. La saison suivante, le portier est retenu pour participer au match des Etoiles, rencontre réunissant tous les meilleurs joueurs de la Ligue. Une première pour un joueur tricolore. Cristobal Huet va terminer sa carrière américaine en apothéose, en remportant la Coupe Stanley avec les Blackhawks de Chicago lors de la saison 2009/2010.
Devenu la véritable figure de proue du hockey sur glace français, il revient ensuite en Europe pour jouer avec Fribourg-Gottéron en LNA suisse. Deux ans plus tard, c’est à l’échelon inférieur qu’il pose ses valises. « CristoWall » participe alors à la remontée de Lausanne au niveau élite, en 2013. Huet restera parmi les Lions durant six saisons, soit sa plus longue période au sein d’un même club. Côté équipe de France, Cristobal Huet aura participé à 2 Jeux Olympiques (1998 et 2002) et 15 Championnats du Monde, dont 13 au niveau Élite. Avec 52 titularisations, 1 blanchissage face à l’Autriche (2015) et de multiples arrêts spectaculaires à son actif, il sera logiquement élu à six reprises parmi les trois meilleurs joueurs tricolores de la compétition. Une formidable aventure en bleu qui a pris fin lors du Championnat du Monde 2017 à Paris. Huet a ainsi terminé sa carrière internationale en même temps que l’infatigable capitaine Laurent Meunier. En résumé, Cristobal Huet est un champion comme jamais la France du hockey n’en avait connu jusqu’ici.
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À Lausanne, Cristobal Huet est comme chez lui. Après avoir porté le LHC vers l'élite Suisse en 2013, Cristobal Huet a grandement contribué à la deuxième qualification de suite du club pour les play-offs, une vraie performance. Depuis le début de la saison, Cristobal Huet enchaîne les gros matchs et dans une équipe qui ne joue pas les premiers rôles, le gardien grenoblois brille avec en saison régulière plus de 93 % d'arrêts. Cristobal Huet est devenu l'une des stars de la patinoire de Malley, ou plus de 7.000 personnes se pressent à chaque rencontre de Lausanne. L'entraîneur de Lausanne, Heinz Ehlers, considère, lui, son gardien comme le meilleur d'Europe.
Ensuite Cristobal Huet, premier Français à avoir soulever la Coupe Stanley, devrait rejoindre les Bleus pour les championnats du monde à Pragues début mai. L'équipe de France, dont il est l'un des piliers depuis des années, lui offre le dernier grand objectif de sa carrière : les mondiaux de 2017 qui auront en partie lieu à Paris.
Le Rôle du Gardien : Plus qu'un Simple Joueur
Dans une série de témoignages recueillis par HockeyArchives, treize gardiens, aux profils divers, retirent l’armure sur leur parcours unique. Ils révèlent leurs doutes, leurs victoires, et les sacrifices consentis pour évoluer dans ce rôle exigeant. Qu’ils soient au sommet de leur carrière, en pleine transition ou qu’ils aient déjà raccroché les patins, ces hommes partagent une passion commune pour ce poste si particulier. Leurs récits permettent de découvrir des trajectoires parfois éloignées des clichés, où l’on perçoit autant leur résilience que leur sensibilité. Cette collection d’histoires va au-delà des performances sur la glace : elle démystifie le rôle de gardien de but tout en célébrant la richesse de ces parcours.
Premiers Pas et Premières Inspirations
Pour certains, le hockey était une évidence dès le départ, comme un héritage familial. Quentin Papillon illustre parfaitement cet héritage : “J’ai commencé le hockey à 3 ans et demi. Mes parents étaient supporters, ils allaient voir tous les matchs [de Rouen]. Mon père a également joué en loisirs. Tout petit nous allions également à la patinoire publique, j’avais les patinettes. Chez Lucas Mugnier également, le hockey est une affaire de famille : “Je viens d’une famille de hockeyeurs. Mon frère [Jordan, de 3 ans son ainé et actuel joueur de Chamonix] jouait déjà au hockey. Mon oncle a également joué pour l’équipe de Chamonix et mon grand-père a été président du club durant les années 80.
Parfois, ce sont même les sœurs qui inspirent. Ronan Quemener, par exemple, raconte une anecdote pleine de tendresse : “J’ai commencé à 3 ans et demi / 4 ans à Meudon. Parce que ma sœur faisait du patinage artistique. Et j’ai dit à mes parents que je voulais faire la même chose pour les garçons. Du coup ils m’ont inscrit à l’école de hockey. Pour d’autres, la passion du hockey est née après avoir assisté à un match. Marek Rączka, aujourd’hui manager du mouvement mineur à Lyon, se souvient : “Vers mes 7 ans ma tante m’a emmené voir un match à Nowy Tag [en Pologne], j’ai tout de suite adoré”.
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La Vocation de Gardien
Le choix de devenir gardien ne s’est pas fait d’emblée pour tous les joueurs interrogés. Pour Quentin Papillon, cette envie est née d’une observation simple : “Je suis devenu gardien vers l’âge de 7 ans. À cet âge-là je me suis rendu compte que les joueurs sortaient, ils n’étaient pas souvent sur la glace alors que le gardien lui jouait tout le temps. En plus, notre gardien d’alors n’était pas très bon. Chez d’autres, comme Sydney David-Thivent, le poste de gardien s’est imposé dès le départ, presque comme une vocation : “J’ai toujours voulu être gardien. Après l’école de glace, dès qu’il a été question de choisir son poste, j’ai choisi gardien. Après une carrière riche d’une quinzaine à travers différentes divisions, Franck Constantin a fondé en 2018 sa propre structure de coaching de gardiens, Goalievolupro, basée à Valence. Devenu entraîneur, il revient sur le moment clé qui l’a conduit à embrasser le rôle de gardien de but, une décision guidée par une proposition de son coach et une aspiration naturelle : “J’étais joueur depuis environ 2 ans [à Courbevoie] et je me sentais en pleine progression (…). Je suis devenu un des meilleurs patineurs de mon équipe. Mon coach est venu me voir en me disant qu’il cherchait un gardien et que cela serait gardien ou joueur. (…) Comme je savais très bien patiner, j’ai tout de suite pris du plaisir. J’ai commencé le hockey un peu tard, j’ai dû être gardien vers 9 ou 10 ans.
Olivier Richard raconte que cette passion pour le poste était née dès le départ, avant même d’enfiler les patins : “[à l’issue du 1e match auquel Olivier et son frère ont assisté] Nous voulions (…) tous les deux jouer gardien ! (…) Je voulais y aller direct, mais le club m’a obligé à apprendre à patiner. À l’âge de 8 ans j’alternais encore les deux entraînements gardien et joueur et vers 9 ans je suis devenu gardien. Je voulais tout le temps être gardien, même lorsque je jouais au foot dans la cour de l’école, j’étais gardien. Pour Isaac Charpentier, ce choix est directement lié à ses souvenirs d’enfance avec ses frères : “Quand je jouais avec mes frères il y avait un jeu de trois mini-crosses à la maison : il y avait une crosse de gaucher pour mon frère gaucher, une crosse de droitier pour mon frère droitier et il restait une crosse de gardien pour moi”. Un récit qui trouve un écho chez Clément Ginier : “Je pense que c’est encore à cause de mon frère. Quand on jouait dehors, il me mettait toujours dans les buts.
Pour certains jeunes joueurs, l’équipement des gardiens a joué un rôle crucial dans leur décision. Clément Ginier se souvient : “Je trouvais ça très beau l’équipement. L’aspect esthétique a beaucoup contribué”. Marek Rączka partage ce sentiment : “Je voyais les gardiens avec leur équipement. Je les trouvais très beaux. Pour d’autres, c’est l’importance du rôle qui les a attirés. Tom Aubrun raconte : “Assez rapidement j’ai été attiré par le poste de gardien par l’équipement flashy et par l’importance du poste. J’ai demandé pendant des années à essayer le poste, j’étais défenseur au départ et je me débrouillais plutôt pas mal, le coach ne voulait pas me faire essayer.
Défis et Rêves de Professionnalisme
Malgré les défis financiers liés au coût de l’équipement, la plupart des joueurs interrogés soulignent le soutien précieux de leurs proches. Clément Ginier confie : “Évidemment je peux remercier mes parents qui avaient le budget pour parce qu’à l’époque cela coûtait très cher”.
Le hockey professionnel est souvent un rêve d’enfance pour les jeunes gardiens. Quentin Papillon partage cette aspiration précoce : “Lorsqu’on est jeune et qu’on commence à réfléchir à ce qu’on veut devenir plus tard, je crois que j’ai toujours voulu devenir professionnel. Pour Henri-Corentin Buysse, cette vocation a émergé dès l’école primaire, même si elle était parfois incomprise : “De ce que je m’en souviens, dès l’école primaire je disais que je voulais être hockeyeur professionnel”.
Les clubs réputés pour leur formation ont souvent joué un rôle clé dans l’éclosion des jeunes talents. Produit de la formation rouennaise, Quentin Papillon se souvient : “J’ai toujours été assez bon. J’étais surclassé. Je m’entraînais avec ma catégorie et puis j’enchaînais avec la catégorie du dessus. Pour Henri-Corentin Buysse, un moment charnière s’est produit en catégorie U15 : “Lorsque (…) j’ai réalisé que je pouvais faire la différence.
L'Évolution du Hockey Club Lugano et ses Gardiens
Le club de Lugano est fondé le 11 février 1941. En 1964, on s'attend à une saison de transition, mais un époustouflant jeune gardien d'à peine quinze ans, Alfio Molina, va provoquer le déclic.
Les Premières Saisons et les Défis Initiaux
Lugano évoluait sur le petit lac de Muzzano. Mais le club n'est toujours pas soutenu par les autorités et est expulsé de Loreto. En 1955, il doit ainsi disputer quelques rencontres sur un terrain de tennis reconverti pour l'hiver, à la pâtisserie Mtinger. Les joueurs vont même parfois s'entraîner à Milan, sur la glace du Pinaresi. Heureusement, la patinoire naturelle de Noranco, inaugurée le 19 novembre 1954, leur tend les bras.
L'Ascension en Ligue Nationale B
Le HCL entre alors dans une nouvelle ère en engageant sa première recrue : Beat Ruedi, ancien international, originaire des Grisons, ayant évolué à Davos et Ambrì. Il est chargé de faire du HCL une équipe compétitive. Il y parvient, puisque Lugano est promu en série A, le plus haut niveau régional, équivalent de l'actuelle 1è ligue. Mais un autre défi d'importance se présente à Ruedi : faire construire une piste artificielle à Lugano. Il se démène pour convaincre les autorités, son projet finit par éveiller de l'intérêt, et la Resega est inaugurée le 1er décembre 1957. En 1958 et 1959, Lugano, mené par l'entraîneur-joueur Gene Miller, termine deux fois en tête du championnat, mais échoue dans les barrages de promotion.
En 1964, Alfio Molina provoque le déclic. Le HCL s'impose 5-4 contre Petit-Huningue et 5-2 à Rapperswil, dans le match décisif pour la promotion tant attendue en Ligue Nationale B, le 29 février. Ces saisons d'apprentissage de la LNB sont aussi celle des premiers derbys contre Ambrì-Piotta. La rivalité se fait sentir dès 1965/66, où Lugano termine deuxième derrière Ambrì.
Promotion en Ligue Nationale A et les Difficultés
En 1970, le nouveau président Borioli engage l'entraîneur canadien Reynald Lacroix pour faire repartir l'équipe du bon pied. C'est gagné dès l'année suivante. Trouvant avec l'attaquant canadien Bernard Côté une pièce maîtresse, à qui on adjoint le Tchécoslovaque Karel Blazek ainsi qu'Arturo Baldi et Marzio Agustoni. Lugano compte également sur huit joueurs du cru : Molina, bien sûr, mais aussi Bernardoni, Bernasconi, Brambilla, Cereghetti, Corti, Giudici et Rezzonico. Dans son groupe de promotion, le HCL réussit à battre son principal adversaire, Lausanne, par trois buts à un, devant 6000 spectateurs. Mais ce n'est pas fini pour autant, il faut encore remporter le dernier match le 27 février contre une équipe de Fribourg hors course mais toujours accrocheuse : concédant le nul 2-2 après deux tiers-temps, Lugano ne se détache qu'en dernière période en marquant quatre buts.
Pour sa première saison parmi l'élite, Lugano est dans un état euphorique. Mené par le défenseur international Peter Aeschlimann, venu de Langnau, le HCL termine la première phase à la deuxième place derrière La Chaux-de-Fonds, avant de finir la saison à une superbe quatrième place. Mais on dit souvent que la deuxième saison est la plus difficile : Lugano en fait l'amère expérience. Miné par les blessures, Lugano voit sa patinoire suspendue après un derby contre Ambrì de sinistre mémoire. Au bout du chemin, la relégation.
La Patience et les Recrues
Le HCL apprend ainsi peu à peu la patience. Après avoir vu la promotion s'envoler en 1973/74 lors du dernier match de la saison, perdu 3-0 à Villars, Lugano tente la saison suivante de forcer le destin et recrute à tout va. En 1976, le HCL déménage à Mezzovico et attire une recrue remarquée : le Finlandais Juha Pekka Rantasila, 116 sélections en équipe nationale. Mais le renfort en question souffre du genou et ne peut jamais s'exprimer à son meilleur potentiel.
L'Ère Geo Mantegazza et l'Arrivée de Jim Kren
La parenthèse du Mezzovico s'achève sans regret, et le HCL retrouve sa Resega, qui a été entre-temps couvert. C'est alors que Geo Mantegazza, un ingénieur qui avait effectué des calculs de structure à la construction de la Resega, accède à la présidence du club. En 1979, l'entraîneur tchécoslovaque devenu citoyen suisse Jim Kren, réfugié à Ambrì à 25 ans et joueur légendaire dans la vallée de la Léventine, arrive avec le buteur canadien Jim Koleff.
La Victoire en Coupe B et le Soutien Populaire
La victoire en "Coupe B" n'est qu'une bien maigre consolation. Mais Lugano compte déjà un premier succès, celui de bénéficier d'un soutien populaire sans cesse croissant. 8000 spectateurs se pressent pour assister aux rencontres de la Resega, et ils en seront récompensés en 1981/82.
L'ère de Domination et les Titres de Champion
En 1983/84, Geo Mantegazza fait signer pas moins de dix nouveaux joueurs - dont l'excellent buteur Kenta Johansson - mais aussi l'entraîneur John Sletvoll. Après une première saison conclue à la quatrième place, le HCL se renforce avec deux joueurs suisses de premier plan, Fredy Lüthi et Beat Eggimann, mais aussi avec Mats Waltin, longtemps capitaine de l'équipe nationale suédoise. La saison 1984/85 est éclaboussée par le talent de Kenta Johansson, auteur de 56 buts en 38 matches.
Les dernières places du puzzle se mettent en place en 1985/86, avec les arrivées de Sandro Bertaggia, d'Andy Ton, de Riccardo Fuhrer, de Roberto Triulzi, de Markus Graf, et surtout de Jörg Eberle, de retour de Davos alors que beaucoup de clubs le courtisaient. John Sletvoll a tenu parole : on en est à la troisième année de son mandat et plus personne ne peut s'interposer contre le HCL, qui remporte la saison régulière avec cinq points d'avance sur Davos et dix-sept sur le troisième, Kloten. C'est sur la glace adverse que Lugano ira chercher son premier titre, le 1er mars 1986.
La Continuité du Succès et les Défis Européens
Au niveau suisse, personne ne peut se permettre de contester la domination du HCL. Vainqueur de la saison régulière 1986/87, il élimine Ambrì en demi-finale et Kloten en finale, à chaque fois en trois manches sèches. Lugano a obtenu l'organisation du tournoi final européen, qui ne se déroule qu'en septembre 1987, à l'orée de la nouvelle saison, et qui est l'occasion d'une grande fête dans le Tessin. Un petit évènement s'y produit : le CSKA Moscou, qui avait gagné tous ses matches de Coupe d'Europe depuis dix ans, est accroché par les Suédois de Färjestad (4-4). Cela n'empêche toutefois pas les Soviétiques, vainqueurs de toutes les Coupes d'Europe auxquels ils ont participé, de s'imposer. C'est un certain Vyacheslav Bykov qui est élu meilleur joueur du tournoi.
Le championnat 1987/88 ressemble comme une goutte d'eau au précédent, si ce n'est une rencontre cédée à Davos en demi-finale. Kloten est balayé en finale. Au cours de la saison régulière achevée quatre points devant Kloten et loin devant les autres, Lugano avait signé une impressionnante série d'invincibilité de 27 matches. Ce "Grande Lugano" n'a qu'un seul point faible apparent, ses gardiens Urs Räber et Thierry Andrey qui ne sont pas reconnus comme des spécialistes de top niveau.
La Fin d'une Ère et les Nouveaux Rivaux
Lugano domine nettement mais se heurtent au gardien Renato Tosio et se trouve mené 0-2. Le départ de Johansson, qui ne s'entend plus avec Slettvoll, marque la fin d'une époque.
La lutte entre les deux nouveaux rivaux est à son comble la saison suivante, en 1989/90. Lugano et Berne sont au coude à coude, et les premiers nommés ne prennent l'avantage au classement qu'à la différence de buts. C'est la cinquième fois consécutive que Lugano termine en tête de la saison régulière.
La Finale de Coupe d'Europe et les Changements de Direction
Lugano retrouve aisément la finale de Coupe d'Europe à Düsseldorf, mais gâche une belle occasion en se faisant dépasser par le TPS Turku après avoir mené 4-1.
Au début de la saison 1991/92, Geo Mantegazza laisse les rênes du club à Fabio Gaggini. Lugano ne conquiert que des lauriers de prestige en atteignant la finale de la Coupe Spengler, où il n'est battu en finale que par le CSKA Moscou. Deuxième du championnat derrière le Fribourg-Gottéron de Bykov et Khomutov, le HCL est sorti dès les quarts de finale par Zurich, en quatre manches, dont deux aux tirs au but.
Gauthier Descloux : Un Talent Fribourgeois
Gauthier Descloux, d'origine fribourgeoise, a commencé le hockey à Fribourg, où le hockey est un sport familial. Il est également passé par Lausanne, Sierre et Genève. Il était joueur au début, et son papa, à ce moment entraîneur des Piccolos de Fribourg, avait ramené une magnifique mitaine rouge et bleue à la maison.
Expériences dans Différents Clubs
Il a eu de bonnes expériences dans tous les clubs où il est passé et de bons contacts ont été établies. Premièrement, toutes les petites erreurs que l'on fait en ligue B se paient, les joueurs tirent beaucoup plus qu'en NLA. Sur le côté professionnel, il a beaucoup appris, tant personnellement, qu'avec le public ou avec ses coéquipiers. Il a eu l'occasion de côtoyer de grands joueurs, de se battre pour avoir sa place.
Selon Descloux, il faut un gardien titulaire dans chaque équipe, sinon il y a trop de doutes.
Le Rôle Off-Ice et les Objectifs Futurs
Son rôle est essentiellement dans le contact, de faire part de son expérience. Il est entré dans sa 4e année au club. Il est conscient qu'il va sûrement à nouveau bouger entre les clubs cette saison. L'important pour lui est de pouvoir rééditer l'année passée, mais en mieux. Du côté des U20, il veut également avoir sa place en titulaire, il est préférable de viser haut. Sur le long terme, il veut se faire une place en NLA. Si une proposition venait de l'étranger, il sauterait sur l'occasion, pour autant que le club donne son aval. Pour un gardien de taille moyenne, la NHL reste une possibilité.