Antoine Dupont et le Rugby à 7: Explication du Numéro 25 et Ambitions Olympiques

L'arrivée d'Antoine Dupont, figure emblématique du XV de France, dans le monde du rugby à 7 a suscité une vive curiosité et un engouement palpable. Son talent indéniable et son statut de star mondiale laissent entrevoir des perspectives passionnantes pour l'équipe de France à 7, notamment en vue des Jeux Olympiques de Paris. Cet article se penche sur les raisons de son choix de porter le numéro 25, son adaptation au rugby à 7, et les espoirs qu'il suscite pour l'avenir de cette discipline en France.

Le Mystère du Numéro 25 Dévoilé

Depuis qu'il a rejoint l'équipe de France de rugby à 7, Antoine Dupont arbore fièrement le numéro 25, un choix qui a intrigué de nombreux observateurs. Habitué au numéro 9 en club et en sélection à XV, Dupont a expliqué la genèse de ce choix original.

Initialement, une hypothèse avait circulé, suggérant que le numéro 25 était un clin d'œil à son nombre de sélections avec le XV de France (52), inversé pour l'occasion. Cependant, la véritable raison, plus personnelle et touchante, a été révélée par RugbyPassTV, diffuseur de la rencontre.

Antoine Dupont a expliqué qu'il avait choisi son numéro en fonction des mois de naissance de sa famille, de son frère et de ses parents. Ils sont nés en février (deuxième mois de l'année) et en mai (cinquième) du coup ça fait 25". Ce choix symbolique témoigne de l'attachement profond du joueur à ses racines familiales. Ainsi, le 2 représente le mois de février, mois de naissance de sa mère, Marie-Pierre, et de son frère aîné Clément, tandis que le 5 renvoie au mois de mai, mois de naissance de son père, Jean. Un choix de numéro qui confirme le grand attachement du « ministre de l'Intérieur » pour sa famille, dont il est toujours très proche. "Je pense que ça aurait été les premiers à me dire si j'avais changé. C'est important pour moi de conserver ces liens et les relations simples qui les accompagnent", avait-il confié l'an dernier à Sud-Ouest.

Adaptation et Débuts Prometteurs dans le Rugby à 7

L'intégration d'Antoine Dupont au rugby à 7 a été minutieusement préparée, tant sur le plan physique que tactique. Conscient des spécificités de cette discipline, le joueur a travaillé d'arrache-pied pour adapter son jeu et répondre aux exigences du haut niveau.

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Lors de son tout premier tournoi à Vancouver, dont il a atteint les demi-finales avec l’équipe de France, s’inclinant contre la Nouvelle-Zélande avant de décrocher la médaille de bronze face aux États-Unis, Antoine Dupont a réalisé des débuts prometteurs en rugby à VII, étant même élu dans l’équipe type de la compétition.

Testé à deux postes, où il n’a pas mis longtemps à trouver ses repères, Dupont a d’abord observé ses partenaires depuis le banc avant de connaître ses premières titularisations et d’inscrire trois essais. Les Bleus ont pu profiter de ses fulgurances et de son flair, à l’image de son premier essai inscrit contre l'Australie (31-5) à la suite d’une feinte de passe inspirée combinée à un raffut efficace.

Son apport dans le money-time s’est avéré décisif contre l’Irlande (12-5), avec l’essai de la qualification pour les demi-finales. "Honnêtement (Dupont) est un sacré joueur, il nous aide dans tous les secteurs de jeu. Il a montré ses qualités ce week-end", a déclaré William Iraguha au micro de Rugbypass.

Malgré un temps de jeu limité, Antoine Dupont est parvenu à se faire une place parmi les meilleurs joueurs du tournoi, aux côtés notamment des Néo-Zélandais Sam Dickson ou Akuila Rokolisoa, des Argentins Matias Osadczuk, Luciano Gonzalez et Tobias Wade ou encore de l’Américain Perry Bake.

L’encadrement a donc voulu ne rien laisser au hasard : « Depuis septembre-octobre, je suis en contacts avec le préparateur physique de Toulouse pour débroussailler le terrain. J’ai récupéré toutes les données de charges d’entraînement d’Antoine en club. J’avais ainsi un état des lieux de ce qu’il faisait depuis des mois. Comme pour tout quinziste, la grosse différence avec notre groupe venait de la part de distance sprintée. Nous avons donc orienté un peu sa préparation. Et là, il n’y a pas le choix : il faut des sprints sur 40 mètres, sur 50 mètres… C’est ce qu’il a fait à la fin des entraînements avec Toulouse, quand il se sentait bien et que c’était possible. »

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L’habituel capitaine du XV de France a été, sans surprise, un élève assidu de ses cours à distance : « Ce qu’on a pu voir, c’est que sa charge de sprint a augmenté sur les dernières semaines. C’était notre volonté. » Presque une nécessité. En l’espace de quelques semaines, Antoine Dupont est ainsi passé en mode septiste. Sans voir son corps se transformer pour autant : « On m’a déjà posé la question mais non, il est resté à son poids de forme à XV. » Qui est donc aussi le sien à VII : « On est dans les clous par rapport à ce que l’on recherchait, reprend Julien Robineau. Il atteint des « vitesses max » très régulièrement. Il avait les prédispositions physiques à la base pour évoluer à VII, d’autant plus qu’il joue 9 et que la répétition est un de ses points forts, mais il s’est aussi préparé comme il le fallait pour être en forme. Il savait que ça ne se ferait pas en un claquement de doigts. Aujourd’hui, il coche toutes les cases sur le plan physique.

En toute logique, sa formation accélérée a comporté un volet tactico-technique : « Nous avons eu des points réguliers depuis la fin de la Coupe du monde pour lui faire passer le plus d’informations possibles afin qu'il comprenne le jeu et notre mode opératoire, explique Jérôme Daret. Ça lui a permis d’appréhender nos mécanismes avant de nous rejoindre. Il y a aussi eu toute la partie vidéo. Nous lui avons donné accès à nos matchs et entraînements pour qu’ils s’en nourrissent. Mais vous savez, comme c’est un passionné, il le regardait bien avant le rugby à 7. »

Aussi averti et doté soit-il, le meilleur joueur du monde à XV 2021 a dû tout de même ajouter quelques atouts dans son jeu : « On a vu avec le Stade toulousain pour qu’il travaille, dans la mesure du possible, des skills et des petits programmes moteurs, à déclencher sous fatigue pour être le plus efficace possible le moment venu. En gros, cela portait avant tout sur les attitudes au plaquage et les contests. C’était très important pour nous.

Un Projet Mûrement Réfléchi et une Ambition Olympique

L'arrivée d'Antoine Dupont dans le rugby à 7 ne s'est pas faite au hasard. Il s'agit d'un projet mûrement réfléchi, porté par une ambition claire : participer aux Jeux Olympiques de Paris 2024 et décrocher une médaille.

Ce vendredi, Antoine Dupont va entamer, à 27 ans, sa carrière de septiste. Cette envie, présente depuis longtemps chez lui, s’est concrétisée par un projet mûrement pensé et par un travail spécifique. « Les jeux Olympiques représentent le Graal du sport tout simplement. Nous avons tous des souvenirs mythiques des Jeux devant notre télé. » Le rêve de gamin d’Antoine Dupont va commencer à devenir réalité ce vendredi. Par-delà le fantasme d’un gamin surdoué des Hautes-Pyrénées, c’est aussi et surtout un plan mûrement réfléchi par ce compétiteur d'un genre nouveau qui est sur le point de se concrétiser.

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Comme pour tout projet, tout est parti d’une envie : « Il a toujours fait part de son souhait de s’exposer sur le VII, confie un de ses proches. Ça l’a toujours attiré. Au-delà du fait qu’il y a les JO et qu’ils se déroulent à Paris, il était tenté par l’expérience. » Du côté de Toulouse, ce dessein était connu dès 2020 et avait été intégré à son nouveau contrat : « Mais il n’y a rien eu d’écrit, tout reposait sur une confiance mutuelle », nous avait-on alors précisé du côté d’Ernest-Wallon. Restait à voir dans quelles conditions cette parenthèse olympique pourrait s’ouvrir le moment venu : « Comme il y a beaucoup d’enjeux dans le rugby français, il a fallu être intelligent et bien articuler tout le dispositif, évoque Jérôme Daret. C’est un dossier qui a été soigneusement construit, avec tous les acteurs en jeu. » Une fois les considérations financières et logistiques réglées, la porte s’est ouverte.

Pour Antoine Dupont mais pas seulement : « Quand il a été proposé à des internationaux à XV de tenter éventuellement l’aventure, l’envie d’Antoine est naturellement revenue au goût du jour, nous explique une partie prenante des discussions. Mais ce n’était pas un dispositif Dupont, c’était ouvert à d’autres. Il y avait d’autres potentiels candidats mais ça ne s’est pas fait pour certaines raisons, par rapport à leur club ou du fait que certains n’acceptaient pas la contrainte d’une vraie préparation à VII, avec tous les stages et les tournois. » Cette condition sine qua non pour briguer une place avait été posée d’entrée sur la table. Le Haut-Pyrénéen a voulu et a pu s'y conformer : « France 7 ne voulait pas reproduire les échecs connus par d’autres nations ni léser les membres actuels de l'effectif. Il n’était pas question d’accorder de passe-droit à qui que ce soit. C'est la performance qui serait le juge de paix. Ce qu’Antoine cherchait, de toute manière, ce n’était pas un coup médiatique mais relever un vrai challenge sportif. » Un des plus beaux, si ce n’est le plus beau. Jérôme Daret sait ce qu’il en coûte : « Pour tout passionné de sport, une médaille olympique change la vie. Mais pour prétendre au Graal, il faut se lever en pensant médaille olympique et se coucher en pensant médaille olympique.

Une fois le cadre défini et la collaboration actée restait le plus important : réussir la transition afin que la promesse, si belle, puisse être tenue. Et, en l’occurrence, le talent, s'il est nécessaire, n'est en aucun cas suffisant. Julien Robineau, préparateur physique de la sélection depuis plus d’une décennie, a pu le constater de ses propres yeux : « On avait vu, en 2016, toutes les galères des quinzistes : Sonny Bill Williams s’était fait le tendon d’Achille sur le premier match tandis que Bryan Habana, Quade Cooper et Juan Imhoff avaient, eux, souffert sur l’adaptation. »

L'Impact d'Antoine Dupont sur le Rugby à 7 Français

L'arrivée d'Antoine Dupont dans le rugby à 7 ne se limite pas à une simple participation aux Jeux Olympiques. Son statut de star mondiale et son talent exceptionnel ont un impact considérable sur la discipline en France.

Tout d'abord, sa présence attire l'attention des médias et du grand public, contribuant à populariser le rugby à 7 et à susciter l'intérêt des jeunes joueurs. Ensuite, son professionnalisme et son éthique de travail sont une source d'inspiration pour ses coéquipiers. Enfin, son talent et sa vision du jeu apportent une plus-value indéniable à l'équipe de France, qui peut désormais prétendre à des sommets.

Antoine Dupont a débarqué à Marcoussis le 3 janvier, son aventure avait déjà débuté. Un mois et demi après la première poignée de main, ses partenaires n'en disent que du bien : « C’est vraiment impressionnant : en un rien de temps, il est arrivé à se faire à ce jeu, hallucine Théo Forner. C’est avant tout parce qu’il travaille beaucoup et qu’il est très curieux : il est à fond dans l’analyse des équipes, dans la volonté de comprendre ce rugby. Il a un carnet sur lequel il écrit tout, il pose beaucoup de questions, même aux plus jeunes. Il se met au même niveau que nous, c’est appréciable. Il n’est pas venu en disant : « Je suis indiscutable. » » Ce statut, les champions savent qu'il ne se gagne pas ailleurs que sur le terrain. L’heure de prouver a justement sonné. Jérôme Daret attend ce moment depuis des mois voire plus encore : « Je pense que le VII va lui apporter des choses qu’il ne soupçonne pas, il va découvrir des trucs en plus. En tout cas, un joueur avec de tels standards, il me tarde de voir ce que ça va donner.

Antoine Dupont, Meilleur Joueur du Monde : Une Reconnaissance Méritée

La domination d'Antoine Dupont sur la scène rugbystique mondiale est incontestable. Le média RugbyPass a placé le demi de mêlée français Antoine Dupont à la première place de son classement des 100 meilleurs joueurs du monde en 2024. Il s'est justifié.

RugbyPass a justifié pourquoi il voit Antoine Dupont comme le meilleur joueur du monde en 2024. C’est un plaidoyer ! 12 déc. « Il serait grossier de ne pas donner le numéro 1 à Antoine Dupont« . Journaliste à RugbyPass et rédacteur en chef du magazine Rugby World, Owain Jones a justifié pourquoi le joueur français avait été placé à la 1ère place du classement des 100 meilleurs joueurs du monde de l’année 2024 par le média anglais. « Le capitaine français est un joueur qui pourrait remettre en question voire usurper le titre de plus grand joueur de tous les temps à Gareth Edwards », poursuit le journaliste, ô combien dithyrambique pour celui qui, en 2024, a été champion olympique, champion du monde à 7, rookie de l’année à 7, désigné meilleur joueur du monde World Rugby à 7, champion de France et champion d’Europe avec Toulouse, meilleur joueur du Top 14 et de la Champions Cup.

Owain Jones évoque la NBA pour poursuivre son explication quant à la place de n°1 d’Antoine Dupont. « Il existe une mesure qui s’appelle value over replacement player (VORP), pour mesurer l’impact d’un joueur par rapport à son remplaçant. Sans manquer de respect à Maxime Lucu, on peut se poser les questions suivantes et se demander si elles pourraient s’appliquer à d’autres joueurs dans le monde. Pourquoi la France était aussi furieusement inconstante pendant le Tournoi des 6 Nations 2024 ? La France, avec sa brève histoire en rugby à 7, aurait-elle eu une chance d’emporter l’or olympique à Paris sans son petit magicien ? Pendant la tournée d’automne, la France aurait-elle été suffisamment solide et confiante pour tenir face aux All Blacks sans Dupont sur le terrain ?

« Dupont en est au point où, s’il ne réalise pas un exploit d’un autre monde pendant un match, on le considère hors du coup »« Face à l’Ulster le week-end dernier, il était injouable. Son talent est obscène. Il peut taper brillamment des deux pieds, que ce soit un box kick à la hauteur parfaite, une sortie de camp millimétrée de 50 mètres, ou un subtil coup de pied par-dessus la défense.

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