La Coupe Suisse de football est une compétition prestigieuse qui a marqué l'histoire du football helvétique. De ses débuts modestes à son statut actuel, elle a été le théâtre de moments mémorables, de surprises et de traditions uniques. Cet article explore l'histoire de la Coupe Suisse, en mettant en lumière ses moments clés, ses équipes emblématiques et son importance culturelle.
Les Débuts et l'Ère Pionnière
Le football suisse a une longue et riche histoire, et la Coupe Suisse en est un élément central. Au début du 20e siècle, le football commence à s'organiser en Suisse, avec la création de clubs et de compétitions. La Coupe Suisse émerge comme un moyen de rassembler les équipes de différentes régions et de promouvoir le sport à travers le pays.
Le "Football Club de la Servette" est fondé le 20 mars 1890, lorsqu’un jeune homme britannique reçoit un ballon ovale pour monter une équipe. Ils jouent alors au football-rugby sur le terrain du Pré Wendt. Le 17 janvier 1900, Aimé Schwob prend les rênes du club et permet ainsi la création d'une section de football.
Après la création de la section football, les choses s’enchaînent rapidement avec les premiers succès sportifs. Dans le même temps, le club dispose d’une infrastructure de choix en passant du pré Wendt au Parc des Sports. Les Grenats remportent leur premier titre de champion suisse en battant en finale Bâle 5 buts à 2 puis les Young Fellows 1 but à 0 après prolongations.
L'Essor de la Compétition et les Premiers Héros
Au fil des décennies, la Coupe Suisse gagne en popularité et en importance. Elle devient une plateforme pour les clubs de toutes tailles, des équipes de ligue nationale aux clubs amateurs, leur offrant une chance de se mesurer et de rêver à la gloire.
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Cette saison là restera celle de tous les bonheurs. Le Servette de l’entraîneur Pazmandy a en effet réalisé un parcours exceptionnel en remportant le championnat, la Coupe de Suisse, la Coupe de la Ligue et la Coupe des Alpes. Du jamais vu!
Les Années Dorées et les Clubs Emblématiques
Certains clubs ont marqué l'histoire de la Coupe Suisse par leurs succès répétés et leur contribution au développement du football suisse. Le FC Bâle, les Young Boys de Berne, les Grasshoppers de Zurich et le Servette de Genève sont parmi les équipes les plus titrées et les plus respectées.
Quand on pense au football suisse, ce sont souvent les exploits de la Nati qui viennent à l’esprit. Pourtant, le pays regorge de clubs historiques, d’équipes audacieuses et de projets structurés. Nous allons vous présenter les dix plus grands clubs de football suisses. Ce classement prend en compte leur palmarès national, leur impact en Europe, leur régularité dans l’élite, leur popularité, et leur contribution au développement du football helvétique.
- Je place le FC Bâle au sommet sans hésitation. Pourquoi ce choix ?
- Club emblématique de Berne, les Young Boys ont longtemps été dans l’ombre avant de revenir au sommet récemment avec une série de titres impressionnants.
- Les Grasshoppers, ou GCZ, sont les plus titrés de Suisse. Mon avis : ce club reste une référence, notamment pour ses années de gloire dans les années 80 et 90.
- Club historique basé à Genève, Servette est une institution du football helvétique.
- 6. Sion, c’est le club qui ne meurt jamais. Mon ressenti : il est parfois instable, mais toujours dangereux.
- Le Tessin est bien représenté grâce à Lugano.
- Le club vaudois possède un palmarès honorable et une tradition bien ancrée dans le football suisse.
- Xamax a connu des périodes fastes, notamment dans les années 80, avec des participations européennes marquantes.
- Le FC Saint-Gall est le plus ancien club de football du pays. Rien que pour cette longévité, il mérite sa place.
La Suisse n’a peut-être pas de grands clubs européens du calibre du Real Madrid ou du Bayern, mais elle possède une vraie richesse footballistique. Ces dix clubs en sont la preuve. Chacun à sa manière a marqué le championnat, forgé des générations de joueurs et fait vibrer des villes entières. Si vous vous intéressez au football suisse, vous verrez qu’il regorge de passion, d’histoire et de clubs authentiques.
Le FC Sion et sa Relation Unique avec la Coupe
Le FC Sion entretient une relation particulière et presque mystique avec la Coupe Suisse. Le club valaisan a remporté la compétition à treize reprises, un record inégalé, et a développé une réputation d'équipe invincible en finale.
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Trois trains spéciaux achemineront ce jeudi les supporters du FC Sion vers le Stade de Genève. A l’époque du vénérable Wankdorf, à Berne, des paysans valaisans effectuaient en tracteur les 320 kilomètres du parcours, aller et retour, pour encourager leurs joueurs. «Puisqu’on joue à Genève, certains traverseront le Léman en pédalo», ironise (ou pas) le président du club, Christian Constantin. Depuis plusieurs semaines, les tee-shirts rouges, imprimés «En route vers la 14e», inondent les magasins Migros du canton. La quatorzième finale de la Coupe nationale disputée par le FC Sion face au FC Bâle (champion de Suisse pour la huitième année consécutive avec 31 points d’avance sur son adversaire à 2 journées de la fin) est déséquilibrée. Et alors ? Sion a gagné les treize précédentes ! Unique au monde, croit-on savoir dans le Vieux Pays où ceux du Haut et du Bas oublient leurs chicanes et font corps derrière leurs joueurs qui se battent, souffrent, espèrent, gagnent… «Une histoire folle, un phénomène étonnant, s’étonne toujours l’ex-international (45 sélections) Christophe Bonvin (52 ans), un «historique» du club, quadruple vainqueur du trophée dans les années 80-90. On aurait dû perdre plusieurs fois, il y a eu des renversements spectaculaires. » Hitchcock aurait adoré le FC Sion. «Une voyante a prédit que jamais nous ne perdrons la finale» (Alain Balet, vainqueur en 1980, 1982, 1986) Ces derniers jours, en ville, dans la vallée et sur les montagnes, devant ce nouveau défi à la fois exaltant et périlleux, face à cette anomalie statistique, on a ressorti la rhétorique guerrière, sacralisé ce fameux acharnement valaisan - peuple intrépide, laborieux - qui confine parfois au fakirisme. «Lors de nos finales, il y avait un côté mystique, racontait autrefois Alain Balet (60 ans). En 1980, une voyante a prédit que jamais nous ne perdrons la finale. Quelques années plus tard, j'ai moi-même consulté un autre voyant qui m’a confirmé. Ces prédictions entretiennent la légende. Les rumeurs circulent dans les vestiaires. Elles influent sur les jeunes générations, sur les renforts étrangers et sur l'adversaire», pense Balet, auteur de quatre buts en trois finales, lui le défenseur qui ne marquait jamais en championnat.
En 2006, Pierre-Marie Pittier (62 ans), autre glorieux ancien, prophétise que «Sion gagnera au terme d'événements particuliers». Cette année-là, englués en Ligue 2, les Sédunois défient les Young Boys chez eux à Berne, au stade de Suisse. Menés rapidement (0-1) et réduits à dix pendant une heure, ils égalisent (1-1) et l’emportent aux tirs aux buts (5-3). L’entraîneur des YB, Gernot Rohr, s’incline devant, avoue-t-il, «un vrai mythe».
La première victoire, en 1965, renvoie à l’exploit des «bouseux», à la revanche de la ruralité moquée, voire méprisée, des grandes villes. La légende s’est construite durant la décennie 90 : quatre succès en 1991, 1995, 1996 et 1997. Alexandre Rey et David Orlando ont 18 et 20 ans en 1991, face à l’ours bernois. «On est mené 2-0 à la mi-temps. Ça gueule dans le vestiaire. "On ne veut pas être les premiers couillons (à perdre la finale)", tonnent les anciens, se souvient Rey. Au moment du coup de sifflet de l’arbitre pour renvoyer les équipes sur le terrain, Alvaro Lopez lève la main, il est blessé, dit à l’entraineur Enzo Trossero : "Je ne peux pas continuer." L’entraineur croise mon regard : "Tu rentres." Et la magie opère. Je fais "l’assist" sur le premier but de David Orlando, qui vient d’entrer lui aussi. Orlando égalise à 2-2, et je marque le but du 3-2 d’une volée du gauche », raconte le droitier.
Cinq ans plus tard, en 1996, lorsque Servette compte deux buts d’avance sous cette pluie drue qui éteint (provisoirement) le volcanique public valaisan, Christophe Bonvin refuse d’être le couillon de service ; il ne veut pas d’ennuis avec sa conscience. En réduisant le score (1-2, 64e), il provoque l’avalanche : 3-2 dix minutes plus tard ! Et «tombe dans l’irrationnel», de son propre aveu. «Durant ma carrière (1982-1997), j’ai eu seulement trois cartons jaunes, jamais une seule fois un rouge. Mais ce jour-là, mon énergie m’a fait aller au-delà du fair-play, reconnaît-il. Sébastien Fournier (l’actuel entraîneur) tacle un adversaire. Je crie : "Tu triches, lève-toi !" Je me tourne vers le médecin de Servette - j’ai joué dans ce club -, qui est un très bon ami : "Vous êtes des tricheurs !" Après le match, il me demande : "Christophe, je ne t’ai pas reconnu, tu as pris quelque chose ?" Bonvin lui répond : "Non, absolument rien. Mais je devais remonter l’avenue de la Gare."» L’avenue de la Gare, à Sion, est rouge de monde au soir des finales quand les héros triomphent, debout sur un char. Ils se dirigent au ralenti vers la place de La Planta, site d’une bataille remportée en 1475 par la principauté épiscopale de Sion face à la maison de Savoie, symbole de l’irréductibilité du peuple valaisan. «Le président est très fort, avant la finale il actionne tous les leviers possibles» (Didier Tholot, entraîneur vainqueur en 2009 et 2015) L’avenue de la Gare, la place de La Planta, lieux d’émotions paroxystiques dont Didier Tholot garde éternellement des frissons… En 2009, le technicien français est à la tête de l’équipe qui renverse Berne (3-2), à nouveau dans son stade, après avoir été menée au score (0-2). En 2015, le pragmatisme et la malice du coach remplacent le fanatisme ambiant. La treizième finale du FC Sion est, de loin, la plus aboutie face aux Bâlois dans leur Parc Saint-Jacques. «On a bossé comme des fous pendant trois semaines précédant le match, j’ai vu souvent joué Bâle, on a étudié tous les détails, énumère Tholot. J’ai mis un plan en place, usé d’intox en donnant une fausse "compo" à la presse et en annonçant qu’on les attendrait. Au contraire, j’ai mis deux attaquants et demandé aux joueurs d’aller les presser durant les 10 premières minutes pour leur mettre la tête sous l’eau. On gagne 3-0 chez l’adversaire qui n’existe pas dans son stade, qui est détruit psychologiquement parce qu’il s’attendait à faire le jeu et n’avait pas l’habitude de souffrir. C’est la première fois, à un quart d’heure de la fin, que je regarde les tribunes et que j’écoute leur ferveur.» Après le match, des joueurs de Bâle confient à Alexandre Rey, le buteur de 1991, qu’«(ils) n’avaient pas l’impression d’être chez eux.»
La saison suivante, son équipe survit à sa poule de Ligue Europa malgré la concurrence de Liverpool, Bordeaux et Kazan, mais Tholot quitte Sion car on n’y reste jamais très longtemps. «Je suis celui qui a tenu le plus : vingt mois», sourit-il. Chez Constantin c’est une constante : l’omnipotent président consomme jusqu’à quatre coaches par saison et se nourrit de métaphores : «Un entraîneur, c’est comme un melon. Quand tu les vois de l’extérieur, ils sont tous plus ou moins beaux. Mais, une fois que tu les ouvres, ils n’ont pas forcément le même goût.» Il a «goûté» à plusieurs reprises à Sébastien Fournier (45 ans). Pas d’erreur sur la marchandise. Valaisan pur jus, surnommé «Piquet» pour sa droiture, triple lauréat en Coupe comme joueur, il est en service commandé depuis la «mise au repos» de l’Allemand Peter Zeidler, fin avril (malgré une 3e place en championnat). En service commandé pour la «quatorzième», soucieux de la chose publique, au risque pour ce clubiste d’être marqué par un échec jusqu’à la fin de ses jours.
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«Comme moi et d’autres, Fournier a baigné dans cette "valaisannerie", ces histoires empruntées aux gaulois, relate Bonvin. Avec nos petits moyens, on doit aller combattre la grande ville de Bâle.» L’avant-finale est souvent fondatrice du succès. «Le président Constantin est très fort, il actionne tous les leviers possibles», témoigne Tholot. Il invite des cabossés de la vie (un non-voyant, un paraplégique ayant gravi le Cervin, un 4 000 valaisan, le nageur mutilé Philippe Croizon…) à expliquer aux siens que rien n’est impossible. Businessman hors pair, à l’aise avec toutes les couches de la société, «Tintin» parvient à cerner le caractère énigmatique et complexe du footballeur et se transforme devant lui en tribun messianique et paternaliste. Fort superstitieux, il s’arrange pour évacuer ces histoires de sorcellerie locale par cette pirouette : «Je ne sais pas si, à Sion, la coupe relève du mystique. Je sais seulement qu’avant la finale, mes joueurs africains téléphonent à leur marabout, à Abidjan et à Bamako.»
Coupes du Monde en Suisse : 1954, Une Édition Mémorable
La Suisse a également été l'hôte de la Coupe du Monde de la FIFA en 1954, un événement qui a marqué l'histoire du football. Cette édition est restée dans les mémoires pour son jeu offensif, ses nombreux buts et ses surprises.
Pour cette cinquième édition, on décide de ramener la Coupe du monde au calme après un Mondial 1950 brésilien un peu trop riche en émotions. Et quoi de mieux que la sobriété et l'ambiance feutrée de la Suisse pour canaliser cette passion. La phase finale comprend désormais 16 équipes (contre 12 quatre ans plus tôt) et ce nombre restera figé jusqu'en 1982 histoire de stabiliser un peu l'ADN de cette compétition qui commence à prendre un essor planétaire. Fini, les balbutiements logistiques, on passe aux choses sérieuses, car, pour la première fois, l'événement est diffusé à la télévision, cette toute fraîche invention qui fait passer le monde dans la modernité. Et cela tombe bien, car cette Coupe du monde 1954 est la plus prolifique de l'histoire et beaucoup de rencontres se terminent sur des scores improbables : des 9-2, des 8-3 ou bien des 7-5. C'est aussi une étape décisive pour le journal L'Équipe, qui était un peu resté en retrait pour le Mondial 1950 car la compétition se déroulait aux antipodes de l'Europe et que la France n'y figurait pas. Sous le nom de L'Auto, le quotidien était dirigé sous l'Occupation par Jacques Goddet (patron du Tour de France jusqu'en 1987) mais fut frappé d'interdiction à la Libération. Grâce à quelques bonnes relations avec certains chefs de la Résistance, Jacques Goddet parvient à sauver l'entreprise, mais celle-ci doit se résoudre à changer de nom en 1946 pour devenir L'Équipe. Centré au départ sur le vélo et les sports automobiles, la Coupe du monde 1954 organisée chez les voisins helvétiques amène le journal à couvrir l'événement et à s'intéresser vraiment au football sur le plan international et non plus à l'échelle de la Coupe de France.
L'Équipe de France et la Coupe du Monde 1954
On découvre aussi à cette occasion les prémices des relations acérées entre la presse française et les Bleus qualifiés en 1954 d'équipe pousse-ballon tant leur manière de pratiquer le football était jugée ennuyeuse. Et pourtant, il y avait déjà la colonne vertébrale du Stade de Reims finaliste de la C1 deux ans plus tard - Robert Jonquet, Roger Marche, Raymond Kopa, Léon Glovacki et Jean Vincent -, et qui fera aussi les beaux jours des Bleus quatre ans plus tard à la Coupe du monde 1958. "Tout va très vite dans le football", y compris à l'époque des Trente Glorieuses, et cet adage ne faiblira jamais. Place donc aux premières girouettes médiatiques qui mettent au pilori avant d'encenser, ou vice-versa. Mais ces retournements de veste ne sont pas exclusifs à la France.
La Hongrie de 1954 : Une Révolution Tactique
La Corée du Sud, pays tout neuf né à l'issue de la fameuse guerre de Corée du début des années 1950, est du voyage. Le Brésil et le Mexique ont, eux, traversé l'Atlantique, de même que l'Uruguay, tenant du titre. Mais malgré son exploit au Maracana quatre ans plus tôt, la Céleste n'est pas la favorite du tournoi et laisse ce statut d'épouvantail à la redoutable Hongrie. Ces Magyars vont apporter une réelle évolution dans la manière de concevoir le jeu. Jusque-là, une équipe redoutable sur le plan offensif tirait sa force des exploits d'un surdoué du ballon, comme l'Autriche de 1934 avec Sindelar ou le Brésil de 1938 et 1950 avec Leonidas puis Ademir. Seule la Suisse de 1938 avait posé les bases d'une organisation collective sans faille, mais seulement dans une optique défensive. Mais la Hongrie apporte une innovation qui fera date : mettre en place un collectif bien huilé pour l'attaque et si efficace qu'il en devient une machine de guerre. Rinus Michels et son football total avec l'Ajax, Valeri Lobanovski et son football scientifique avec le Dynamo Kiev, Josep Guardiola et son Barça à la possession de la balle gargantuesque, tous ont comme référence de départ la Hongrie du coach Gusztáv Sebes. Le football communiste : tout pour le collectif Et ce n'est pas un hasard si un pays du bloc soviétique est l'auteur de cette révolution. Le communisme appréhende le football comme un outil de propagande au même titre que les régimes fasciste, nazi et même démocratique. Mais au lieu de glorifier l'athlète proprement dit, l'être aryen ou le sportif modèle, la Hongrie, elle, met l'accent sur l'organisation collective. Aucune tête ne doit dépasser, l'individualisme est proscrit et seule la notion de groupe prédomine dans le seul but d'atteindre l'objectif fixé. Et la méthode footballistico-bolchevique de Sebes marche du tonnerre. La Hongrie aborde cette Coupe du monde en ayant gagné avant les Jeux olympiques de 1952. Sa réputation est telle que l'Angleterre, invaincue sur son île, daigne même l'accueillir pour une rencontre en 1953 à Wembley qui sera qualifiée de match du siècle. Et les Magyars s'imposent 6-3. C'est la première fois que les Anglais perdent chez eux. C'est même la double peine vu le score humiliant. Le groupe retenu pour le Mondial de 1954 par le sélectionneur hongrois est effarant et ne laisse planer aucun doute : tout pour l'attaque. Dans les 22 appelés, on constate la présence de 3 gardiens de but, 4 défenseurs, 5 milieux de terrain… et 10 attaquants ! Et les Hongrois survolent évidemment cette compétition en titularisant à chaque fois seulement trois défenseurs, deux pauvres milieux et une armada de cinq avant. Toute l'équipe joue ensemble les yeux fermés. C'est l'ouragan offensif Katrina et chaque adversaire endosse le rôle de La Nouvelle-Orléans. Ils battent 9-0 la Corée du Sud et corrigent 8-3 la République fédérale allemande en phases de poule. Ils se hissent en finale en franchissant l'obstacle le plus redouté, l'Uruguay, tenant du titre (4-2). Ferenc Puskás et surtout Sandor Kocsis (11 buts) brillent de mille feux, mais leur talent est vraiment au service de la machine hongroise.
La Finale Controversée de 1954 et ses Suites
Ils retrouvent la RFA en finale qu'ils avaient étrillée quelques jours avant. Mais, comme en 1950, l'ultra-favori passe à la trappe et s'incline 3-2 face aux Ouest-Allemands. Après le Brésil du stade Maracana, nous sommes en présence d'une nouvelle désillusion sportive avec la Hongrie du stade de Berne. C'est signé à vie : la dramaturgie fait partie de l'histoire de la Coupe du monde qui va abonder de perdants injustes par la suite comme les Pays-Bas de 1974, la France de 1982 ou le Ghana de 2010. D'autant plus que cette magnifique équipe magyare sera disloquée deux ans plus tard, lorsque les chars soviétiques pénètrent à Budapest pour réprimer l'insurrection des ouvriers à partir du 23 octobre 1956. À ce moment-là, la plupart des joueurs sont en Turquie pour disputer un match de Coupe d'Europe avec le club du Honved Budapest et certains d'entre eux, dont les plus illustres comme Puskás, Czibor ou Kocsis, décident de ne pas rentrer et de fuir en Espagne. En 2010 une étude du Comité olympique allemand affirme que ces héros de la nouvelle Allemagne étaient dopés à la méthamphétamine, la "drogue du soldat", rendue célèbre par la série Breaking Bad. Hélas pour les rabougris nostalgiques du "c'était mieux avant", le football a toujours été un sport de triche et de voyous.
La Coupe Suisse Moderne
Aujourd'hui, la Coupe Suisse continue d'attirer l'attention et de susciter la passion. Elle reste un moment fort du calendrier footballistique suisse, offrant aux équipes la possibilité de se mesurer et de créer des souvenirs inoubliables.
Annoncée comme une finale ultra déséquilibrée, cette 100e édition avait des airs de marche triomphale pour les Rhénans. Et pourtant, à l’heure de jeu, le scénario n’était pas tout à fait plié. Les Biennois, ces outsiders de Troisième Division, avaient décidé de ne pas jouer les faire-valoir. Et pendant un moment, ils y ont cru. Vraiment. Le héros du jour ? Xherdan Shaqiri. Entre-temps, Biel avait planté un pion. Un penalty, aussi, dont le Français Brian Beyer s’est chargé (60e). Mais comme souvent dans ces histoires de David contre Goliath, l’histoire finit mal. Et Fabio Celestini, coach sur le départ malgré cette année réussie, a dégainé ses remplaçants pour faire la différence. Marin Šotiček (78e) et Moussa Cissé (80e) ont mis fin aux débats. Deux claques et Biel-Bienne était au sol. Déjà champions de Suisse, les Bâlois réalisent là le sixième doublé de leur histoire.