Qualifications pour la Coupe du Monde de Football 2006 : Une Odyssée Mémorable et Histoires Inattendues

Les qualifications pour la Coupe du Monde de football sont souvent le théâtre de récits épiques, de surprises et de moments chargés d'histoire. L'édition 2006 ne fait pas exception, avec des parcours semés d'embûches, des qualifications obtenues dans des circonstances improbables et des symboles forts. Cet article explore quelques-unes de ces histoires marquantes, en mettant en lumière les qualifications de différentes équipes, les défis qu'elles ont surmontés et les contextes politiques et sociaux qui ont parfois influencé le cours des événements.

Salvador 1970 : Quand le Football Déclenche une Guerre

L'histoire de la qualification de l'équipe du Salvador pour la Coupe du Monde 1970 est l'une des plus sombres et des plus singulières de l'histoire du football. Pour obtenir le précieux sésame, la "Selecta" se retrouve opposée au Honduras, dans un contexte de fortes tensions entre les deux nations d'Amérique centrale.

Le Salvador est un petit pays surpeuplé, où les terres sont très inégalement réparties. Face à cette situation, de nombreux Salvadoriens émigrent vers le Honduras voisin, plus vaste et moins peuplé. Les tensions montent peu à peu entre locaux et immigrés, exacerbées par les dirigeants des deux pays et les médias.

C'est dans ce contexte explosif que se disputent les deux premiers matchs de qualification : un match aller au Honduras et un match retour au Salvador. Des violences éclatent autour du second match : des supporters honduriens sont violentés et d'importantes échauffourées se produisent, faisant deux victimes.

La vengeance ne se fait pas attendre : au Honduras, des Honduriens s'en prennent violemment aux immigrés salvadoriens. Des émeutes éclatent, faisant plusieurs morts, sans réaction des pouvoirs publics. Les deux pays ayant gagné un match chacun, une finale est organisée à Mexico, tandis que les médias des deux camps attisent le brasier. De nouvelles violences éclatent, faisant de nouvelles victimes. Le Salvador l'emporte, mais les Honduriens crient à la tricherie.

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Quelques heures après la rencontre, des escarmouches ont lieu à la frontière entre les deux pays. La guerre éclate finalement trois semaines plus tard, durant quatre jours et faisant environ 3 000 morts avant l'intervention de l'Organisation des États américains.

Dans les livres d'histoire, on l'appelle « guerre de Cent heures » ou, même si le sport n'a été qu'un catalyseur de tensions déjà fortes, « guerre du football ». Le Salvador sera finalement éliminé en phase de poules, perdant ses trois rencontres.

Trinité-et-Tobago 2006 : Le Parcours du Combattant

S'il est une qualification à la Coupe du Monde durement acquise, c'est bien celle de Trinité-et-Tobago pour l'édition de 2006. La petite nation insulaire des Caraïbes a dû disputer 20 matches de qualification pour décrocher le premier, et jusqu'ici seul, billet pour un Mondial de son histoire.

Après avoir disposé de la République dominicaine au premier tour (2-0 et 4-0), les Trinidadiens passent par deux phases de poules, disputant six puis dix rencontres et s'offrant notamment une victoire de prestige face au Mexique (2-1). Finalement quatrièmes des qualifications de la Concacaf, ils s'offrent la possibilité de jouer un match de barrage face au cinquième de la zone Asie : le Bahreïn.

Les deux équipes se neutralisent à l'aller, à Trinité-et-Tobago (1-1). Le match retour tourne en faveur des visiteurs, qui s'imposent 0-1. Après 20 matches disputés (11 victoires, 2 nuls, 7 défaites) entre le 13 juin 2004 et le 16 novembre 2005, ça y est : les Trinidadiens sont qualifiés !

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Cerise sur le gâteau, malgré leur statut de Petit Poucet de la compétition, ils parviendront à décrocher un match nul face à la Suède et à tenir tête à l'Angleterre, ne concédant l'ouverture du score qu'après 75 minutes de jeu. Battus par le Paraguay lors du dernier match, ils quittent finalement le Mondial sans victoire, mais la tête haute.

Cuba et Indes Orientales Néerlandaises 1938 : Forfaits en Série

Le troisième Mondial, organisé en 1938, réunit quinze équipes en France. Parmi celles-ci, pour la première fois, se trouvent notamment Cuba et une sélection asiatique : celle des Indes orientales néerlandaises.

Si ça ne vous dit rien, sachez qu'il s'agit de l'ensemble des îles colonisées par les Pays-Bas en Asie du Sud-Est, qui deviendront l'Indonésie après avoir obtenu leur indépendance, quelques années plus tard. Mais en 1938, il s'agit bien d'une colonie néerlandaise. Ces qualifications à la Coupe du Monde restent, à ce jour, les seules dans l'histoire des deux nations, obtenues dans des conditions improbables.

Trente-cinq pays sont inscrits pour tenter d'obtenir un billet, mais huit déclarent forfait pour protester contre l'organisation de la compétition en Europe. Parmi elles, le Japon, unique adversaire des Indes orientales pour la zone Asie. La FIFA décide alors d'organiser un barrage avec les États-Unis… qui déclarent forfait à leur tour ! Et hop, voici l'archipel qualifié sans jouer pour le Mondial !

Cuba a également profité de ce retrait américain, mais aussi de ceux de la Colombie, du Costa Rica, du Mexique, du Salvador et de la Guyane néerlandaise, pour devenir le premier pays des Antilles à participer au Mondial. Brésil et Roumanie, qui avaient déjà disputé de précédentes Coupes du monde, se sont également qualifiés sans jouer d'éliminatoires grâce à cette cascade de forfaits.

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Allemagne(s) 1974 : Une Histoire de Symboles

En pleine guerre froide, la Coupe du Monde 1974 est organisée en République fédérale d'Allemagne, l'Allemagne de l'Ouest. Et pour la première (et unique) fois figure, parmi les qualifiés… la République démocratique d'Allemagne, l'Allemagne de l'Est.

Un tirage au sort a lieu en janvier pour répartir les 16 équipes sur la ligne de départ en quatre groupes. La RDA hérite alors de l'Australie, mais surtout du Chili, où la junte de Pinochet vient de renverser le gouvernement socialiste, et du rival ouest-allemand. L'Allemagne de l'Est l'emporte face aux Australiens, puis arrache le nul contre le Chili, avant le fameux choc.

Ce match RFA-RDA a lieu le 22 juin. L'Allemagne de l'Ouest, championne d'Europe en titre, est grandissime favorite. Mais contre toute attente, c'est l'Est qui l'emporte grâce à un but de Jürgen Sparwasser. La fin du match est symbolique : les joueurs de la RDA s'offrent un tour de stade dans un Volksparkstadion de Hambourg bondé.

Les Débuts Laborieux de l'Équipe de France : Un Flashback sur Vingt Années

Si l'équipe de France a pour habitude de rentrer en classe au mois d'août, les devoirs commencent à tomber plus tard, en septembre. Les premières copies sont rarement brillantes. Surtout lorsqu'une nouvelle campagne qualificative commence. Si les épilogues sont souvent heureux, les entames restent laborieuses. Petit flashback sur vingt années de "débuts".

  • 1992 : Eliminatoires de la Coupe du monde 1994 - Bulgarie (défaite 0-2)

    Michel Platini est parti après l'Euro 1992, Gérard Houllier lui a succédé. D'une certaine manière, les Bleus font dans la continuité puisque le nouveau sélectionneur était auparavant le bras droit de "Platoche". Le moins que l'on puisse dire, c'est que ses débuts vont être compliqués. Après une défaite en amical face au futur champion du monde brésilien (0-2), c'est la Bulgarie, prochaine demi-finaliste du Mondial, qui va s'offrir le scalp de ces Bleus bien pâles. A Sofia, la France perd 2-0. Deux buts de Balakov et Stoichkov lors de la première demi-heure. Kostadinov n'a pas marqué. Il garde ça pour le 17 novembre 1993.

  • 1994 : Eliminatoires de l'Euro 1996 - Slovaquie (nul 0-0)

    Aimé Jacquet a récupéré une équipe en ruines et psychologiquement traumatisée par son incroyable non-qualification pour la World Cup US. L'ancien Bordelais est aux commandes depuis plus de trois trimestres et a déjà commencé son dur labeur. Les qualifications pour l'Euro débutent en Slovaquie. Les Bleus et Zinedine Zidane, nouvel international qui ne jouera pas, ne vont pas réussir le match du siècle. Mais ne perdront pas (0-0). Déjà ça de pris. Un mois plus tard, face à la Roumanie, la partie sera bien plus accomplie mais toujours vierge de but (0-0). A l'arrivée, les Bleus iront à l'Euro dont ils disputeront les demi-finales.

  • 1996 : La France est qualifiée d'office pour la Coupe du monde en tant que pays organisateur

  • 1998 : Eliminatoires de l'Euro 2000 - Islande (nul 1-1)

    Changement de décor complet par rapport au début de la décennie. L'équipe de France n'a pas à surmonter un échec. Mais à relancer une machine après avoir décroché la lune. Les Bleus sont champions du monde depuis près de deux mois et il faut maintenant redescendre sur terre et sur le terrain. Roger Lemerre a succédé à Jacquet et la route vers le triomphe de Rotterdam commence à Reykjavik face à l'Islande. Les Bleus ont beau être les rois du monde, ils ne feront pas plier les Islandais. Ces derniers mèneront même à la marque face à une formation dont Didier Deschamps est le seul récupérateur. Les Bleus sont encore sur leur nuage et moyennement concernés. L'interprète de La Marseillaise d'avant-match, qui a bien fait rire Barthez et ses copains, n'y est pour rien.

  • 2000 : La France est qualifiée d'office pour la Coupe du monde en tant que tenante du titre

  • 2002 : Eliminatoires de l'Euro 2004 - Chypre (victoire 2-1)

    Une victoire, enfin ! Mais encore une fois, les Bleus ont ramé lors de cette rentrée des classes. Deux mois et demi après s'être littéralement crashée en Corée du Sud, l'équipe de France ouvre sa première campagne de la rédemption depuis longtemps par un déplacement victorieux à Chypre (1-2). Mais les hommes de Jacques Santini ne se seront pas baladés à Nicosie, où ce sont les locaux et Okkas qui ouvrent le score de fort belle manière. Cissé et Wiltord, d'un superbe but, répondront. Merci à eux. La suite sera plus facile et la France se qualifiera pour l'Euro portugais en gagnant tous ses matches. Comme quoi…

  • 2004 : Eliminatoires de la Coupe du monde 2006 - Israël (match nul 0-0)

    Pour la première fois depuis 1998, les Bleus ne sont plus champions de quoi que ce soit. Leur titre européen, les Français l'ont laissé filer en Grèce. Place à la reconstruction avec Raymond Domenech aux commandes. Exit Zidane, Lizarazu, Thuram et compagnie. La jeunesse prend le volant. En août face à la Bosnie, Domenech s'essaie même au 3-5-2. Sans lendemain. Face à Israël, lors du coup d'envoi des éliminatoires du Mondial, le sélectionneur tente de s'appuyer sur un côté gauche Evra - Rothen, qui a fait ses preuves en Ligue des Champions la saison précédente. Bof, bof. Dans un Stade de France rempli aux deux tiers, l'aventure démarre moyennement. A ce moment-là et à part Domenech, personne n'imagine que les Bleus seront à Berlin le 9 juillet 2006.

  • 2006 : Eliminatoires de l'Euro 2008 - Géorgie (victoire 0-3)

    L'exception qui confirme la règle. Deux mois après avoir perdu la finale de la Coupe du monde face aux Italiens, l'équipe de France replonge dans le quotidien moins glamour des qualifications. C'est à Tbilissi que les Bleus de Raymond Domenech sont conviés début septembre. Avec neuf des onze finalistes du Mondial alignés au coup d'envoi, la France ne se rate pas pour sa première avec la Géorgie. Du travail vite fait, bien fait puisque les Bleus mènent 2-0 au bout de seize minutes, après des réalisations de Malouda et Saha. Victoire finale 3-0. La France remettra ça de manière magistrale face à l'Italie le mercredi qui suit (3-1). Les lendemains déchanteront.

  • 2008 : Eliminatoires de la Coupe du monde 2010 - Autriche (défaite 3-1)

    Avant Knysna et la main de Thierry Henry face à l'Irlande, il y a eu Vienne. En Autriche, pas de psychodrame ni de grève, mais une faillite collective terrible. Malgré un Championnat d'Europe pathétique, Raymond Domenech a été conservé par Jean-Pierre Escalettes, mais mis sous tutelle à la tête des Bleus. Sa reprise en main est catastrophique en Autriche où les Bleus s'inclinent 3-1. Philippe Mexès symbolise la faillite bleue. Le libéro de l'équipe de France passe complètement à côté et est directement impliqué sur deux des trois buts encaissés par Steve Mandanda. Les Bleus iront au Mondial. On sait comment. On sait également comment ça se terminera.

  • 2010 : Eliminatoires de l'Euro 2012 - Biélorussie (défaite 0-1)

    Ça ne pouvait pas commencer autrement. Le traumatisme post-Knysna est trop grand. Laurent Blanc a récupéré une équipe nationale détruite et la Biélorussie arrive presque trop vite. Entre les suspendus, les retraités et les bannis, le sélectionneur de l'équipe de France fait son tri et construit une équipe avec ce qui lui reste. Et dans un Stade de France qui est encore trop grand pour ces jeunes Bleus, la Biélorussie prend un malin plaisir à s'imposer dans les dernières minutes, au terme d'un match où elle n'a pas réussi ni même tenté grand-chose.

France à l'Euro 2004

Les Bleus ont obtenu neuf fois leur qualification sur le terrain pour une phase finale de championnat d’Europe des Nations, pour six éliminations et deux participations en tant que pays organisateur. En 17 éditions du championnat d’Europe des Nations, l’équipe de France en a participé à 11 (1960, 1984, 1992, 1996, 2000, 2004, 2008, 2012, 2016, 2020 et 2024) et en a manqué 6 (1964, 1968, 1972, 1976, 1980 et 1988). Comment se sont passées les onze fois où elle s’est qualifiée ? Contre quels adversaires ? Entre 1960 et 1976, le principe était le suivant : une phase qualificative soit par groupes soit par élimination directe en aller-retour, suivie d’un quart de finale en mars en aller-retour et d’un mini-tournoi final en juin ou juillet chez l’un des quatre qualifiés avec des demi-finales sur un seul match, un match de classement et une finale. Vous avez reconnu le principe de la Ligue des Nations ? Pour l’équipe de France des années 1960-1970, entrer dans le dernier carré européen était au-dessus de ses forces. Hormis en 1960 : sur la lancée de la Coupe du monde 1958, les Tricolores ne laissent aucune chance à une faible Grèce : 7-1 en octobre 1958 avec trois doublés de Vincent, Fontaine et Cisowski et un but de Kopa. Et 1-1 en décembre. En quarts de finale, dont l’aller se joue un an plus tard, la note est encore très salée face à l’Autriche : 5-2 à l’aller (triplé de Fontaine, doublé de Vincent) et 4-2 à Vienne en mars 1960. A partir de 1980, le format change : le tournoi final se joue à huit avec deux groupes de quatre, un match de classement opposant les deuxièmes et une finale pour les premiers. Ce sera en Italie et sans les Bleus, qui calent dès la phase qualificative à cause d’un match nul initial contre la Suède à domicile en septembre 1978, avec un but encaissé à la 90e minute (2-2). Les Bleus caleront une deuxième fois en 1988, mais depuis, ils n’ont manqué aucune des neuf éditions suivantes, auxquelles il faut ajouter celles de 1984 et de 2016, les Bleus étaient qualifiés d’office en tant que pays organisateur. Un privilège qui n’existe que depuis 1980 et que la France est la seule nation européenne à en avoir bénéficié deux fois. Elle sera rejointe en 2024 par l’Allemagne, qui a déjà accueilli l’édition 1988.

Parcours des Bleus

Sortis en tête et invaincus de leur groupe, les Tricolores vont quitter l’Euro en quart de finale victimes du réalisme grec, futur vainqueur surprise de l’épreuve. Favoris du groupe B avec l’Angleterre, les Bleus justifient ce statut en se qualifiant à la première place sans perdre un match (deux victoires, un nul, sept buts marqués, quatre encaissés). Avant de s’arrêter en quart de finale, coupés dans leur élan par une inattendue sélection grecque (0-1). Qui ira ensuite jusqu’au titre en l’emportant en demi sur le même score face à la République tchèque puis en finale devant le Portugal, pays hôte.

France-Angleterre (2-1)

Menés depuis la première mi-temps sur une tête de Franck Lampard (38e), les Bleus évitent le pire grâce à Fabien Barthez, qui repousse un penalty de Beckham (71e). Une défaite en ouverture de cet Euro se profile pourtant à l’issue du temps réglementaire jusqu’à ce que Zinédine Zidane égalise sur coup franc (90e + 1). Deux minutes plus tard, Thierry Henry profite d’une passe en retrait hasardeuse de Steven Gerrard pour se présenter seul face à James, qui le sèche dans la surface. Penalty, Zidane transforme (90e + 3) et victoire française sur le fil.

Croatie-France (2-2)

Un deuxième match compliqué pour les Bleus, pourtant devant à la mi-temps sur un but contre son camp d’Igor Tudor (22e). Ils ont été rejoints au retour des vestiaires sur un penalty de Milan Rapaic (48e) puis dépassés par Dado Prso (52e). Le salut viendra de David Trezeguet, qui intercepte une passe en retrait de Tudor et égalise (64e).

Suisse-France (1-3)

Une victoire était nécessaire pour s’assurer de franchir le premier tour et les Bleus l’ont obtenue, terminant même premiers du groupe B. Zinédine Zidane les a lancés en reprenant un corner de Robert Pires (20e). Le doute s’est insinué lorsque Johan Vonlanthen a égalisé (26e). Thierry Henry (76e, 84e) offre la victoire aux tricolores.

France-Grèce (0-1)

Après l’Allemagne l’Angleterre, l’Espagne et l’Italie, quatre prétendants au titre prématurément éliminés de cet Euro, la France, alors deuxième mondiale au classement FIFA, est sortie à son tour. Opportuniste et plus solide défensivement, la Grèce a déjoué les pronostics en s’appuyant sur une solidarité sans faille. Angelos Charisteas (65e) offre la victoire aux grecs.

Les Qualifications pour l'Euro

  • 1992 : Eliminatoires de l'Euro 1992 : Placée dans un groupe difficile, avec une Espagne de haut niveau et une Tchécoslovaquie redoutable, les Bleus de Michel Platini déjouent tous les pronostics et réussissent un carton plein avec huit victoires sur huit, vingt buts marqués et six encaissés. Non seulement ils s’imposent lors de tous leurs matchs à domicile, mais ils vont aussi chercher des victoires à l’extérieur, d’abord à Reykjavik, puis à Tirana, avant de finir proprement le travail à Bratislava et à Séville à l’automne 1991, provoquant la dernière élimination de l’Espagne en phase finale jusqu’à ce jour. Le duo Papin (9 buts) Cantona (3) fait des étincelles, tout comme Franck Sauzée (3).
  • 1996 : Eliminatoires de l'Euro 1996 : Cette fois, ça semble jouable pour Aimé Jacquet nouvellement promu sélectionneur à la suite du désastre de l’automne 1993. Pourtant, rien ne va lors des cinq premiers matchs : quatre d’entre eux se terminent sur le score soporifique de 0-0, la seule victoire étant seule acquise (sur le terrain neutre de Trabzon, en Turquie) face à l’Azertbaïdjan, sous un déluge qui transforme le terrain en bourbier et devant 533 spectateurs. L’année 1995 sera meilleure (ce n’est pas difficile) : une belle victoire à Nantes contre la Slovaquie (4-0) lance enfin l’équipe de France qui se fait quand même très peur en août contre la Pologne au Parc (1-1), Youri Djorkaeff sauvant la patrie en égalisant sur coup franc à trois minutes de la fin. Puis c’est les vannes ouvertes contre l’Azerbaïdjan à Auxerre (10-0, avec un doublé de Lebœuf) avant le match fondateur pour la génération 1998, celui de Bucarest en octobre : 3-1 dans une ambiance électrique. Pas suffisant pour décrocher la première place, mais qu’importe.
  • 2000 : Eliminatoires de l'Euro 2000 : Tout frais champions du monde, les Bleus abordent sans inquiétude la phase qualificative pour l’Euro en Belgique et aux Pays-Bas. Le premier match nul initial à Reykjavik (1-1) en septembre 1998 donne le ton : rien ne sera facile, et les Bleus étoilés seront attendus partout au coin du bois. Ils s’imposent en Russie (3-2) et poussivement contre Andorre (2-0), ce qui leur permet de voir venir, mais ils ne marquent rien contre l’Ukraine de Chevtchenko (0-0 à Saint-Denis, même chose à Kiev), et s’ils font le plein contre l’Arménie, sans grosse marge, les voilà qu’ils tombent à domicile contre la Russie en juin 1999. La pression est maximale avant d’affronter Andorre à Barcelone, et les Bleus réduits à dix attendent la 86e minute pour prendre l’avantage, sur un pénalty de Lebœuf. Ils se feront également une dernière frayeur en octobre contre l’Islande, revenue de 2-0 à 2-2 en neuf minutes, mais David Trezeguet, que Roger Lemerre avait renvoyé en Espoirs, sauve la mise. Pendant ce temps à Moscou, dans un Russie-Ukraine décisif, Chevchenko offre la première place aux Français en égalisant à la 88e, repoussant les Russes de la première à la troisième place.
  • 2004 : Eliminatoires de l'Euro 2004 : Jacques Santini récupère des Bleus traumatisés par leur cuisante élimination au premier tour de la Coupe du monde 2002, mais il hérite aussi d’un tirage très favorable : un groupe de cinq avec la Slovénie, Israël, Chypre et Malte. Ça ne pouvait pas plus mal commencer à Nicosie contre Chypre, où les fantômes de 1988 rôdent encore : les locaux ouvrent le score avant le quart d’heure de jeu, mais cette fois, les Bleus réagissent et l’emportent de manière étriquée (2-1). Le soulagement est tel que la Slovénie en fait les frais en octobre, avec une victoire éclatante (5-0) qui donne le ton de cette campagne menée tambour battant, avec 29 buts en 8 matchs. Malte en prend dix en deux rencontres (dont quatre signés Henry), Israël met un petit coup de pression à Palerme (victoire 2-1 en avril) et ça repart avec un 5-0 contre Chypre à l’automne, suivi d’une victoire en Slovénie et d’une dernière, histoire de rééditer le grand huit de 1990-1991, contre Israël en octobre au Stade de France (3-0).
  • 2008 : Eliminatoires de l'Euro 2008 : Retrouver le champion du monde sortant dès la phase qualificative de l’Euro, ce n’est certainement pas un cadeau, surtout au sein d’un groupe de 7 avec donc 12 matchs à disputer, un record qui tient toujours. Mais les deux premières places sont directement qualificatives. Il va falloir faire attention à l’Ecosse et l’Ukraine et prendre tous les points possibles contre la Lituanie, la Géorgie et les Féroé. Bien, mais trop tard : quand les Bleus battent l’Italie 3-1 au Stade de France (avec un doublé de Govou) quatre jours après s’être imposés en Géorgie, on se dit qu’il y a de quoi avoir d’immenses regrets. Les Ecossais n’en ont aucun un mois plus tard et battent les vice-champions du monde dans un Hampden Park en fusion. C’est la première défaite des Bleus en qualification depuis juin 1999 et 24 matchs consécutifs (18 victoires, 6 nuls). C’est donc un petit événement, qui ne prête pas trop à conséquences jusqu’en septembre 2007 où les Bleus vont chercher un bon match nul à Milan (0-0). Mais ils rechutent contre les Ecossais au Parc, où McFadden bat Landreau de loin (0-1). Deux défaites en phase qualificative, il faut remonter à l’automne 1993 pour voir une chose pareille, et ça s’est mal terminé. Heureusement, l’Ecosse perd ses deux derniers matchs, en Géorgie et à domicile contre l’Italie (à la 9e minute, 1-2).
  • 2012 : Eliminatoires de l'Euro 2012 : En 2010, on revient à la formule précédente : seul le premier de chaque groupe est directement qualifié, ainsi que le meilleur deuxième. Les autres deuxièmes participent à un barrage. C’est une douche froide qui s’abat sur les larges épaules de Laurent Blanc : pour son premier match de compétition en tant que sélectionneur, il s’incline à domicile face à la Biélorussie (0-1) sur un but encaissé à quatre minutes de la fin. Cette entame catastrophique passée, les choses s’améliorent avec quatre victoires consécutives sur le même score (2-0) contre le Luxembourg deux fois, en Bosnie et face à la Roumanie. Mais le retour contre la Biélorussie accouche d’une nouvelle déception (1-1) avec un but d’Abidal contre son camp. Il faudra donc écoper jusqu’au bout, avec un duel serré contre la Bosnie qui sera même virtuellement première pendant près de quarante minutes lors du dernier match, jusqu’à l’égalisation de Nasri sur pénalty (1-1). Laborieux.
  • 2016 : Eliminatoires de l'Euro 2016 : Le passage à 24 qualifiés entraîne une nouvelle modification du règlement : les deux premiers de groupe sont qualifiés directement et le troisième est barragiste. En faisant le plein d’entrée en Moldavie et contre l’Islande (six points, huit buts), les Bleus déroulent un scénario facile. Un peu trop facile, la Turquie les attendant au tournant à Konya où elle les surclasse en une mi-temps (0-2). L’avertissement est pris au sérieux, et les seuls points perdus jusqu’à la fin seront à nouveau contre la Turquie en octobre (1-1), sans compromettre une qualification relativement tranquille avec huit victoires en dix matchs. Mais il faudra attendre vingt mois pour jouer l’Euro, en juin 2021, où après un succès probant contre l’Allemagne à Munich, les Bleus renforcés par Benzema vont perdre le fil en enchaînant trois nuls et en échouant aux tirs au but contre la Suisse en huitièmes de finale.

La France dans les compétitions de 2004

En 2004, l'équipe de France a participé à plusieurs compétitions, notamment des matchs amicaux, le Championnat d'Europe et les éliminatoires de la Coupe du Monde. Voici un aperçu de ses résultats :

  • Matchs amicaux : La France a disputé plusieurs matchs amicaux en 2004, avec des résultats mitigés. Elle a notamment fait match nul contre le Brésil (0-0) et les Pays-Bas (0-0), mais a également remporté des victoires contre l'Ukraine (1-0) et Andorre (4-0).
  • Championnat d'Europe : L'équipe de France a participé au Championnat d'Europe 2004, où elle a été éliminée en quarts de finale par la Grèce, future vainqueur de la compétition. Lors de la phase de groupes, la France a terminé première de son groupe, avec des victoires contre l'Angleterre (2-1) et la Suisse (3-1), ainsi qu'un match nul contre la Croatie (2-2).
  • Eliminatoires de la Coupe du Monde : Les éliminatoires de la Coupe du Monde 2006 ont commencé en 2004. La France a fait match nul contre Israël (0-0) et a remporté des victoires contre les Îles Féroé (2-0) et Chypre (2-0).

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