Le monde du rugby est riche en histoires de joueurs passionnés, dévoués et talentueux. Cet article se penche sur la carrière de Charles Jouan, explorant son parcours et mettant en lumière les moments clés qui ont façonné son expérience dans ce sport exigeant.
Les Débuts du Football à Louannec : Un Terrain Façonné par la Passion
Pour comprendre l'arrière-plan de Charles Jouan, il est essentiel de se plonger dans l'histoire du football à Louannec. Dès 1923, un jeune vicaire, l'Abbé Le Penven, organisait des matchs dans un champ de Pontallec, opposant les plus de 20 ans aux moins de 20 ans. Ces rencontres pionnières ont marqué le début d'une longue tradition footballistique dans la commune.
L'Etoile Saint-Yves voyait le jour ce 1 janvier 1923. Les joueurs de l'époque évoluaient sur des prés couverts de taupinières et de bouses de vache, avec des ballons pas toujours sphériques. Les ballons étaient souvent réparés par Pierre Crocq, bourrelier, à Petit-Camp. Les chaussures étaient dures comme des galoches, et les joueurs risquaient de se blesser en faisant des têtes avec le lacet qui fermait le cuir.
Louannec-Sports et l'Ère de Louis Bourdellès
L'histoire de Louannec-Sports est intimement liée à la figure de Louis Bourdellès, agriculteur passionné qui a dédié 42 ans de sa vie au club. Il a créé officiellement le club en adhérant à la Fédération Française. Bourdellès s'occupait de tout : il dénichait des prés pour les terrains, entretenait la pelouse, traçait le terrain, et veillait au bon fonctionnement du club.
Il conditionnait ses œufs et les rangeait dans des alvéoles, et il y recevait ses amis de passage qui venaient bien sûr parler de football : du lundi au mercredi, on évoque le match passé, à partir du jeudi du match on se projette dans le match à venir ! Sur sa table de travail à côté de sa mireuse à oeufs, des feuilles parfois raturées où figure la formation de l’équipe fanion et d’autres sur lesquelles il a rédigé - toujours avec une pointe d’humour- « Les Piaillements Canaris » : échos du club, appelés à paraître le jeudi dans les pages d’Ouest-France et du Télégramme.
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Sous sa direction, Louannec est devenu un bastion imprenable et une exception dans le paysage footballistique du grand Ouest. Bourdellès canalisait la progression de l'équipe en faisant signer des joueurs et des entraîneurs capables d'apporter de nouvelles compétences.
L'Ascension de Louannec-Sports et l'Arrivée de Charles N'Doye
Dans les années 1960, Louannec-Sports connaît une ascension fulgurante. En 1963, le club est sacré champion de première division départementale, notamment grâce à l'arrivée de Charles N'Doye, joueur de talent transfuge du Stade Rennais. N'Doye a tiré vers le haut l'ensemble de ses coéquipiers, contribuant grandement au succès de l'équipe.
En 1964, les « Canaris » cassent la baraque en Coupe de l’Ouest. L’équipe en est le Cendrillon, éliminant tout à tour le Stade Paimpolais (3 à 0), le Stade Lannionnais (3 à 1), En Avant de Guingamp (2 à 0), Landivisiau (1 à 0), l’AS Brestoise (1 à 0) avant d’être éliminée, en quart de finale, par Lesneven (0 à 2).
Un Match Épique contre l'AS Brestoise
Le 19 avril 1964, Louannec-Sports affronte l'AS Brestoise en Coupe de l'Ouest devant 2500 spectateurs, soit plus d'habitants que dans la commune. Les Canaris battent Brest 1 à 0, un exploit retentissant compte tenu du statut de l'AS Brestoise, alors l'un des fleurons des grands clubs amateurs de France.
Jean-Pierre Zérini se souvient de cette journée épique : « Ce jour-là, devant 2500 spectateurs, plus de spectateurs que d’habitants dans la commune, les Canaris battent Brest 1 à 0 en Coupe de l’Ouest. L’AS Brestoise est à cette époque l’un des fleurons des grands clubs amateurs de France et elle présente face à nous son équipe-type.
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L'Ère de la Division d'Honneur et l'Épanouissement des Talents Locaux
L'ascension de Louannec-Sports se poursuit dans les années 1970, avec l'accession à la Division d'Honneur, l'élite régionale. L'équipe se mesure alors à des clubs prestigieux comme Vannes, Morlaix, Lamballe, Douarnenez, Saint-Malo, ainsi qu'aux réserves des clubs professionnels comme Rennes, Lorient et Le Mans.
L'équipe fanion s'étoffe au gré des embauches dans les usines. Elle vit de belles saisons au niveau de la Division d’Honneur, dans les années 70-80. Gérard Quilin était un virtuose. Petit de taille, grand par le talent, c’était un poison pour les défenses adverses. Vif, doté d’un dribble déroutant, il savait mettre l’avant-centre sur orbite. C’était aussi un boute-en-train, un bon camarade. Philippe Massot, avec son côté « play boy » était un infatigable pourvoyeur de ballons. Son abattage, son niveau de jeu l’ont conduit ensuite vers la ligue 2 au Stade Lavallois et à Lucé.
La Coupe de France 1994 : Un Dernier Vol en Altitude
Le dernier vol en altitude des Canaris se fait en 1994 en Coupe de France. Louannec (DRH) bat tour à tour Coatréven (Promotion de 1ère division) 1 à 0 ; Plédran (PH) 1 à 7 ; Légion Saint-Pierre (DSR ) 2 à 0 ; Carhaix (DSR) 0 à 4 ; Plounévez-Lochrist (DSR) 2 à0 ; Lanester (DH) 2 à 0 devant 1200 spectateurs. L’aventure se termina au 8 ème tour soit 64 ème de finale, face au Stade Briochin (D2) au Stade Yves Le Jannou de Perros-Guirec devant 3500 spectateurs.
L'Héritage de Louis Bourdellès et la Fusion avec l'US Perros
Après le départ de Louis Bourdellès en 1990, le club connaît une période d'instabilité. En juin 2002, Louannec fusionne avec l'US Perros pour former l'USPL (l'Union Sportive Perros Louannec).
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