La Japan Rugby League One : Un Nouveau Chapitre pour le Rugby Japonais

Le championnat de rugby japonais, connu sous le nom de Japan Rugby League One, a subi une transformation significative visant à professionnaliser le sport et à accroître sa popularité à l'échelle nationale et internationale. Cette restructuration audacieuse a pour objectif de créer une ligue compétitive de haut niveau, capable d'attirer les meilleurs joueurs et entraîneurs du monde, tout en renforçant la position du Japon sur la scène mondiale du rugby.

Une Nouvelle Structure Organisationnelle

L'un des principaux changements réside dans le passage du contrôle du rugby professionnel japonais à une société commerciale. Cette entité a pour mission de maximiser les revenus tout en promouvant le rugby auprès du public japonais. La League One se compose de 24 équipes réparties en trois divisions.

  • La première division comprend 12 équipes, divisées en deux conférences de six.
  • Les deuxième et troisième divisions comptent chacune six équipes.

Un système de promotion et de relégation est en place, affectant trois équipes dans chaque division, assurant ainsi une compétition dynamique et encourageant l'amélioration constante des performances.

Bien que certaines équipes aient modifié leur nom pour refléter leur situation géographique, comme Panasonic Wild Knights devenant Saitama Panasonic Wild Knights, les liens avec les grandes entreprises qui ont historiquement soutenu le rugby japonais sont maintenus. Cependant, une différence majeure est que les matchs se déroulent désormais sur les terrains de chaque équipe, contrairement à la centralisation à Tokyo qui prévalait sous la Top League.

Une Stratégie Ambitieuse pour l'Avenir

La League One, en tant qu'organisation commerciale, a adopté une stratégie ambitieuse, comme l'a souligné Genichi Tamatsuka, son PDG. L'objectif est d'offrir une expérience renouvelée aux supporters japonais tout en stimulant le développement du rugby japonais. Cela passe par la création d'une compétition de très haut niveau, capable d'attirer les meilleurs joueurs du monde.

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Trois phases de développement ont été définies pour assurer la pérennité financière des clubs et faire de la League One une référence mondiale. La ligue continuera de s'appuyer sur la puissance financière des multinationales japonaises. Bien que la professionnalisation des clubs s'intensifie, M. Tamatsuka ne souhaite pas nécessairement que les joueurs japonais deviennent des professionnels à temps plein. Il considère qu'il est essentiel de maintenir les liens avec les entreprises, offrant ainsi des perspectives de reconversion aux joueurs.

Une Ligue Puissante : Joueurs et Entraîneurs de Renom

La League One attire un nombre considérable de joueurs internationaux étrangers, totalisant 1424 sélections. M. Tamatsuka a souligné l'importance d'attirer des entraîneurs de niveau mondial, dont l'expertise influencera positivement les encadrements japonais. Parmi les 12 équipes de première division, neuf sont dirigées par des entraîneurs expérimentés, tels que Steve Hansen/Simon Cron aux Toyota Verblitz, Robbie Deans avec les Saitama Wild Knights, Michael Cheika à la tête des Green Rockets Tokatsu, Wayne Smith aux Kobelco Steelers, et les Sud-Africains Frans Ludecke (Kubota Spears) et Johan Ackerman (NTT DoCoMo Red Hurricanes).

Au niveau des joueurs, chaque équipe peut aligner trois internationaux non japonais et six joueurs étrangers non capés. Par conséquent, certaines équipes comptent des joueurs de renom, tels que les champions du monde sud-africains Malcolm Marx, Elton Jantjes, Kwagga Smith, Peter-Steph du Toit et Willie Le Roux, ainsi que les All Blacks Patrick Tuipulotu, Damian McKenzie, Matt Todd, Ryan Crotty, Aaron Cruden et Seta Tamanivalu. Ils rejoignent également des joueurs australiens tels que Bernard Foley, Marika Koroibete, Samu Kerevi, Sean McMahon, Isa Naisarini et Liam Gill, ainsi que l'Anglais George Kruis et l'Écossais Greig Laidlaw. La présence de Will Genia et Quade Cooper en deuxième division témoigne des salaires attractifs offerts pour attirer de tels joueurs. M. Tamatsuka a exprimé son ambition de recruter des joueurs en pleine force de l'âge plutôt que des joueurs proches de la retraite, tout en encourageant les joueurs japonais à s'expatrier pour acquérir de l'expérience.

Ajustement des Quotas de Joueurs Étrangers

Cependant, des ajustements sont en cours. Les dirigeants du rugby japonais ont récemment annoncé une réforme visant à durcir les quotas de joueurs étrangers dans les clubs, afin de favoriser l'émergence de joueurs locaux. À partir de la saison 2026-2027, les clubs japonais devront aligner au moins huit joueurs ayant grandi au Japon, c'est-à-dire ayant passé au moins six ans dans le système éducatif japonais avant l'entrée au lycée. Une exception sera faite pour les joueurs naturalisés comptant plus de 30 sélections avec le Japon, comme Michael Leitch.

Défis et Résistances

La League One, qui vise à professionnaliser le rugby japonais sur le modèle des championnats européens, rencontre des résistances de la part des entreprises et des universités. Le premier match de la League One a été reporté en raison de cas de Covid-19, illustrant les défis auxquels la ligue est confrontée.

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Pour Kensuke Iwabuchi, le président de la fédération japonaise, la JRFU, la League One doit devenir "une compétition passionnante pour les fans au Japon et dans le monde". L'objectif est de fonctionner, à l'horizon 2025, avec des clubs tous indépendants, dotés d'une politique promotionnelle, de joueurs tous professionnels, d'un ancrage local avec un stade attitré, d'une identité de jeu et d'un centre de formation.

Format de la Compétition

Le nombre d'équipes professionnelles affiliées à la "JAPAN RUGBY LEAGUE ONE" a été fixé à 24. Elles sont réparties en trois divisions, la première division comptant 12 équipes divisées en deux conférences. Les rencontres se déroulent dans des stades d'au moins 10 000 spectateurs.

Dans une première phase, chaque équipe rencontre ses cinq adversaires de conférence sous forme de matchs aller-retour, soit un total de 10 matchs pour chacune d'elles. Dans une seconde phase, toutes les équipes d'une poule rencontrent les six équipes de l'autre poule, mais sur un seul match : trois à domicile, trois à l'extérieur. Cette phase comporte donc six matchs pour chaque équipe, portant le total à seize matchs par équipe.

Le championnat ne comporte pas de phases finales éliminatoires. Les équipes sont classées de un à douze en fonction des points cumulés, et l'équipe en première position est déclarée championne. Les équipes classées 1 et 2 disputent un tournoi international continental asiatique. Les équipes classées 10, 11 et 12 sont impliquées dans un tournoi de promotion/relégation.

Deuxième et Troisième Divisions

Le championnat de deuxième division est disputé par six équipes professionnelles, avec un total de 36 matchs, soit 12 rencontres par équipe. Le championnat de troisième division suit un déroulement similaire à celui de la deuxième division.

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L'Attrait de la League One : Facteurs Financiers et de Style de Vie

Depuis une dizaine d'années, le championnat japonais est devenu un concurrent inattendu face aux mastodontes européens. La League One réussit à attirer certains des plus grands noms de l'hémisphère sud.

Kazuhiro Tamura, rédacteur en chef du "Rugby Magazine", souligne que le nombre de matchs, actuellement 18 par saison et par club, est assez faible, tandis que les salaires sont élevés avec de bonnes conditions de vie. Il estime que certaines équipes, comme Saitama Panasonic Wild Knights, pourraient rivaliser avec les équipes du Top 14, mais sur une courte période en raison du manque de profondeur de l'effectif.

Le Japon et la France sont les deux seuls pays avec plusieurs divisions professionnelles. Les clubs des trois divisions contiennent un mélange de joueurs professionnels et de joueurs-salariés, ces derniers étant des employés de la société mère.

L'affluence moyenne de la League One augmente d'année en année, en partie grâce à l'effet de la Coupe du Monde 2019 et à la présence de joueurs de classe mondiale. Cependant, cette évolution n'est pas homogène, et la situation financière de chaque club est souvent déficitaire, soutenue par les sociétés mères.

Initiatives pour le Développement

Pour développer le niveau, la League One cherche à augmenter le nombre de matchs et à créer plus de concurrence entre les clubs. Des événements tels que le "Cross-Border Rugby 2024", avec des matchs amicaux contre des franchises néo-zélandaises, sont organisés.

La Coupe des Nations et l'Influence Internationale

Le Japon participe également à des compétitions internationales, comme la Coupe des Nations, qui réunit les meilleures équipes des deux hémisphères.

La "Règle du Sang" et les Débats sur l'Éligibilité

La JRLO envisage d'instaurer une "règle du sang" à partir de 2026, obligeant les équipes à aligner au moins huit joueurs ayant du sang japonais parmi les quinze sur le terrain. Cette règle vise à rendre l'équipe nationale japonaise plus "identifiable". Cependant, elle suscite des débats et pourrait avoir des conséquences sur les contrats des joueurs étrangers.

Les Joueurs Étrangers et les Raisons de Leur Venue

De nombreux joueurs étrangers de renom choisissent de jouer dans la League One pour des raisons financières, de style de vie et de durée de la saison. Les salaires sont attractifs, le cadre de vie est agréable et la saison est plus courte que dans d'autres championnats.

Les joueurs sudistes considèrent souvent leur passage au Japon comme une "pause sabbatique", leur permettant de se reposer physiquement et de profiter d'un cadre de vie privilégié.

Rapprochement Japon - Nouvelle-Zélande

Les fédérations néo-zélandaise et japonaise ont signé un contrat assurant des rencontres régulières entre les All Blacks et les Brave Blossoms. De plus, des entreprises japonaises investissent dans des agences de joueurs néo-zélandais, facilitant le contact entre les clubs japonais et les joueurs.

Adaptation aux Transferts de Joueurs

La fédération néo-zélandaise doit s'adapter à l'afflux de joueurs All Blacks au Japon, en mettant en place des exceptions à ses règles d'éligibilité. Certains joueurs se disent favorables à un changement des règles pour éviter l'exode des joueurs et maintenir le niveau du rugby néo-zélandais.

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