Le Béret, Symbole du Rugby Français : Histoire, Identité et Héritage

Le béret, plus qu'un simple accessoire, est devenu un symbole fort associé au rugby français, incarnant l'histoire, l'identité et l'héritage de ce sport passionnant. Chargé d’histoire et de significations, le béret basque traverse les époques en s’imposant comme un symbole fort, tant dans la culture que dans l’identité des peuples.

Origines et Symbolique du Béret Basque

Le béret trouve ses origines dans les Pyrénées, entre la France et l’Espagne, où il était autrefois porté par les bergers pour se protéger des intempéries. Fabriqué en laine, il représentait alors l’artisanat local et le lien avec la nature. À l’origine, le béret basque était porté par les bergers béarnais, qui désiraient se protéger du froid et des intempéries. Ils utilisèrent la laine de leurs moutons pour fabriquer cette galette que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de “béret basque”. Petit à petit, ce couvre-chef s’est répandu dans toute la région, et même dans les régions voisines.

Le béret est indissociable de l’image de la France à l’international. En effet, le Français est souvent représenté portant un béret et avec une baguette sous le bras. Durant la Seconde Guerre mondiale, le béret a été adopté par les résistants en France, devenant un symbole de lutte et de courage face à l’occupant. De même, il a été popularisé par des figures révolutionnaires comme Che Guevara, qui en ont fait un emblème de rébellion et de quête de liberté.

Enfin, le béret symbolise l’élégance et la mode. Que ce soit dans un style chic, décontracté ou avant-gardiste, il s’adapte à toutes les personnalités et générations. Indémodable, le béret basque est un couvre-chef inscrit dans notre culture et dans notre patrimoine. Aujourd’hui encore, c’est un chapeau que bon nombre d’hommes et de femmes aiment porter pour son style si singulier et pour garder sa tête bien au chaud!

Le Débat sur l'Origine: Basque ou Béarnais?

Une seule question compte : le couvre-chef est-il basque ou béarnais? Le débat fondamental est aujourd’hui tranché. Réglons l’essentiel une bonne fois pour toutes. Les métropoles historiques de la fabrication des bérets sont belles et bien béarnaises. Nay et Oloron, suivie, plus tard, de Mirepeix ont permis au département de produire autour d’un million de bérets par an à partir de 1918.

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Que nous dit René Cuzacq, en revanche, sur la production basque? Il ne rejoint pas l’idée d’un héritage des guerres carlistes nées de la succession de Ferdinand VII d’Espagne, dès la première moitié du XIXe siècle. « Le béret est une chose pyrénéenne. Il était tricoté à la maison: exactement comme par le berger de la Lande. Si la célébrité du Pays basque lui a donné son nom (venu certainement de Paris avec la réputation grandissante de nos régions), nul doute que des Landes aux Pyrénées, on n’ait de tout temps porté le béret par une tradition continue qui aboutit au béret basque », écrit l’auteur.

Il ne minimise pas, par ailleurs, le rôle des Béarnais, notamment dans la fixation des formes alors que le béret était déjà depuis longtemps la coiffure caractéristique de l’identité du Sud-Ouest.

Premières Traces Historiques

René Cuzacq relève aussi la légende selon laquelle les soldats de Napoléon l’avaient retrouvé chez les Russes de Pologne. « Dans l’histoire du béret, il est difficile de remonter plus que les XVe et XVIe siècle », raconte le Landais. Il cite le témoignage d’un pèlerin de Saint-Jacques à la fin du XVe siècle. Le texte est accompagné d’un dessin où un homme porte une toque noire.

René Cuzacq n’y voit pas la naissance du béret. Mais peut-être bien le début d’une évolution. Même si on retrouve une forme de béret dès 1280 sur le portail de l’église de Bellocq, Cuzacq préfère placer la première trace du mot béret « dans les archives de Bayonne », entre 1531 et 1538. L’inventaire de Pès de Camyade évoque ainsi un béret noir à deux revers. Mais en vérité, les couleurs ont régulièrement changé.

Le Béret et le Rugby : Une Affaire d'Identité

Le béret, en particulier le béret basque, est un élément emblématique de la culture française et basque. Son association avec le rugby, et plus particulièrement avec le XV de France, renforce l'identité et l'héritage de ce sport.

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L'Équipe de France de Rugby: Les Bleus et leurs Symboles

Le XV de France, surnommé les "Bleus", est une équipe nationale de rugby reconnue mondialement. Le coq, symbole de courage et de bravoure, représente l'esprit combatif et la fierté des joueurs français. C'est Marcel Communeau en 1911, alors capitaine de l'équipe de France de Rugby, qui aurait imposé que les joueurs portent le coq gaulois comme emblème de la France.

En 2019, la FFR s'est dotée d'une nouvelle identité visuelle, un coq tout rouge inspiré de celui porté en 1905 par le XV de France. La Marseillaise accompagne bien entendu le XV de France avant toutes ses rencontres. Hymne guerrier, elle colle parfaitement à l'image du rugby.

Périodes de Gloire et le "French Flair"

Les années 1950 et 1960 ont marqué une période de succès pour la France, avec plusieurs victoires au Tournoi des Cinq Nations. Cependant, c'est dans les années 1980 et 1990 que l'équipe de France a connu une période de gloire sous la direction de l'entraîneur Pierre Berbizier.

Les Années Folles du Racing Club de France et le Béret Basque

Les années 1980 ont été marquées par l'audace et l'irrévérence du Racing Club de France. Les quatre joueurs décalés du Racing Club de France, leur audace et leur irrévérence, tranchent nettement dans le microcosme de l’ovalie. Ils proposent une nouvelle manière de jouer au rugby, plus spectaculaire, sans pour autant perdre en efficacité. Auparavant, ils avaient notamment affronté l’Aviron bayonnais coiffés d’un béret basque, ou encore le CA Brive vêtus d’un blazer noir. L’esprit « Showbiz » dans toute sa splendeur… En 1990, les quatre compères s’adjugent finalement le titre de champions de France, le premier du Racing Club de France depuis 1959, en battant le SU Agen au Parc des Princes.

Comment oublier, dans la bande fantasque, Jean-Baptiste Lafond, ailier parisien et de l'équipe de France ? « On avait perdu à la maison contre Bayonne. Au match retour, on a eu cette idée des bérets. Certains l'ont pris comme une provocation, mais ce n'était pas pour se moquer. »

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Le président du club parisien n'est pas enthousiaste et le dit à ses joueurs. Mais l'entraîneur en chef, Robert Paparamborde, finit par trancher : « Il nous a dit "vous allez le faire. Je vais même vous payer les bérets. Mais vous avez intérêt à gagner" ».

Laguille raconte avec espièglerie, mais ne repeint pas ses sentiments d'alors. Une réelle appréhension devant son vis-à-vis du match, au centre: le monument Christian Belascain, dont le parisien n'a aucune garantie sur l'étendue de l'humour. « Moi, j'étais pas fier avec mon béret. Quand tu sais que t'es pas le meilleur de l'équipe et que t'as Belascain en face… À vrai dire, cette histoire de béret me faisait moyennement marrer. Mais Bélascain avait un sourire en coin. Il a été super. Il était royal. »

Le Racing a gagné, à Bayonne. Jean-Baptiste Lafond a assis une conviction : « Il faut être fou, dans la vie. Je ne veux pas dire fou dangereux. Je parle de folie douce ». Elle va s'exprimer souvent, avec cette équipe qui se baptise « Show Bizz » et forme sous ce nom un improbable autant que cacophonique groupe de variété.

Les joueurs porteront le nœud papillon rose pour la première fois lors de la finale perdue contre Toulon, en 1987. Ils l'arborent encore en, 1990, toujours en finale, mais pour remporter le bouclier de Brennus devant Agen.

Pour saluer le public basque venu nombreux à San Mamès pour la finale de Coupe d'Europe contre le Leinster, les joueurs du Racing 92 sont entrés sur le terrain avec des bérets basques. Un clin d'oeil qui n'est pas sans rappeler celui du Showbiz (Mesnel, Lafond, Rousset, Guillard, Blanc) à la fin des années 1980 qui disputa une rencontre à Jean-Dauger contre l'Aviron bayonnais en portant ce même couvre-chef. Histoire de se mettre le public basque dans la poche à San Mamès, la «cathédrale» du football, les joueurs du Racing 92 sont entrés sur la pelouse à Bilbao en portant chacun un béret basque.

Coupe du Monde de rugby : des bérets bleu blanc rouge made in Béarn

Dans la foulée de cette finale, certains, comme Franck Mesnel, s’envolent pour la Nouvelle-Zélande, où ils disputent la première Coupe du Monde de rugby à XV. « Toutes les années qui ont suivi 1987 m’ont servi à prendre conscience de tout ce qui s’était passé durant ces quelques mois de folie, entre novembre 1986 et juin 1987. J’ai aujourd’hui encore du mal à prendre conscience d’avoir réalisé un Grand Chelem juste après avoir joué les All Blacks, puis d’être devenu vice-champion de France avec le Racing, avant de partir en Nouvelle-Zélande jouer une finale de Coupe du Monde dans la foulée. C’était prodigieux à l’époque !

La Tradition des Casquettes en Coupe du Monde

C'est une casquette synonyme de Coupe du monde. À l'instar des Anglais au Touquet, des Fidjiens en Gironde ou des Néo-Zélandais à Lyon, les joueurs du XV de France ont, eux aussi, revêtu ce couvre-chef unique, samedi 2 septembre, dans le parc du Bois-Préau de Rueil-Malmaison, près de leur camp de base et devant plus de 10 000 personnes venues assister à ce moment. Une cérémonie symbolique, mais unique pour certains, comme le 3e ligne Paul Boudehent : « C'est un grand honneur, beaucoup de fierté. J'en parlais il n'y a pas longtemps avec mes parents, je n'en espérais pas tant il y a encore quelques semaines. Je ne sais pas si j'aurais la chance d'en vivre d'autres », s'est-il réjoui.

Pour trouver l'origine de cette tradition, il faut remonter au XIXe siècle et traverser la Manche. Cette casquette était alors considérée comme une récompense. Cette casquette a, peu à peu, disparu du sport professionnel, sauf au rugby, où la tradition a perduré. Elle est, aujourd'hui, réservée à la Coupe du monde. De 1987, année de la première édition du Mondial, jusqu'en 2011, la remise des couvre-chefs s'effectuait en petit comité, à l'abri des regards. Depuis trois éditions, elle s'organise devant du public.

Là encore, les Anglais y sont pour quelque chose, puisque c'est en 2015, année durant laquelle la Coupe du monde était organisée outre-Manche, que la cérémonie de remise des casquettes a été ouverte, pour la première fois, aux supporteurs. « Une cape ne se donne pas, elle vient se chercher. Après avoir récupéré leur casquette, les joueurs du XV de France ont désormais le regard tourné vers le terrain. « La force de ce groupe, c'est qu'après une journée protocolaire comme celle-ci, on va se remettre en mode compétition.

Le Béret Français (LBF) et la Renaissance de la Manufacture Bayonnaise

Le Béret français (LBF), filiale du groupe Gouaix, est une fabrique de bérets bayonnaise qui a connu un essor important. La marque a récemment ressuscité la légendaire Manufacture bayonnaise de bérets basques (MBBB), fondée aux alentours de 1910. LBF a récupéré plus de 40 000 écussons brodés, qu'ils feront coudre sur les bérets. Pour mieux connaître l'histoire oubliée de cette manufacture, LBF a mis la Chambre de commerce et d'industrie, le Musée basque et les archives départementales sur le coup, avant de reprendre l'affaire.

Le Béret français entend désormais « allier patrimoine et modernité » en exploitant ce patrimoine culturel basque. La marque a retrouvé le fournisseur des écussons, ce qui permettra de les refaire une fois le stock écoulé. Déjà partenaire de Katxi klothing et de la boutique du Musée basque, cette nouvelle marque « rencontre beaucoup de succès auprès des points de vente du Pays basque ».

La société Le Beret Français est né en 2012 de la rencontre d’un entrepreneur passionné de « Made in France », avec des artisans aux savoir-faire exceptionnels. Convaincu du potentiel de développement du béret en France et à l’International, notre entrepreneur Rodolphe, pourtant novice dans ce domaine, décide de créer une fabrique de bérets. Il choisit pour installer la toute nouvelle fabrique le petit village de Laas, et particulièrement une ancienne maison de repos des sœurs.

En Novembre 2012, quand la première machine arrive à la fabrique, il n’y a pas encore d’électricité. Vite, on s’organise pendant les premiers mois, les essais sont nombreux pour arriver à la taille, l’élasticité, la qualité et le toucher parfaits. Pascal qui connaît par cœur le métier met au point le Béret Standard, puis sa version Premium, le Béret Mode, qui se distingue par son cabillou rouge. En Juillet 2013, la première commande est expédiée. Depuis, nos petits bérets partent jusqu'au bout du monde.

Nos bérets sont 100% fait en France, avec un excellent rapport qualité/prix. Ils sont le fruit d’une expertise transmise de génération en génération. Nous avons su allier savoir-faire artisanal, mode et innovation. C’est ainsi que la société Le Béret Français est reconnu Entreprise du Patrimoine Vivant avec le label EPV.

Tout comme le béret, crée historiquement dans le Béarn, puis développé au Pays Basque, notre fabrique quitte le Béarn pour s’installer à Bayonne. En Mars 2020, Le Mask Bio est créé dans notre atelier textile à Bayonne. Au moment de la crise sanitaire liée au Covid-19, Le Béret Français a su réagir rapidement en réorganisant sa production pour fabriquer des masques en urgence.

Depuis 2023, nos créations tissent un lien unique avec le sport mondial. Nous avons été licenciés des Jeux Olympiques de Paris 2024, de la Coupe du Monde de Rugby 2023 et de la Fédération Française de Rugby. Ces reconnaissances officielles, réservées à un nombre très restreint de marques, symbolisent pour nous bien plus qu’un partenariat: elles incarnent la fierté de représenter l’excellence artisanale française sur la scène internationale.

Le Béret Français, petite entreprise du Pays basque, va produire des couvre-chefs pour les Jeux olympiques de Paris 2024, après avoir fourni ceux du Mondial de rugby. L'entreprise avait été choisie pour produire des couvre-chefs brodés Rugby World Cup pour le Mondial en France. Après une croissance de 70% à 80% sur deux ans, grâce notamment aux partenariats avec la Coupe du monde de rugby et les Jeux olympiques de Paris 2024, LBF, qui emploie neuf personnes, voit son chiffre d'affaires dépasser le million d'euros.

Le Béret Basque Aujourd'hui

Aujourd'hui, ils ne sont plus que trois fabricants à produire des bérets basques sur tout le territoire français. L'un à Bayonne, les deux autres dans le Béarn. La création du syndicat est à l'initiative des deux entreprises béarnaises. L'entreprise Laulhère, située dans le Béarn, à l'initiative du cahier des charges, se défend. "Notre démarche est transparente et ouverte, il y a eu une enquête publique, ouverte à tous. Plein de personnes ont réagi, la manufacture de Béret français pouvait aussi donner son avis, mais elle ne l'a pas fait", explique Rozabelle Forzy, directrice de l'entreprise Laulhère.

Pour l'entreprise béarnaise, cette affaire de tour de cuir et la création d'une Indication géographique, vise avant tout à protéger un savoir-faire. L’idée de créer une IG, le fabricant basque y avait d'ailleurs déjà pensé en 2016. Une démarche rejetée à l'époque par ses confrères. Aujourd'hui, il aimerait "qu'on le fasse intelligemment et pas de manière restrictive". Le fabricant basque a déposé un recours pour demander la rédaction d’un nouveau cahier des charges. S'il voyait sa demande refusée, il ne pourrait plus appeler ses bérets, des bérets basques.

Comment Porter un Béret?

Le béret est un accessoire intemporel qui se porte de multiples façons, selon votre style et vos envies.

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