L'histoire du rugby à Avignon et au Pontet est intimement liée à l'évolution des infrastructures sportives de la région, en particulier au développement du Parc des Sports d'Avignon dans le quartier de Saint-Chamand. Cet article retrace cette histoire, en mettant en lumière les clubs emblématiques, les moments forts et les défis rencontrés.
La genèse du Parc des Sports d'Avignon
Dans les années 1960, Avignon connaît un essor sportif avec la création d'un complexe comprenant une piscine et un stade doté d'une piste d'athlétisme. En 1960, Henri Duffaut, maire d'Avignon, confie à la Société d’équipement du département de Vaucluse (SEDV) la réalisation de la Zone d’urbanisation prioritaire Sud, incluant Saint-Chamand. L'architecte André Remondet, assisté d'Albert Conil, conçoit le Parc des Sports sur 14 hectares de cette ZUP.
La première étape est la construction d'un stade nautique, inauguré le 2 juillet 1966. Cet équipement comprend un bassin de compétition de 50 mètres, un bassin d'entraînement de 25 mètres, un plongeoir monumental et une pataugeoire. La gestion est confiée à l'Association pour la gestion de réalisations municipales de la ville d’Avignon (AGRMVA), et Robert Christophe, ancien champion de natation, est nommé directeur. La piscine connaît un grand succès dès son ouverture, avec près de 70 000 entrées en quelques mois. L'inauguration officielle a lieu le 29 juillet 1967, en présence d'élus et de personnalités sportives.
L'émergence du stade du Parc des Sports
Entre 1967 et 1969, le complexe sportif s'enrichit du stade du Parc des Sports. Le terrain est préparé avec un système de drainage et des tonnes de matériaux. Le stade dispose de deux tribunes couvertes et d'une piste d'athlétisme en « Rub Kor ». Des terrains d'entraînement et des courts de tennis complètent l'ensemble. Les tribunes sont nommées en hommage à Jean Rey, champion cycliste, et à un autre sportif local. L'ouverture a lieu le 18 octobre 1969, avec un match amical entre l'Olympique avignonnais (OA) et l'AS Saint-Étienne. Le lendemain, un match de rugby oppose l'Entente sportive Avignon Saint-Saturnin à l'Union sportive Fumel Libos.
Le stade devient un lieu central pour les équipes locales, notamment en football et en rugby à XIII. En 1972, il sert de cadre au film "Les fous du stade".
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L'Olympique Avignonnais : Une ascension fulgurante
L'Olympique avignonnais (OA), fondé en 1931, adopte le Parc des Sports comme stade résident. Sous la présidence de Guy Sauget, le club évolue en deuxième division et atteint la demi-finale de la coupe de France en 1973. La saison 1975-1976 marque l'apogée du club, avec une participation en Division 1. Le 13 décembre 1975, plus de 13 000 spectateurs assistent au match contre l'AS Saint-Étienne. Cependant, l'OA perd son statut professionnel en 1979 et connaît des difficultés, avec plusieurs changements de nom et dépôts de bilan.
En 2009, l'Athletic Club Arles-Avignon devient le club résident du Parc des Sports, nécessitant des travaux de mise aux normes. Le club accède à la Ligue 1 lors de la saison 2010-2011, attirant jusqu'à 15 000 spectateurs. Toutefois, le club est relégué et dépose le bilan en 2015.
Le rugby à XIII : Une tradition avignonnaise
Le Parc des Sports a une longue histoire avec le rugby, en particulier le rugby à XIII. Le Sporting Olympique (SO) Avignon XIII, né en 1916, investit le Parc des Sports en 2017 et devient champion de France en 2018. Le club a remporté cinq coupes de France et a accueilli des rencontres internationales, comme France Irlande en 2010 et France Angleterre en 2011 et 2016.
La piscine du Parc des Sports : Une renaissance
Fermé en 2010, le stade nautique est laissé à l'abandon pendant près d'une décennie. En 2015, il est classé "Patrimoine du XXe siècle". Sous l'impulsion de la municipalité de Cécile Helle, la piscine est entièrement réhabilitée et transformée, pour un coût de plus de 18 millions d'euros. Le bassin de 50 mètres devient un bassin nordique chauffé, accessible toute l'année, et le bassin de 25 mètres est transformé en espace ludique familial. Des toboggans, des aires de jeux et des plages végétalisées sont ajoutés. Le plongeoir est conservé comme élément architectural. L'ensemble est couplé à un centre de remise en forme et utilise des énergies renouvelables.
Le Pontet et le rugby : Une histoire complexe
L'histoire du rugby au Pontet est plus récente et marquée par des difficultés. Le club du Pontet-Avignon a connu des changements de nom et des problèmes financiers. En février 2020, la Cour d'appel de Nîmes valide des condamnations contre l'USAP 84 pour non-paiement de salaires. Le club est dissous et un nouveau club, Avignon-Le Pontet Rugby, est créé. Malgré cela, le club est autorisé à redémarrer en Honneur, suscitant la colère des autres clubs. Des irrégularités sont constatées, notamment l'utilisation du numéro d'affiliation d'un club dissous.
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Le Rugby Club Sorguais : Un passé glorieux
En 1915, le Rugby Club Sorguais (RCS) est fondé à Sorgues. L'association est déclarée à la préfecture de Vaucluse le 25 février 1916 par M. Jean Boudon, 1er président. En raison de la guerre, il est fait appel à de jeunes entraiguois pour constituer une équipe. Les matchs se disputent sur un terrain situé au quartier Saint marc à côté de l’ancien château d’eau. Pour sa première année d’existence, le RCS se qualifie pour la coupe du littoral 3ème série qu’il gagne en battant Valréas.
L’activité du RCS reprend vraiment cette saison après trois années de sommeil dues à la guerre. L’équipe est constituée uniquement de joueurs sorguais. Elle participe au championnat régional, mais ne se qualifie pas pour la suite. L’équipe dispute le championnat du Littoral 3ème série qu’elle remporte et lui permet d’accéder à la 2ème série. Le 13 septembre 1921, les dirigeants du club, par la signature de son président, obtiennent un bail de location d’une durée de 12 ans pour une prairie située au Joncas, quartier du Badaffier. Première année de gloire pour le RCS qui, en battant Toulon au stade Mayol, devient enfin champion du Littoral (1er titre obtenu).
Malheureusement tous les joueurs de Châteauneuf-du-Pape quittent le RCS pour reformer une équipe chez eux. Bien content de trouver quinze joueurs pour pouvoir s’engager dans le championnat, le RCS termine difficilement la saison. L’hiver, l’équipe s’entraînait en faisant du footing dans les rues faiblement éclairées puis dans la cour caillouteuse de la minoterie Chevalier. Grâce à cet entraînement, l’équipe possédait une grosse défense, mais pas de technique. Après une belle saison en championnat de Provence, l’équipe se qualifia pour la coupe Plaa. Au mois de décembre, en coupe de France, le RCS, devant plus de 1 000 spectateurs, rencontre l’équipe première du RC Toulon (1ère division nationale). En championnat, le RCS est une nouvelle fois champion de Provence. Pour le championnat de France, il rencontre le club de Nissan en match aller et retour. Le lendemain, on pouvait lire dans un journal biterrois, en pages sportives, le commentaire suivant : « Les Sorguais ont été victimes des sirènes de Béziers. »
Champion de Provence, le club est qualifié pour le championnat de France. Il doit rencontrer en poule de trois et en match aller et retour les clubs de Vizille et de rhodia. Il termine premier de cette poule. Sur le terrain neutre de Pézenas, il élimine le club de Villefranche-de- Lauragais. Le club joue ensuite, en demi-finale, contre le Gallia de Perpignan. À l’assemblée générale de fin de saison, le bureau décide de mettre à la tête du club un jeune président, René Grangier. Louis Métrat, président depuis 25 ans, est nommé président d’honneur.
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