L’arbitrage féminin dans le football connaît une évolution notable ces dernières années, marquée par une augmentation significative du nombre de femmes officiant sur les terrains. Cette progression s'inscrit dans un contexte plus large de féminisation du football, tant au niveau des joueuses que des instances dirigeantes. La présence accrue de femmes arbitres contribue à promouvoir l'égalité des sexes dans le sport et à remettre en question les stéréotypes de genre.
Progression du Nombre d'Arbitres Féminines
Les chiffres témoignent d'une dynamique positive. Selon la Fédération Internationale de Football Association (FIFA), le nombre de femmes pratiquant le football dans le monde a doublé entre 2006 et 2021, passant de 30 à 60 millions. En Europe, l’Union des Associations Européennes de Football (UEFA) a enregistré une augmentation de 24 % du nombre de femmes arbitres inscrites entre 2014 et 2019, passant de 1 764 à 2 194. En France, la Fédération Française de Football (FFF) comptabilise 1 143 arbitres féminines, contre 600 en 2017.
Les Pionnières de l'Arbitrage Féminin en France
Dès les années 1960 et 1970, des femmes ont commencé à se faire une place dans l'arbitrage en France. Hélène Mleczak a reçu la première carte d’arbitre officielle en 1966, délivrée par la Ligue du Nord-Est. Martine Giron, de la Ligue de Paris, a obtenu son écusson d’arbitre de Ligue en 1967. Cependant, leur rôle était limité aux matchs de jeunes. Dans ce contexte, Pauline Didier, épouse de l’arbitre fédéral Henri Didier, s’est lancée dans l’arbitrage en 1974, officiant uniquement sur les rencontres de jeunes. Au début des années 1970, la FFF comptait une vingtaine d’arbitres féminines, un nombre qui a atteint 110 en 1980, représentant moins de 0,5 % du total des arbitres français.
Stéphanie Frappart : Une Figure Emblématique
Stéphanie Frappart est une figure emblématique de l'arbitrage féminin. Le 28 avril, elle est devenue la première femme à arbitrer un match de Ligue 1 masculine. Après avoir débuté l'arbitrage pour apprendre les règles du jeu, elle a gravi les échelons, passant par la Ligue 2 en 2014 avant d'atteindre la Ligue 1. En 2019, elle a arbitré la finale de la Supercoupe de l’UEFA entre Liverpool et Chelsea, une première pour une femme. Stéphanie Frappart considère son accession à la Ligue 1 comme une reconnaissance de ses compétences et espère inspirer d'autres jeunes filles à suivre cette voie. Elle a également arbitré la finale de la Coupe du monde féminine Etats-Unis - Pays-Bas (2-0), le 7 juillet.
Nouveaux Talents en Ligue 1 Arkema
Quatre arbitres découvriront l'élite féminine lors de la saison 2024/2025. Naïma Khettou, après une carrière de joueuse, s’est orientée vers l’arbitrage et se spécialise en tant qu’assistante. Mathilde Front, quant à elle, a découvert l’arbitrage il y a 11 ans et a préparé sa transition en officiant comme assistante en National 2 et National 3.
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Défis et Programmes de Formation
Bien que les femmes arbitres soient compétentes, elles peuvent être confrontées à des défis spécifiques, tels que les commentaires sexistes ou les comportements discriminatoires. Pour contrer ces difficultés, l’UEFA et d’autres organisations ont mis en place des programmes de formation pour les aider à développer leurs compétences et leur confiance.
Nouvelles Directives Arbitrales en Ligue 1
Dans le sillage des changements engagés à l'échelle internationale, la Ligue 1 a adopté de nouvelles directives arbitrales pour la saison 2023-24, visant à fluidifier le jeu et favoriser le spectacle. Ces changements s'appliquent également à la Ligue 2.
- Moins de coups de sifflets : L'objectif est d'éviter les matchs trop hachés en ne sanctionnant pas les micro contacts qui n'apportent rien au déroulement des rencontres.
- Attention particulière au deuxième carton jaune : Les arbitres sont appelés à faire preuve de discernement et à ne sortir un second carton jaune que lorsqu'il est "incontournable", notamment en cas de gestes dangereux.
- Décompte du temps additionnel adapté : Le temps perdu après la célébration d'un but sera récupéré dans le temps additionnel, ce qui pourrait entraîner des arrêts de jeu plus importants.
- Davantage de souplesse pour le signalement du hors-jeu : Les assistants devront se montrer plus pertinents sur les levées de drapeaux en cas de hors-jeu évident, afin d'éviter des situations ubuesques.
- Un recours à la VAR ajusté : L'impact du recours à l'assistance vidéo sur la notation des arbitres sera revu, afin de favoriser la synergie entre humain et moyens techniques.
- Davantage de communication : Un "relais" sera instauré, permettant au capitaine de s'adresser à l'arbitre pour obtenir des précisions.
Désignation des Arbitres : Un Processus Complexe
La désignation d'un arbitre pour un match de Ligue 1 ou de Ligue 2 est un processus complexe qui prend en compte plusieurs critères, notamment géographiques, l'importance de la rencontre, le contexte et les besoins personnels des arbitres. La direction de l’arbitrage soumet une première ébauche à la Commission fédérale de l'arbitrage (CFA) quinze jours avant les matchs, en tenant compte de ces éléments. La CFA examine ensuite les propositions et effectue des ajustements si nécessaire. L'officialisation des désignations intervient cinq jours avant les rencontres.
Le Rôle de la VAR
La VAR a permis de corriger un pourcentage important d'erreurs majeures. La VAR justement, qui a permis de "corriger 83% d'erreurs majeures" en 2022-23, va voir ses règles légèrement évoluer. Jusqu'à la fin de la saison dernière, "le recours à l'assistance vidéo avait un impact sur la notation (des arbitres)", rappelle Anthony Gauthier. En d'autres termes, un officiel qui recourait à la technologie et se faisait déjuger par celle-ci pouvait perdre du crédit aux yeux des instances. Désormais, il ne sera plus question de ce type de pression. Lire aussiLe match de Ligue 2 Bordeaux-Rodez donné perdu aux Girondins, Metz monte en Ligue 1 et Annecy est relégué en National"Soit le recours à l'assistance vidéo est lié à un manquement technique de l'arbitre sur le terrain : un mauvais positionnement, un mauvais déplacement, une mauvaise collaboration avec les arbitres assistants. Dans ce cas-là, il y aura un impact sur la notation. Par contre, dans des situations où l'arbitre a répondu sur le terrain aux exigences techniques mais n'a pas pu voir une infraction que seule la vidéo a pu identifier, il n'y aura aucun impact sur la notation", spécifie l'ancien arbitre auprès de nos confrères. De quoi favoriser la synergie entre humain et moyens techniques sans crainte ni arrière-pensées. "L'assistance vidéo est un outil d'aide à la décision des arbitres et ne doit pas être une crainte", résume celui qui est aussi maître de conférences en mathématiques à l'université de Lille.
Nouvelles Règles de Jeu
Plusieurs nouvelles règles de jeu ont été mises en place pour la saison 2019-2020, notamment en ce qui concerne les fautes de main, les pénaltys, les réclamations de la VAR et le positionnement des joueurs dans le mur lors des coups francs.
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