L'année civile dans le football, comme dans d'autres domaines, fait référence à la période allant du 1er janvier au 31 décembre. Cependant, son application et ses implications dans le monde du football sont multiples et méritent d'être explorées en détail. Cet article vise à définir l'année civile dans le contexte du football, à examiner son impact sur les catégories d'âge des joueurs, les périodes de transfert, et les aspects réglementaires liés aux essais et aux transferts de joueurs mineurs.
Définition de l'Année Civile dans le Football
Dans le contexte général, une année civile commence le premier janvier et se termine le 31 décembre. Appliquée au football, cette définition sert de base pour déterminer les catégories d'âge des joueurs, les périodes de transfert et la durée des contrats. Elle influence également la gestion financière des clubs et les calendriers des compétitions.
Catégories d'âge
Pour les parents qui souhaitent inscrire leurs enfants au sein d’un club de football, il est essentiel de comprendre comment les catégories d'âge sont définies. En football, comme dans la très grande majorité des sports, les joueurs pratiquent au sein d’une catégorie qui dépend de leur âge. Pour participer aux matches et aux compétitions, les enfants et même les adultes sont regroupés selon leur année de naissance. Si vous êtes en âge d’être en vétérans, vous avez sans doute connu les anciennes appellations telles que « poussins » ou encore « Minimes ». Mais depuis un bon moment maintenant nous sommes passés au U comme Under (Under signifiant “Sous” en français). Le nombre accompagnant le U indique l’âge juste en dessous duquel se trouve le joueur. Par exemple : un joueur U11 est un joueur qui est sous l’âge de 11 ans et surtout en dessous de seulement 1 an.
Pour définir dans quelle catégorie d’âge se situe un joueur ou une joueuse, l’âge à considérer est celui qu’il ou elle a ou aura au cours de l’année civile qui débute la saison. Le surclassement consiste à jouer dans la catégorie supérieure, en général, la raison est que le joueur ou la joueuse possède un niveau bien au-dessus de la moyenne. Cependant ce n’est autorisé que dans la limite d’une différence d’un an. Ensuite, et de base, un joueur ne peut jouer dans la catégorie en dessous de la sienne (Par exemple : un U13 n’a pas le droit de jouer en U11). Toutefois, il existe de très rares cas particuliers où un sous classement est admis. Mais ce n’est qu’un médecin fédéral qui peut autoriser ce cas de figure. Pour les filles qui pratiquent le foot en mixité, elles sont autorisées à jouer une catégorie en dessous (Par exemple : de U13 à U11). Enfin, au niveau des adultes un certain type de sous-classement est possible. Certains clubs proposent d’accueillir des enfants à partir de 4 ans. Leur catégorie assimilable à des U5, permet aux plus jeunes d’être sensibiliser à la pratique du football et à l’esprit qui doit régner sur un terrain. La « catégorie Baby » est souvent une demande formulée par les parents.
Périodes de Transfert
L'année civile est également divisée en deux périodes de transfert principales : la période estivale et la période hivernale. Ces fenêtres permettent aux clubs d'enregistrer de nouveaux joueurs et de modifier leurs effectifs. La gestion stratégique de ces périodes est cruciale pour la compétitivité des équipes.
Lire aussi: Ne manquez aucun match : regardez la Ligue des Champions !
Exercice Comptable des Associations Sportives
En général, une association présente une durée d’exercice comptable de 12 mois. Celle-ci est mentionnée dans les statuts de l’association. Dès lors, pour un exercice comptable calé sur l’année civile, la date de clôture est fixée au 31 décembre de l’année. Ensuite, il est parfaitement possible d’adopter une date de clôture autre que le 31 décembre N. Toutefois, les dates de l’exercice comptable d’une association peuvent être imposées par un texte législatif : organismes collecteurs de la participation à l’effort de construction, fédérations de chasse, associations de services aux personnes, etc.
Réglementation des Essais et Transferts de Joueurs Mineurs
La FIFA a mis en place des réglementations strictes concernant les essais et les transferts de joueurs mineurs afin de protéger leurs droits et de prévenir les abus. L'année civile joue un rôle important dans l'application de ces règles.
Cadre Réglementaire des Essais
En mai 2021, la Commission des Acteurs du Football de la FIFA a validé une série d’objectifs, de principes et d’axes de travail pour le troisième volet de réformes, concernant notamment les transferts internationaux de joueurs mineurs. L’un des principaux amendements, inscrit à l’article 19ter du RSTJ, est relatif à l’établissement d’un cadre réglementaire de la pratique des essais, qu’ils soient mineurs ou majeurs. Désormais, un club a la possibilité d’inviter un joueur à une mise à l’essai pendant une période de temps définie. Le club et le joueur invité doivent convenir des conditions d’essai (paiement de l’hébergement, du voyage, des repas et des dépenses quotidiennes…) sur le formulaire de mise à l’essai de la FIFA avant le début de celle-ci. En cas de blessure éventuelle du joueur mis à l’essai, le club prendra en charge les frais médicaux. Le joueur mineur en question, ne pourra lors de sa mise à l’essai, que participer aux matchs amicaux ou aux entraînements mais ne pourra en aucun cas participer aux activités du « football organisé ». Certaines conditions spécifiques viennent s’ajouter afin que la mise à l’essai soit autorisée. Le club organisant la mise à l’essai doit obtenir au préalable l’accord écrit exprès des parents du jeune joueur. Par ailleurs, un référent dans le club mettant à l’essai le joueur mineur devra être désigné afin que ce dernier ait un point de repère.
Abus et Stratagèmes
À l’inverse, certains essais ont pu s’éterniser. Plusieurs cas de joueurs invités à réaliser des essais, se sont retrouvés quasiment « salariés du club », au mépris de leurs droits[2]. « Dans certaines régions du monde, le joueur peut même voir son passeport confisqué »[3]. Ce fût le cas d’un jeune joueur guinéen, Issiaga Condé, qui rejoignit l’équipe du Nîmes Olympique en 1998, à ses seize ans. Dès son arrivée au club, les dirigeants lui ont confisqué son passeport[4]. Ces stratagèmes incluent aussi parfois l’utilisation de joueurs mineurs durant des matchs « hors compétitions »[6]. Certains clubs profitent dudit flou juridique pour attirer des jeunes joueurs, sans les enregistrer. Parfois, les clubs attendront alors que le joueur atteigne l’âge de dix-huit ans pour procéder à son enregistrement officiel. Cette question a été abordée dans le cas de deux joueurs mineurs qui se sont entraînés dans un club (multiples essais prolongés avec interruption) et ont participé à plusieurs tournois. Le club en question a affirmé que les joueurs n’avaient jamais été enregistrés puisque lesdits tournois ne faisaient pas partie du « football organisé »[7]. La Commission de Discipline et la Commission d’Appel de la FIFA ont toutes deux constaté que les deux joueurs avaient rejoint le club, participé à des essais prolongés et représenté le club dans des tournois disputés dans le cadre du football organisé. Selon eux, il s’agissait d’une première inscription au sens de l’article 19 al. 3 du RSTJ. Le club a ainsi été sanctionné pour violation de l’article 19 al. 3 et al. 4 du RSTJ. Dans l’appel ultérieur du TAS[8], l’Arbitre Unique n’était pas d’accord avec lesdites Commissions de la FIFA. Il était convaincu que les tournois auxquels les joueurs avaient participé n’étaient ni organisés, ni autorisés par une association membre, par une confédération ou par la FIFA. En l’absence de démonstration que l’organisateur des tournois mentionnés avait violé une obligation de demander les autorisations pertinentes, l’Arbitre Unique a conclu que les tournois ne pouvaient être considérés comme du « football organisé » conformément au Règlement.
Mesures Supplémentaires Envisageables
Si la mise en place de ce cadre juridique est une excellente avancée pour le football, certaines mesures pourraient être amendées au fur et à mesure. Une protection efficiente des joueurs mineurs suppose que les organes de la FIFA soient extrêmement vigilantes quant au respect des conditions fixées par l’article 19ter. Les essais sont souvent la première porte aux abus avant les transferts internationaux. Pourrait notamment être envisagée l’idée que les essais ne soient ouverts qu’à destination des clubs qui seraient classés selon le plus haut des standards nationaux de formation (Cf Grille FIFA de compensation des clubs formateurs). Cela signifie entre autres que dans un pays où les clubs sont classés de la catégorie III à IV, seuls les clubs de catégorie III pourraient potentiellement accueillir les jeunes joueurs pour effectuer un essai. La mise en place d’un calendrier international des essais pourrait également être une option envisageable. Ainsi, avant chaque période de transferts (soit la période estivale, et l’autre hivernale), des sessions internationales pourraient être dédiées à la mise à l’essai de joueurs de moins de dix-huit ans évoluant à l’international.
Lire aussi: L'année du transfert de Neymar
Le Football en Amérique Latine : Une Perspective Unique
Si le football est né en Europe, il a donné lieu, en Amérique latine, à une culture de masse spécifique d'une puissance telle que l'objet transféré en est ressorti profondément transformé. Les conditions de sa réception et de son développement, fondées sur un antagonisme avec le Vieux Continent sans cesse réactivé, y ont entraîné l'apparition de structures originales, tant en ce qui concerne les clubs et les organisations de supporters que les fédérations nationales et la confédération sud-américaine.
Genèse et Développement du Football Sud-Américain
Les premières lignes de l’ouvrage commémorant le 90e anniversaire de la Confederación sudamericana de fútbol (CONMEBOL), publié en 2007, n’y vont pas par quatre chemins : « L’Amérique du Sud est le continent du football »1. Certes, concède-t-on, ce sport a vu le jour en Europe, mais le génie des joueurs, la popularité des clubs ainsi que l’excellence des résultats dans les compétitions internationales sont avancés comme autant d’éléments justifiant ce renversement de perspective. À ces facteurs loin d’être totalement objectivables et donc forcément discutables s’ajoute un argument qui ne souffre quant à lui aucune contestation : l’Amérique latine fut le premier continent à s’être pensé en tant que tel d’un point de vue footballistique. Le 9 juillet 1916, en effet, l’Asociación del fútbol argentino (Afa) invita les fédérations brésilienne, chilienne et uruguayenne à former avec elle la CONMEBOL, chargée de l’organisation de la Copa América, sur le modèle du tournoi qui s’était tenu en hommage au centenaire de l’indépendance argentine. Il fallut attendre près de quarante ans pour qu’une entité similaire fût mise sur pied en Europe avec la création de l’Union of European Football Associations (UEFA) en 1954. Ainsi le monde du football sud-américain ne s’est-il pas construit institutionnellement comme le simple décalque de son homologue européen.
Structures et Particularités
De prime abord pourtant, aux yeux d’un public européen averti, les structures générales semblent aujourd’hui parallèles. On trouve de part et d’autre de l’Atlantique les deux confédérations - l’UEFA et la CONMEBOL - qui administrent des compétitions continentales entre nations - le Championnat d’Europe des Nations et la Copa América - et entre clubs d’un côté, la Coupe des clubs champions européens, devenue Ligue des champions, la Coupe d’Europe des vainqueurs de Coupes, aujourd’hui disparue, et la Coupe de l’UEFA, devenue Europa League ; de l’autre, la Copa Libertadores de América et la Copa Sudamericana. Ces confédérations sont constituées de fédérations nationales qui, à leur échelle, organisent des championnats amateurs et professionnels. À ce stade, déjà, apparaissent les premières différences. La principale réside dans l’absence, en Amérique du Sud, de ligues professionnelles représentant les intérêts des clubs ayant abandonné l’amateurisme et gérant les championnats d’élite en partenariat avec les fédérations. La seconde tient précisément au caractère national de ces championnats. Le Brésil par exemple se singularise longtemps par un emboîtement de compétitions, qu’elles soient municipales, métropolitaines, provinciales ou régionales, qui empêche de déterminer réellement chaque année l’identité de la meilleure équipe du pays. De même, en Argentine, deux championnats ont longtemps coexisté - celui du district fédéral de Buenos Aires et celui du reste du pays - tandis que l’actuel est en réalité double, l’année civile étant divisée en un tournoi d’« ouverture » et un tournoi de « fermeture ».
Identité et Antagonisme
Toutefois, l’identité se définissant par opposition à l’autre, les sociétés sud-américaines éprouvèrent le besoin de créer une compétition internationale - la Copa América, en 1916 - où puisse s’exprimer un sentiment de fierté sportive à même de fortifier leur cohésion interne. Il s’agissait là d’une innovation majeure. Il existait certes déjà une épreuve mondiale depuis 1896, les Jeux olympiques, dont les éditions de 1908 et 1912 comportaient un tournoi de football, mais celle-ci ne fournissait pas encore la scène sur laquelle se rehaussait ou s’affaiblissait le prestige des nations4. Organisé chaque année, ce véritable championnat sud-américain renforce les identités nationales des participants, au risque d’engendrer des animosités entre rivaux, mais il souligne dans le même temps les affinités qui les relient dans un cadre continental inédit. Dès lors, les sentiments d’appartenance nationale se trouvent enrichis d’un échelon supplémentaire, continental, les deux coexistant, enchâssés, et se renforçant mutuellement plus qu’ils ne se contredisent. Que cette première compétition strictement et uniquement continentale soit apparue en 1916 invite à la considérer à la fois comme un révélateur et une étape dans l’affirmation de cette identité commune, dans un contexte d’« adieu à l’Europe », selon l’expression d’Olivier Compagnon5.
Lire aussi: L'évolution du football