La Draft NBA est souvent perçue comme la voie royale pour intégrer la ligue de basket la plus prestigieuse au monde. Chaque année, des jeunes joueurs du monde entier espèrent y être sélectionnés, rêvant de fouler les parquets aux côtés des plus grands noms du basketball. Cependant, ne pas être drafté n'est pas synonyme de fin de carrière, ni même d'impossibilité de jouer en NBA. Des alternatives existent, et certains joueurs ont même bâti des carrières remarquables en empruntant des chemins détournés.
La Draft NBA : une porte d'entrée convoitée
La Draft NBA est un événement annuel où les 30 franchises de la ligue sélectionnent les meilleurs jeunes basketteurs issus des universités américaines (NCAA), de la G-League (ligue de développement de la NBA) ou d'autres ligues étrangères. Pour être éligibles, ces prospects doivent avoir au moins 19 ans.
La Draft se déroule en deux tours, avec 30 choix à chaque tour. Les joueurs sélectionnés au premier tour ont la garantie d'obtenir un contrat avec une franchise, tandis que ceux choisis au second tour ont un avenir plus incertain. Leur contrat n'est pas garanti et leur place au sein de l'effectif est moins assurée.
Les équipes qui choisissent en premier sont celles qui n'ont pas participé aux playoffs la saison précédente. L'ordre de sélection est déterminé par une loterie, où les équipes les moins performantes ont plus de chances d'obtenir les premiers choix. Ce système est conçu pour rééquilibrer les forces en présence en permettant aux équipes en difficulté de se renforcer avec de jeunes talents.
Ne pas être drafté : loin d'être une fatalité
Si la Draft représente la grande porte d'entrée vers la NBA, elle n'est pas l'unique voie d'accès. Il n'est pas rare que des joueurs non draftés soient approchés par des franchises dès la fin de la Draft. Des contrats alternatifs, souvent plus précaires et sans garantie, leur sont proposés. Ces joueurs ont alors l'opportunité de montrer leur potentiel sur le terrain et de prouver qu'ils méritent leur place dans la ligue.
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Yakhouba Diawara, qui a échoué à la draft en 2005 avant de signer un contrat avec les Denver Nuggets l'année suivante, témoigne: "Ce n'est pas la fin du monde. Il faut continuer à bosser et on peut espérer rentrer par la petite porte, comme je l'ai fait."
Axel Toupane, un autre joueur français qui s'est présenté à la draft sans être appelé en 2014, a choisi de jouer en D-League, une ligue de développement affiliée à la NBA, pour "taper dans l'oeil des recruteurs". Après une année à Strasbourg, il a opté pour la D-League avec l'équipe de Toronto et a finalement décroché un contrat avec les Denver Nuggets.
Les voies alternatives pour percer en NBA
Plusieurs options s'offrent aux joueurs non draftés qui souhaitent intégrer la NBA :
Les workouts : Les joueurs peuvent impressionner les recruteurs en participant à des entraînements individualisés organisés par les franchises. "Je me suis entraîné avec quatre équipes qui avaient besoin d'un joueur de mon profil, un ailier bon en défense. J'avais tout donné", se souvient Yakhouba Diawara.
Les Summer Leagues : Ces ligues d'entraînement de pré-saison permettent aux recalés de la draft de se montrer. "C'est l'occasion de se faire bien voir, de mettre un premier pas dans la NBA", explique Diawara.
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L'Europe et les autres ligues étrangères : Les performances dans les championnats européens ou d'autres ligues peuvent convaincre les franchises NBA d'intégrer un joueur. "J'avais fait une belle saison à Bologne, on avait disputé les playoffs en Euroleague", se remémore Diawara, dont les performances en Europe ont finalement convaincu le staff de Denver.
La G-League : Cette ligue de développement affiliée à la NBA est une autre option pour se faire remarquer par les recruteurs. Axel Toupane a ainsi choisi de jouer en D-League pour "taper dans l'oeil des recruteurs".
Des exemples de réussite
De nombreux joueurs non draftés ont réussi à s'imposer en NBA. Parmi eux, cinq ont même été sélectionnés pour le NBA All-Star Game : Connie Hawkins, Brad Miller, John Starks, Ben Wallace et Fred VanVleet. D'autres ont remporté de nombreux titres de champion NBA, comme Bruce Bowen, triple champion avec les Spurs.
L'exemple de Ben Wallace est particulièrement emblématique. Non drafté en 1996, il est devenu l'un des meilleurs défenseurs de la ligue, remportant quatre fois le titre de meilleur défenseur de l'année et un titre de champion NBA avec les Detroit Pistons en 2004.
Jeremy Lin, qui a connu une ascension fulgurante en 2012, est un autre exemple de joueur non drafté ayant réussi à percer en NBA.
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Udonis Haslem, snobé en 2002, a passé une année à Chalon-sur-Saône avant d'obtenir un contrat à Miami où il a passé 20 saisons, remporté trois titres de champion (2006, 2012 et 2013), et pris sa retraite après la finale perdue contre Denver.
Les qualités requises pour réussir sans être drafté
Pour réussir en NBA sans être drafté, il faut posséder certaines qualités :
La détermination : Sans détermination, il est impossible d'intégrer ni de perdurer en NBA. La concurrence est permanente et peut vite devenir insoutenable.
Le travail : Il faut continuer à travailler dur pour progresser et se faire remarquer. "Ne pas être drafté peut même être bénéfique quelque part. Ça te donne la niaque, t'as encore plus envie de travailler", confirme Diawara.
La patience : Il faut parfois être patient et attendre sa chance. Axel Toupane a ainsi dû passer par la D-League avant de décrocher un contrat en NBA.
Un mental d'acier : Une carrière dans le plus prestigieux championnat de basket-ball au Monde ne dure en moyenne que cinq petites années. Les capacités physiques et techniques ne font pas tout ! Les champions, eux, adoptent un mindset bien particulier.
La Draft : un rêve pour beaucoup
Pour de nombreux jeunes basketteurs, s'inscrire à la Draft est un objectif de carrière majeur et le moyen le plus sûr d'accéder à la NBA. Chaque année, ils sont nombreux à tenter leur chance, espérant être sélectionnés par une franchise.
Matthieu Gauzin, un jeune joueur français, témoigne : "Tous les joueurs de mon âge que je côtoie, on veut tous aller en NBA. C’est une perspective qui nous motive tous les jours et nous aide à se lever le matin."
Cependant, il est important de ne pas se laisser décourager par un échec à la Draft. Comme le souligne Axel Toupane, "C'était bien évidemment une déception, mais ça m'a fait progresser."