Le 23 janvier 2011, une date gravée dans les annales du football agenais. Ce jour-là, le SU Agenais (désormais SUA Football) a offert à sa ville, à son département, et potentiellement à la France entière, une parenthèse unique, un moment de communion autour du ballon rond. Pour les 100 ans du SU Agen, on se replonge dans les moments forts vécus par le club. La date du 23 janvier 2011 restera à jamais gravée dans la mémoire de Kévin Smolarczyk, l’un des acteurs de ce 16e de finale historique face au PSG.
Un Anniversaire Mémorable et un Adversaire de Prestige
Le SUA Football, fondé en 1922, fêtait ses 89 ans. L'occasion était d'autant plus spéciale qu'elle était marquée par un 16e de finale de Coupe de France contre le Paris Saint-Germain. L'événement se déroulait à Armandie, un lieu habituellement dédié au rugby, transformé pour l'occasion en un temple du football. La grande et jolie salle d'Armandie a été préparée avec soin. Et dans les règles. Car l'invité, même s'il s'est fait prier pour venir passer un week-end à la campagne, se nomme Paris Saint-Germain. Une équipe qui impressionne autant qu'elle fait rêver.
L'attente était palpable, oscillant entre l'espoir d'un exploit et la crainte d'une défaite sévère. L'entraîneur Williams Vimbouly affichait un optimisme prudent, tandis que Basila Mokili-Yenga reconnaissait lucidement la faible probabilité de victoire de son équipe.
Préparatifs et Atmosphère d'Avant-Match
La semaine précédant le match, les Agenais ont cultivé un esprit de décontraction et d'humour pour minimiser la pression. Les entraînements se sont déroulés dans la discrétion, loin des regards indiscrets des journalistes. L'atmosphère était festive, avec des joueurs dansant sur de la musique sénégalaise devant leur club-house.
Conscients de la qualité de l'adversaire, les joueurs d'Agen se préparaient à affronter des stars telles que Nenê, Erding, Hoarau ou Giuly. Franck Rizzetto, ancien tombeur du PSG en Coupe, rappelait la difficulté pour ces professionnels de se motiver pleinement face à une équipe de CFA 2.
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Une Rencontre Épique : Agen Tient Tête au PSG
Devant environ 12 000 spectateurs, le match a tenu toutes ses promesses. L'Équipe du PSG : Apoula Edel - Christophe Jallet, Zoumana Camara, Mamadou Sakho, Siaka Tiéné - Claude Makélélé, Jérémy Clément - Péguy Luyindula, Mathieu Bodmer (Mevlüt Erding, 86′), Nenê Carvalho - Guillaume Hoarau (Jean-Eudes Maurice, 78′). Tenant du titre, le Paris-SG s’est qualifié dimanche pour les 8es de finale en dominant Agen (3-2). Le tenant du titre est toujours vivace. Vainqueur de l’édition 2010, le Paris-SG sera présent lors des 8es de finale grâce à sa qualification dimanche face à Agen (3-2). Le club de la capitale est toujours en course fin janvier sur trois tableaux, ce qui est rarement arrivé ces dernières années.
Le PSG a ouvert le score rapidement grâce à Mathieu Bodmer (13e), mais Agen a égalisé par Daffé (41e), faisant exploser de joie le stade Armandie. Après la pause, Paris a repris l'avantage avec deux buts rapides de Luyindula (47e) et Hoarau (49e). Agen n'a pas baissé les bras et a réduit le score par Vandersnick (69e), relançant le suspense jusqu'au coup de sifflet final.
Malgré la défaite 3-2, les Agenais ont réalisé une performance remarquable, tenant tête à une équipe du PSG évoluant quatre divisions au-dessus. Le SUA a donc plus que tenu son Paris en haleine et en suspens. Bien aidé par une foule sentimentale, un peu-beaucoup médusé par ces drôles de Blancs au panache assez incroyable. En payant de sa poche un costume à chaque homme de sa troupe (joueurs et staff compris), l'entraîneur réunionnais voulait que ses garçons enfilent leur habit de lumière. Ils ne l'ont pas déçu. Après une entame timorée (0-1, 13e), les Agenais vont faire honneur à leurs couleurs et à leur sport - les soixante-dix minutes restantes. Quand bien même leur « trou d'air » à la reprise dixit Vimbouly, leur a été fatal : deux buts en trois minutes (1-2, 47e ; puis 1-3, 50e). Entre-deux, Agen avait égalisé le plus logiquement du monde. Dans son temps fort, comme une équipe de l'élite. Après une barre de Gaillac (34), Daffé fait craquer Edel et exploser un Armandie qui ne sait plus à quel ballon se vouer (1-1, 41e). D'ailleurs, en seconde, le milieu suaviste fait mieux tourner que son homologue francilien ! On est obligé de se pincer… Le coaching de Vimbouly fait merveille, et les «remplaçants» des étincelles. Illustration : Melka à la récupération, El Hassnaoui au service, Vandersnick à la conclusion (2-3, 69e). Un but d'école. Mais en face, le maître ne s'en laissera pas compter. Ou conter, plutôt.
Un Parcours Mémorable en Coupe de France
L'épopée du SUA en Coupe de France 2010-2011 a été marquée par plusieurs exploits. Arrivé rue de Lille au début de la saison 2007 - 2008, Kévin Smolarczyk a d’abord évolué en région parisienne, où il est né. Il intègre ensuite le centre de formation de Lens puis rejoint le FC Sens. Sur les bords de la Garonne, il évolue au sein d’une équipe taillée pour le CFA 2 (aujourd’hui National 3) par Williams Vimbouly. La belle aventure commence à se dessiner lors d’une victoire inespérée (0-1) au Stade Bordelais (CFA 2). Elle prend de la consistance lorsque les coéquipiers de Casadamont (blessé, Kévin Smolarczyk n’y participe pas) s’imposent à Perpignan-Canet (DH) à l’issue d’un match bien maîtrisé (2-1). Puis ce sera une difficile joute face aux Corses de Calvi, qui ne baissent pavillon qu’à l’issue des tirs au but (0-0, t.a.b. 5 - 4). Le 32e de finale qui se déroule début janvier 2010 à Chauray (DH) sur un terrain gelé marque le début de leur épopée.
Après avoir éliminé plusieurs équipes, dont Agde (CFA) et Poitiers (CFA 2), les Agenais ont atteint les 16es de finale, où ils ont affronté le PSG. Leur aventure se termine à Beauvais (National) où, réduits à dix puis à neuf, ils ne peuvent soutenir la comparaison (3-0). Les Agenais repartent en 2010 - 2011 avec la ferme intention de faire une grosse saison. Leur nouvelle aventure commence par deux victoires en terre béarnaise, à Pardies (0-3) et Orthez (1-2). Le 5e tour leur offre comme plat de résistance, l’Aviron Bayonnais (National). Gaillac dans la prolongation, puis Barrabourg, scellent le sort du match. Après avoir fait le métier chez le FC Estuaire Haute-Gironde (2-1), les Suavistes reçoivent le voisin marmandais qui met un genou à terre grâce à l’inévitable Gaillac (2-1). La qualification pour les 32e passe par un succès à Agde (CFA). Il faut un but du centre du terrain de Gaillac dans la prolongation pour donner aux Agenais un destin national. Les hommes du président Pellicier héritent de Poitiers (CFA 2). Deux buts de Daublain et Vandersnick les propulsent en 16e. Le tirage au sort leur donne comme adversaire le Paris Saint-Germain.
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L'Impact sur le Club et la Communauté
Ce match historique a eu un impact profond sur le SUA Football et la communauté agenaise. Serge Lafon, figure emblématique du club, a souligné l'importance de ce moment pour le football agenais, fruit du travail de nombreuses générations. Il a également salué l'ambiance extraordinaire dans les tribunes, où le public a fait corps avec son équipe.
L'événement a permis de mettre en lumière le club et ses joueurs, et a suscité un engouement sans précédent pour le football dans la région. Au-delà du résultat sportif, ce match restera gravé dans les mémoires comme un symbole de fierté et d'unité pour la ville d'Agen.
L'Histoire du SUA Football : Un Parcours Semé d'Embûches et de Succès
La section football du SU Agenais fut créée en 1922. La cohabitation avec les rugbymen se passe fort mal, et dès 1923, les footballeurs quittent le SU Agen pour rejoindre le Véloce-Club Agenais. Il faut ensuite attendre 1959 pour revoir une section football au SU Agen. Afin d'éviter les conflits avec les rugbymen, les footballeurs possèdent leur propre stade : le stade Genevois. Ce stade est équipé de projecteurs pour les matchs en nocturne en 1968.
Le club a connu des périodes de succès, notamment dans les années 1970, avec un titre de DH en 1975 et plusieurs participations aux championnats nationaux. En 1963, le président Carré avait recruté l'ex-pro René Sergent comme entraîneur-joueur. Sous son impulsion, le club accède en promotion d'honneur. La formation de jeunes joueurs, assurée notamment par Pierre Fernandez, permet au club de briller dans les catégories de jeunes. Ce dernier est nommé entraîneur de l'équipe fanion par le président Faure en 1969. Entrée des joueurs lors du match de Coupe de France face au PSG en 2011. Les Agenais enlèvent leur premier titre de DH en 1975. Le club est alors présidé par le docteur Rouzade tandis qque Pierre Fernandez est toujours en charge du poste d'entraîneur de l'équipe fanion. La promotion dans les championnats nationaux (D3 en 1975) se limite à une seule saison, mais le club parvient à rebondir dans la foulée en enlevant un deuxième titre de champion régional (1977).
Après des années difficiles, le club a connu un renouveau à partir de 2018, avec une remontée en R3 et des ambitions de développement de sa filière féminine. S'en suit des années très difficiles où le club perd beaucoup de joueurs et finit par se caler en R3. L'année 2017-2018 est catastrophique puisque le club descend en District. Début 2018, le transfert de Aymeric Laporte formé au club de Bilbao à Manchester City permet de sauver le club de la faillite. Après plusieurs démêlés judiciaires, le club retrouve progressivement sa sérénité à compter de juillet 2018. L'équipe fanion remonte en R3 et remporte la coupe du Lot-et-Garonne. Un nouveau Conseil d'administration est en place depuis le 21 décembre 2018 avec à sa tête Johan Jourdan, Jean-Pierre Pontens et Sandrine Pequignot. Le club compte aujourd'hui 550 licenciés et 30 équipes. Son équipe fanion devrait se maintenir en R3 avant de viser plus haut. L'équipe réserve ambitionne de monter en 1ère division district. De son côté, la filière féminine est en pleine expansion et les Séniors à 11 candidatent pour monter en R2.
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