Ligue Nationale de Football Professionnel au Maroc: Une Histoire de Passion et d'Ambition

Le football au Maroc, bien plus qu'un simple sport, est un véritable phénomène social, un symbole de fierté nationale qui transcende les générations. Introduit par les colons au début du XXe siècle, il s'est rapidement enraciné dans le cœur des Marocains, devenant un élément essentiel de leur identité culturelle. L'histoire de la Ligue Nationale de Football Professionnel (LNFP) est intimement liée à cette évolution, témoignant des efforts constants pour structurer et professionnaliser le football marocain.

Les Premiers Pas du Football Marocain

Déjà présent sur le sol marocain avec la création en 1902 à Casablanca du Club athlétique marocain, le football se développe avec le protectorat français. La Ligue du Maroc de football, organisée par la Fédération française de football, permettait la rencontre des équipes de football marocaines pour toutes les catégories d'âge. C'est dans ce cadre qu'émergent des joueurs de grande qualité, tels que Larbi Ben Barek.

L'Émergence des Stars et la Période d'Après-Indépendance

L'histoire du football marocain est jalonnée de figures emblématiques, dont Larbi Ben Barek, surnommé la « perle noire », qui a brillé tant au Maroc qu'en France. Le football marocain continua de se professionnaliser. En 1976, les Lions de l'Atlas remportèrent la Coupe d'Afrique des nations. Et l'équipe fut ensuite la première équipe d'Afrique à se qualifier pour les phases de poule de la Coupe du monde.

Après l'indépendance, le pays a vu l'émergence de clubs légendaires et des victoires internationales marquantes, comme la Coupe d'Afrique des Nations 1976.

La Coupe du Monde 1994 et l'Intérêt pour le WAC

À l'occasion de la qualification du Maroc pour la Coupe du monde 1994, RFO consacrait un long reportage au football marocain. Dans l'extrait ci-dessous, le WAC, le Wydad Athletic Club, basé à Casablanca, ville qui abritait un quart des 16 clubs de National 1, intéressait le journaliste.

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La Professionnalisation et les Efforts de la FRMF

Ces résultats viennent traduire les efforts réalisés à différents échelons du football marocain, sous l’impulsion de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et de son très actif président, Fouzi Lekjaa (49 ans). Une politique sportive ambitieuse « Il y a eu ces dernières années une volonté de faire évoluer les choses, de professionnaliser. Cela fait un peu plus d’un an et demi que je joue au Maroc, je pense que son championnat fait partie des meilleurs d’Afrique », explique l’international burkinabé Alain Traoré, l’attaquant de Berkane, qui a notamment évolué en France (Auxerre, Lorient, Monaco). Les succès enregistrés par les clubs du royaume reposent sur une politique sportive ambitieuse et une amélioration des conditions économiques des clubs.

Après son élection, en 2014, à la tête de la FRMF, Fouzi Lekjaa, qui est également directeur du budget de l’Etat et ancien président de la Renaissance sportive de Berkane, a commencé à appliquer son programme, articulé autour de trois thèmes essentiels. « D’abord, s’occuper des infrastructures. Cela passait par la rénovation des stades ou la construction de nouvelles enceintes, que ce soit pour les clubs professionnels ou amateurs. Et il a mis fin aux terrains synthétiques pour imposer des pelouses naturelles. Le président a également demandé que les clubs se structurent au niveau administratif et qu’ils adoptent une politique de gestion rigoureuse », explique Jamal Kouachi, membre du comité directeur de la FRMF. Ainsi, les clubs sont placés sous la surveillance de la Direction nationale de contrôle et de gestion, inspirée du modèle français. En contrepartie, la FRMF octroie à chaque club de Ligue 1 une subvention annuelle d’environ 600 000 euros. « Et ceux qui participent aux coupes d’Afrique bénéficient d’une aide financière de la fédération, pour les voyages et l’hébergement », poursuit Jamal Kouachi. Ainsi, la FRMF avait affrété un vol spécial pour permettre au Raja de Casablanca de se déplacer à Lubumbashi dans les meilleures conditions pour y affronter le TP Mazembe.

L'Accent sur la Formation des Jeunes et les Infrastructures

Le Maroc a également mis l’accent sur la formation des jeunes joueurs, susceptibles d’intégrer des clubs professionnels. Des centres de formation ont vu le jour à Berkane et à Tétouan, et celui du Raja de Casablanca sera inauguré dans les prochains mois. « Quand il a été élu, Fouzi Lekjaa avait un programme de développement du football demandant aux clubs de renforcer leur politique de formation », rappelle Mustapha El Haddaoui, ancien international (55 sélections) et président de l’Union marocaine des footballeurs professionnels. En 2009, le roi Mohammed VI avait inauguré un centre de formation portant son nom à Salé, près de Rabat, et d’où sont sortis plusieurs internationaux marocains tels Youssef En-Nesyri (FC Séville), Nayef Aguerd et Hamza Mendyl (Dijon FCO). Des centres de formation, placés sous l’autorité de la FRMF, ont ainsi été créés dans plusieurs régions du Maroc.

Défis et Perspectives d'Avenir

Bien sûr, le football marocain, premier pays africain à utiliser l’assistance vidéo (VAR) pour ses matchs de championnat, doit encore lutter contre certaines mauvaises habitudes, comme l’instabilité technique, consistant à changer plusieurs fois d’entraîneurs dans la même saison, et les problèmes de violence dans les stades, même si le phénomène à tendance à reculer. « Il y a vraiment un grand pas en avant qui a été fait. Les clubs travaillent mieux, ils prouvent qu’ils sont capables de rivaliser avec les meilleurs du continent, comme l’Espérance de Tunis, le TP Mazembe ou Al-Ahly. La prise de conscience s’est faite au niveau de la fédération, qui investit beaucoup d’argent, et aussi de l’Etat, impliqué dans ce projet. C’est un travail en profondeur et les résultats des clubs ces derniers mois en sont la traduction », résume Mustapha El Haddaoui.

Avec des infrastructures modernes et des ambitions de devenir un leader du football en Afrique, le Maroc continue d'inspirer ses citoyens à travers ce sport.

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L'Année Historique 2022 et les Ambitions de la FRMF

Mercredi 14 décembre, les joueurs de l'équipe de football marocaine ont eu tout un continent derrière eux lors du match de demi-finale de la Coupe du monde au Qatar contre la France. C'était la première fois qu'un pays du continent africain se qualifiait pour les demi-finales de cette compétition. Qualifiés pour la demi-finale contre la France, les Lions de l'Atlas n'avaient jamais été aussi loin lors d'une Coupe du monde. Leur meilleure performance jusqu'alors datait de 1986, où ils avaient été sortis en huitièmes de finale par l'Allemagne.

ENTRETIEN - Après la victoire du Maroc à la Coupe du monde des moins de 20 ans, Fouzi Lekjaa, président de la Fédération, partage sa satisfaction au Figaro. À peine rentré de Santiago au Chili, où s’est écrite une page en lettres d’or de l’histoire du ballon rond marocain, Fouzi Lekjaa doit répondre à un océan de micros tendus. En 24 éditions, une seule autre nation africaine, le Ghana (2009), avait soulevé le plus prestigieux trophée chez les jeunes footballeurs. Fouzi Lekjaa balaye l’idée d’un épiphénomène. «L’équipe nationale A était demi-finaliste au Qatar (défaite contre les Bleus lors de la Coupe du monde 2022). À ses yeux, «tout cela est le résultat et le couronnement d’une vision sportive royale menée depuis maintenant plus d’une décennie et demie». Tout est parti des Assises du sport en 2008, deuxième édition du genre depuis l’indépendance du pays (1956) et première depuis 1965. L’autre «tournant», pour le dirigeant de 55 ans, se trouve dans l’inauguration en 2009 à Salé, en banlieue de la capitale Rabat, de l’Académie Mohammed VI, sorte de Clairefontaine marocain. Mais il y a autre chose. «Le dénominateur commun de toutes les équipes nationales, c’est un état d’esprit. La sensation est palpable sur l’ensemble du continent depuis le Mondial 2022, où l’Espagne (8es de finale) et le Portugal (quarts) ont été des victimes d’Achraf Hakimi et consorts. Le Maroc venait de briser un plafond de verre, devenant le premier pays africain à atteindre le dernier carré du tournoi planétaire. Celui qui est aussi ministre délégué du budget depuis 2021 au sein du gouvernement d’Aziz Akhannouch va plus loin : «Je pense qu’on va assister, dans les plus brefs délais, à une équipe marocaine, africaine ou arabe, championne du monde au niveau des seniors. L’hypothèse est crédible chez les hommes. Moins chez les femmes, mais là aussi, le retard se rattrape à vitesse grand V. La sélection féminine a atteint les 8es de finale de la Coupe du monde pour la première fois en 2023. Elle reste sur deux finales en Coupe d’Afrique des nations (CAN). Son équipe masculine demeure bien sûr sa vitrine où, on l’a dit, elle se donne le droit de rivaliser avec les meilleurs. Même si, en comparaison, un axe de progression demeure : sur les onze titulaires de la finale du Mondial U20, six étaient formés à l’étranger (quatre en France, deux en Belgique). «L’équipe nationale marocaine est l’équipe nationale de tous les Marocains là où ils sont : ceux qui jouent au niveau national, ceux qui sont formés au niveau national et ceux qui sont formés ou jouent à l’étranger», défend Fouzi Lekjaa. Lui et la jeune équipe championne du monde, accueillie dans une immense ferveur dans les rues de Rabat par des milliers de supporters, ont été reçus ce mercredi soir par le prince héritier. Avec peut-être, dans un coin de leur tête, le rêve de revenir là aussi en héros dans cinq ans, après le Mondial 2030, coorganisée par l’Espagne, le Portugal et le Maroc. «Bien avant, il y aura une autre Coupe du monde l’été prochain, tempère Fouzi Lekjaa. Et dans exactement deux mois, il y aura la CAN 2025, ici au Maroc (21 décembre - 18 janvier). Et la semaine prochaine, il y aura la Coupe du monde des U17 à Doha (3-27 novembre).» Prendre les matches les uns après les autres.

Le Football Féminin Marocain : Une Ascension Prometteuse

Même si l’organisation de cette compétition s’inscrit dans une stratégie d’accueil des grands événements sportifs avec la CAN 2025 et la CDM 2030, elle s’inscrit également dans une volonté de développement du football féminin au Maroc. Cependant, dans un contexte politique marqué par l’arrivée au pouvoir de Mohammed VI et les mouvements du 20 février 2012 qui provoquent une modification de la Constitution, le sport n’est pas une priorité et les lionnes de l’Atlas connaissent une longue traversée du désert jusqu’en 2019. Éliminées au stade des qualifications à plusieurs reprises, elles ne participeront plus à la CAN jusqu’en 2022 et les perspectives de développement du football féminin semblent minces dans un sport dominé par les hommes. Les clubs ne sont pas professionnels, les investissements sont insuffisants et les médias ne s’emparent pas du sujet.

La sélection féminine a atteint les 8es de finale de la Coupe du monde pour la première fois en 2023. Elle reste sur deux finales en Coupe d’Afrique des nations (CAN).

Joueurs Marocains Ayant Marqué l'Histoire

Formé au FUS Rabat, il passe par Compostelle en Espagne durant trois saisons et laisse comme souvenir un cassage de reins du numéro 9 barcelonais Ronaldo qui s'en va inscrire l'un des plus beaux buts de sa carrière. En fin de contrat, il débarque ensuite à l'AS Nancy-Lorraine après avoir disputé la Coupe du Monde 98 en France. L'international marocain réalise une bonne première saison et régale les supporters lorrains par ses prouesses techniques. Relégué en fin d'exercice, l'ASNL doit le vendre. Malheureusement, le club ne trouve pas d'acheteur. Au début de l'année 2001, Saïd est prêté à Motherwell. Les dirigeants écossais sont heureux de ses prestations mais ne peuvent pas le payer. Il est finalement transféré en Grèce à l'Aris Salonique.

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Né en 1973 à Bejaâd, le petit Youssef s'installe définitivement à Kénitra avec sa famille et montre des aptitudes sportives hors normes. Doté d’un physique de bagarreur, il gravit les échelons au KAC et joue son premier match à tout juste 18 ans. Après quatre saisons, dont une année blanche suite à une blessure au genou, l’équipe dégringole en deuxième division. Il décide alors de partir en 1995 et d'effectuer ses premières pas professionnelles à l'étranger. D'abord en Arabie Saoudite à Al-Hilal puis au Qatar à Al Arabi réussissant l'exploit de remporter les deux championnats nationaux. Parallèlement, il fait ses débuts en équipe nationale lors du Tournoi Hassan II en décembre 1996 face au Nigeria (2 buts à 0). Présent lors du Mondial 1998 plus qu’honorable en France, il fait partie de l’ossature des Lions de l’Atlas lors de 4 phases finales de CAN (1998, 2000, 2002, 2006 et auparavant les éliminatoires de 2004). Après avoir évolué au Portugal et en Angleterre, il termine par le Qatar pour ses dernières saisons en tant que footballeur professionnel, au sein d’Al Sadd et d’Al Wakrah. Une préretraite dorée aux côtés de grandes stars comme Gabriel Batistuta et Marcel Desailly. Chippo est resté tout de même très attaché à son club de formation en lui accordant un soutien moral et financier notamment aux joueurs.

Le club est fondé le 1er septembre 1958 par Hassan II au temps où il était prince héritier.

Né en 1960 à Rabat, il reste fort d’un parcours riche et long d'une vingtaine d'années de carrière non-stop. Après des débuts en deuxième division marocaine à l'US Touarga, il s'illustre très rapidement comme un redoutable meneur de jeu fascinant et attire vers lui les regards des observateurs et des experts du football marocain. Avec les Lions, il termine troisième de la Coupe d'Afrique des Nations en 1980 et connaît les honneurs de remporter les Jeux Méditerranéens en 1983. Avec le FAR, il parvient à s'offrir cette même saison le championnat et la coupe du Maroc. En 1985, son talent permet également de contribuer à la victoire en Coupe d’Afrique des Clubs Champions malgré une fracture subie sous les coups de hachoir perfides de Gamal, son cerbère égyptien, en Egypte lors de la demi-finale retour des militaires contre le Zamalek. Au cours de cette année, et au vu de ces performances extraordinaires, il reçoit logiquement le fameux Ballon d'or Africain. Mais cette blessure qui va l'écarter des terrains durant près de six mois annonce t-elle la fin de sa carrière? Non, car le talent ne disparaît pas comme ça. Le monde entier en aura la confirmation en 1986, quand le Marocain viendra créer la surprise avec sa sélection au Mondial mexicain. Durant le tournoi, il réalise des prouesses techniques plus étonnantes les unes que les autres. À la suite d'une victoire de prestige face au Portugal de Paulo Futre (3 buts à 1), Timoumi offre un second tour à sa nation, qui devient le premier pays africain à passer la première phase d’une Coupe du Monde. Du travail de pro. En huitièmes de finale, face à la RFA, les Lions refusent de se livrer, font tourner le ballon, et malgré leur option prudente manquent même d'ouvrir le score. Face à une Mannschaft qui cuit sous le soleil mexicain, le Maroc compte renverser l'ogre allemand lors de la prolongation. Derrière les regrets légitimes, ce magicien du ballon rond va attirer les convoitises de plusieurs club européens. Et c'est l'équipe de Murcia qui s'attache les services du génial milieu. Pas pour longtemps, puisque après la relégation de l'équipe peu coté en division 2, Timoumi change de club et atterrit en Belgique où il signe en faveur de Lokeren. Là encore, l'international marocain n'arrive pas à s'adapter.

Un des plus grands gardiens africains de l'histoire. Le portier, qui a défendu les cages de sa nation officiellement 76 fois, a passé une grosse partie de sa carrière dans son pays. Après des débuts à l’AS Salé, Zaki intègre en 1978 le Wydad Casablanca et apparaît en première division la même année. Il décroche un titre de champion et deux Coupes du Maroc avec le WAC. Trois mois après ses débuts, il honore sa première sélection en équipe nationale. Un match nul 1-1 face à la Grèce le 21 septembre 1979. Depuis lors, Zaki n'a plus jamais quitté les buts de la sélection. Si la CAN lui a laissé un parfum d’inachevé, avec trois défaites en demi-finale (1980, 1986, 1988), la Coupe du Monde lui a donné définitivement ses lettres de noblesse. En 1986, le Maroc, dont Zaki est le capitaine, réussit l’exploit de s'extirper d’un groupe comprenant l’Angleterre, la Pologne et le Portugal, en terminant à la première place. Nul ne peut en effet oublier les arrêts spectaculaires du Marocain qui est l'un des protagonistes des succès de son équipe. Pour la première fois, un pays africain franchissait le premier tour du Mondial. Les Lions de l'Atlas s'inclineront en huitièmes de finale face à la RFA (défaite 1 but à 0). Son périple mexicain à côté des légendaires poulains de Mehdi Faria restera à jamais gravé dans les esprits. Le gardien évolue lors de cette Coupe du Monde à un très haut niveau, ce qui lui vaudra donc le titre de meilleur joueur africain cette année-là, et un transfert au Real Majorque, où il restera six ans, de 1986 à 1992. Il atteint la finale de la Coupe du Roi, perdue face à l’Atlético de Madrid. En 1989, il est notamment élu meilleur gardien de deuxième division espagnole. De retour au Maroc, il termine sa carrière avec le FUS Rabat. S’ensuivra une longue carrière d’entraîneur, avec moins de réussite.

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