Pour la toute première fois, la saison régulière de NBA a été rythmée par le In-Season Tournament, qui a débuté en novembre et qui s'achève le 9 décembre prochain. À l'heure où la multiplication des matches et autres évènements en tout genre prend le dessus dans les sports les plus célèbres, la NBA a mis en place cette saison, pour la première fois, le In-Season Tournament, une coupe disputée par les 30 équipes de la ligue. Alors, à qui profite réellement ce nouveau tournoi et quel est son réel intérêt ? L'objectif de cet article est d'examiner en profondeur l'utilité de la NBA Cup, en explorant ses avantages et ses inconvénients, ainsi que ses implications pour les joueurs, les équipes et les fans.
Genèse et Structure de la NBA Cup
L'idée était d'intégrer lors de la saison régulière un tournoi de six poules avec cinq équipes, avant des phases finales avec quarts, demies et finale. Soit. Ça sonne bien, une "NBA Cup". Mais que fait-on de l'accumulation des matches et de la fatigue des joueurs ? Adam Silver et ses acolytes avaient tout planifié : pour éviter les critiques, il fallait que les matches disputés comptent pour la saison régulière. Ainsi, pas de surplus toxique pour nos très chers joueurs. En effet, l'idée était d'avant tout "redynamiser" la saison régulière tout en évitant le trop-plein. Avec le temps, la ligue est arrivée à la conclusion que la montée en pression se faisait crescendo (logique) et qu'il fallait animer tout cela. Dans l'idée, ça paraît cool. On organise quatre soirées durant le mois de novembre consacrées au In-Season Tournament, et ça compte pour la régulière. Enfin, les phases finales devaient commencer lors de la première semaine de décembre.
La NBA a officialisé ce samedi la création de la NBA Cup, son tout premier tournoi organisé durant la saison régulière, en dévoilant les groupes de la première édition à laquelle participeront les 30 équipes de la ligue nord-américaine au cours du prochain exercice. Le commissaire de la NBA, Adam Silver, a souligné que l'idée avait été discutée pendant 15 ans par les responsables de la ligue avant d'aboutir à un format inspiré de certaines compétitions de football européen. « C'est une opportunité parfaite pour une ligue mondiale comme la NBA », a-t-il déclaré. « Je suis très enthousiaste, a assuré de son côté Steve Kerr, l'entraîneur des Golden State Warriors. Cela va ajouter un élément d'excitation pour les joueurs, les entraîneurs et les fans. Je pense que c'est une excellente idée. »
Les 30 équipes de la NBA seront réparties en six groupes de cinq équipes, trois de la Conférence Est et trois de la Conférence Ouest. Chaque équipe affrontera une fois les quatre autres, jouant chacune deux fois à domicile et deux fois à l'extérieur.
Les équipes seront tirées au sort sur la base des résultats de la saison dernière. Ces matches se dérouleront les mardis et vendredis du mois de novembre à partir du 3 novembre. Les premiers de chaque groupe et les deux meilleures équipes suivantes se qualifieront pour les quarts de finale, à élimination directe, qui se dérouleront les 4 et 5 décembre. Les vainqueurs se qualifieront pour les demi-finales qui se dérouleront à Las Vegas le 7 décembre, la finale ayant lieu deux soirs plus tard. À noter que les clubs continueront à disputer 82 matches de saison régulière lors de la saison 2023-2024.
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Les six groupes de la NBA Cup :
- Groupe 1 (Est) : Philadelphie 76ers, Cleveland Cavaliers, Atlanta Hawks, Indiana Pacers, Detroit Pistons
- Groupe 2 (Est) : Milwaukee Bucks, New York Knicks, Miami Heat, Washington Wizards, Charlotte Hornets
- Groupe 3 (Est) : Boston Celtics, Brooklyn Nets, Toronto Raptors, Chicago Bulls, Orlando Magic
- Groupe 4 (Ouest) : Memphis Grizzlies, Phoenix Suns, Los Angeles Lakers, Utah Jazz, Portland Trail Blazers
- Groupe 5 (Ouest) : Denver Nuggets, Los Angeles Clippers, New Orleans Pelicans, Dallas Mavericks, Houston Rockets
- Groupe 6 (Ouest) : Sacramento Kings, Golden State Warriors, Minnesota Timberwolves, Oklahoma City Thunder, San Antonio Spurs
Objectifs de la NBA Cup
- Redynamiser la Saison Régulière : L'objectif principal est d'injecter de l'enthousiasme et de l'intérêt dans la saison régulière, souvent perçue comme longue et prévisible.
- Augmenter l'Engagement des Fans : En créant des matches à enjeux plus tôt dans la saison, la NBA espère attirer un public plus large et maintenir l'attention des fans tout au long de l'année.
- Générer des Revenus : La NBA Cup offre une opportunité d'augmenter les revenus grâce aux droits TV, aux ventes de billets et au sponsoring.
Les enjeux financiers
Finalement, ce qui compte en NBA, c'est le fameux Larry O’Brien Trophy du mois de juin. Et rien d'autre… N'en déplaise à Adam Silver. Alors ce dernier prie très certainement pour voir une finale à la T-Mobile Arena de Las Vegas entre LeBron et Giannis - les Lakers affronteront les Pelicans en demies et les Bucks joueront contre les Pacers. Une finale à Sin City… Forcément, on est obligé de se dire que les autres raisons de la création de ce tournoi sont purement - et strictement - financières. Comme souvent.
Pour la NBA, la compétition est tout bénef' du point de vue des droits TV. Vous vendez une phase finale, des matches à enjeux… Les prix sont gonflés et la ligue s'enrichit. Aussi, on tend une carotte aux joueurs, qui peuvent gagner jusqu'à 500K par bonhomme si leur équipe finit championne. C'est cool… Mais 500K, en NBA, est-ce que ça vaut vraiment la peine les gars ?
Chaque joueur de l'équipe victorieuse de la NBA Cup recevra 500 000 dollars. Les joueurs de l'équipe championne remporteront 514 970$ chacun, les finalistes malheureux 205 988$, les demi-finalistes 102 994$ et les quart de finalistes 51 497$. Autant de chiffres en légère augmentation (+3%) par rapport à l'an dernier.
Pour convaincre les franchises de ne pas faire l'impasse, la NBA a sorti le chéquier. De 50 000 dollars (45 730 €) par joueur pour les quart-finalistes jusqu'à 500 000 dollars à ceux qui soulèveront le trophée. « Pour les joueurs qui essaient de rester en NBA, ces sommes peuvent changer leur vie », déclarait Damian Lillard, le meneur all-star de Milwaukee. Si certains, comme l'ailier de Sacramento Keegan Murray, se sont réjouis d'observer « une atmosphère de play-offs » dès novembre, l'argument financier est resté le plus frappant. « Il y a 500 000 dollars en jeu, on y va pour ça », confirmait LeBron James le 11 novembre, avant de qualifier les Los Angeles Lakers en quarts de finale. Mais d'autres, comme son coéquipier Gabe Vincent, se sont émus de voir les primes dépasser celles promises en cas de qualification en play-offs.
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Impact sur la Saison Régulière
Pour ne pas allonger la saison régulière, la NBA a inventé des matches à double enjeu. Les mardi et les vendredi donc, les équipes disputeront des matches qui compteront à la fois pour la NBA Cup et à la fois pour la saison classique. Ceci vaut pour toutes les rencontres, y compris les quarts de finale et les demies. Seule la finale sera à part, les équipes concernées disputeront donc 83 matches en 2023/2024.
Les critiques et controverses
Sauf que… la hype n'est pas montée comme ils l'espéraient. Peut-être parce que le public et les fans sont "trop" traditionnels. Ou possiblement, car, beaucoup pensent que rajouter des tournois - inutiles ? - à un calendrier surchargé, ce n'est pas nécessaire.
Car finalement, qui dit matches à enjeux, dit potentielles blessures, et ce, dans une période durant laquelle les franchises sont habituées à doser. Et ça, ce n'est pas top pour nos joueurs. Tout ça pour des primes de 50K, 100K, 250K et 500K pour les joueurs, un nouveau trophée et des médailles de champions. Conclusion, à vouloir apporter des changements à ce qui nous fait aimer le sport, on finit par le dénaturaliser. Ça vaut pour le basketball, le football, le tennis, etc. La Ligue des nations, la Coupe Davis, le In-Season Tournament… Cerise sur le gâteau pour ce dernier ? Il a fallu préparer le calendrier des équipes éliminées de la "Coupe NBA", soit deux rencontres cette semaine… à la dernière minute !
Au départ, la NBA avait imaginé laisser les 22 équipes qui n’étaient pas qualifiées pour les quarts de finale ne jouer que 80 matches en saison régulière. Sauf qu'il y avait plus à perdre, qu'à gagner pour les clubs : un match à domicile génère en moyenne deux millions de dollars. Un détail important, en plus du fait que la NBA n’était pas chaude à l’idée d’une semaine à sept matches.
Parquets glissants
Pour séparer les matches de la « NBA Cup », qui comptent également dans le classement de saison régulière, des autres affiches, chaque équipe a installé un parquet spécial pour l'occasion. La réaction des fans a été mitigée tout comme celle des joueurs qui ont vite identifié un problème de sécurité sur les nouveaux terrains. « Le parquet était glissant tout le match. C'était inacceptable », taclait Jaylen Brown (Boston), légèrement touché à l'aine après avoir perdu ses appuis en fin de match à Toronto (108-105). Dallas avait même dû reporter la mise en place de son terrain spécial après avoir reconnu « un défaut de conception ». Luka Doncic, la star des Mavericks, est sorti furieux de son match à New Orleans (110-131), le 14 novembre : « Le terrain était glissant et par endroits, le ballon rebondissait très mal ! » Si aucun joueur n'a encore subi de blessure sérieuse, la NBA tient déjà un des principaux chantiers de sa deuxième édition.
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Succès mitigé auprès des spectateurs
Léger frémissement sur les audiences Face à une forte concurrence (NFL, saison universitaire), la NBA espérait donner un coup de fouet à ses audiences du début de saison grâce à sa nouvelle compétition et des matches à enjeux dès l'automne. Les joueurs lui ont donné une passe décisive avec une majorité de rencontres accrochées (60 % avec 10 points d'écart ou moins). Mais si les matches de la « NBA Cup » sont plus suivis - 55 % de téléspectateurs supplémentaires début novembre -, l'effet sur les audiences est limité. Sur ESPN et TNT, parmi les principaux diffuseurs, une affiche NBA attire seulement 60 000 téléspectateurs de plus que la saison passée selon le site spécialisé Sports Media Watch. L'audience du Final Four à Las Vegas sera scrutée avec attention par le patron de la NBA Adam Silver et ses équipes avant le lancement des négociations du prochain cycle de droits télévisés pour lequel la Ligue attendrait 75 milliards de dollars.
Exemples de Matches Mémorables
Pour la deuxième fois en trois jours, Golden State est allé l’emporter à San Antonio, avec un Stephen Curry encore immense, auteur de 49 points. Les Warriors ont remis ça ! Deux jours après l’avoir emporté 120-125 à San Antonio avec un Stephen Curry à 46 points et malgré un Victor Wembanyama en triple-double, Golden State s’est de nouveau imposé chez les Spurs, dans un match qui comptait également pour la NBA Cup, mais cette fois sur le score de 108-109, avec un Stephen Curry à 49 points. Au fond du trou mardi lors de la défaite à Oklahoma City, le meneur de 37 ans a retrouvé son immense talent lors de cette double-confrontation face aux Texans, rentrant 16 de ses 26 tirs, dont 9 sur 17 à 3 points, et réussissant également ses 8 lancers-francs. C’est d’ailleurs aux lancers-francs qu’il a scellé la victoire des Warriors à six secondes de la fin, alors que San Antonio menait 108-107. De’Aaron Fox a commis la faute sur Curry, puis a ensuite manqué le tir de la victoire à deux secondes du buzzer. Un petit hold-up de la part de Golden State, car les Spurs avaient mené pendant quasiment tout le dernier quart-temps de ce match où aucune aucune n’a compté plus de dix points d’avance. Victor Wembanyama termine quant à lui avec 26 points et 12 rebonds.
Houston et les Lakers faciles Si les deux premiers de l’Ouest, OKC et Denver, n’ont pas joué ce vendredi, le troisième, Houston, s’est en revanche largement imposé 140-116 contre Portland, dans un match où les Rockets ont fait la différence à partir du milieu du deuxième quart. Kevin Durant a inscrit 30 points en 36 minutes. Les Lakers sont quant à eux quatrièmes, après l’avoir emporté 104-118 à New Orleans, lanterne rouge, dans un match à sens unique, avec 31 points d’Austin Reaves, 24 points et 12 passes de Luka Doncic et 20 points et 16 rebonds de Deandre Ayton. Minnesota fait partie du Top 6 également, après son succès 124-110 sur Sacramento, qui encaisse sa cinquième défaite d’affilée. Les Wolves ont fait la différence dans le dernier quart (32-19) et ont pu compter sur un Anthony Edwards à 30 points (34 pour Domantas Sabonis côté Kings). A noter également les 41 points, 14 rebonds et 11 passes de James Harden lors de la victoire 127-133 des Clippers à Dallas après prolongation.
Les Indiana Pacers ont validé leur ticket pour les quarts de finales de la NBA Cup en battant les Atlanta Hawks lors d’un match complétement débridé la nuit dernière (157-152). 309 points dans un match NBA ! « C’est excitant », avoue le meneur All-Star au sujet de l’autre compétition en cours. « On est les premiers à se qualifier et on est prêts. On a d’autres matches à jouer avant les quarts mais c’est sûr que l’on veut gagner la NBA Cup. C’est une occasion de remplir un petit peu l’armoire à trophées bien vide des Pacers. La franchise d’Indianapolis n’a jamais rien gagné en NBA, même si elle compte trois titres ABA. Un peu plus tard dans la soirée, les Los Angeles Lakers se sont aussi qualifiés pour les quarts.