Introduction
L'histoire du Yutz Handball Féminin est une saga de hauts et de bas, de moments de gloire et de périodes de crise. Le club a navigué à travers les divisions, surmonté des défis financiers et s'est reconstruit à plusieurs reprises. Cet article explore le parcours de ce club emblématique, de ses succès passés à ses ambitions futures, en mettant en lumière les figures clés qui ont marqué son histoire.
Les Années de Gloire et la Descente aux Enfers
Le Yutz Handball Féminin a connu des moments de gloire, notamment lors de ses trois belles saisons parmi l’élite. En 2005, le club a remporté une victoire mémorable face à Metz Métropole (22-21). Cependant, en 2007, Yutz Handball a retrouvé la deuxième division avec pertes et fracas. Aux déboires sportifs se sont ajoutés des problèmes financiers, avec un trou avoisinant les 240 000 €. La descente aux enfers s'est poursuivie avec une relégation en Nationale 1 trois ans plus tard, plaçant le club au bord de l’implosion et de la disparition.
Le Retour de Francis Manneau et la Reconstruction
Heureusement pour le club, Francis Manneau, une figure emblématique du handball local, est revenu au bercail. Tel un "Guy Roux" local, il a remis tout à plat et relancé la machine en se coiffant d’une double casquette sur la tête : celle de président-entraîneur. Ses joueuses sont remontées en D2 avant de s’y installer durablement.
Un Nouveau Départ en Nationale 1
Sanctionné la saison passée de 16 points de pénalité par la Fédération, le club savait que le maintien serait une mission impossible. Malgré le courage des filles, la relégation en Nationale 1 a marqué un nouveau départ pour l’équipe fanion, qui avait toujours évolué en D1 ou D2, avec un passage express en N1 en 2010. Cette fois, le club devait se reconstruire à distance du haut niveau.
Le passage de la D2 à la N1 a valu les adieux logiques de plusieurs piliers comme Sabrina Abdelhali, Leila Hadi, Aïssatou Dabo ou encore Julie Sias. L'équipe yussoise, composée en grande partie de jeunes joueuses, aura de loin la moyenne d’âge la plus basse de sa poule de N1, avec cinq des seize filles de l’équipe culminant à 16 et 17 ans.
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Malgré ces défis, l'entraîneur est confiant, notamment grâce à des joueuses comme Mathilde Thouvenot et Nolwen Borhoven, qui évoluent au pôle Excellence de Metz et comptent parmi les douze meilleures joueuses du Grand Est.
Un Budget Réduit et de Nouvelles Bases
Exit les contrats (seule la gardienne Zarraï Ghada en a un), exit les frais de déplacement à travers toute la France, exit l’entraîneur salarié et exit les subventions de jadis. Le club, qui a vu son budget fondre (passant de 400 000 € à 280 000 €), repart sur de nouvelles bases, celles de l’optimisme et de la lucidité. L’objectif n’est pas la montée immédiate, mais plutôt de se reconstruire et d'être plus ambitieux à l'avenir.
La Saison 2014-2015
En 2014-2015, le club évoluait en Division 2. L'équipe de YUTZ avait la moyenne d'âge la plus élevée du championnat de France de Division 2 avec 26 ans de moyenne d'âge contre 23 ans pour le HBF Arvor 29 qui était la 3ème plus jeune équipe. L'équipe comptait 2 anciennes internationales, Sonia Cendier et Nathalie Selambarom, une Serbe, Anita Campa, et une Roumaine, Daniela Onoiu. Johanna Gomez était une ancienne internationale jeune.
L'équipe réserve évoluait en N2 et se classait 8ème. Durant l'intersaison, il y a eu 10 départs, dont Juliana Cioculeasa (Nîmes D1), Carmen Nitescu (Luxembourg), Majeta Janes (Fleury les Aubrais D1) et Zsofia Micsko (Hongrie). Sept nouvelles joueuses sont arrivées, dont Sonia Cendier (Metz D1), Johanna Gomez (Metz D1), Sylvie Sarpedon-Brulliot (Metz D1), Jessica Moriscot (Le Pouzin N1), Cindy Hericourt (La Crau D2), Anita Campa (Naisa Nis, D1 serbe) et Bobeeica (Rapid Bucarest, D1 Roumanie). L'entraîneur était Rodica Covalliuc et l'objectif était de remonter en D1. Yutz avait le 3ème budget de D2, tandis que le HBF Arvor29 n'était que le 7ème.
Dans le sillage de la locomotive Metz Handball, les Yussoises réalisaient un début de saison aussi spectaculaire qu'inattendu en deuxième classe. Un retour sur le devant de la scène pour un club qui est passé par tous les états depuis une décennie.
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Le Changement dans la Continuité
Francis Manneau a quitté le banc pour confier les rênes de l’équipe à Gilles Boutiali, qui partage la même conception du handball et les mêmes références. Boutiali souligne qu'il a les coudées franches et que Manneau n'empiète pas dans ses plates-bandes. L'équipe a peu changé par rapport à l’année précédente, avec seulement deux nouvelles joueuses : Sabrina Abdellahi et Marjolein Broch.
Des Ambitions Mesurées
Malgré un bon début de saison, les dirigeants de Yutz ne veulent pas avoir les yeux plus gros que le ventre et visent seulement une place dans le Top3. Le club ne peut et ne veut pas monter en première division pour des raisons financières et structurelles. Manneau préfère structurer le club et jouer les premiers rôles en deuxième division plutôt que de végéter en première. Il rêve que le projet de grande salle par la communauté d’agglomération Portes de France voit le jour.
Les Figures Emblématiques
Rachida Drii
Capitaine emblématique, Rachida Drii est le talisman de l'équipe. Elle a rejoint Yutz en 2004 en provenance de Metz Handball, avec qui elle a décroché deux titres de championne de France. Après une nouvelle pige d’une saison à Metz et deux à Dijon, elle est revenue à Yutz en 2009. À 34 ans, elle est la capitaine, la buteuse patentée des Louves, mais surtout son âme et son emblème.
Gilles Boutiali
Successeur de Francis Manneau, Gilles Boutiali partage la même philosophie du handball. Il a fait l’essentiel de sa carrière comme capitaine à Thionville avant de prendre les destinées des équipes de jeunes. Ses débuts en tant qu'entraîneur de l'équipe première ont été au-delà de ses espérances.
Francis Manneau
Président emblématique, Francis Manneau est indissociable de l’histoire de Yutz Handball. Il a dirigé le club de 1978 à 2013, le portant du niveau départemental à l’élite du handball féminin hexagonal en 2004. Après avoir été limogé en 2007, il est revenu pour remettre le club sur les rails.
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