Earvin Ngapeth, star incontestée du volley-ball français, est une figure emblématique de ce sport, tant par son talent exceptionnel que par son parcours atypique. Sa carrière, jalonnée de succès et de controverses, a contribué à populariser le volley-ball en France et à faire de lui l'un des joueurs les plus reconnus au monde.
Jeunesse et Débuts
Né le 12 février 1991 à Saint-Raphaël, dans le Var, Earvin Ngapeth est le fils d'Éric Ngapeth, ancien joueur international de volley-ball d'origine camerounaise. Son prénom est un hommage au célèbre basketteur Earvin "Magic" Johnson. Bien que son père soit un volleyeur accompli, Earvin s'oriente d'abord vers le football, pratiquant ce sport à Fréjus.
C'est après un déménagement à Poitiers pour des raisons professionnelles que le jeune Earvin découvre véritablement le volley-ball. Il prend une licence dans un club local et son talent éclate rapidement. Il est sacré champion de France avec Saint-Benoît. Le divorce de ses parents le marque cependant et le met en difficulté scolaire, à tel point qu'il redouble. Il rejoint ensuite le Centre national de volley-ball chez les juniors de 2002 à 2007, mais en est écarté pour des problèmes de résultats scolaires et d’attitude.
Carrière en Club
Sous les ordres de son père, nommé entraîneur de l'équipe de Tours Volley-Ball, Earvin Ngapeth explose au plus haut niveau. En 2008, il remporte la Coupe de France et en 2010, il gagne le Championnat de France avec Tours. Tout juste élu meilleur joueur de France, il quitte Tours pour le club de Cuneo, en Italie, à l’été 2011.
Son parcours en club est ensuite marqué par de nombreux transferts et expériences à l'étranger. De 2012 à 2013, il accède à la finale de Ligue des champions. Après deux saisons en Italie, Earvin Ngapeth signe en Russie et rejoint son père, entraîneur du VK Kouzbass Kemerovo, pour un gros contrat en 2013. Une signature qu’il regrette rapidement. En janvier 2014, Ngapeth ne revient pas dans son club russe après un tournoi à Paris avant de rompre ensuite son contrat avec Kemerov. C’est alors qu’il décide de retourner en Russie pour signer dans le plus grand club du monde, le Zenit Kazan. Mais à nouveau, l’aventure en Russie se passe mal pour Earvin Ngapeth sur le plan sportif. Le Français échoue à remporter la Super Ligue russe ainsi que la Ligue des champions, alors que Kazan restait sur cinq titres nationaux et quatre titres européens avant son arrivée.
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Il joue ensuite pour Modène en Italie, où son frère Swan le rejoint. Avec ces deux clubs, il gagne un championnat, trois coupes nationales, trois supercoupes et dispute une deuxième finale en Ligue des champions - à nouveau perdue. Dans ce même laps de temps, il pige dans deux clubs asiatiques : un au Qatar, où il remporte la Coupe de l'Emir en 2018, et un en Iran où il ne reste que dix jours, le temps de remporter la Coupe des clubs d'Asie. Earvin Ngapeth est aujourd'hui sous contrat avec l'Halkbank Ankara, dans le championnat turc. Après son départ de Tours pour Cuneo, il touchait 200 000 euros par saison.
En 2024, Earvin Ngapeth fait son retour là où tout a commencé, à l’Alterna Stade poitevin volley-ball. À 33 ans, Ngapeth jouera cette saison le rôle de leader, pour trois mois ou plus. Cette arrivée surprise vient ponctuer un mercato intéressant de l’Alterna SPVB. « Je veux m’inscrire dans cette aventure comme un grand frère. Mon expérience du haut niveau sera un allié de taille pour redorer le blason du club. C’est aussi l’occasion de raviver la flamme d’un club historique du championnat, j’espère y contribuer avec ma venue. L’arrivée d’Earvin Ngapeth pourrait cependant permettre au club champion de France 1999 de retrouver les sommets plus tôt que prévu.
Carrière Internationale
Parallèlement à sa carrière en club, Earvin Ngapeth est devenu un cadre de l'équipe de France. Il vit ses premières sélections en 2010 lors du Championnat du monde. Réintégré au groupe en 2011, il fait partie du groupe lors de toutes les grandes performances des Bleus. Il est du doublé Ligue mondiale/Championnat d'Europe en 2015, puis du doublé en Ligue mondiale en 2017. La plus grande performance de l’histoire du #volleyball français !
Avec l’équipe de France, Earvin Ngapeth a été sacré champion d’Europe en 2015 et a gagné deux fois la Ligue mondiale (2015 et 2017), sans oublier la Ligue des nations (2022). Mais il a surtout été champion olympique en 2021, lors des JO de Tokyo, avec les Bleus. En remportant un second titre olympique d’affilée, l’équipe de France de volley masculine est rentrée un peu plus dans la légende.
Il est du doublé Ligue mondiale/Championnat d'Europe en 2015, puis du doublé en Ligue mondiale en 2017. La plus grande performance de l’histoire du #volleyball français !
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Style de Jeu et Reconnaissance
Reconnu comme l’un des meilleurs joueurs du monde, Earvin Ngapeth se distingue par son talent exceptionnel, sa technique irréprochable et sa capacité à prendre des risques. Il est capable de réaliser des gestes spectaculaires et de déstabiliser ses adversaires grâce à sa créativité et son imprévisibilité. Laurent Tillie le décrit comme "le phare de l’équipe de France, un joueur talentueux, très technique, jamais paralysé par l’enjeu ou le stress. C’est tout le contraire."
Sur le plan personnel, Ngapeth obtient le titre de MVP de la Ligue mondiale (2015 et 2017), de la Ligue des nations (2022) mais aussi lors du tournoi olympique de Tokyo. Avec Tours, il a été champion de France en 2010 et a gagné trois fois la Coupe de France (2009, 2010 et 2011). Avec Modène, il a été champion d’Italie en 2016 et a gagné deux Coupes d’Italie (2015 et 2016). Avec Kazan, il a dû se contenter d’une Coupe de Russie (2018) et de deux Supercoupes de Russie (2018 et 2021).
Controverses
La carrière d'Earvin Ngapeth a également été marquée par des controverses et des démêlés avec la justice. Comme en 2013, où il est condamné à huit mois de prison avec sursis pour une bagarre en boîte de nuit à Montpellier. Ou en 2015, où en Italie, à Modène, ivre au volant, il renverse trois personnes. Ou encore en 2019, quand il passe une nuit en prison pour avoir «tapé les fesses d’une inconnue» au Brésil. Il confiera au journal Le Monde qu’il «s’est trompé et penser avoir affaire à une amie». Ces incidents ont terni son image et ont suscité des critiques à son égard.
Mais pour qu'une candidature soit validée, il faut respecter des critères éthiques… et que Earvin Ngapeth a été plusieurs fois confronté à la justice, avec plusieurs condamnations à de la prison avec sursis.
Autres Activités
Passionné de musique, Ngapeth s’est aussi lancé dans le rap au début des années 2010. En parallèle de son métier de volleyeur professionnel, Earvin Ngapeth a décidé de se lancer dans le rap avec sérieux. Il a commencé à chanter durant ses années à Poitiers, sous le pseudo de « Klima » et sort même un premier album, « Klimatizason » en 2010. En 2015, il sort le titre Team Yavbou (le nouveau surnom des Bleus depuis une victoire contre le Brésil en 2013) pour soutenir les Bleus.
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Il forme le groupe Outlaw avec trois amis et prend le surnom de Klima, en raison de son humeur lunatique.
Si sa passion pour le volley, amené par son père Eric, ancien volleyeur international, a toujours coulé dans ses veines, Ngapeth s’est aussi essayé au football en côtoyant notamment l’ex-joueur du PSG, Layvin Kurzawa.
Candidature aux JO de Paris
Star incontestée du volley-ball en France, Earvin Ngapeth pourrait avoir l'honneur d'être nommé porte-drapeau de la France aux JO de Paris. Earvin Ngapeth s’est porté candidat pour être porte-drapeau de la France lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris.