La pyramide du football anglais : un système de ligue unique

Le football anglais, avec sa structure pyramidale complexe, est un modèle unique dans le monde du sport. Bien que la Premier League, le championnat le plus prestigieux, soit souvent mise en avant, elle ne représente que la partie émergée de l'iceberg. La structure pyramidale des divisions de football anglais se compose de pas moins de vingt niveaux. Les quatre premiers niveaux de la pyramide sont des divisions professionnelles. Ensuite, il existe entre les niveaux 5 et 8 quatre divisions composées de clubs semi-pro. Enfin, à partir du neuvième niveau, les divisions sont composées d’équipes amateurs. Cette organisation, établie depuis la création de la Football League en 1888, a connu une mutation majeure avec l'avènement de la Premier League en 1992.

Les fondations historiques du football anglais

Le football anglais s'est construit sur des fondations solides établies par la Football Association, créée en 1863. La Football League, fondée le 17 avril 1888, a instauré le premier système organisé de compétition entre clubs. À ses débuts, elle ne comptait que 12 équipes professionnelles. Les premiers mouvements entre divisions ont commencé avec l'expansion progressive de la Football League. Les clubs pionniers ont établi les bases d'une tradition qui allait devenir un élément central du football anglais.

La Premier League : le sommet de la pyramide

Ce championnat est sans doute le plus prestigieux au monde. La première division anglaise, anciennement appelée Football League jusqu’en 1992, a connu 24 champions. Les clubs les plus titrés sont Manchester United (20 titres), Liverpool (19 titres) et enfin Arsenal (13 titres). Depuis 1992 et la création de la Premier League, il n’y a que 6 clubs qui ont participé à l’ensemble des 28 saisons : Manchester United, Arsenal, Chelsea, Liverpool et Everton. En fin de saison, ce sont les trois derniers du classement qui sont relégués en division inférieure. Enfin, côté records, l’équipe qui a marqué le plus de points dans une saison est celle de Manchester City en 2017-2018. Les hommes de Guardiola compilèrent 100 points ! Vous vous en souveniez peut-être. Cependant connaissez-vous l’équipe qui a acquis le moins ?

Le Championship : un championnat ardu

Elle est composée de 72 clubs répartis en trois divisions : le Championship, la League One et enfin la League Two. Il est souvent dit que ce championnat de seconde division est l’un des plus ardus au monde. Les joutes y sont rudes et la saison ressemble à un véritable marathon. Cette saison, d’illustres clubs sont en lice dans ce championnat. Concernant les promotions en Premier League, les deux premiers montent directement tandis les équipes classées de la 3eme à la 6 eme place se disputent le dernier ticket dans un système de play-off. Pour les descentes, elles concernent les clubs classés 24, 23 et 22eme à l’issue du championnat. Enfin, il faut noter que ce championnat de niveau 2 possède la 10eme affluence moyenne des championnats de football dans le monde.

La League One et la League Two : des divisions professionnelles

Ces troisième et quatrième niveaux sont eux aussi professionnels. Attirés par l’engouement entourant ces divisions, certains joueurs formés en France tels que Kenny Gillet, ou plus récemment Maxime Biamou, ont sauté le pas et traversé la Manche. Les joueurs ont souvent fait ce choix afin de vivre de leur passion tout en évoluant dans des stades souvent pleins. Au sein de ces divisions l’engouement est réel et pas obligatoirement autour des vieilles connaissances de la Premier League! Eh oui ! Des clubs relativement connus sont actuellement présents dans ces divisions. Concernant, le système de promotion/relégation, en League One ce sont les deux premiers qui montent directement et les équipes allant de la 3eme place à la 6eme place se battent en play-off pour la 3eme promotion. La League Two offre, logiquement de son côté, quatre promotions (les 3 premiers du championnat plus une place en play-off jouée par les clubs finissant de la 4e à la 7e place).

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La Non League Football : le monde semi-professionnel

À partir du niveau 5 et de la National League, nous entrons dans ce qui s’appelle la Non League Football. Ces divisions semi-pro vont vont du niveau 5 au niveau 8. Les clubs Non-League jouent dans des ligues semi-professionnelles ou pour les plus basses en amateur. Il faut savoir qu’avant 1987, il n’existait absolument aucun système automatique de promotion et de relégation entre les clubs professionnels et ceux du Non-League football ! Les clubs de bas de tableau de la dernière division de la Football League devaient simplement représenter leur candidature pour rester au sein des divisions professionnelles, et logiquement ceux de Non-League n’avaient quasiment aucune chance de monter. Les divisions de Non-League football possèdent encore les traces (dans les différents noms) d’une certaine indépendance des compétitions composant ces niveaux.

Les divisions amateurs : la base du football anglais

Enfin, concernant les divisions amateurs débutant au niveau 9, elles sont gérées au niveau régional. En observant la foultitude de groupes régionaux répartis sur plus de 10 divisions, on comprend toute l’importance du football Outre-manche. Pour vous donner un ordre d’idée: en France il existe 15 000 clubs. En Angleterre c’est 42 000, presque trois fois plus !

Promotions et relégations : un système dynamique

Le football anglais se caractérise par son système unique de promotions et relégations, un modèle qui a façonné l'histoire du sport britannique depuis ses débuts. La Football League britannique illustre la beauté du système pyramidal anglais, où les clubs peuvent gravir les échelons du football professionnel. Cette structure unique, composée de plus de 140 ligues et 480 divisions, a permis l'émergence d'histoires extraordinaires de promotions successives.

Exemples d'ascensions remarquables

Le parcours du Wimbledon FC représente une ascension remarquable dans l'histoire de la Football League. Parti des divisions amateurs en 1977, le club a réalisé l'exploit de grimper quatre divisions en neuf ans. La formation londonienne s'est hissée jusqu'à la Premier League, démontrant la force du système de promotion anglais.

L'AFC Bournemouth incarne une aventure moderne dans le football anglais. Le club est passé de la League Two à la Premier League entre 2008 et 2015. Sous la direction d'Eddie Howe, les Cherries ont franchi trois divisions, transformant un club au bord de la faillite en une équipe stable de l'élite. Cette progression spectaculaire s'est appuyée sur des infrastructures modernisées et une politique de transferts intelligente.

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Exemples de chutes vertigineuses

Leeds United incarne la chute vertigineuse d'un géant du football anglais. Triple champion d'Angleterre et demi-finaliste de la Ligue des Champions en 2001, le club du Yorkshire a traversé une période sombre. La relégation en Championship a marqué le début d'une spirale négative, malgré les investissements significatifs dans les transferts et les infrastructures.

L'histoire de Nottingham Forest résonne comme un avertissement dans le football britannique. Le club, double vainqueur de la Coupe d'Europe des Clubs Champions, a connu une descente aux enfers jusqu'en League One. Cette situation illustre la fragilité des institutions sportives face aux aléas financiers et sportifs. Les droits TV, les revenus limités en divisions inférieures et la structure du Football League System ont rendu le retour au premier plan particulièrement ardu.

Exemples de renaissances

Manchester City incarne la renaissance absolue dans le football anglais. Après une descente en Championship en 2001, le club a connu une transformation spectaculaire. Cette période en deuxième division a permis au club de se reconstruire, de renforcer ses infrastructures et de bâtir un projet solide. La remontée en Premier League a marqué le début d'une nouvelle ère, caractérisée par des investissements majeurs dans les transferts et le développement des infrastructures.

Newcastle United représente un autre exemple significatif des mouvements entre les divisions du football anglais. Les Magpies ont traversé plusieurs périodes en Championship avant de retrouver leur place parmi l'élite. Le club a su maintenir son statut d'institution majeure grâce à ses supporters fidèles et ses installations emblématiques. La Football League a servi de tremplin à Newcastle pour renforcer son équipe et revenir plus fort en Premier League.

L'impact économique des promotions et relégations

La structure pyramidale du football anglais offre un système unique où les clubs peuvent évoluer entre les différentes divisions. Ce modèle économique génère des répercussions financières majeures pour les clubs professionnels. L'accession à la Premier League transforme radicalement la situation financière des clubs. Une différence notable existe entre les revenus du Championship et ceux de l'élite anglaise, avec un rapport de 1 à 6. Les droits TV constituent la principale source de revenus. Les clubs promus doivent réaliser des investissements significatifs pour maintenir leur compétitivité.

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La relégation en Championship entraîne une diminution drastique des ressources financières. La Football League a mis en place un système d'aide pour les clubs relégués. L'exemple de Bournemouth, avec une aide de 50 millions d'euros après sa relégation en 2019-2020, montre l'ampleur des montants. Les clubs doivent alors revoir leur modèle économique, réduire leur masse salariale et adapter leurs infrastructures à leur nouveau statut.

La Super Ligue : une menace pour la pyramide du football anglais ?

Récemment, des clubs anglais, italiens et espagnols, comme Manchester United, la Juventus de Turin ou le Real Madrid, ont annoncé la création de leur propre ligue fermée, la Super Ligue. Cette initiative a suscité une vive opposition de la part des instances dirigeantes du football, des ligues nationales et des supporters.

L'opposition à la Super Ligue

Elle n'était pas encore née qu'elle faisait déjà l'unanimité. Contre elle. La Super Ligue, dont la mise en place a été officialisée dans la nuit de dimanche à lundi, a suscité une vague impressionnante de condamnations dimanche, après les fuites révélées par plusieurs médias. L'Europe entière est montée au créneau pour s'y opposer. Mais surtout l'Angleterre, particulièrement concernée avec six clubs (Manchester United, Manchester City, Arsenal, Liverpool, Tottenham et Chelsea) figurant parmi les douze qui ont entériné la création de cette ligue fermée. La Premier League et la FA avaient chacune publié un communiqué pour s'y opposer. "La Premier League condamne toute proposition qui attaque le principe d'une compétition ouverte et basée sur le mérite sportif, qui sont le coeur de la pyramide du football domestique et européen, avait indiqué la Premier League dans un communiqué. "Nous ne permettrons pas la tenue d'une compétition qui endommagerait le football anglais et nous prendrons toute action légale nécessaire pour protéger l'intérêt général du football", avait de son côté prévenu la Fédération anglaise. Des voix se sont élevées parmi les anciennes légendes de Manchester United pour fustiger la décision du club mancunien de participer à cette ligue fermée. En marge de la victoire des Red Devils face à Burnley, Gary Neville avait fait part de son indignation sur le plateau de Sky Sports. "Je suis dégouté, avait lancé l'ancien latéral droit de MU. Liverpool dit qu'"ils ne marcheront jamais seuls" ? United a été fondé par des travailleurs ? Et ils partent dans une ligue sans compétition, dont ils ne peuvent être relégués ? Que ce soit à Manchester United ou ailleurs. "Les propriétaires de ces clubs n'en ont qu'après l'argent, ce sont des imposteurs et ils n'ont rien à faire avec le football dans ce pays, ses fans et ses 100 ans d'histoire. C'est vraiment une plaisanterie. Trop c'est trop. C'est un acte criminel contre les fans de football." "Illégitime, irresponsable, et anticoncurrentiel" Sir Alex Ferguson, 13 fois champion d'Angleterre et double vainqueur de la Ligue des champions sur le banc de MU, y est lui aussi opposé. "Parler d'une Super Ligue, c'est s'éloigner de 70 ans du football européen, a estimé l'Ecossais. À mon époque, à United, nous avons disputé quatre finales de la Ligue des champions et elles ont toujours été les soirées les plus spéciales. Les fans du monde entier adorent la compétition telle qu'elle est." Les fans, justement. Football Supporters Europe, le réseau des supporters européen, s'est fendu d'un communiqué pour exprimer sa réprobation face à cette Super Ligue. "Cette compétition serait le dernier clou du cercueil du football européen, délaissant tout ce qui a fait son succès et l'a rendu populaire : le mérite sportif, les promotions et relégations, la qualification en compétitions européennes grâce aux succès nationaux et la solidarité financière, a-t-il écrit. C'est illégitime, irresponsable, et anticoncurrentiel par essence." La LFP et la FFF réagissent L'opposition est globale. Javier Tebas, président de la Ligue espagnole, avait lui aussi condamné la mise en place de cette ligue dont le Barça, le Real et l'Atlético font partie. Tout comme Christian Seifert, patron de la ligue allemande. En France, après le gouvernement, la LFP et la FFF avaient également émis des critiques dans un communiqué commun. "Les rêves hégémoniques d’une oligarchie auront pour conséquence la disparition d’un système européen qui a permis au football un développement sans précédent sur le continent européen", ont-elles prévenu. "Un système sans critère sportif d'accession qui réunit un club VIP de quelques puissants représente non seulement la négation du mérite sportif mais aussi un véritable danger pour le monde du football", a de son côté déclaré la Ministre des Sports, Roxana Maracineanu. Les clubs désireux de créer cette Super Ligue sont, eux, étaient restés silencieux. Que ce soit en Angleterre, en Espagne ou en Italie, où la Juventus et l'AC Milan n'ont pas souhaité faire de commentaire auprès de l'AFP (l'Inter est le troisième club italien concerné, NDLR). Un silence assourdissant qu'ils ont fini par rompre dimanche soir, aux alentours de minuit, en annonçant chacun leur participation à cette Superligue.

Le projet de Super Ligue : un format controversé

Comme annoncé ces dernières heures, 12 clubs européens ont officialisé ce dimanche soir le lancement à venir d'une Super League semi-fermée. Avec un format nouveau et l'objectif d’engranger plus de revenus, en faisant concurrence à la Ligue des champions de l’UEFA. C’est une bombe qui fait trembler toute la planète foot. Dans des proportions assez colossales. Comme annoncé ces dernières heures, douze clubs européens ont décidé de s’organiser pour créer une Super League semi-fermée. Le Real Madrid, le Barça, l’Atlético de Madrid, l’Inter, l’AC Milan, la Juventus, Manchester City, Manchester United, Arsenal, Liverpool, Chelsea et Tottenham se sont entendus afin de lancer une nouvelle compétition, comme ils l’ont fait savoir ce dimanche soir. Trois clubs seront invités à les rejoindre, avec l'idée de débuter "aussitôt que possible". L’objectif? Engranger plus de revenus en faisant concurrence à la Ligue des champions et à la Ligue Europa. Aucun club français ni allemand ne fait partie de ce premier casting. Le PSG a pour l'instant refusé d'en faire partie, tout comme le Bayern Munich. "La création de la Super League intervient à un moment où la pandémie a accéléré l’instabilité du modèle économique actuel du football européen, peut-on lire dans un communiqué commun. Depuis plusieurs années, les clubs fondateurs ont eu comme objectif d’améliorer la qualité et l’intensité des compétitions européennes existantes, et, en particulier de créer un tournoi où les meilleurs clubs et les meilleurs joueurs pourraient s’affronter. Ces derniers mois, un dialogue s’est tenu avec les institutions quant à l’avenir des compétitions européennes et leur format. Les clubs fondateurs de la Super League pensent que les solutions proposées par les institutions ne permettent pas de résoudre les enjeux fondamentaux comme la nécessité de proposer des matchs de meilleure qualité et de générer des ressources supplémentaires pour toute la pyramide du football."

Les clubs participant à cette Super League seront soumis à "un cadre de dépenses régulé". En contrepartie, ils recevront "un versement en une fois de l’ordre de 3,5 milliards d’euros destinés uniquement à des investissements en infrastructures et compenser l’impact de la crise du Covid." La compétition est prévue pour accueillir vingt clubs, les quinze fondateurs et cinq additionnels, qualifiés chaque année à travers un système basé sur les performances de la saison précédente. Deux poules de dix seront mises en place à partir du mois d'août afin de créer une saison régulière, avec matchs aller-retour qui se disputeront en semaine, pour permettre aux équipes de participer à leurs championnats nationaux. Les trois premiers de chaque groupe seront qualifiés pour les quarts de finale. Les 4es et 5es s'affronteront lors d'un barrage pour les deux derniers tickets. Des playoffs avec matchs aller-retour seront ensuite organisées jusqu'à la finale, qui se disputera en mai, sur terrain neutre.

Florentino Perez, le patron du Real, a été désigné comme le premier président de cette Super League. "Nous allons aider le football à tous les niveaux pour l’amener à occuper la place qu’il mérite, estime-t-il. Le football est le seul sport global et le seul à compter 4 milliards de fans et notre responsabilité, en tant que grands clubs, est de satisfaire les attentes des supporters." Joel Glazer, co-président de Manchester United et vice-président de la Super League précise: "En réunissant les plus grands clubs et les plus grands joueurs du monde pour qu’ils s’affrontent tout au long de la saison, la Super League ouvre un nouveau chapitre du football européen, qui garantira une compétition et des stades de niveau mondial et un soutien financier accru pour la pyramide du football dans son ensemble."

Les réactions à la Super Ligue

Les douze clubs, qui ont également annoncé le lancement à venir d'une Super League féminine, expliquent vouloir dialoguer avec l'UEFA et la Fifa afin de "trouver les meilleures solutions" pour leur tournoi et "le football dans son ensemble". Avant même cette officialisation, l’UEFA était montée au créneau en assurant qu’elle se battrait pour défendre ses intérêts. L’instance européenne, qui devait annoncer ce lundi son projet de réforme, a dénoncé un "projet cynique, fondé sur l’intérêt de quelques clubs". En laissant planer de sérieuses menaces sur les clubs concernés, comme une exclusion de leur championnat national ou l’impossibilité pour leurs joueurs de représenter leur pays en sélection. Dans le sillage de l’UEFA, les fédérations et les ligues des principaux championnats sont montées au créneau pour exprimer leur opposition à la Super League. Même si aucune équipe de Ligue 1 n’a pour l’instant accepter d’y participer, la FFF et la LFP se sont joint à la fronde collective. Tout comme les instances allemandes. Certains gouvernements ont également exprimé leur désaccord face à cette tentative de révolution élitiste. L’Élysée a fait savoir qu’il appuiera toutes les démarches visant à "protéger l’intégrité des compétitions fédérales, qu’elles soient nationales ou européennes". Roxana Maracineanu, la ministre déléguée aux Sports, a évoqué "un véritable danger pour le monde du football". Boris Johnson, le Premier ministre britannique, a également fait part de ses réserves. Tout comme l’association des supporters européens, qui parle d’un "dernier clou dans le cercueil du football européen".

La décision de la Cour de justice de l'Union européenne

Un élément nouveau est apparu récemment avec la décision rendue par la Cour de justice de l'Union européenne, ce jeudi matin, qui marque un réel changement de cap. «Les règles de la FIFA et de l’UEFA sur l’autorisation préalable des compétitions de football interclubs, telle que la Super League, violent le droit de l’Union. Une chose est sûre, cet arrêt a rapidement été perçu comme une magnifique victoire pour le promoteur A22 Sports et les deux géants du football européen (le Real Madrid et le FC Barcelone). Quelques instants après la décision, Blaugranas et Merengues n’ont d’ailleurs pas caché leur joie. Si l’UEFA a, de son côté, souhaité calmer le jeu, A22 a, dans la foulée, organisé une conférence de presse en direct de Madrid pour dévoiler les contours de sa nouvelle compétition. Rappelant, dans un premier temps, que ce verdict rendu par la CJUE mettait fin à 69 ans de monopole de l’UEFA et que le football redevenait ainsi libre, A22 a ainsi détaillé un nouveau format de compétition européenne masculine et féminine qui se jouera en milieu de semaine avec une participation fondée sur le mérite sportif.

Le nouveau format de la Super Ligue proposé par A22 Sports

Cette compétition reposera sur un système de promotion et relégation, sans membres permanents et n’aura aucune incidence sur le calendrier des championnats nationaux. Plus précisément, les deux premières ligues, la Star League et la Gold League, sont composées de 16 clubs chacune, tandis que la troisième, la Blue League, comprend 32 clubs. Les clubs jouent à domicile et à l’extérieur dans des groupes de 8, ce qui donne un minimum de 14 matchs par club chaque année. Enfin, une phase à élimination directe, organisée en fin d’année, permettra quant à elle de déterminer les champions de chaque ligue et les clubs promus. Si aucun membre permanent ne sera présent dans cette compétition - la participation étant fondée sur le mérite sportif - A22 Sports ajoute que les montées et les descentes entre les trois ligues ont lieu chaque saison. L’accès à la Blue League sera alors fondée sur les résultats obtenus dans le championnat national. Le promoteur précise par ailleurs que les fans pourront accéder à tous les matchs en direct gratuitement sur une nouvelle plateforme de streaming. A noter également que pour la première année de la compétition, les clubs seront sélectionnés sur la base d’un ensemble de critères transparents et fondés sur les performances. Par ailleurs, la compétition féminine proposée repose sur les mêmes principes que les ligues masculines, à savoir, des ligues Star et Gold de 16 clubs chacune avec des groupes de 8, des matchs à domicile et à l’extérieur et un minimum de 14 matchs garantis par club et par an. À la fin de la saison, une phase à élimination directe déterminera les championnes de chaque ligue et les clubs promus. Si de nombreuses rumeurs sont d’ores et déjà relayées sur l’identité des futurs participants - l’OM et l’OL seraient notamment intéressés à l’idée de rejoindre le projet (Pablo Longoria, président des Phocéens, a rapidement tenu à démentir cette information) - A22 ajoute que des règles strictes en matière de Fair Play financier et une application transparente de celles-ci seront mises en place pour garantir des conditions de concurrence équitables entre les clubs participants. Enfin et dans le but d’assurer la stabilité du lancement de ces compétitions, le promoteur précise que les revenus des trois premières années de la nouvelle compétition seront garantis et supérieurs à ceux prévus pour le prochain cycle. Les paiements de solidarité s’élèveront ainsi à 8 % du total, avec un minimum de 400 millions d’euros, soit plus du double du montant distribué par l’actuelle compétition européenne.

Les arguments des promoteurs de la Super Ligue

«Nous pensons que notre proposition créera la compétition de football la plus passionnante d’Europe et, en même temps, un meilleur écosystème pour un football masculin et féminin plus durable. Elle permettra de renforcer les clubs historiques qui aujourd’hui souffrent et luttent pour être compétitifs au niveau international, tout en améliorant la solidité de la pyramide du football», a de son côté assuré Bernd Reichart, patron de A22 Sports. Interrogé sur cette nouvelle formule, le PDG de la société promotrice de la Super League a, par ailleurs, affirmé que ce projet révolutionnaire visait également à séduire un public précis. «Les jeunes fans, habitués du numérique et avec plein de divertissements possibles, se détournent du football et des compétitions européennes actuelles. Notre message se destine d’abord aux fans: le football est libre», a-t-il ainsi assuré avant d’annoncer la création d’une plateforme de grande envergure (type Netflix ou Meta, ndlr) qui sera financée par de publicités et développée avec partenaires déjà existants à travers le monde pour diffuser gratuitement tous les matchs de la compétition. Doté d’une finesse certaine dans sa communication, Bernd Reichart a finalement conclu son intervention en rappelant son intention de coopérer avec l’ensemble des acteurs du football, à commencer par… l’UEFA. «Notre initiative veut renforcer les clubs, veut leur donner le pouvoir de décider de leur propre destinée mais aussi les renforcer financièrement. Cela renforce aussi les clubs sur le plan financier au sein des ligues domestiques. Cela doit être et cela sera positif pour les ligues domestiques aussi. Nous tendons la main à tous les membres de la famille du football. Depuis 18 mois nous avons conduit un dialogue d’ouverture avec toutes les personnes qui veulent parler des problèmes et des solutions potentielles. Et cela inclut l’UEFA. Je l’ai fait par le passé et je serais ravi de le refaire».

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