La Vitesse Moyenne de Tir au Handball: Un Facteur Clé de Performance

Le handball moderne est un sport de vitesse, de puissance et de précision. Parmi les nombreux aspects qui contribuent à la performance d'une équipe, la vitesse de tir est un facteur déterminant. La vitesse de tir au handball féminin est un facteur déterminant de la performance, capable de transformer une action offensive en un but spectaculaire. Récemment, l'intérêt pour la quantification de cette vitesse a augmenté, permettant une analyse plus approfondie des performances individuelles et collectives. Cet article explore l'importance de la vitesse de tir au handball, en s'appuyant sur des données récentes et des exemples concrets.

L'Émergence des Données Quantitatives

Traditionnellement, l'évaluation des performances au handball reposait sur des statistiques classiques telles que le nombre de buts marqués, les passes décisives et les arrêts du gardien. Cependant, avec l'évolution de la technologie, il est désormais possible de mesurer des aspects plus précis, comme la vitesse des tirs. L'introduction de ces données offre une nouvelle perspective sur le jeu, permettant aux entraîneurs et aux joueurs d'identifier les forces et les faiblesses, et d'ajuster leurs stratégies en conséquence. Pour la première fois, l'EHF (Fédération Européenne de Handball) a fourni des données détaillées sur la vitesse des tirs effectués lors des demi-finales d'une compétition récente. Cette initiative marque un tournant dans l'analyse du handball, en offrant des informations précieuses sur la puissance des tirs des joueurs de haut niveau. La performance des joueurs se mesure aussi à travers les chiffres, et sous un angle inédit.

Vitesses Impressionnantes en Compétition

Les chiffres révèlent l'intensité et la puissance déployées par les handballeuses et handballeurs de haut niveau. Lors des compétitions récentes, des données détaillées sur la vitesse des tirs ont été fournies, offrant un aperçu inédit de la performance athlétique. Lors d'une demi-finale, Romain Lagarde a été flashé à 119 km/h, Nedim Remili à 121 km/h. Une fusée à douze mètres envoyée à plus de… 118 km/h ! Le coup franc d’Elohim Prandi, héros et sauveur de l’équipe de France lors d'une demi-finale de l’Euro de handball, a été flashé précisément à 118,62 km/h. De quoi expliquer la quasi-impossibilité pour le gardien suédois, Andreas Palicka, d’arrêter le tir du Français. Au delà de dégager une impression de sérieux et de grande application, la performance des joueurs de Patrice Canayer se mesure aussi à travers les chiffres, et sous un angle inédit cette année. 133 km/h pour Melvyn Richardson, 126 pour Valentin Porte : les héraultais ont livré une prestation majuscule pour sortir le Vardar Skopje, champion d'Europe en titre.

Le Tir Exceptionnel d'Elohim Prandi

Le tir d’Elohim Prandi se distingue non seulement par sa vitesse, mais aussi par sa technique et son contexte. Déclenché au niveau de la hanche, contournant par la droite le mur créé par les défenseurs suédois pour enfin transpercer la cage du portier de la Suède, le tir d’Elohim Prandi a scotché tout le monde. « Honnêtement, j’ai analysé le mur qui était devant moi, décryptait après coup l’arrière gauche des Bleus au micro de BeIN Sports. C’était un peu trop haut par rapport à la distance où j’étais, je me suis dit que j’allais shooter sur le côté. Voilà ! J’ai confiance en mon shoot, j’ai confiance en moi. Le but, il est là, il est accepté, on peut dire que je me couche mais on a gagné au final, je suis fier de ça. »

Statistiques Clés des Matchs

Sommet d'intensité, la première demi-finale entre Nantes et le PSG avait également offert des statistiques renversantes. En moyenne, Montpellier a tiré à 94,9 km/h et le Vardar à 101 km/h ! En moyenne, le H a tiré à 92,7 km/h tandis que les parisiens ont décoché des tirs de 93,3 km/h en moyenne.

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Le tir le plus rapide enregistré par les capteurs officiels a été réussi par l'ailier droit serbe Bogdan Radivojevic : 129,46 km/h. Le numéro 1 français est, sans surprise, le puissant Elohim Prandi, avec un missile expédié à 125,86 km/h.

Le sprinteur le plus véloce de l'Euro est français. L'ailier gauche Dylan Nahi a été flashé à 31,57 km/h, devançant le Portugais Leonel Fernandes (31,18 km/h). Le joueur de Kielce avait déjà terminé en tête de cette catégorie parmi les hommes les plus rapides à l'Euro 2022 (32 km/h).

Tableau des Vitesses de Tir

JoueurVitesse (km/h)Événement
Melvyn Richardson133Demi-finale
Valentin Porte126Demi-finale
Romain Lagarde119Demi-finale
Nedim Remili121Demi-finale
Elohim Prandi118.62Demi-finale de l’Euro
Bogdan Radivojevic129.46Euro
Elohim Prandi125.86Euro
Dylan Nahi31.57Euro (km/h de course)

L'Importance de l'Entraînement

Il n’y a pas de secret, pour progresser, il faut pratiquer. Ça vaut aussi pour le handball et pour les tirs, il faut essayer, échouer, et réessayer jusqu’à ce qu’on y arrive. Enchaînez les tirs à angles ouverts et fermés, cela vous permettra de travailler toute votre palette de tirs. Vous pouvez vous entraîner aux tirs avec votre gardien·ne lors de vos entraînements. Vous pouvez lui demander de travailler avec lui·elle sur un tir en extension dans un intervalle extérieur et enchaîner les tirs. Enfin, vous pouvez également vous entraîner en tirant par dessus (tir en extension) ou par dessous (tir à la hanche) un obstacle. C’est bien beau de savoir tirer très fort, mais si vous trouez le plafond à chaque tir, aucun intérêt. La précision est aussi, voire plus, importante que la puissance. Si jamais vous n’avez pas de gardien·ne disponible, vous pouvez définir des cibles en utilisant des bouteilles au sol ou des cerceaux dans les lucarnes. Bien sûr, rien ne vaut une situation réelle pour s'entraîner donc, s’il y a un défenseur pour vous gêner, c’est mieux, mais vous pouvez vous débrouiller avec le matériel présent dans les clubs. Là nous vous avons donné quelques exemples de travail que vous pouvez faire, mais il y en a beaucoup d’autres, laissez libre court à votre imagination.

Autres Records de Vitesse dans le Sport

Pour mettre en perspective les vitesses de tir au handball, il est intéressant de comparer avec d'autres sports :

  • Athlétisme: Usain Bolt a atteint une vitesse de pointe de 44,72 km/h lors de son record du monde du 100 mètres.
  • Tennis: Samuel Groth a enregistré un service à 263 km/h.
  • Badminton: Tan Boon Heong a envoyé son volant à 421 km/h.
  • Voile: Paul Larsen a battu le record du monde de vitesse à la voile avec 121 km/h.
  • Natation: César Cielo a atteint une vitesse moyenne de 7,7 km/h sur 100 mètres nage libre.
  • Golf: Jason Zuback a envoyé sa balle à 328 km/h.
  • Ski: Yohan Clarey a atteint une vitesse de pointe de 161,9 km/h en ski alpin.
  • Marathon: Patrick Makau a couru à une vitesse moyenne de 20,5 km/h.
  • Tennis de table: Lark Brandt a envoyé la balle de ping-pong à 112,5 km/h.
  • Volley: Le Polonais Wilfredo León a frappé le service le plus rapide au volley à 138 km/h.
  • Descente VTT: L’Autrichien Markus Stockl a dévalé la piste à une vitesse de 164,95 km/h.

Ces comparaisons montrent que la vitesse est une composante essentielle de nombreux sports, chacun ayant ses propres records et techniques pour l'optimiser.

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Le Tir au Handball: Analyse Biomécanique

Dans cette étude nous allons nous intéresser aux tirs et à leur vitesse. Tout d’abord nous allons analyser biomécaniquement le geste de tir au handball. Cette action peut se décomposer en quatre phases :

  1. La phase d’élan: Qui va préparer et organiser le joueur à son action de tir. Au handball elle est de trois pas maximum à partir du moment où le joueur réceptionne le ballon.
  2. La phase d’armer: Durant lequel le bras et le ballon vont s’élever au-dessus de la tête et passer à l’arrière du corps. Durant cette phase, on peut voir une rotation du tronc et des épaules, une abduction et une rotation externe de l’humérus.
  3. La phase de tir: Qui consiste à propulser le ballon vers l’avant. Elle réalise le mouvement inverse de la phase d’armer, c’est-à-dire une rotation inverse du buste et des épaules, une adduction du bras et une rotation interne de l’humérus. Puis, on peut observer une flexion suivie d’une extension de l’avant-bras. Juste avant la propulsion de la balle, on peut voir une flexion du poignet pour accompagner la balle.
  4. La phase de décélération: Du bras qui intervient dès que le joueur lâche la balle.

En effet c’est la succession des différentes phases du tir qui le rendent efficace, rapide et précis.

Sur le Plan Musculaire

Sur le plan musculaire, nous pouvons identifier une activation des muscles abdominaux, lombaires et les différents muscles autour de l’articulation acromio-scapulaire. Pour la phase de tir, la rotation interne de l’humérus est guidée par l’action du grand rond et du trapèze. En même temps, le bras est ramené vers l’avant par le grand pectoral et le deltoïde antérieur. La flexion de l’avant-bras est induite par l’action du biceps brachial, du brachial antérieur et du long supinateur. L’extension de l’avant-bras est quant à elle réalisée par le triceps brachial.

La Vitesse du Tir au Handball: Facteurs Clés

Maintenant que nous avons étudié la cinématique du tir au handball, nous pouvons nous intéresser à la vitesse du tir et plus précisément à la vitesse de la balle. Celle-ci résulte essentiellement de la force générée par les muscles mis en action dans le mouvement. Afin d’obtenir une vitesse de tir la plus élevée possible, il convient de réaliser une séquence de mouvement suivant une logique proximo-distale.

L’étude de Fradet et collaborateurs (2004) remet en cause cette théorie du recrutement proximo-distale lors du tir au handball. Cette étude a mis en évidence que la vitesse linéaire maximale de l’épaule survient après la vitesse linéaire maximale du coude. La règle du recrutement proximo-distale n’est donc pas toujours observée lors des tirs au handball.

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Les Différentes Formes de Tir au Handball

Le tir au handball peut prendre plusieurs formes : il peut être réalisé à l’arrêt, les appuis ancrés dans le sol ou bien lancé. Ortega-Becerra et collaborateurs (2018) ont montré que l’entraînement en force amène à une augmentation de la vitesse de tir au handball. Selon ces auteurs, il est donc important d’intégrer des programmes de force dans l’entraînement des jeunes joueurs de handball. Aloui et coll. (2019) ont mis en place un protocole d’entraînement avec bandes élastiques sur le haut du corps afin d’observer ces effets sur la vitesse de lancer. Leurs résultats ont montré une amélioration plus importante de la puissance pic lors du lancer, de la force sur le 1RM au développé couché ainsi qu’une amélioration de la vitesse de tir que ce soit en mouvement ou en statique.

Spécificités Selon les Phases de Jeu

En 2020, des chercheurs ont quantifié les différences d’effort entre ces différentes phases de jeu. Leurs résultats ont montré que les distances moyennes parcourues par les différents postes étaient similaires : 1388 m +/- 2627 m pour l’attaque et 1305 m +/- 5059 m pour la défense. Cependant, des différences significatives existent entre les phases de défense et d'attaque, notamment en termes d'intensité des courses.

Les joueurs marchent 20% de plus en défense que pendant les phases d’attaques. C’est également en défense qu’ils effectuent le plus de course à haute intensité (+25,2%). Au contraire, les phases de jogging sont 29,6% supérieures lors des phases d’attaques comparativement aux phases de défense. C'est l'équipe en attaque qui dicte les actions des défenseurs, cherchant à créer des zones d'accès au but. Les attaquants effectuent des courses plus longues mais de plus faibles intensité, là où les défenseurs doivent moins se déplacer mais en moins de temps pour venir bloquer l’attaquant adverse.

Spécificités Selon le Poste

Les différences ne se limitent pas simplement aux distances à parcourir entre les deux phases de jeu. Dans cette même étude, il a été démontré qu’il existait même des différences dans chacune de ces phases de jeu en fonction du poste. Offensivement, les ailiers réalisent plus de course à haute intensité que les autres postes de jeu. Pour la défense, on peut voir une grande différence entre les n°3 bas (Center Back) qui réalisent le plus de distance à faible intensité contrairement au n°3 haut (Front Center Back) qui couvrent le plus de distance à haute intensité.

En effet, dans leur méta-analyse, Karcher et Buchheit (2014) montrent une différence sur le nombre de tir effectué par match en fonction des postes (Demi-centre 7,4 tirs/match/joueur ; Arrière 9,9 tirs/match/joueur ; Pivot 5,2 tirs/match/joueur ; Ailier 5,5 tirs/match/joueur). En 2015, Michalsik et Aagaard ont mis en relation le nombre de tir dans un match avec le pourcentage de chance de marquer un but. Ils ont trouvé que 45% des tirs effectués au cours d’un match amènent à un but. Les actions de tirs et leurs chances de réussite influencent grandement le résultat final d’un match de handball.

Lorsqu’une équipe est en défense, elle se regroupe dans sa moitié de terrain. Les attaquants qui ont pour objectif de marquer un but sont contraints de manipuler et de déplacer les défenseurs afin d’accéder à la zone de but entre deux défenseurs, ou bien de tirer par-dessus la ligne défensive. Cela se traduit sur le terrain et dans le jeu par moins d’espace entre les défenseurs et favorise les tirs de plus loin en extension au-dessus de la défense. Plus leur vitesse de tir sera importante, moins le gardien aura le temps de réagir pour stopper le ballon.

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