L'équipe de France masculine de handball a marqué l'histoire en remportant le Championnat d'Europe 2024, ajoutant un nouveau titre prestigieux à son palmarès déjà impressionnant. Cette victoire, acquise après une finale haletante contre le Danemark (33-30 après prolongations), a non seulement mis fin à une disette de quatre ans sans trophées majeurs, mais a également confirmé la domination de la France sur la scène internationale du handball.
Un Sacre Attendu et Mérité
Après quatre ans sans soulever le moindre titre, une éternité pour les supporters de l’équipe de France de handball, ce dimanche 28 janvier, ils ont vu leurs protégés remonter sur la plus haute marche du podium avec l’or autour du cou. Les Bleus ont arraché leur quatrième titre européen qui les fuyait depuis 2014. Les coéquipiers de Nikola Karabatic mettent fin à une disette de quatre années sans trophées. Du jamais vu depuis 20 ans. Sur les 18 dernières années, l’équipe de France a raflé 11 titres. Aucune nation n’a fait mieux.
La route vers la victoire n'a pas été facile. En finale, face au Danemark, les Bleus ont souvent été derrière au score, mais ils ne se sont jamais laissés distancer. Ils se sont accrochés, faisant preuve d'une grande ressource, comme lors du match précédent face à la Suède. Ils ont su tenir comme il y a deux jours (face à la Suède). On avait de la ressource. Comme contre la Suède, on arrive a prendre l’avantage au bon moment. On a assumé nos responsabilités, des gars sur le terrain aux les mecs sur le banc qui nous ont donné les solutions tactiques.
Samir Bellahcene, gardien des Bleus, a exprimé sa joie et sa fierté après la victoire : «C’est un truc de ouf. C’est une magnifique victoire avec le cœur, celle dont je m'en souviendrai toute ma vie. Quand on regarde ce qui m'arrive, c’est fou de voir tout ce qui s’est passé, d’où je viens. (Sur son début de match compliqué) Thierry (Omeyer) m'a fait un signe dans les tribunes, quand c'était dur au début.
Ludovic Fabregas, pivot des Bleus, a également partagé son enthousiasme : «C’est énormément de satisfaction, c’est une compétition qu’on n’avait pas gagnée depuis 10 ans, la jeune génération n’avait pas connu ça. C’est magique pour le handball français ce qui nous arrive en ce moment avec les filles (sacrées championnes du monde en décembre).
Lire aussi: Objectif Ligue des Champions pour le PSG
Les Moments Clés de la Finale
La finale a été un match intense et serré, avec des retournements de situation constants. Plusieurs moments clés ont marqué la rencontre :
- Les arrêts décisifs de Bellahcene : Après un premier festival d’Emil Nielsen dans les cages danoises (11 arrêts à 45%), Samir Bellahcene s’est réveillé chez les Bleus (5 arrêts à 26%), tenant les Danois en échec pendant plus de 7 minutes qui ont permis aux Bleus de recoller, et même de mener.
- L'égalisation de Fabregas sur le gong : France 28-28 Danemark : Fabregas sur le gong !
- Le réveil de Mem : MEM SE REVEILLE ! Premier but du match après plus d’une heure pour le numéro 10 des Bleus…
- La performance de Prandi : France 24-24 Danemark : Prandi toujours sans faute !
- Les buts cruciaux de Hansen : France 25-26 Danemark : Hansen encore !! France 25-25 Danemark : le coup de fusil d’Hansen !
Comme en 2006, 2010, 2014, les Bleus remportent la mise une fois qu’ils se hissent en finale d’un championnat d’Europe.
Nikola Karabatic : Une Légende Vivante
Nikola Karabatic, doyen de l’équipe de France de bientôt 40 ans en avril, a été une pièce maîtresse dans le collectif Bleu sacré champion d’Europe aux dépens du Danemark en finale (33-30 après prolongation), dimanche 28 janvier. Son quatrième sacre européen arrive 18 ans après le premier, 18 ans durant lesquels il s’est maintenu au plus haut niveau.
"Quand j’étais jeune, je regardais tous les matchs de l’équipe de France, avec Daniel [Narcisse], Titi [Thierry Omeyer] et Nikola. C’est impressionnant qu’il ait joué avec tous ces joueurs et qu’il soit toujours là, à ce niveau.
"Il ne se cache jamais. Je vois comme il s'entraîne, comme il s'arrache sur chaque ballon dans chaque match. Pour lui, il n'y a jamais de petits matches, il se donne à fond", loue Dika Mem. "Je suis impressionné. J'ai la chance de l'avoir côtoyé pendant très longtemps au quotidien et j’ai vu le travail qu'il produit depuis maintenant 20 ans. Je l’ai vu se remettre des croisés en sept mois par un travail acharné, je l'ai vu passer des heures à la salle. Donc rien ne me surprend avec lui, c'est le meilleur joueur de notre sport et il le prouve encore, abonde Nedim Remili.
Lire aussi: Dernier titre mondial de l'Argentine
"Depuis que j'ai annoncé que c'était ma dernière saison, je joue avec une énergie différente, où c'est un bonheur d'être sur le terrain, d'être là avec l'équipe de France. C'est mon rêve depuis tout petit. Je sais que ce rêve-là va bientôt s'éteindre, raconte le Parisien. Je me dis : 'Il ne te reste plus beaucoup de temps, prends le maximum de plaisir sur le terrain. Tes coéquipiers, tes amis, bientôt tu ne seras plus avec eux, donc savoure et donne-toi à fond et sans penser à la suite. Victoire ou pas, médaille ou pas'.
"C'est un emblème pour l'équipe de France. Il apporte tellement de choses et on a tous un immense respect pour lui, pour tout ce qu'il a accompli et la façon dont il a joué cet Euro. Ce qu'il a montré pour nous, pour tous les joueurs d'ailleurs, ça devrait être un exemple.
Avec cette nouvelle consécration européenne, et malgré la perte du statut de meilleur buteur de l'histoire de l'Euro au profit du Danois Mikkel Hansen lors de la finale, le numéro 13 de l'équipe de France peut encore profiter. En attendant les Jeux olympiques à Paris…
Un Palmarès Exceptionnel
Près de vingt-deux ans après son baptême du feu avec les Bleus en 2002, le patron est toujours là. Vainqueur de son quatrième Euro ce dimanche après une finale haletante face au Danemark (33-31 a.p.) de son ami Mikkel Hansen - qui lui a chipé le statut de meilleur buteur de l’histoire de l’Euro -, Nikola Karabatic est entré un peu plus dans la légende du sport français. Il vient en effet d’ajouter une 11e médaille d’or à son cou. Un record. Il grille la politesse a ses deux anciens compères Thierry Omeyer et Michaël Guigou dont le compteur est resté bloqués à dix titres internationaux.
Son premier trophée majeur, Karabatic le remporte en 2006. Un Euro… déjà. Jusqu’alors, les Français n’avaient pas fait mieux qu’une quatrième place dans la compétition malgré deux titres mondiaux en 1995 et 2001. Avec onze buts contre l’Espagne en finale, le jeune Nikola Karabatic permet aux Costauds de remporter ce trophée qui leur avait toujours fui.
Lire aussi: Inter Milan et la Ligue des Champions : une histoire riche
En 2009, en Croatie, pays natal du père du demi-centre des Experts, les Bleus enchaînent un triplé historique et remportent le troisième Mondial de leur histoire. Déjà trois trophées en quatre ans pour Karabatic.
Mort de faim et entouré d’une génération dorée, le maître à jouer tricolore enchaîne et remporte un deuxième Euro en 2010, en Autriche. Pour la première fois dans l’histoire du handball, une équipe est à la fois championne d’Europe, du monde et olympique en titre. Un an plus tard, ils conservent leur titre de champion du monde, dans une compétition dont le joueur de Montpellier est élu meilleur joueur. 2012 sonnera comme le doublé historique de l’équipe de France, première équipe à conserver son titre olympique. Avec bien sûr Nikola Karabatic dans ses rangs.
Son troisième Euro, Karabatic le remporte en 2014 contre et chez l’éternel rival danois. L’année suivante, il remporte un troisième Championnat du monde, puis un quatrième en 2017 à domicile. Forfait pour le Mondial 2021 à 36 ans, il revient dans le groupe France pour prendre sa revanche contre le Danemark en finale des Jeux olympiques de Tokyo. Dans la capitale japonaise, il glane sa dixième médaille en bleu.
Ce dimanche, à Cologne, Nikola Karabatic a remporté sa onzième médaille internationale en finale de l’Euro contre le Danemark, ça ne s’invente pas. Quelques mois plus tard, cet été, la légende du handball français aura à cœur de remporter les Jeux olympiques pour la quatrième fois.
L'Héritage et l'Avenir du Handball Français
Cette victoire à l'Euro 2024 s'inscrit dans une longue et riche histoire pour le handball français. L'équipe de France a remporté de nombreux titres majeurs au fil des ans, tant chez les hommes que chez les femmes.
Palmarès Masculin
- Championnats du Monde : 1995 (Islande), 2001 (France), 2009 (Croatie), 2011 (Suède), 2015 (Qatar), 2017 (France).
- Championnats d'Europe : 2006 (Suisse), 2010 (Autriche), 2014 (Danemark), 2024 (Allemagne).
- Jeux Olympiques : 2008 (Pékin), 2012 (Londres), 2020 (Tokyo).
- EHF Euro Cup : 2025 (Suède)
Palmarès Féminin
- Championnats du Monde : 2003 (Croatie), 2017 (Allemagne), 2023 (Danemark, Norvège et Suède).
- Jeux Olympiques : 2020 (Tokyo).
Les Jeunes Générations Montent en Puissance
Si les jeunes filles avaient ouvert la voie en devenant championnes d’Europe en 2007, pour la première fois les jeunes garçons sont montés sur un podium et sur la première marche. Un lob astucieux de Yanis LENNE pour égaliser face à l’Allemagne : c’est l’image forte de cet Euro jeunes. Ce moment de bascule qui envoyait les jeunes garçons jouer dans la cour des grands à laquelle ils n’avaient jamais eu accès, depuis 1992 que l’épreuve réunit le gotha européen.
Les Français ont mieux maîtrisé ce match jusqu’à s’imposer par un tout petit but d’avance (24-23). Plus qu’un premier podium, c’était une première finale pour cette jeune équipe masculine qui devait s’inspirer de toutes les finales gagnées par ces aînés (une seule défaite en finale lors du Mondial de 1993).
« C’est le travail entrepris depuis 2012 qui porte ses fruits avec trois éléments importants : la cellule dédiée aux espoirs fédéraux qui permet un accompagnement et un meilleur suivi, un staff étoffé en qualité autour d’Éric QUINTIN et d’avoir favorisé l’éclosion en LNH des joueurs formés localement. Victorieux de la 11e édition, les jeunes garçons remettent en jeu leur titre et même un peu plus désormais : leur suprématie européenne.