US Ivry Handball: Histoire et Palmarès d'un Club Emblématique

L'Union Sportive d'Ivry Handball, plus communément appelée US Ivry Handball ou USI, est un club de handball français basé à Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne. Fondé en 1947, le club a connu une histoire riche et a marqué de son empreinte le handball français et européen. Présent pour la 62e année en première division, l’US Ivry peut s’appuyer sur un palmarès qui a peu de comparaison en France et en Europe.

Les Débuts et l'Ascension

Dès sa fondation en 1919 par des jeunes militants socialistes, l'Union Sportive du Travail d'Ivry (USTI) possède une section football. Avec le soutien de la mairie, passée à gauche en 1925, le club se développe rapidement en nombre de pratiquants et de sections. Le club est l'un des plus importants de la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT) créée en 1934. Il fusionne en mars 1935 avec l'ERSI pour former l'Étoile Sportive du Travail d'Ivry (ESTI). Après la Seconde Guerre mondiale, le club modifie son nom en Union Sportive d'Ivry afin de se montrer plus rassembleur (1949). Le stade Clerville est inauguré en 1952. Le club accède à l'élite en 1957, marquant le début d'une ère de succès.

L'Âge d'Or et les Titres

Les années 1960 et 1970 sont fastueuses pour l'US Ivry, qui domine le championnat de France et remporte plusieurs titres. La section féminine célèbre son dernier titre à ce jour, en 1977. Le club s'impose comme une référence du handball français, grâce à un jeu spectaculaire et à des joueurs talentueux. L'US Ivry a formé nombre d'internationaux, contribuant au développement du handball en France.

Les Années 1980 et 1990 : Confirmation et Renouveau

Après une période plus difficile, l'US Ivry retrouve le sommet dans les années 1980, avec notamment un titre de champion de France en 1983. Le club continue de former des joueurs de haut niveau, à l'image de Daniel Hager, qui marquera l'histoire du club par son talent et sa longévité. Auteur de 747 buts pour l’USI (576 en championnat, 131 en Coupe de France et 40 en Coupes d’Europe) pendant ses 17 années au plus haut niveau (1980-1997), « Dan » aura été un magicien du 40×20 aussi bien performant individuellement qu’au service de l’équipe. Cela l’aura mené à deux titres de champions de France (1983 et 1997) ainsi qu’une Coupe de France (1996), des joutes à travers tout le continent et une carrière en Bleus dont peu peuvent se targuer. Les années 1990 sont marquées par l'arrivée de joueurs étrangers de talent, comme Dimitri Torgovanov, arrière gauche international russe double champion olympique (1992 avec le CEI et 2000), double champion du monde (1993 et 1997) et champion d’Europe (1996) aura probablement été le joueur le plus prolifique vu sur les bords de Seine. Grâce à un rendement monstre sur ses 4 saisons dans le Val-de-Marne, il aura inscrit pas moins de 796 unités (602 en championnat, 124 en Coupes d’Europe et 70 en Coupe de France). Soit près de 200 buts par exercice ! Complètement fou. Le club remporte un nouveau titre de champion de France en 1997, confirmant son statut de club majeur du handball français.

Le Titre de 2007 : Une Épopée Mémorable

Dix ans après son dernier titre, l'US Ivry réalise une saison exceptionnelle en 2006-2007 et remporte le championnat de France. Cette victoire est le fruit d'un travail collectif acharné, d'un mélange de générations et de l'apport de joueurs étrangers de qualité. L'équipe, emmenée par des joueurs emblématiques comme Luc Abalo, Fabrice Guilbert et Thomas Richard, réalise une phase retour impressionnante et décroche le titre lors de la dernière journée face à Villeurbanne. Ce soir-là, il y a dix ans, Marie Mesrar était en tribunes. Si on a réussi à placer 3 000 personnes là-dedans… C’était impressionnant.» Aujourd’hui, elle fait partie des élues responsables de l’Aire des bénévoles de l’US Ivry, structure du club dédiée aux bénévoles. En tant que première passionnée et cheville ouvrière du club depuis plusieurs années, son souvenir de ce moment de gloire est intact. À demi-mots, elle avoue même avoir versé une larme une fois le trophée brandi. « Il y avait des joueurs qui n’avaient pas connu ça depuis longtemps, se rappelle-t-elle. Je pense à Fabrice Guilbert, Thomas Richard… Ça faisait quand même 10 ans qu’ils attendaient ça »depuis le dernier titre d’Ivry en 1997, ndlr]. Les jeunes les regardaient avec des étoiles dans les yeux, ils étaient des héros. Le club familial a su créer une dynamique positive et surprendre tous les observateurs.

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Thomas Richard, arrière droit, a probablement été un des joueurs les plus réjouissants à voir sur le parquet de Delaune. Et l’un des plus prolifiques aussi puisqu’il se place au 5e rang des buteurs de l’USI. Avec 863 buts (677 en championnat, 100 en Coupe de France, 72 en Coupes d’Europe et 14 en Coupe de la Ligue), il pèse lourd. Tout comme son palmarès de double champion de France (1997-2007). International à seulement 4 reprises avec les Bleus, cet enfant du club aura été d’une fidélité absolu faisant la majorité de ses jeunes classes sous le pavillon val-de-marnais.

Pascal Léandri a vécu, en short, l’épopée 97 avant d’enfiler le survêtement dix ans plus tard en tant qu’entraîneur-adjoint. Pour avoir été témoin de ces deux saisons, il relève des points communs mais aussi quelques particularités : « Ce sont un peu les mêmes histoires je trouve, avec des équipes qui s’entendaient bien. L’année d’avant (en 2005-2006), on avait fini 5e. On venait de changer d’entraîneur et d’un coup l’équipe avait eu un déclic. Et en 1997 on était arrivés avec cette envie de gagner des choses ensemble sans se prendre la tête. Ce sont des histoires de potes dans les deux cas, où l’on sortait pas mal (rires). Maintenant c’est plus compliqué. J’ai de très bons souvenirs de 1996 où on a gagné la Coupe, le championnat bien sûr un an après. Mais c’est vrai qu’en 2007 il y avait des choses marquantes. Remporter le titre, c’était loin d’être écrit contrairement à dix ans avant où on avait une grosse équipe.

Les Acteurs de la Victoire de 2007

  • Stéphane Imbratta : L'entraîneur principal, qui a su créer une dynamique de groupe et faire confiance aux jeunes talents. "Imagine que c’était ma première expérience en tant que coach principal et ça s’est fini en apothéose [il a aussi remporté le trophée de meilleur entraîneur de la saison, ndlr]. C’était juste fabuleux… On a vécu une vraie histoire de club, à la fois affective, émotionnelle, sportive… Il y a beaucoup de valeurs qui se sont entremêlées là-dedans et je crois que c’est ce qui a fait toute notre réussite, avec aussi un mélange de générations et des étrangers qui ont fait leur part du job."
  • Daniel Hager : Responsable de l'équipe de jeunes, il a contribué à la formation de nombreux joueurs qui ont participé au titre. « Ce succès, c’est l’amalgame réussi de plusieurs générations, relève Daniel. Il y avait la première, celle de 1976 qui était partie à un moment donné et qui avait décidé de revenir. Dans le même temps c’était l’arrivée à maturation des jeunes avec les Luc (Abalo), Audräy (Tuzolana) etc. Beaucoup étaient aussi là depuis un moment.
  • Béatrice Barbusse : Présidente du club lors de la seconde partie de saison, elle a su motiver les joueurs et créer un environnement favorable à la performance. Son premier discours face aux joueurs a toujours une place à part dans sa mémoire. « Je suis une femme, ancienne joueuse, je me suis mis la pression. Un premier speech en tant que présidente devant des pros, faut pas se louper, d’autant plus qu’il y avait cet enjeu au bout : le titre. On avait deux points de retard sur Montpellier. Si les joueurs gagnaient tous les matches, on était champions. Ils avaient leur destin entre les mains. Et sur ce que j’ai de plus cher au monde, je n’ai jamais préparé un discours comme celui-là. Encore aujourd’hui, dix ans après.
  • Les joueurs : Luc Abalo, Fabrice Guilbert, Thomas Richard, Dragan Pocuca, Ragnhildur Ragnarsdóttir, Zoran Martinovic, Ahmed Hadjali, Audräy Tuzolana, Damir Sajlagic, François-Xavier Chapon, Mohamed Mokrani et bien d'autres ont tous apporté leur pierre à l'édifice.

Pascal Léandri était assis sur le banc à ses côtés. Il est le premier à confirmer l’importance du rôle de chacun : « Raggy (Oskarsson) était le métronome de l’attaque, il a fait une saison top niveau [meilleur buteur du championnat, ndlr], marquait les pénos importants, faisait jouer l’équipe dans le bon rythme… Zoky (Martinovic) en détonateur, Ahmed (Hadjali) pour la bonne ambiance, Audräy (Tuzolana), Damir (Sajlagic), qui était aussi le leader de l’ombre et ne lâchait rien, les gardiens s’entendaient bien et faisaient de bonnes perfs, Momo a su faire des choses au poste de pivot et en défense avancée, Thomas Richard a apporté de la sérénité au groupe… C’est peut-être ça aussi la réussite d’une équipe : quand chacun a un rôle, ne cherche pas à jouer celui de l’autre mais fait bien le sien.

Les Défis Actuels et l'Avenir

Malgré son glorieux passé, l'US Ivry est confrontée à des défis importants, notamment en termes de financement et de formation des jeunes. Le club doit faire face à la concurrence des clubs plus riches, comme le PSG, et s'adapter aux nouvelles exigences du handball professionnel. Un tournoi amical a eu lieu, organisé par l’USI Handball, les 1er et 2 février au gymnase Delaune. Avec un beau plateau composé des six équipes réserves* masculines des clubs professionnels franciliens : PSG et USI donc, mais aussi Créteil, Tremblay, Pontault-Combault et Massy. Ivry a terminé 4e de ce tournoi amical, derrière Paris donc, Tremblay et Créteil. « Nous souhaitions organiser un temps collectif et montrer le savoir-faire et la qualité de nos centres de formations, explique François Lequeux, président de l’USI Hand. On se connaît tous très bien, c’est un peu un tournoi en famille. Nous avons la volonté de travailler davantage en commun avec ces clubs. »

Selon le président Lequeux, les clubs professionnels franciliens sont désavantagés en termes de formation par rapport à leurs concurrents des autres régions. En cause, le manque de pôles espoirs, ces structures qui accueillent les jeunes handballeurs de la seconde à la terminale. « Alors que partout ailleurs il y a un pôle pour un club professionnel, en Île-de-France, il n’y en a qu’un seul pour les six clubs pros (à Eaubonne, dans le Val d’Oise, NDR). Il y a un déséquilibre, d’autant que nous sommes le plus grand bassin de population. En conséquence, de nombreux jeunes joueurs n’ont pas la possibilité d’y aller alors qu’ils auraient pu y prétendre. »Autre grief du club ivryen, le fait que des fonds de la Région soient absorbés par la Maison du handball à Créteil, siège notamment de la Fédération française de hand et de la Ligue d’Ile-de-France. « Ce sont des financements qui ne sont pas redistribués aux clubs franciliens. Pourquoi ce serait à nous de financer la Maison du handball ? », regrette François Lequeux.

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L'équipe réserve de l’USI Hand réalisé un début de saison plutôt bon dans son championnat de Nationale 1, après une saison dernière difficile et un maintien acquis de justesse. Mais au-delà des résultats, c’est l’attitude des jeunes joueurs qui satisfait l’entraîneur Michaël Zinga. « Nous sommes 9e du classement, mais plusieurs équipes se tiennent en très peu de points donc pour moi ce classement est anecdotique. Je suis très content de l’investissement des joueurs, dont plusieurs découvrent la Nationale 1. La mayonnaise prend bien entre les nouveaux et les anciens joueurs. Les attitudes sont bonnes. Dans ce championnat, tous les matchs sont difficiles, on est sanctionnés à la moindre baisse de régime, et c’est ce qui est très intéressant. »

L'US Ivry continue de miser sur sa formation et sur son identité de club familial pour surmonter ces obstacles et retrouver les sommets du handball français. Le club peut s'appuyer sur une histoire riche et sur un public fidèle pour relever les défis de l'avenir.

Palmarès

  • Championnat de France : 8 titres (1963, 1964, 1966, 1970, 1971, 1983, 1997, 2007)
  • Coupe de France : 1 titre (1996)
  • Championnat de France féminin : 1 titre (1977)

Joueurs Emblématiques

  • Daniel Hager
  • Dimitri Torgovanov
  • Luc Abalo
  • Thomas Richard

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