L'histoire du beach-volley : des origines californiennes aux débats sur les tenues

Le beach-volley, également connu sous le nom de volleyball de plage, est un sport qui a connu une évolution significative depuis ses débuts sur les plages de Santa Monica dans les années 1920 jusqu'à son inclusion au programme des Jeux olympiques en 1996. Initialement une simple distraction pour les familles cherchant à échapper à la Grande Dépression, le beach-volley est devenu une discipline sportive à part entière, suscitant un engouement mondial.

Les origines du beach-volley

C'est dans les années 1920 que le beach-volley fait son apparition sur les plages de l'Ouest américain, en Californie. À cette époque, il s'agit d'une variante du volley-ball classique, pratiquée comme une activité de loisir. En 1947, le premier tournoi masculin est organisé avec des paires d'athlètes, marquant ainsi une étape importante dans la professionnalisation de cette discipline. Le beach-volley connaît un essor considérable entre le milieu et la fin du XXe siècle.

Comme le montre la vidéo en tête d’article, le beach-volley est particulièrement à la mode en 1995. Comme le montre France 3 Bretagne, cet été-là, des passionnés de toute l’Europe se retrouvent sur les plages de la côte nord de la Bretagne pour la plus grande compétition du continent. Cette année-là, c’est un record, plus de mille matchs sont joués en trois jours avec une spécificité européenne : les joueurs s’affrontent par équipe de trois. Aux États-Unis, ce sont des paires, configuration qui sera finalement retenue lors de l’intégration de la discipline aux Jeux olympiques de 1996 à Atlanta. À cette période-là, le volleyball de plage « connaît un succès extraordinaire. C’est devenu un vrai phénomène de mode », se réjouit Vincent Albertea l'organisateur du tournoi, interviewé dans le reportage. À ce jour, son association « Armor Volley-ball » continue d’organiser chaque été le rendez-vous des passionnés sur les plages des Côtes-d'Armor : les Estivales de Volley.

L'ascension olympique et la professionnalisation

Le beach-volley a été présenté comme sport de démonstration aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992, avant de devenir une discipline olympique à part entière aux Jeux d'Atlanta en 1996. Cette reconnaissance olympique a marqué un tournant décisif pour le beach-volley, contribuant à sa popularité croissante et à sa professionnalisation.

Longtemps dominé par les équipes états-unienne et brésilienne lors des épreuves olympiques, le volley de plage a connu une évolution marquante ces dernières années avec des médailles obtenues par les équipes de Norvège et du Qatar. La France, quant à elle, n’est pas encore montée sur le podium.

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Les débats autour des tenues : entre tradition et modernité

L'une des questions les plus controversées concernant le beach-volley est celle des tenues portées par les joueuses. Traditionnellement, le bikini était la tenue de choix pour les beach-volleyeuses, mais cette pratique a suscité des débats passionnés, notamment en raison de l'image hypersexualisée qu'elle véhicule.

L'assouplissement des règles et la diversité culturelle

Afin de promouvoir la discipline dans l'ensemble des pays, y compris les plus conservateurs, la fédération internationale de beach-volley (FIVB), sport olympique depuis 1996, a en effet assoupli ses règles en 2012, avant les Jeux de Londres. Les joueuses peuvent depuis cette date porter un legging long ou un bermuda descendant jusqu'à 3 centimètres au-dessous du genou, et revêtir un tee-shirt, à manches courtes ou longues. «Nous avons ajouté une possibilité afin de répondre à des motifs religieux ou culturels», expliquait à l'époque le directeur de la communication de la FIVB. En pratique, ce fut surtout en raison de la météo londonienne pas vraiment clémente que les beach-volleyeuses durent se couvrir lors des Jeux d'été de 2012.

Le règlement sportif de 2016 édicté par la fédération internationale précise, en plus des habituelles brassières dévoilant le nombril, le type de tenues autorisées en raison de «croyances religieuses ou culturelles.» Les athlètes peuvent ainsi jouer les jambes entièrement couvertes, et porter des manches allant jusqu'aux poignets.

Ce changement de code vestimentaire a été vu par certains comme une entorse à un des principes fondamentaux des Jeux, la neutralité. L'article 50-2 de la charte olympique interdit en effet toute «sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale […] dans un lieu, site ou autre emplacement olympique.» Laisser les joueuses concourir vêtues de tenues couvrantes ou voilées favorise la participation des athlètes femmes, mais ne fait d'ailleurs pas consensus au sein des mouvements féministes, qui y voient une légitimation d'un instrument de domination de la femme, explique Slate. Pour Annie Sugier, présidente de la Ligue du droit international des femmes, «découvrir les femmes pour des raisons commerciales ou les couvrir pour des raisons religieuses, c'est les considérer comme des objets sexuels, pouvait-on lire en 2012 dans Libération. Le sport, censé être le langage universel par excellence, devient l'outil de transmission de stéréotypes et de relativisme culturel».

En 2016, aux JO de Rio, les beach-volleyeuses égyptiennes Doaa el-Ghobashy et Nada Meawad ont été autorisées à se couvrir les bras et les jambes. Mais ces dispositions ne semblent s’appliquer qu’aux joueuses qui avancent effectivement des « motifs culturels et/ou religieux » justifiant une plus grande couverture de leurs corps.

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La liberté de choix et les préférences des joueuses

Bikinis, shorts, leggings… Si la question fait encore jaser hors des terrains, les joueuses de l’équipe de France considèrent que ce n’est plus un débat : elles revendiquent la liberté de s’habiller comme elles l’entendent.

Adeptes de la jupe-culotte, Clémence Vieira (à gauche) et Aline Chamereau ont finalement opté pour le bikini dans ce tournoi olympique, le jugeant «plus sympa» esthétiquement que le short proposé.

Pourtant, plusieurs beach-volleyeuses défendent le port du bikini. Sa compatriote Jen Kessy affirmait de son côté en 2012 qu'on ne la verrait jamais en short sur un terrain, également en raison du sable qui aurait une fâcheuse tendance à finir dans les poches. Les joueurs masculins de beach-volley concourent pourtant dans cette tenue, et en débardeur.

Chaque équipe prévoit ainsi les tenues de ses joueuses, en accord avec la réglementation de la FIVB. Les volleyeuses françaises (pas sélectionnées pour les JO 2016) ont par exemple toujours joué en deux pièces, à leur demande, précise la fédération hexagonale à Libération. C'est également le cas en Allemagne. Un impératif cependant : les deux joueuses doivent porter la même tenue sur le terrain. Les beach-volleyeuses des équipes du Costa Rica, du Venezuela, d'Espagne ou encore d'Argentine ont également joué les épaules (et/ou les jambes) couvertes.

La lutte contre l'hypersexualisation et la couverture médiatique

Le beach-volley souffre en effet d'une image hypersexualisée, véhiculée notamment par sa couverture médiatique. Une étude réalisée durant les Jeux d'Athènes en 2004 montrait ainsi que respectivement 20 et 17% des images diffusées lors des épreuves de beach-volley féminin étaient des plans serrés sur la poitrine ou sur le fessier des joueuses.

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Alexandra Jupiter et Aline Chamereau, deux beach-volleyeuses françaises, nous ont donné leur point de vue sur le port du bikini. Finalement, ce n’est pas tant la tenue qui dérange que l’image hyper-sexualisée de la femme qu’elle renvoie, véhiculée notamment par les médias. Une étude réalisée durant les JO d’Athènes, en 2004, a montré que respectivement 20 et 17% des images diffusées lors des épreuves de beach-volley féminin étaient des plans serrés sur la poitrine ou le fessier des joueuses. En 2012, le quotidien américain metro.us a d’ailleurs tourné en dérision ce ridicule traitement médiatique en photographiant les postérieurs de sportifs masculins. Le résultat est percutant : difficile de résumer la performance d’un lutteur ou d’un basketteur par une photo de son derrière. Alors pourquoi les beach-volleyeuses devraient-elles subir un tel traitement médiatique ? « On s’entraîne dur pour réaliser une performance sportive ; voir celle-ci réduite à des images de nos corps est extrêmement vexant », regrette Alexandra Jupiter. Si toutes deux revendiquent le côté esthétique de la discipline, « qui fait partie intégrante de l’histoire du beach-volley », elles déplorent la relative immobilité de leur sport dans un monde où les mentalités évoluent en matière de sport féminin. « Si nous on joue en bikini pour l’audience, pourquoi les garçons ne joueraient-ils pas torses-nus ? », questionne Alexandra.

L'abrogation de l'obligation du bikini et l'évolution des mentalités

Triste nouvelle pour les amateurs masculins de beach-volley ! La fédération internationale de volley-ball (également compétente pour le beach-volley) a abrogé fin mars l'obligation faite aux joueuses de porter un bikini lors des rencontres officielles. La fédération leur imposait jusqu'alors de revêtir un bas d'une largeur maximale de 7 centimètres. Petite révolution, elles pourront désormais opter pour des shorts et même des t-shirts ! Mais pourquoi ce brusque revirement ? Fallait-il se débarrasser de l'image de sport sexy ? Il faut dire que les détracteurs du beach-volley ont prétendu que ce sport était devenu une discipline olympique uniquement grâce à cette originalité qu'était le port du bikini… Avec la « légalisation su short et du t-shirt », la fédération internationale de beach-volley ne chercherait-elle pas aussi à séduire de nouveaux pays, notamment en répondant à des motifs religieux ou culturels ?

Si le beach-volley est sans doute un des seuls sports sans dimension artistique à avoir longtemps imposé une tenue pour des raisons relevant de la seule esthétique, le badminton a failli s'engager dans la même voie. Pour accroître la notoriété de ce sport, la fédération internationale de badminton a voulu imposer aux joueuses le port de la jupette. Autre sport, autre débat ! En tennis, c'est la couleur de la tenue des joueuses et joueurs qui a fait parler d'elle. En effet, sur les courts, les tenues blanches ont longtemps été de rigueur. Pour en comprendre la raison, il faut remonter aux origines de ce sport à la fin des années 1870. La bonne société s'adonnait aux parties de tennis dès le retour des beaux jours. Or, le blanc est une couleur élégante pour l'été qui permet en plus de se protéger du soleil. Le blanc est vite devenu LA couleur du tennis et ce jusqu'à la fin des années 1980 où les tenues vestimentaires des joueurs ont pris soudainement quelques couleurs. Le blanc reste cependant obligatoire à Wimbledon, le tournoi le plus prestigieux au monde. Les joueurs doivent être vêtus de blanc à 80%, ce qui semble laisser la voie ouverte à 20% de couleur mais attention à ne pas abuser de cette liberté ! La joueuse française Tatiana Golovin à failli en faire les frais, la faute au shorty rouge qu'elle portait sous sa jupe blanche lors de l'édition 2007. Preuve que la règle du blanc est prise très au sérieux, les organisateurs du tournoi avaient délibéré sur le point de savoir si le fait de porter un mini-short de couleur sous une jupe blanche allait à l'encontre de la règle imposant le port d'une tenue blanche. Plus de peur que de mal pour la Française qui a finalement été autorisée à jouer, les organisateurs ayant estimé que son shorty était un sous-vêtement, or les sous-vêtements n'ont pas à se conformer à la règle du majoritairement blanc. Mais attention, si ces « sous-vêtements » dépassent du bas de la robe, ils seront alors requalifiés en short et donc interdits s'ils sont de couleur ! Un peu compliqué, n'est-ce pas ? Et dire que les athlètes des Jeux Olympiques antiques n'avaient cure de tous ces problèmes de tenues pour la simple et bonne raison qu'ils concouraient nus…

Les équipements alternatifs : shorts, brassières et débardeurs

Si vous préférez une tenue au bikini, on a ce qu’il vous faut !

Il existe des shorts de beach-volley conçus de manière à être très légers et fluides pour accompagner correctement tous les mouvements pendant la pratique. De plus, ils évacuent efficacement la transpiration. Leur coupe ample empêche également le sable de “rester coincer” (c’est gênant et ça colle) et permet donc son évacuation.

Ensuite, on pense au produit iconique du beach-volley: la brassière. Astucieuse dans sa conception, elle répond à vos besoins de beach-volleyeuse. Le dos nageur de la brassière facilitera vos mouvements et sa légèreté vous assure un maximum de confort pendant le jeu ainsi qu’un bon maintien adapté à votre pratique !

Accompagner sa brassière d’un débardeur, c’est possible ! Il est conçu pour être léger et évacuer la transpiration pendant le jeu, ça évite au sable de rester collé sur votre tenue et profiter ainsi d’un maximum de confort.

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