Le PSG au sommet de l'Europe : Triomphe en Ligue des Champions après 32 ans d'attente

Un peu plus d’une génération. 282 000 heures. 11 693 jours. 32 ans et des poussières. C’est donc l’intervalle de temps, infini, qui séparera, pour l’éternité, les deux victoires françaises en Ligue des champions. De Munich à Munich. De Marseille 1993 à Paris 2025. Le Paris Saint-Germain a conjuré le sort et gravé son nom dans l'histoire du football européen en remportant la Ligue des Champions. Ce sacre, attendu depuis plus de trois décennies, a été célébré dans toute la France, effaçant les frustrations passées et ouvrant un nouveau chapitre glorieux pour le club parisien.

Une victoire historique

Samedi 31 mai, dans l’hélicoïde translucide de la Fussball Arena de Munich, dont la façade est constituée de 2 874 coussins d’air, les ultras du club parisien s’époumonent, extatiques. Il est 22 h 50 et le Paris Saint-Germain mène 5-0 face à l’Inter Milan. Une symphonie au plus-que-parfait. Sur le banc de touche, le coach asturien, Luis Enrique, et ses douze adjoints, de rudes Ibères, s’étreignent comme du bon pain, en larmes. Dans les tribunes, les vieux guerriers du club, comme Vincent Guérin, Jimmy Algerino, Vikash Dhorasoo ou Javier Pastore, arrivés en avion spécial dans la matinée, ont, eux aussi, de l’eau dans les yeux. L’aréopage des VIP et des personnalités, tels Inoxtag, DJ Snake ou Teddy Riner, peinent à garder leur flegme.

Au coup de sifflet final, Roschdy Zem et Patrick Bruel sont tombés dans les bras l’un de l’autre, frissons à l’unisson pour un événement exceptionnel, presque aussi inappréciable et transcendant que l’apparition de la comète de Halley ou une tempête de neige au Sahara. Tant il est rare, rarissime même : la victoire d’une équipe française en Ligue des champions. Et l’hymne éternel de Queen et de Freddy Mercury (« We Are the Champions ») de résonner dans l’arène devant le peuple bleu et rouge, les couleurs du club, tout à son bonheur, immense. Les forces bavaroises de sécurité (l’équivalent de nos CRS), pourtant lourdement harnachées façon Robocop, sont enfoncées dans leur cœur par Marquinhos, le capitaine et vétéran (il est au club depuis 2013), et ses braves. Et tous d’aller communier et brandir la coupe aux grandes oreilles devant les 20 000 fans parisiens venus à Munich. Dans les tribunes, ils ont, eux aussi, mis la pâtée aux tifosis.

Le club parisien devient ainsi la deuxième équipe française à soulever la plus prestigieuse coupe d’Europe, 32 ans après le sacre de l’OM en 1993.

Une célébration nationale

Le grand dépucelage européen de l’OM en 1993 avait été fêté par tout un pays, en liesse. Le sacre du Paris Saint-Germain serait, juraient les Cassandre, moins œcuménique, ferait moins nation. Tout faux. Mon club, c’est mon sang. Mais Paris, ce soir, c’est mon cœur. De fait, c’est la France qui a célébré, samedi soir, le sacre du PSG. Dans les rues de Lille, de Rennes, de Montpellier ou de Toulouse : de la pyrotechnie, des pyramides humaines, des baignades dans les fontaines publiques… Tous derrière leur capitale. Tous dingos de ce Paris enfin sur le toit de ­l’Europe.

Lire aussi: Perspectives pour le XV de France

La ministre Rachida Dati a témoigné avoir constaté, à Munich, que le football nous réunit, du chef d’entreprise à l’ouvrier. Elle a croisé un jeune homme qui est en BTS et a consacré un mois de salaire à ce match. Après cette véritable master class, la tentation est forte de convoquer l’épique, les hyperboles et de réclamer l’Arc de Triomphe ou la place des Grands-Hommes pour les héros de Munich. Certains pensent que le football est une question de vie ou de mort. Cette attitude me déçoit. Car trente-deux ans, c’est un long bail dans la vie d’un homme ou d’une femme. Entre-temps, tant de chagrin, de fêlures inguérissables, de leçons d’immoralité. Tant de matchs perdus par les clubs de foot français.

Après le titre du PSG, des feux d’artifice ont été tirés depuis le toit du Parc des Princes. Comme promis par la mairie de Paris, l’édifice parisien allumé en rouge et bleu depuis 20 heures, s’est mis à briller juste après le but d’Achraf Hakimi en finale de la Ligue des champions.

Au lendemain du sacre du PSG, la plus belle avenue du monde a réservé un accueil bouillant aux champions d’Europe. Les supporters parisiens ont escorté le bus du PSG depuis son retour en France, à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Tout le long de la route entre Roissy et la capitale, les supporters parisiens s’étaient déplacés en masse. Une foule nombreuse s’est rassemblée ce dimanche sur les Champs-Élysées pour le retour des champions d’Europe. Les supporters du PSG attendaient fièrement leurs champions d’Europe. Le bus du PSG fend la foule devant les supporters parisiens venus en masse. Les supporters du PSG fêtent leur premier titre de champion d’Europe. 55 ans après la création du club, le club parisien inscrit son nom au palmarès de la Ligue des champions. Les champions d’Europe accueillis à Paris par leurs supporters. Le défenseur brésilien sur le bus à impériale qui a conduit les joueurs du PSG sur les Champs-Élysées. Le bus à impériale des joueurs du PSG au milieu des fumées de fumigènes sur les Champs.

Les joueurs et les membres du PSG ont été reçus par Emmanuel Macron à l’Élysée. Emmanuel Macron congratule Nasser al-Khelaïfi, sous les yeux de Marquinhos et Presnel Kimpembe. Lucas Hernandez avec le trophée de la Ligue des champions, ce dimanche, à Paris. L’entraîneur parisien savoure son deuxième sacre en Ligue des champions, après celui de 2015 avec le FC Barcelone. Le milieu portugais met l’ambiance sur le bus à impériale du PSG. Joueurs et membres du PSG prennent la pose devant le Parc des Princes décoré après le sacre de Munich. Fidèle fan du PSG, DJ Snake a débarqué sur la scène du Parc des Princes, accompagné de l’hymne de la Ligue des champions, pour lancer les festivités musicales. Joueurs et membres du staff sont arrivés en superstars ce dimanche au Parc des Princes. Les supporters parisiens ont craqué des fumigènes à l’arrivée du bus de leurs héros.

Le match de la consécration

Le Paris Saint-Germain a remporté la première Ligue des champions de son histoire. Paris a enfin décroché sa première étoile. En marchant sur l’Inter Milan (5-0), ce samedi 31 mai, le PSG s’est offert la première Ligue des champions de son histoire à Munich.

Lire aussi: Quand les stars de la NBA illuminent Paris

Achraf Hakimi a mis le PSG sur de bons rails en ouvrant rapidement le score. Le jeune attaquant international français (19 ans), passeur décisif sur l’ouverture du score, a éclaboussé le match de son talent en marquant un troisième but en seconde période (63e) avant un quatrième signé du Géorgien Khvicha Kvaratskhelia (73e) puis un cinquième, œuvre du jeune Senny Mayulu (86e). Un doublé et une passe décisive : Désiré Doué, 20 ans dans trois jours, a envoyé le PSG au bout de ses rêves en éclaboussant la finale de la Ligue des champions (5-0) par son aisance technique et l’assurance d’un immense joueur. Symbole du pouvoir donné à la jeunesse par le club, Senny Mayulu a parachevé le chef-d’œuvre d’un but où il s’aida du relais de Bradley Barcola (87e, 5-0). Les 18 000 supporters assez chanceux pour se trouver dans le stade étaient déjà au septième ciel depuis un moment mais ils ont alors grondé de bonheur. Et à 800 km de là, le Parc des Princes, les terrasses des bars et les fan zones bondées ont chaviré. La joie des supporters parisiens sur l’avenue des Champs-Élysées.

Un long chemin vers la gloire

« Pour gagner, il faut accepter de perdre », disait Luis Fernandez, joueur emblématique puis coach du PSG. Certes, mais pas à chaque fois. À les voir échouer à la pénultième ou à l’ultime marche (13 défaites en 15 finales disputées dont 6 sur 7 en Ligue des champions), on finissait par se dire qu’un mauvais sort, un infâme fatum, une malédiction frappaient les équipes de Ligue 1 dès lors qu’une échéance continentale se présentait à elles. Cette éducation au malheur, ce syndrome dit des « poteaux carrés » ou de la « défaite encourageante », concept purement gaulois, a donc pris fin en Bavière, terre de démesure. Comme un symbole, le sortilège a été rompu par un club longtemps allégorique de scoumoune et de la « lose à la française » : le Paris Saint-Germain.

On retiendra que c’est lorsque le PSG s’est déparé de son vernis bling-bling et a laissé partir, dans la douleur, sa dernière star mondiale, Kylian Mbappé, qu’il est enfin devenu grand. Cette année, le Paris Saint-Germain s’est transformé en équipe, en force collective. Entre-temps, qu’il fut dur le long chemin vers la gloire ! Et parsemé de désillusions… À la genèse, le rachat du club par QSI, filiale du fonds souverain du Qatar, en juin 2011. Et une ambition d’abord fantasmée puis clairement énoncée : remporter la Ligue des champions. Quatorze années d’espoirs, de tergiversations, de pas de côté, d’ajournements et de renonciations. L’équipe va voir défiler des joueurs de dimension internationale (Pastore, Ménez, Matuidi, puis Thiago Motta, Maxwell, puis Ibrahimovic, Thiago Silva, Lavezzi, Cavani), des coachs de renom ou en devenir (Carlo Ancelotti, Laurent Blanc, Unai Emery, Thomas Tuchel, Christophe Galtier). Et connaître plusieurs cycles. D’abord, l’ère de la stabilisation et de l’entrée dans la cour des grands ­d’Europe (2011-2017). Puis celle du star-système, avec le recrutement de Neymar à 222 millions d’euros (2017-2023), de Kylian Mbappé (2017-2024) puis de Lionel Messi (2021-2023).

Dans ce laps de temps, le PSG a beaucoup appris de ses revers. Le traumatisme de la remontada de 2017 (défaite et élimination 6-1 à Barcelone après avoir gagné 4-0 à l’aller), polluée d’erreurs d’arbitrage grossières en faveur du Barça, a amené à un constat. Pour « rêver plus haut », le slogan d’alors, il faut intégrer les instances internationales, gagner en influence. Cela a été réparé par l’engagement du président Nasser Al-Khelaïfi, membre du comité exécutif de l’UEFA et président de l’ECA, l’association des grands clubs européens. Côté business, le PSG a aussi musclé son jeu. Si le projet sportif a parfois manqué de cohérence et de lisibilité, le développement économique reste un cas d’école. Acheté 70 millions d’euros, le club est aujourd’hui évalué entre 3,5 milliards et 4,5 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires a explosé : 94 millions d’euros en 2010-2011 et 806 millions d’euros en 2023-2024. Cette saison, la manne de la Ligue des champions va lui rapporter (droits télé et billetterie) 200 millions d’euros.

Luis Enrique : L'architecte du succès

Les dirigeants, jadis interventionnistes dans la sphère technique, ont aussi mis de l’eau dans leur vin. En recrutant et en donnant les pleins pouvoirs, l’été 2023, à Luis Enrique, ex-coach du FC Barcelone lors de la catastrophique remontada. L’Asturien, 55 ans, ancien vainqueur de la Ligue des champions avec le Barça (2015) et sélectionneur de l’Espagne (2018-2022), a une idée du collectif qui implique un engagement de tous, y compris des stars. Dans le documentaire de Canal+ qui lui est consacré, il explique ainsi qu’il aimerait parfois envoyer de petites décharges électriques à ses joueurs qui ne s’impliquent pas assez dans ses schémas de jeu. Avec lui, le projet passe avant les ego.

Lire aussi: Tout savoir sur le XV du Trèfle

Sa première saison, 2023-2024, où le PSG échoue en demi-finale de la Ligue des champions face au Borussia Dortmund, est parasitée par le conflit de la direction du club avec Kylian Mbappé. Ce n’est que l’hiver dernier que l’Espagnol a pu mettre en place son jeu, fait de possession, de contrôle, d’attaque, avec des joueurs complets, rapides, mobiles, polyvalents, bons avec et sans le ballon. La finale face à l’Inter a été une démonstration d’école de la doxa « luis enriquienne » : pressing, contre-pressing, jeu de passe millimétré, appels, contre-appels… Un rythme qui a étouffé les Italiens, chantres de la dépossession et de la défense élevées en art et soudain devenus des garçonnets. Le management de Luis Enrique fait en sorte que tous les joueurs se sentent importants.

L'éclosion de Dembélé et la jeunesse triomphante

Mais cette gestion intelligente de l’effectif a été portée vers le haut par l’émergence d’Ousmane Dembélé, 28 ans. L’ancien Rennais et Barcelonais, appelé chez les Bleus depuis 2016, a cassé son plafond de verre cette saison en inscrivant 33 buts (contre 7 en moyenne les années précédentes). Surdoué techniquement mais souvent fantasque, il s’est révélé comme le M. Plus des Parisiens en se repositionnant avant-centre pour pallier le départ de Kylian Mbappé. Sacré meilleur joueur de Ligue 1 cette saison par ses pairs footballeurs, il se montrait incroyablement zen et confiant la veille du match : « Cette position axiale, je la connais depuis que j’ai commencé en professionnel. J’ai beaucoup de liberté pour aller à gauche, à droite, et déséquilibrer l’adversaire. Être là où on ne m’attend pas. » CQFD le jour de la finale. Véritable Zébulon, permutant sans cesse de droite à gauche alors qu’on l’attend au centre, « Dembouze » a mis la panique dans la défense de l’Inter. S’il n’a pas marqué, il a, altruiste, offert le deuxième but à Désiré Doué.

À Munich, une heure et demie après les trois coups de sifflet libérateurs de l’arbitre, Désiré Doué, le jeune prodige, 19 ans, sacré « homme du match », savourait. Venu à Paris sur la pointe des pieds l’été dernier pour « apprendre » à « être une force d’appoint », il se retrouve, neuf mois plus tard, héros, déjà au panthéon du club : « La discipline mise au quotidien nous a permis d’aller chercher des grandes choses. Ce qui m’arrive ce soir est exceptionnel mais c’est avant tout la victoire du groupe. »

Prochains défis

Place maintenant, pour le PSG, à la Coupe du monde des clubs qui débute le 15 juin aux États-Unis. Une compétition nouvelle, quadriennale, avec River Plate, Botafogo, le Real Madrid, Manchester City ou le Bayern Munich et dotée de 930 millions d’euros, dont 100 millions pour le vainqueur.

tags: #photo #paris #ligue #des #champions