Stadoceste Tarbais Pyrénées Rugby: Histoire et Ambitions d'un Club de Rugby Emblématique

Introduction

Le Stadoceste Tarbais Pyrénées Rugby, plus communément appelé Stado TPR, est un club de rugby à XV basé à Tarbes, dans le département des Hautes-Pyrénées. Fort d'une histoire riche et passionnante, le club a marqué le rugby français et continue de nourrir de grandes ambitions pour l'avenir. Cet article retrace l'histoire du Stado, ses moments de gloire, ses défis et ses perspectives d'avenir.

Un Passé Glorieux

Le Stado Rugby possède un passé glorieux, marqué par deux titres de champions de France (1920 et 1973) et une finale disputée en 1988. Ces moments ont forgé l'identité du club et ont marqué l'histoire du championnat de France. Des noms comme Trille, Dintrans, et Hondagné résonnent encore à l'oreille des amateurs de rugby, symbolisant les grandes heures du Stado à Tarbes.

Les Débuts et le Premier Titre (1901-1920)

L'histoire du Stadoceste Tarbais remonte à 1901, lorsque quelques Tarbais passionnés créent le premier club de rugby dans le département : le CESTE (du nom du gant de cuir que portaient les lutteurs). Quelques semaines plus tard, un deuxième club est créé : le STADE TARBAIS. Assez rapidement ces deux clubs vont fusionner pour donner le Stade Ceste Tarbais. C'est l’erreur d'un journaliste qui déforma ce patronyme qui donna le Stadoceste. Le Stadoceste tarbais est fondé en 1902 à partir de la fusion de deux clubs. La présence de l’arsenal et de nombreux ouvriers fournit un vivier important de joueurs. Rapidement, le club enchaîne les bons résultats et accède à de nombreuses demi-finales ou finales du championnat. Le Stadoceste tarbais devient enfin champion de France pour la 1ère fois en 1920 en battant le Racing Club de France par 8 pts à 3.

L'Entre-Deux-Guerres et l'Après-Guerre

Le club enchaînera ensuite des résultats inégaux en fonction des évolutions des formules du championnat jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale. Après guerre, le club atteint en 1951 les finales du championnat de France et de la Coupe de France qu’il perd respectivement contre Carmaux et Lourdes. Le club enchaînera ensuite des présences en ¼ ou en ½ .

Le Second Titre et la Finale de 1988

Le deuxième Brennus fera enfin son retour à Tarbes en 1973 puisque le club vaincra nos amis dacquois en finale par 18 pts à 12. Le Stadoceste retrouvera une nouvelle finale en 1988 mais perd contre Agen par 8 pts à 3.

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Le Déclin et les Défis du Professionnalisme

Le passage du rugby au professionnalisme a marqué un tournant dans l'histoire du Stado. La fin des années 90 voit la fusion entre Tarbes et Lannemezan s’opère, non sans de nombreuses tensions. Le conseil général ainsi que les villes de Tarbes et Lannemezan entrent au capital mais la greffe ne prend pas car elle se traduit par une dépossession du rugby de Lannemezan et un mariage inégal. Bien que le club soit resté proche du haut niveau, il n'a pas réussi à retrouver ses lettres de noblesse d'antan. Le Tarbes Pyrénées Rugby poursuit donc son chemin seul en ProD2 depuis 15 ans, en ayant connu une finale d’accession perdue contre Montpeller en 2003 par le score de 25 à 21.

Le Stado Aujourd'hui: Formation et Ambitions

Aujourd'hui, le Stado TPR évolue en Nationale 1. Malgré les défis rencontrés, le club reste tourné vers l'avenir, misant sur sa formation et sa structuration financière pour retrouver les sommets du rugby français.

Un Club Axé sur la Formation

Depuis plusieurs saisons, le Stado TPR s’appuie sur son vivier de jeunes talents afin d’alimenter son équipe fanion. Une formation de qualité qui commence dès le plus jeune âge avec l’école de rugby du club. Le club de Tarbes a offert au rugby hexagonal quelques joueurs connus et qui ont évolué au niveau international : Réné Crabos (qui avait débuté aux Boutons d’Or du lycée V. Hugo).

Objectifs Sportifs et Structuration Financière

Les objectifs de l’équipe première sont clairs : se maintenir dans les premières places du championnat de Nationale pour espérer accéder aux phases finales et, à terme, retrouver la Pro D2. Pour cela, il faut passer par la formation, les résultats sportfis, mais également par la structuration financière du club, un point sur lequel Lionel Terré, le président, travaille depuis de nombreuses années.

Le Rôle des Supporters

Le "Super Supporter du Stado" incarne la passion du rugby à Tarbes. Vous l’avez déjà croisé à Maurice-Trélut : le « Super Supporter du Stado », comme il se nomme, mène le kop tarbais dans son habit de lumière : cape rouge, masque blanc et sur la tête un haut-de-forme, rouge bien sûr, du plus bel effet. Indéfectiblement présent pour encourager l’équipe tarbaise, il fait de la résistance comme le personnage incarné à l’écran par Martin Lamotte qui lui a inspiré sa tunique : « Mon déguisement est un hommage à Super Résistant, le personnage dans le film Papy fait de la résistance, qui essaye d’améliorer la situation de certains Français sous l’occupation allemande. Je me suis dit qu’il fallait trouver un personnage qui essaye d’améliorer la situation du Stado. Derrière le personnage qui avance habituellement masqué, c’est Christophe Michelot, un sympathique Tarbais haut en couleur qui n’a rien à cacher. Dentiste dans le « civil », installé à Tarbes, il est d’abord un véritable passionné de rugby, du jeu, des matchs et bien entendu de l’ambiance que l’on sait mettre, aussi, dans sa Corrèze natale : « J’ai d’abord fait mes armes de joueur à Ussel. C’était une belle période de mon existence et puis, quand il a fallu rentrer à la faculté de médecine, j’ai un petit peu laissé tomber le rugby car c’était difficile de bien jouer sur les deux tableaux. Depuis, les années ont passé et c’est en s’installant à Tarbes, il y a quelques années, que ce dernier est retombé dans la marmite du rugby attiré par la renommée d’un certain Stadoceste tarbais : « On est arrivé en Bigorre, avec mon épouse, il y a un peu plus de quatre ans et je lui avais fait part de mon désir de m’intéresser au rugby local en tant que supporter. Alors, forcément, Tarbes avec son passé de grand club champion de France et avec ses anciennes gloires que je suivais quand j’étais jeune, parce que je suis dans le rugby depuis l’âge de 5 ans, m’a attiré. Donc, on est allé voir un premier match à Tarbes et comme je discute assez facilement, je me suis pris de discussion avec des gens qui sont devenus des copains. Rugby. Au fil des matchs, Christophe Michelot est devenu un supporter passionné du Stado qui n’a pas hésité à s’impliquer pour soutenir les joueurs et dans un stade qui ne vibre pas souvent, il tente désormais de mettre le supplément d’ambiance jusque dans l’hymne du Stado qui résonne maintenant avant l’entrée des joueurs : « Je me suis posé la question, qu’est-ce qu’on peut faire pour ce club, qu’est-ce qu’on peut améliorer à notre niveau des Amis du Stado, le club des supporters où je suis inscrit ? Alors avec un copain, on a fait fabriquer des drapeaux car il n’y en avait pas dans la tribune. Et puis, on essaye de mettre en place des petites idées qui peuvent redynamiser le public de Trélut car il faut apporter un peu de sang neuf pour que ça bouge un peu plus. Parce que je ne sais pas si c’est spécifique aux Bigourdans, mais ils sont morts en tribune. D’accord, il y a beaucoup de personnes âgées mais il n’y a pas de dynamisme. Il n’y avait plus de grosse caisse à Trélut, alors on a renoué avec la tradition car il y en avait une qui traînait. De petites idées en petits gestes, Christophe Michelot promène également son personnage dans quelques matchs ciblés à l’extérieur pour soutenir le Stado. Au gré de ses pérégrinations, le Super Supporter du Stado mesure, aussi, l’écart qui sépare son club de cœur des autres de Nationale. Comme à Narbonne, pour le compte de la 8e journée, où le Tarbais était présent pour la première fois : « C’est incroyable. Il y a une infrastructure qui est nettement supérieure à la nôtre, parce que le parc des sports et de l’amitié, c’est quelque chose de fantastique, ce stade-là. À Tarbes, on a un stade qui est trop vieux maintenant ; qui était bien certainement il y a 40 ans mais, maintenant, c’est plus ça qu’il nous faut. Je ne dis pas de raser très vite et faire un autre stade. Ce n’est pas ça, mais il faut au moins moderniser pour que ce stade de Maurice-Trélut soit attractif pour des potentiels partenaires et investisseurs. Tout super supporter qu’il est, Christophe Michelot n’en reste pas moins conscient des difficultés qu’éprouve le Stado actuellement : « Je ne sais pas si c’est la crise. On souffre d’un problème car on a un effectif qui est trop peu important. Dès qu’une, une, deux ou trois pièces maîtresses ne sont plus là, ça ne peut plus tourner de la même façon. Contrairement à des clubs qui ont des bancs conséquents, à Niort par exemple, ils ont quand même 40 mecs. On souffre forcément d’être le plus petit budget de la Nationale. Quand on met tous ces ingrédients-là dans la balance, dès qu’il y a un petit grain de sable dans le rouage, ça fait qu’on se retrouve dernier du championnat. Mais pour Christophe Michelot, alias Super Supporter du Stado, pas question de baisser les bras.

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La Ville de Tarbes et Son Attachement au Rugby

La ville de Tarbes, capitale de la Bigorre, est profondément liée à l'histoire du Stado. La présence de l’arsenal et de nombreux ouvriers fournit un vivier important de joueurs. C’est tout un club et toute une ville qui veulent dans le futur de nouveau placer Tarbes sur la carte des plus grands clubs de rugby français, et faire trembler à nouveau le Stade Maurice Trélut.

Tarbes: Un Centre Urbain Historique

La ville de Tarbes, est à la fois la capitale de la Bigorre et le chef lieu du département des Hautes Pyrénées qui compte 43.000 habitants, dans une unité urbaine de 77.000 habitants. Ville antique dont l’origine remonte au V° siècle, la cité prend son envol au moyen-âge et connait un essor démographique avec le développement de l’agriculture, de l’artisanat et du commerce. Le Révolution industrielle permet à la ville de basculer dans une nouvelle dimension, notamment avec l’installation de l’arsenal qui permet la construction de pièces d’artillerie après la défaite contre la Prusse en 1871. Le Maréchal Foch, tarbais d’origine, permettra la hausse continue de la production militaire à Tarbes pendant le 1er conflit mondial. La population ouvrière se développe fortement ce qui aura une incidence marquée sur la représentation politique de la ville pendant des décennies. La cité est caractérisée aujourd’hui par la construction ferroviaire et aéronautique et un net désengagement militaire à la fois industriel et de divisions. Il reste à Tarbes le 1er Régime des Hussards parachutistes et le 35 régime d’artilleurs parachutistes. Depuis quelques années, cette « ville marché », qui a toujours valorisé la gastronomie, remet à l’ordre du jour le fameux haricots tarbais avec l’installation d’une coopérative de production.

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