Histoire du Stade Saint-Priest Rugby

L'histoire du rugby à Saint-Priest est riche et complexe, marquée par des évolutions de structures, des déménagements de terrains et une passion constante pour ce sport. Cet article explore les différentes étapes de cette histoire, depuis les premières équipes formées dans le contexte industriel de l'usine Berliet jusqu'à l'autonomie du club et son évolution en Fédérale 2.

Les Origines du Rugby à Saint-Priest (1919-1945)

Le rugby fait son apparition à Saint-Priest à la fin de la Première Guerre mondiale, en 1919, avec la construction de la cité ouvrière Berliet, destinée à loger les employés de l'usine du même nom. En 1920, l'entreprise met à disposition des sportifs un stade jouxtant l'usine. L'Union Sportive Berliet (USB) est créée et les premières équipes de football et de rugby y pratiquent leur sport jusque dans le milieu des années 1930. Charles Ottina, maire de Saint-Priest de 1949 à 1972, a lui-même pratiqué le rugby dans ces années-là.

Cependant, les mouvements sociaux de la fin des années 1930 et la Seconde Guerre mondiale marquent la fin de l'USB. La section rugby de l'USB est considérée comme la genèse du rugby à XV à Saint-Priest.

La Renaissance du Rugby avec le Stade Auto Lyonnais (1945-2004)

Après la Libération, Berliet relance ses activités et, le 7 décembre 1944, une association multisports est créée : le Stade Berliet, également connu sous le nom de Stade Auto Lyonnais (SAL), aux couleurs « sang et or ». Le siège social est fixé à Vénissieux, où se trouve le siège des automobiles Berliet. L'association propose une grande variété de sports, notamment le football, le basket-ball, le tennis, la natation, le vélo et la pétanque. À son apogée, en 1975, elle compte 4 300 adhérents répartis dans 23 sections sportives. La section rugby est officiellement affiliée à la Fédération Française de Rugby (FFR) au début de l'année 1945 et obtient rapidement des résultats encourageants.

Les années 1945 à 1968 sont considérées comme l'âge d'or de la section rugby du SAL, avec plusieurs participations aux phases finales du championnat de deuxième division, sans toutefois parvenir à accéder à la première division. L'expérience industrielle de Berliet profite au SAL, lui permettant de se structurer administrativement et de bénéficier de son organisation et de ses relations. De nombreux joueurs sont issus de l'entreprise Berliet, mais aussi recrutés dans des équipes de rugby régionales ou nationales (LOU, ASVEL, VIENNE, etc.). En 1952/53, le SAL crée son École de Rugby.

Lire aussi: Où sera le prochain stade du PSG ?

À partir de 1968, le SAL connaît sa première descente et évolue en 3ème division. La saison 1980/81 marque la descente du club en championnat régional, une catégorie que le club n'avait pas connue depuis sa création. Malgré ces difficultés, le club fête dignement ses 50 ans lors de la saison 1993/1994 avec une grande fête au stade Marius Berliet, en présence de près de 400 invités.

Le Stade Marius Berliet : Un Lieu Emblématique

Le stade Marius Berliet, construit au milieu de la cité Berliet, a été le cœur de l'activité rugbystique pendant de nombreuses années. En mai 2013, ce stade a été démoli, suscitant la nostalgie de ceux qui y ont passé leur jeunesse.

En 1944, sur un terrain mis à disposition par l'usine Berliet, sa réalisation est entreprise sous la responsabilité d'André Kurtz, un délégué syndical du Comité d'Entreprise. En dehors des heures de travail, très souvent le week-end, une équipe de volontaires vient travailler bénévolement à la construction des terrains, des clôtures, des pistes, aires de sauts ou de lancers ainsi qu'à la plantation de nombreuses essences d'arbres, avec l'aide financière du Comité d'Entreprise ; les matériaux et matériels étant fournis par l'usine. Il est implanté sur Saint-Priest en bordure de l'avenue B alors frontière entre les départements du Rhône et de l'Isère et vient remplacer l'ancien stade (plutôt une aire de jeu en plein vent) situé à proximité de la route de Lyon coté Bron/Parilly. Les vestiaires vétustes sont toujours situés au sud-ouest à proximité de la porte C dans un bâtiment disparu depuis longtemps. Des douches très rustiques, installées dans une salle commune, sont alimentées par une chaudière à bois. L'entretien, la mise en œuvre des installations sont assurés par les services de l'usine. On ne comptait plus les douches froides imposées par une panne… A proximité une porte, dans la clôture, permet l'accès aux terrains et non loin de là un petit cabanon en dur, contre le mur coté Cité, tient lieu de buvette les jours de matches. Par contre l'entrée principale se trouve en face de la porte B, car l'Avenue B n'existe pas , ce qui permet l'implantation de deux terrains dans le sens de la longueur, rugby et football à l'origine ; sur le terrain d'honneur la tribune en dure est encadrée de deux gradins en bois. Des terrains de basket, de handball, de volley (ces sports pratiqués en plein air à l'époque) ainsi qu'une piste circulaire d'athlétisme en mâchefer, les aires de lancers et de sauts sont intégrés dans l'enceinte. L'ensemble du parc est fermée par un portail surmonté du nom d'un syndicaliste résistant : Stade Auguste Delaune. Après l'autogestion, en 1948, il sera rebaptisé Parc des Sports.

En 1959 le projet de réorganisation du stade se concrétise et sera présenté au ministre des sports Maurice Herzog en tournée d'inspection. L'avenue B passe désormais au milieu du Parc des Sports devenu Stade Marius Berliet en mémoire du fondateur de l'entreprise du même nom. Les nouvelles installations seront inaugurées le 15 mai 1960 lors de la brillante fête annuelle du club qui rassemble toutes les sections ; ces dernières défilent sur la piste au son de la musique de la Batterie Fanfare (60 exécutants). Particulièrement luxueuses pour l'époque elles comprennent vestiaires, douches, salles de réception. Par la suite, souvent modifiées, les bénévoles installeront un bar-buvette (salle Golzio) qui deviendra ces dernières années une salle de musculation.

Il faudra attendre début 1987 pour que la section Rugby , grâce au président de l'Omnisports Michel Housse, dispose du Club House à l'intérieur du stade. Pendant plus de six mois joueurs et dirigeants, sous la houlette d' Alain Pépin et Bernard Mourgeon, mettent la main à la pâte et au portefeuille pour équiper et agencer les lieux. Cet espace mythique, dont l'entretien est à la charge du club depuis 1974, constituera le cœur, le pivot de la section Rugby, lieu de rassemblement de la « famille stadiste » qui va connaître là des soirées mémorables, des réunions chaleureuses, parfois orageuses. Plusieurs générations bénéficieront des locaux dont la disponibilité et la largesse d'horaires n'avait pas d'égal comme d'ailleurs la qualité de la pelouse du terrain d'honneur dont la rusticité et la robustesse permettait d'évoluer par tous les temps.

Lire aussi: Tout savoir sur le Stade Lavallois

Le Déménagement au Complexe Pierre Mendès France (2004-Aujourd'hui)

La saison 2004/2005 marque un tournant dans l'histoire du club avec un déménagement vers le complexe Pierre Mendès France, situé au cœur de la ville de Saint-Priest, à proximité des grands axes routiers, des lignes de bus et du terminal de la ligne 2 du tramway. Ce complexe sportif est composé d’un terrain, d’une tribune et d’un vestiaire flambant neuf. Depuis la saison 2004-2005, le club joue sur le Stade Pierre Mendès France, composé de trois terrains (deux en herbe et un synthétique partagé avec le football), d'une tribune de 500 places et d'un vestiaire. Le club-house a été durant les quinze première années constitué par des bungalows et a été remplacé (2020) par un club-house moderne digne d'une équipe de Fédérale 2.

Ce déménagement a permis au club de se moderniser et de se développer, tant au niveau sportif qu'au niveau des infrastructures.

L'Évolution Sportive et l'Autonomie du Club

Pendant plusieurs années, le club a évolué en Fédérale 3, se maintenant régulièrement et participant plus de huit fois aux plays-offs du championnat. Le club accède à ce niveau le 22 mai 2016, grâce aux victoires en huitième de finale contre Besançon, sur les scores de 66 à 0 à l'aller au stade Pierre Mendès France et 24 à 12 au retour à Besançon. Pour sa première saison en Fédérale 2, lors de la saison 2016-2017, le Saint Priest Rugby termine septième sur dix.

En 2017, le club évolue et le SAL Saint Priest devient le Saint Priest Rugby, s'émancipant de l'association Stade Auto Lyonnais, comme l'ont fait les sections tennis, natation, vélo et foot. Une page s’est tournée le 3 octobre dernier. Le club de rugby de Saint-Priest s’est émancipé. Il a quitté le club omnisports du Stade Auto Lyonnais avec lequel il était lié depuis soixante-treize ans. Cette indépendance a été rendue nécessaire afin de faire face aux différentes contraintes administratives d'un club de Fédérale. « On avait besoin de cette autonomie de fonctionnement pour pouvoir travailler correctement et aller de l’avant », précise le président Alain Tauleigne, au club depuis quarante ans. Ainsi a-t-il vécu les heurs et malheurs du club sanpriot, lequel avait touché le fond en 1986 avec une relégation en 2e série du Lyonnais, avant de rebondir et de faire partie aujourd’hui des meilleurs clubs amateurs rhodaniens en Fédérale 2. « On est à la croisée des chemins », glisse-t-il. Derrière cette phrase banale se cache en filigrane l’envie de passer à la vitesse supérieure avec, en point de mire, la montée en Fédérale 1, sans négliger pour autant d’implanter encore plus fortement le rugby à Saint-Priest.

Depuis la saison 2017-2018, les poules sont passées à 12 équipes. Lors de celle-ci, Saint Priest Rugby termine quatrième. En 2018-2019, Saint Priest Rugby termine de nouveau quatrième. Lors de la Saison 2019-2020, le club est dans la poule du Nord et doit effectuer de nombreux et long déplacements jusqu'à la région parisienne. La saison est marquée par l'épidémie de Coronavirus (Covid-19).

Lire aussi: Ligue 1 : L'effet McDonald's sur les Stades

Le Stade Jacques Joly : Un Autre Lieu Important

Le stade Jacques Joly de Saint-Priest, situé au 13 avenue Jean Jaurès, est un autre complexe sportif emblématique de la ville. Comptant 698 places, et une capacité de remplissage pouvant aller jusqu’à 3000 spectateurs, le stade est doté d’un terrain d’honneur en pelouse naturelle et de tribunes modernisées.

Le projet de construction d’un stade municipal voit le jour en 1936, à l’heure des grands travaux entrepris dans le village par le maire Théophile Argence. Mais la Première Guerre mondiale éclate et le projet est abandonné. En 1941, le nouveau maire, Clément Payet-Burin, valide de nouveaux plans et lance les travaux. Entre 2016 et 2021, le stade a subi une restructuration complète menée par l’agence Arnou Architectes. Cette rénovation visait à moderniser les installations, incluant la démolition et la reconstruction de certaines parties vétustes, la création de nouveaux accès, et l’amélioration générale de la fonctionnalité du site. L’entrée se fera par la billetterie habituelle du Stade Jacques Joly qui se trouver sur la place Ferdinand Buisson (à Saint-Priest) juste à coté du Théâtre Théo Argence, rue Henri Maréchal.

La Formation des Jeunes : L'École de Rugby

Le Saint-Priest rugby a mis en place une École de Rugby depuis les années 1950. Elle est constituée des catégories U6 (moins de six ans) à U12. Jusqu'au U14 inclus, ces catégories sont mixtes. Lors de la saison 2020-2021, le club met en place, en relation avec la FFR, la section Baby Rugby pour les enfants de 3 à 5 ans. Cette section permet aux enfants de découvrir les activités physiques, la vie en groupe, les règles de vie. Ces activités pour une grande partie s'effectuent en gymnase, l'activité en extérieur n'étant réservée qu'aux beaux jours.

Les clubs du Saint-Priest Rugby, de Vénissieux et de Mions ont mis en place une entente des Écoles de Rugby et des équipes jeunes compétitions afin de permettre à l'ensemble de leurs enfants de pouvoir pratiquer le Rugby lors des tournois. Cette entente permet ainsi de mettre en place plusieurs équipes par catégorie. Elle permet également aux joueurs de ses équipes de poursuivre dans les catégories compétitions jeunes U14 à U19, catégories dans lesquelles ces deux clubs ne sont pas présents. À l'issue de ces années, les différents joueurs pourront, en fonction de leurs capacités et envies, poursuivre dans les clubs en fonction de leur niveau (série, honneur, Fédérale B et 2).

tags: #stade #saint #priest #rugby