Le Rugby Club Gradignan (RCG), club de rugby basé à Gradignan, en Gironde, possède une histoire riche et complexe, marquée par des périodes de succès, de difficultés et de transformations. Cet article explore l'histoire du club, en mettant en lumière ses moments clés, ses défis et ses aspirations pour l'avenir.
Les Premières Années et les Ambitions Initiales
L'histoire du rugby à Gradignan est intrinsèquement liée à l'évolution du sport dans la région bordelaise. Au début du XXe siècle, le rugby connaissait un essor important, et plusieurs clubs se sont formés dans la région, rivalisant pour la domination sportive.
Le Stade Bordelais, un club phare de l'époque, a même fusionné avec le Bordeaux Université Club (BUC) en 1901 pour renforcer son équipe et élargir son recrutement. Cette fusion, bien que controversée, a permis au club résultant, le Stade Bordelais Université Club (SBUC), de remporter le championnat de France en 1901, bien que ce titre ait été contesté par la suite.
L'ambition des dirigeants de l'époque était de constituer une grande équipe capable de rivaliser avec les clubs parisiens, comme le prouve le titre conquis en 1899. Le succès sportif des Bordelais a engendré un courant de sympathie et un sentiment de mobilisation identitaire dans la capitale girondine.
Les Défis et les Transformations du Club
Malgré cet élan initial, le rugby à Gradignan a connu des périodes difficiles. Après une rechute en Honneur, le club a parfois vécu des années difficiles. Les présidents Pierre Amouroux et Patrick Plottu ont œuvré pour maintenir le RCG à un niveau digne de la dimension économique et sportive de la commune.
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Cependant, un sentiment de changement est apparu, conduisant à une opération de relance menée par deux nouveaux présidents, Cédric Chabot et Éric Auriol, tous deux enfants du club. Leur démarche a consisté à confier à Patrick Bergez, un ancien joueur devenu un homme de terrain expérimenté, le soin de définir un projet sportif et de constituer un staff performant.
Bergez a accepté le défi et a construit un encadrement solide, composé de membres liés affectivement au club. Richard Darrambide et Didier Bayle coacheraient l’équipe première. Auprès de la formation B, Patrick Bergez a tenu à conserver Cédric Hautefaille associé à Bastien Simonpiétri. Auprès d’eux, le médecin Jérémy Volante, le kiné Romain Lala et le préparateur physique Mathieu Trufart exprimeront leurs compétences. Patrice Renard en charge de la logistique, et du joueur Benjamin Pesteil recruté pour assurer le développement de l’école de rugby présidée par Olivier Fragne, sont des éléments importants dans le management du club.
La Renaissance et les Ambitions Futures
La nouvelle équipe dirigeante a affiché sa volonté de retrouver la Fédérale 3, tout en soulignant la nécessité d'asseoir le club sur des bases saines et solides. Revenir à terme en division fédérale et surtout y rester, c’est l’objectif avoué des présidents Auriol et Chabot.
Dans cette optique, une cellule emploi-formation a été créée par des chefs d'entreprise, offrant à cinq jeunes une formation en alternance. « Ce ne sont pas que des paroles, promet Éric Auriol. Nous avons les structures et le budget, à Gradignan la vie économique est très bonne et nous sommes soutenus par de nombreux partenaires. On va faire des efforts qui n’avaient pas été faits. Nous sentons un engouement. Le navire RCG est prêt à affronter la grosse mer. L’ensemble de l’équipage n’ignore pas que les courants du championnat Honneur seront agités mais le bon vent gonfle la voile.
Le club a également mis en place des initiatives pour favoriser l'inclusion et l'ouverture. Le recrutement de Michel Le Besnerais, une personne non-voyante, au poste de secrétaire général, est un bel exemple de cet engagement.
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Les "Ruines de Cayac" : Un Lien avec le Passé
Les anciens du Rugby-Club de Gradignan ont également leur association, les Ruines de Cayac. Cette association, créée en 1986, regroupe des pratiquants du rugby âgés de 35 à 50 ans. Elle participe à différents tournois, dont certains internationaux, et organise régulièrement des activités conviviales.
L'association Les Ruines de Cayac Gradignan XV, rebaptisée en 2006, comptait 94 adhérents dont 52 joueurs pour la saison 2011-2012. Elle fait partie de l'Union fédérale des anciens du rugby.
Les membres des Ruines de Cayac s'impliquent également dans le Rugby-Club, apportant leur expérience et leur passion pour le rugby. Ils sont issus de différents milieux professionnels et partagent les valeurs du rugby.
Gradignan et l'Ouverture Internationale
Le Rugby Club Gradignan s'est également ouvert à l'international, notamment en accueillant l'équipe de rugby de l'Université de Galway, en Irlande. Ce rapprochement, initié par le maire de Gradignan, Michel Labardin, a permis de nouer des liens entre les deux communes.
Un match de rugby a scellé l’amitié naissante entre Gradignan et Galway. Ensemble, partenaires et adversaires ont regardé ensuite France-Namibie autour d’un repas avec les familles qui s’étaient portées volontaires pour loger ces 25 étudiants âgés de 19 à 25 ans.
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Cette coopération a été facilitée par Claire Rivenc, conseillère municipale déléguée à l'université, à la vie étudiante et aux jumelages, qui a établi les premiers contacts via Enlight, une entente qui rassemble dix universités européennes, dont celles de Bordeaux et Galway.
Michel Le Besnerais : Un Exemple d'Inclusion
Le RC Gradignan a recruté Michel Le Besnerais pour le secrétariat général. C’est un bel exemple d’inclusion qu’a montré le RC Gradignan. Il y a bientôt deux ans, le club girondin recherchait du renfort pour la gestion des nombreuses tâches administratives. Pascal Morel, qui en était le secrétaire général, s’est rapproché d’une association pour l’insertion de malvoyants, J2A. «Il y a quand même 350 licenciés, de l’école de rugby aux anciens en passant par le jeu à V et les féminines, présente le dirigeant. On a fait connaissance de Michel qui n’était pas forcément au fait des tâches administratives mais qui était très motivé et très ouvert sur l’informatique.» Michel Le Besnerais est non-voyant, connaît le rugby professionnel mais assez peu le monde amateur. Pas grave, il va compenser tout ça : «Quand ils m’ont convoqué, je leur ai montré mon matériel adapté et comment il fonctionnait, raconte-t-il. Je suis passé en entretien et voilà comment ça s’est passé.» «C’est un grand sportif, il a couru 37 marathons, est multiple champion de France de tir à l’arc… Et il a ce côté déterminé dans le travail aussi, remarque Pascal Morel, qui l’a formé et continue de l’accompagner. Il ne s’avoue jamais vaincu. Il est très inspirant je dirais. Pour lui, ce sont plein de petites victoires, c’est comme ça qu’il progresse. Son intégration a été permise d’une part par le concours des anciens présidents Éric Auriol et Cédric Chabot (et le prolongement de leurs successeurs Julien Musseau et Xavier Bonillo), mais aussi par le financement de son poste de travail adapté par l’Agefiph (fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées). Aujourd’hui, il remplit donc la fonction de secrétaire général du RC Gradignan à temps partiel. «Je suis le premier salarié du club», constate Michel Le Besnerais, conscient de ce que cela représente. Dans les faits, il gère les licences, la gestion des différentes compétitions, les déplacements des équipes, la relation avec la mairie pour les installations et bien d’autres choses… «C’est un vrai plaisir. La Fédération française de rugby a fait savoir que c’était la première fois dans son histoire qu’un recrutement de ce type avait lieu. Au niveau humain aussi c’est une réussite comme en témoigne Pascal Morel : "C’est une fierté pour le club de l’avoir recruté. Il maîtrise tout. Et c’est une personne attachante, pleine d’humour qui a su nous aider à l’intégrer.