Histoire du hockey à Grenoble : Des Jeux Olympiques à l'ascension vers l'Élite

L'histoire du hockey à Grenoble est riche et variée, marquée par des moments clés tels que les Jeux Olympiques d'hiver de 1968 et la création du Hockey Club de Grenoble en 1985. De la patinoire Clémenceau, inaugurée en 1963, aux récents succès de l'équipe féminine, le hockey à Grenoble a connu des hauts et des bas, mais a toujours su rebondir grâce à la passion de ses joueurs et de ses supporters.

Les prémices du hockey à Grenoble : La patinoire Clémenceau et les Jeux Olympiques de 1968

Avant la création du Hockey Club de Grenoble, la ville a été marquée par l'inauguration, le 23 septembre 1963, de la patinoire municipale de Grenoble, située boulevard Clémenceau, en bordure du Parc Paul Mistral. À l'époque, il n'y avait encore dans le quartier ni Palais des Sports, ni anneau de vitesse, ni mairie. Ces trois bâtiments seront construits pour les Jeux Olympiques de Grenoble de 1968. Cette patinoire était un événement majeur, étant la seule patinoire couverte dans une grande ville française, en dehors de la patinoire fédérale de Boulogne-Billancourt. La patinoire Clémenceau avait fière allure, avec 22,8 km de tuyauteries, une grande glace de 60 mètres sur 30 aux dimensions internationales et 2200 places assises. Sans oublier un bowling, un restaurant et un grill-snack.

La désignation de Grenoble pour organiser les Jeux Olympiques d'hiver de 1968 a été un tournant pour la ville. Pour les Jeux proprement dits, sortent de terre le spectaculaire Stade de Glace (aujourd’hui Palais des Sports) et l’anneau de vitesse, situés dans le parc Paul Mistral. Le premier accueille le hockey et le patinage artistique, le second le patinage de vitesse. Le Stade de Glace, aujourd'hui connu sous le nom de Palais des Sports Pierre Mendès-France, a été spécialement construit pour accueillir les épreuves de hockey et de patinage artistique des Jeux. Son architecture témoigne des avancées constructives de l’époque : sa couverture répond en effet au principe nouveau du voile de béton mettant en jeu le parcours de forces invisibles.

Pendant plus de trente-sept ans, quand on allait voir un match de hockey sur glace à Grenoble, on disait familièrement : "On va à Clémenceau !".

La naissance du Hockey Club de Grenoble et ses premières années

Le Hockey Club de Grenoble fut créé en décembre 1985 par un groupe d’amis, sous l’impulsion de Mohed Elias, le premier président. Les premières années, le club se développa très rapidement et les premiers résultats arrivèrent dès 1987, année durant laquelle le club décrocha le titre de champion de France Nationale 3 masculine. En 1989, un terrain synthétique fut mis à disposition par la ville de Grenoble pour la pratique de notre sport. Dans la foulée, le premier Trophée Européen Juniors fut organisé sur ce nouveau terrain en 1990. Au début des années 1990, le club compta jusqu’à 130 adhérents, avec des jeunes, plusieurs équipes dont une féminine et des loisirs dans une ambiance conviviale.

Lire aussi: Où sera le prochain stade du PSG ?

Après de bons résultats, l’équipe fanion jouera la saison 1997/1998 au second niveau français, en Nationale 1B. À l’issue de cette saison historique, la relégation, les déplacements et le manque d’effectifs mettront un coup d’arrêt au club. Les années suivantes, le club se reconstruit doucement avec l’appui des jeunes générations, l’équipe 1 repartant en Régionale. Quelques saisons passèrent, l’équipe 1 jouant en Nationale 2 et l’équipe réserve en Régionale; une quarantaine de licenciés constituaient le club.

Les défis инфраструктурные et la reconstruction du club

Après une belle saison en haut du tableau Nationale 2 (2003/2004), le terrain synthétique utilisé sera interdit pour la compétition en octobre 2004, obligeant les Grenoblois à jouer tous les matchs à domicile à Lyon. Ces 4 dernières saisons, malgré les problèmes récurrents d’infrastructures, le club s’est reconstruit tout doucement. Avec 10 licenciés en septembre 2006, nous avons atteint 35 en juin 2007. De nombreuses actions de (re)développement sont entreprises. C’est ainsi que dès 2007, une équipe féminine, une école de Hockey et une section Loisir sont remises sur pied. Les résultats sont corrects, avec des niveaux de compétitions relativement faibles. Faute de terrain de compétition depuis 2004, l’équipe 1 stagne volontairement en Régionale.

Début 2019, le Club récupère un terrain de gazon à Bachelard, qui lui permet d'envisager enfin sereinement la prochaine décennie. En 2020-2021, après plusieurs années d'absence, nos équipes séniors masculine et féminine se réengagent en nationale 2 salle !

L'ascension de l'équipe féminine vers l'Élite

En 2022-2023, l'équipe féminine engage pour la première fois de son histoire une équipe en nationale 2 en gazon, elles performent en finissant 5ᵉ sur 12. En parallèle, les filles réalisent l'exploit de finir 3ᵉ de nationale 2 en salle, ce qui leur offre une promotion en nationale 1.

2024-2025 : Marquée par de nombreux départs, l’équipe féminine semble affaiblie. Pourtant, à la surprise générale, grâce à un travail acharné et un collectif soudé, nos dames réalisent l’exploit le plus retentissant de l’histoire du club : elles terminent troisièmes en Nationale 1 et décrochent ainsi leur montée en Élite, la première division française.Ce résultat, totalement inattendu, marque l’apogée d’un groupe qui passe des bas-fonds de la troisième division à l’élite en seulement trois ans.Mais ce n’est pas tout : trois mois plus tard, elles deviennent championnes de France de Nationale 2.

Lire aussi: Tout savoir sur le Stade Lavallois

Pete Laliberté : Une figure emblématique du hockey grenoblois

Pas d'histoire des Brûleurs de Loups sans Gaétan Laliberté, dit "Pete", et son célèbre numéro 9. Ce joueur exceptionnel est né en 1930 à Sorel près de Trois-Rivières au Québec. En 1955, à 25 ans, il quitte le Canada pour jouer au hockey en Europe. Il débarque comme entraîneur-joueur à la Haye aux Pays-Bas. C'est donc un grand monsieur du hockey qui arrive à Grenoble.

Son premier objectif est donc la formation. Il veut qu'au plus vite de jeunes Grenoblois jouent pour le GHC. Il crée donc avec le président Charles Mazzili une école de hockey où se précipitent d'entrée cinquante jeunes tous les jeudis et samedis. Entre Grenoble et Pete Laliberté, c'est le coup de foudre immédiat et réciproque. Non seulement Grenoble l'adopte et le chérit pendant dix ans, mais c'est dans cette ville que Pete Laliberté se marie et voit naître et grandir ses enfants.

Louis Jansen et l'engagement associatif

Créé en 1985, le HC Grenoble est représenté depuis une vingtaine d’années par son fidèle président, Louis Jansen. Et pourtant, rien ne prédestinait, ce Néerlandais qui n’avait jamais joué au hockey aux Pays-Bas, à s’intéresser à ce sport tant pratiqué dans son pays d’origine.

L.J. : "En s’appuyant sur des personnes motivées pour le club, nous avons beaucoup travaillé à la mise en œuvre d’une nouvelle organisation pour assurer la pérennité du club. Nous partageons des valeurs de respect, authenticité, convivialité que nous essayons de faire rimer avec le fair-play qui fait que le hockey n’est pas un sport tout-à-fait comme les autres. Nous revendiquons un hockey convivial et familial, nous cultivons ce plaisir de jouer, ensemble, et de partager des bons moments de sport."

Défis et perspectives d'avenir

Depuis plus de quinze ans nous n’avons pas de terrain homologué à Grenoble. Après plusieurs solutions temporaires trouvées avec beaucoup de soucis dans des communes voisines, nous jouons depuis 3 saisons nos matchs de compétition sur un terrain synthétique à Grenoble, partagé avec le rugby. Ce n’est pas l’idéal pour notre sport, la surface du terrain n’est pas homologable au plus haut niveau et nous n’avons pas un créneau d’entraînement sur ce grand terrain. Nos jeunes compétiteurs méritent mieux pour leur évolution sportive. Nous sommes arrivés à un moment où notre croissance ne dépendra plus seulement de nos actions de développement, mais aussi de la présence d’un terrain synthétique optimisé pour le hockey.

Lire aussi: Ligue 1 : L'effet McDonald's sur les Stades

L.J. : "Continuer à travailler auprès de la Ville pour améliorer nos installations sportives avec un meilleur terrain synthétique. Nous ne faisons pas le poids face au foot et au rugby pour avoir une priorité, compte tenu des exigences divergentes entre les trois sports. Cela passe nécessairement par une croissance de nos effectifs. Parce qu’une mutualisation avec le foot ou le rugby n’est techniquement pas si évidente, nous mettons en avant une solution d’un regroupement avec d’autres sports mixtes (hockey/ultimate/flag/touch-rugby)."

tags: #stade #hockey #grenoble