L'histoire du football est jalonnée de moments mémorables, de stades emblématiques et d'évolutions constantes. La Belgique, avec son riche passé footballistique, ne fait pas exception. Parmi les nombreux stades qui ont marqué l'histoire du football bruxellois, le Stade Fallon occupe une place particulière. Cet article explore l'histoire du Stade Fallon, son évolution et son importance dans le paysage footballistique de Bruxelles.
Les Premières Années du Football en Belgique
Pour comprendre l'importance du Stade Fallon, il est essentiel de replacer son histoire dans le contexte plus large du développement du football en Belgique. À la fin du XIXe siècle, le football, importé d'Angleterre, commence à gagner en popularité sur le continent européen. En Belgique, des clubs pionniers sont créés, souvent par des étudiants ou des expatriés britanniques.
Le Daring Club de Bruxelles, fondé en 1895 par des étudiants bruxellois, est l'un de ces clubs pionniers. En feuilletant un journal hollandais où figurait le nom d'un club de foot batave, le "Daring", les jeunes gens choisissent ce nom pour leur future équipe. Le Daring Club de Bruxelles a joué un rôle important dans le développement du football belge et a remporté plusieurs titres de champion de Belgique.
En 1899, le club qui évoluait jusque-là à Koekelberg doit migrer pour permettre la construction de la basilique de la commune. La fusion sera (déjà!) la solution, le Daring s’allie avec un club jettois, le Brussels, et s’installe chaussée de Jette. Le club grandit et devient en compagnie de l’Union Saint-Gilloise, un club phare du championnat et remporte les titres 1912 et 1914. Les installations jettoises deviennent trop étroites pour accueillir les milliers de supporters du club. Trois sites sont alors étudiées pour accueillir à l’avenir les Rouge et Noir: Berchem-Ste-Agathe, Moortebeek (près de Dilbeek), et Molenbeek-Saint-Jean.
La Construction et l'Inauguration du Stade
Retardé par la Grande Guerre, le Daring ne s’installe dans ce nouveau stade qu’en 1920, et ce, après avoir disputé quelques rencontres à Anderlecht. La nouvelle enceinte est inaugurée le 12 septembre en présence des princes Léopold et Charles. Les nouvelles installations font honneur à la vocation omnisports du club: piste d’athlétisme, terrain de hockey, plusieurs courts de tennis et même un solarium. L’enceinte avec sa gigantesque tribune assise est alors une des plus impressionnante de Belgique, et il n’est pas rare d’y croiser les Diables Rouges. La Belgique, qui dispute sa première rencontre à Molenbeek face à l’Angleterre le 21 mai 1921 (défaite 2-0), y attire un public nombreux. Citons, à titre d’exemple, ce 20 juin 1926 où 35 000 spectateurs se grésèrent au stade pour assister à un match nul entre Belges et Français (2-2).
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L'Âge d'Or du Daring et les Premiers Matchs Européens
Suite au titre de 1921, Le Daring ne réapparaît au plus haut niveau qu’au cœur des années 30. Le 10 février 1935 les Rouges et Noir mettent un terme à l’improbable série de 60 rencontres sans défaite (un record qui tient toujours) de l’Union. Cette victoire 2-0 allait être suivie des titres de champion 1936 et 1937. Après guerre, l’antre des Daringmen - baptisée entre temps Stade Oscar Bossaert en hommage à un ancien grand joueur du club devenu bourgmestre de Koekelberg - ne connaîtra plus les honneurs d’aucun titre, le Daring prenant l’habitude de faire l’ascenseur entre la D1 et la D2. Cependant, le club est pourtant convié à disputer la Coupe des Villes de Foires (ancêtre de la Coupe UEFA). Le Stade Bossaert connait sa première sortie européenne le 23 septembre 1965.
La Fusion et la Transformation du Stade
Au cours de la saison 1972-1973, le Daring (ou Royal Daring Club de Molenbeek depuis 1970) évolue en deuxième division et rêve de retrouver l’élite, mais devant les difficultés sportives rencontrées pour y accéder, un accord est trouvé en fin de saison avec le Racing White (D1) pour former le Racing White Daring (RWD) Molenbeek, qui reprend le matricule 47 du White Star. Le Racing White avait lui-même été issu d’une fusion dix ans plus tôt entre le White Star, fondé en 1909 par des étudiants (matricule 47) et qui connut la D1 de 1943 à 1947, et le Racing Club de Bruxelles. Le Racing, lui, avait été fondé en 1890 (matricule 6) et, tout comme le Daring, était basé initialement à Koekelberg. Le club remporta 6 championnats de Belgique entre 1897 et 1908 ainsi que la première édition de la Coupe de Belgique en 1912, avant de retomber dans l’anonymat. les difficultés financières des deux clubs imposèrent la fusion en 1963.
Le nouveau venu impose très vite sa marque à Moelnebbek, le stade est renommé, il portera dorénavant le nom de Edmond Machtens, bourgmestre de la ville et grand instigateur de ce mariage de raison. Une nouvelle tribune - chauffée! - de 7 000 places est par ailleurs inaugurée le 22 août 1973 à l’occasion du premier match du nouveau club face au Réal de Madrid. Le stade est comble avec plus de 33 000 spectateurs, ce sera la première et dernière fois. Les premières années du RWDM sont fastes, le club décroche son unique titre dès 1975 en remportant le championnat, puis dispute une demi-finale de Coupe de l’UEFA en 1977 face à l’Athletic Bilbao.
Les Rénovations et les Changements de Nom
À l’issue de la saison 1992-1993, il est décidé la démolition de la plus vieille tribune du stade, dont la partie supérieure tombait en ruines, et qui avait été un temps interdite au public. A la place, s’érige une nouvelle construction doté plus de 600 business seats, les premiers du stade. Cette nouvelle tribune ouvre le 14 août 1993 à l’occasion de la réception de Charleroi. Le RWDM évoluera dorénavant dans un stade certes moderne, mais à la capacité réduite à 18 500 places (12 200 aujourd’hui).
Le stade Machtens ne reste pas orphelin longtemps. Après une saison de transition, le club officialise sa nouvelle ambition, tronquant, le 1er juillet 2003, son nom pour celui de FC Molenbeek Brussels Strombeek, ou plus communément: FC Brussels. Le Brussels dispute 4 saisons en D1 avant d’être relégué en au terme de la saison 2007-2008. Les affluences qui n’étaient déjà pas extraordinaires quand le club évoluait au plus haut niveau (environ 5 000 spectateurs de moyenne), s’effondrent en deuxième division (650 en 2013). Le « Brussels » ne veut rien dire pour les Bruxellois, ce nom n’évoque rien. En 2013, le club reprend à son compte les initiales du RWDM. Trop tard. Le club est déjà condamné.
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Sitôt la liquidation du Brussels actée, un groupe d’amoureux du RWDM chercher à recréer le grand club bruxellois. En 2015, ils récupèrent le matricule d’un petit club flamand évoluant en D4 : le Standaard Wetteren. Les nouveaux propriétaires rapatrient le club à Edmond Machtens et lui donnent le nom du glorieux club molenbeekois.
Le Stade Fallon Aujourd'hui
En 2013, le White Star, un autre club bruxellois, évoluait au Stade Fallon. En l'espace de quelques mois, la capacité de l'enceinte bruxelloise est en effet passée de 2.000 à 3.165 places. Le coût des travaux: 314.100.
À la fin de la saison 2012-2013, la direction du Royal Léopold Uccle Football Club, qui fêtait ses 120 ans d'existence, a pris une décision radicale. Lassés du manque de soutien affiché par la Commune d'Uccle et de devoir partager les installations de la « Chaussée de Neerstalle » avec d'autres clubs d'autres disciplines, l'équipe première du Léopold, a déménagé de l'autre côté de l'agglomération bruxelloise, à Woluwe-Saint-Lambert et le stade Fallon. Le club adapte son nom en R. Léopold Uccle Woluwe FC avant de retrouver son appellation d'origine, Léopold FC, à partir du 1er juillet 2014.
L'Importance du Stade Fallon dans le Football Bruxellois
Malgré sa taille modeste et son histoire parfois tumultueuse, le Stade Fallon reste un lieu important pour le football bruxellois. Il offre un espace pour les clubs locaux de se développer et de jouer devant leurs supporters. Le stade a également accueilli des événements sportifs importants, contribuant ainsi à la vie sportive de la ville. Son existence témoigne de la passion pour le football qui anime Bruxelles et de l'importance des clubs locaux dans le tissu social de la ville.
Les Défis et l'Avenir du Stade Fallon
Comme de nombreux stades anciens, le Stade Fallon est confronté à des défis en matière de modernisation et de capacité. Les normes de sécurité et de confort évoluent, et il est essentiel que le stade puisse s'adapter pour rester compétitif. Cependant, il est également important de préserver le caractère unique et l'histoire du stade, qui en font un lieu spécial pour les supporters et les joueurs.
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L'avenir du Stade Fallon dépendra de la capacité des autorités locales et des clubs à travailler ensemble pour trouver des solutions innovantes et durables. Des investissements dans les infrastructures, combinés à une gestion efficace et à une vision à long terme, pourraient permettre au Stade Fallon de continuer à jouer un rôle important dans le football bruxellois pour les années à venir.