L'Histoire du Football à Châteauroux : Des Débuts Gymniques à l'Ère Moderne

L'histoire du football s'écrit aussi bien dans les grands stades des métropoles que dans les enceintes plus modestes des villes moyennes et des villages. La Berrichonne de Châteauroux illustre parfaitement cette réalité, avec un parcours riche en événements et en émotions. Fondé en 1883, le club a d'abord été une société de gymnastique, avant de voir sa section football apparaître en 1914. Cet article explore l'évolution de ce club historique, de ses racines associatives à son ambition de retrouver l'élite du football français.

Les Premières Années : Gymnastique et Naissance du Football (1883-1950)

La Berrichonne de Châteauroux est l'un des plus anciens clubs français, fondée en 1883. À l'origine, il s'agissait d'un club de gymnastique, la section football faisant son apparition en 1914. La progression du club est lente et régulière.

De l'Amateurisme au CFA : Une Progression Constante (1950-1972)

Après l'accession en CFA en 1950, Châteauroux est deux fois champion de groupe en 1964 et 1966.

L'Ère de la Deuxième Division : Stabilité et Ambitions (1972-1997)

À partir de 1972, la Berrichonne évolue en deuxième division, se stabilise à ce niveau et se classe généralement en milieu de tableau. Avec le passage à la super D2 en 1993, Châteauroux est relégué en nationale 1.

L'Ascension en Première Division et les Années en D2 (1997-2021)

Cette descente galvanise l'équipe qui enchaîne un titre de champion de France de nationale en 1994 et une 5ème place en D2 en 1995. En 1997, Châteauroux termine champion de France de D2 et accède pour la première fois de son histoire à la D1. La saison au sein de l'élite est difficile puisque le club termine 17ème et retrouve la D2 en fin de saison. Dès lors, la Berrichonne enchaîne les saisons dans la première moitié du tableau de D2 sans pouvoir accéder au 3 premières places.

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L'Acquisition par United World et les Nouvelles Ambitions (2021-Aujourd'hui)

La Berrichonne de Châteauroux, aujourd’hui détenue par le groupe United World du prince Abdallah ben Moussaed, accueille le PSG ce vendredi 6 janvier en 32es de finale de la Coupe de France. Depuis maintenant deux ans à Châteauroux, l’accent berrichon n’est plus de mise dans les travées du stade Gaston-Petit. Désormais, place à l’Anglais. Le 8 mars 2021, le groupe United World du prince saoudien Abdallah ben Moussaed a racheté la Berri pour en faire une place forte du football français, avec l’ambition de retrouver l’élite d’ici 2025. Sauf que le projet semble avoir pris du plomb dans l’aile et peine à décoller alors que les Castelroussins (14es) sont englués en fin de tableau du National. « Sportivement, nous ne sommes pas là où on devrait être, c’est sûr. On a le budget pour être nettement plus haut. Il faut dire que le club de l’Indre a été complètement bouleversé et est dorénavant dirigé uniquement par le groupe United World et sa galaxie de cinq clubs, avec Sheffield United (Championship), Beerschot (D2 Belge), Al-Hilal United (Émirats arabes unis) puis le club indien de Kerala. En coulisses, trop de nouvelles têtes ont débarqué pour s’accorder d’une seule voix. « Au sein du club, il y a toute une armée mexicaine et c’est peut-être ça aussi le problème. L’année dernière, il y avait un chargé du recrutement, un directeur sportif, un entraîneur, un directeur exécutif, Patrick Trotignon qui est président du conseil d’administration à Paris, en plus du groupe United World qui décide et lui est à Genève. Les responsabilités sont un peu diluées partout et ils n’ont pas les mains complètement libres ici.

Pourtant, dès la première saison, les Saoudiens ont mis la main au portefeuille pour lancer le projet, en réussissant à attirer des joueurs d’expérience comme Nolan Roux ou Gilles Sunu en National, grâce à des salaires très élevés. Si la mayonnaise a commencé à s’épaissir au début, elle n’a finalement pas pris. « Ils ont acheté 17 joueurs la première année donc ils avaient un effectif de 35 joueurs à un moment et ça, dans n’importe quel club, ça ne marche pas. Dans le lot, ils ont misé sur certains noms, mais ce ne sont que des joueurs en fin de carrière. Ces premiers investissements s’apparentent pour l’instant à un coup d’épée dans l’eau de United World, qui n’a pas continué à investir (5e de National en 2021-2022) la deuxième année pour remonter rapidement en Ligue 2. « Le problème de ces acteurs-là, c’est qu’ils ont des grandes idées et peu de moyens. Beaucoup ont joué sur le fait qu’il était Saoudien alors qu’en vérité, ce n’est pas non plus une fortune gigantesque (elle est estimée à 200 millions d’euros). Il a fait rêver un peu tout le monde, c’est le mythe du prince saoudien qui a forcément de l’argent. Finalement, il ne se passe rien », souffle Jean-Baptiste Guégan, géopoliticien, professeur d’histoire et auteur du livre « Atlas géopolitique du sport ». « Les Saoudiens ne viennent jamais au stade d’ailleurs. Ils ne comptent pas réinvestir car ils estiment qu’ils ont déjà une assez grosse masse salariale. Ils ont déjà mis assez d’argent comme ça pour eux. La folie des grandeurs ne semble donc plus d’actualité à La Berrichonne. L’arrivée de joueurs venus des propriétés de la galaxie United World, comme on aurait pu le croire, n’a également jamais eu lieu. « Les salaires ne sont pas du tout les mêmes entre les clubs.

Mais à La Berrichonne, on ne s’inquiète pas de ce retard à l’allumage, on mise sur le temps pour parvenir à ses fins. « C’est un projet sur la longue durée avec l’objectif de développer le club, comme créer une académie qui est en train de démarrer. Commençons déjà par faire bonne figure en National et après on verra. L’objectif, c’est évidemment de retrouver la Ligue 2 dans un premier temps », avoue Michel Denisot.

La Coupe de l'Indre : Une Compétition Populaire

Dans cette période marquée par l’arrêt définitif des championnats et coupes amateurs de football, l’occasion est trop belle de se pencher sur la compétition la plus suivie dans le département depuis de longues années : la Coupe de l’Indre. Des années 1970 au début des années 2000, l’engouement populaire pour la « Ligue des champions locale » était véritable. Les fans vibrent à travers les exploits de petites équipes arrivant à se hisser en finale, voire à l’emporter. Ce fut le cas, notamment en 1983, lorsque Saint-Denis-de-Jouhet et Orsennes se sont disputé le trophée.

Le Rôle de Daniel Alaphilippe

Sept finales pour Daniel Alaphilippe. À cette époque, les Orsennais étaient entraînés par un certain Daniel Alaphilippe. Ce dernier nous a reçus chez lui et livré bon nombre d’anecdotes croustillantes. L’homme aux sept finales (une victoire en 1976 avec La Châtre 1-0 face à la Berri, six défaites) évoque, dans un premier temps, la fin de sa période castraise puis son passage à Déols. « En 1978, on perd en quarts à Martizay. Puis je quitte le club car j’ai été embauché au 1er juillet dans une banque à Châteauroux. » Ami proche de Jean Bizet, président du FC Déols à l’époque, il s’engage avec le club. Si la première saison (78-79) ne se passe pas très bien, la seconde est de meilleure facture. « On attaque la saison et on va en finale de Coupe de l’Indre en 1980. On affrontait Neuvy. On fait match nul, on redouble la finale quinze jours après devant 5.000 personnes et on perd aux penaltys (5-6). Je me souviens avoir tiré le cinquième. » En 1981, le FCD va de nouveau en finale, contre La Châtre cette fois (défaite 0-2). À l’issue de cette saison, il quitte le club déolois. Ses vacances d’été 1981, il les passe à Orléans, où il fait un stage pour devenir entraîneur, au côté, notamment, d’un certain Henri Michel. Il obtient alors le précieux sésame et, c’est à 27 ans, par hasard, qu’il va débarquer du côté d’Orsennes. « Christian Teinturier, le président de la ligue, qui connaissait bien le président d’Orsennes, Jean-Paul Guilloton, m’a appelé et m’a dit d’aller le voir. Je ne connaissais pas du tout cette commune. Je ne savais pas où ça se situait (rires). »

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L'Expérience à Orsennes

« Ce que j’ai vécu à Orsennes c’est le rêve de tout coach ». Le voilà parti là-bas un vendredi soir, où il était attendu par tout un club, joueurs, dirigeants, mais pas seulement. « Le maire de la commune, le regretté Louis Pinton, était là aussi. Je me suis fait piéger. Il y a eu une ambiance incroyable alors que je ne connaissais personne. Je me suis demandé où j’avais mis les pieds, et finalement je suis resté six ans. » Avant d’aller plus loin, il prévient : « Ce que j’ai vécu là-bas, c’est le rêve de tout entraîneur départemental. » Il se souvient que ses coéquipiers (il était entraîneur-joueur) écoutaient à la lettre et étaient durs au mal. « Je n’ai jamais eu un blessé en six ans. » Le début de saison 81-82 ne se passe pas très bien pour Alaphilippe et son équipe, qui évoluait en 2e Division.

Une Série de Matchs Sans Encaisser de But

17 matchs de suite sans prendre un but. « Le gardien ne me convenait pas. Je fais venir Philippe Foulatier, un gars extraordinaire. D’un seul coup, on se met à gagner 17 matchs de suite sans prendre un but, alors qu’on prenait des raclées avant. » En Coupe de l’Indre, le parcours est presque parfait. Orsennes se retrouve en demi-finale face à La Châtre (1re en DH à ce moment-là). Après une défaite à l’aller (1-2), le retour se termine sur un match nul (2-2). Les Orsennais sont éliminés mais ce n’est que partie remise. La saison suivante (82-83), le club entre en 8e de finale de la compétition. Et affronte…. La Châtre ! « Tous les gars ont sauté de joie dans le vestiaire. Moi, ça ne me faisait pas rire, mais mes joueurs voulaient tout faire pour les éliminer. » Pour mettre toutes les chances de son côté, Alaphilippe tente un coup de poker. Il décide notamment de faire une préparation « à l’anglaise » avant le match. « Je fais venir les deux masseurs du PSG, originaires d’Orsennes, André Lansade et Roland Vareillaud, qui ont connu également des expériences à la Berri ou sur le Tour de France (Vareillaud). Je voulais qu’ils galvanisent un peu les troupes. Ils avaient un don et des mains fabuleuses. » Le plan a parfaitement fonctionné : « Le jour du match, on décide de ne pas sortir s’échauffer. André et Roland nous motivaient dans les vestiaires et nous massaient. On n’est sortis que pour le coup d’envoi. Certains disaient qu’on ne tiendrait pas. Finalement, on fait 0-0 après 120 minutes et on se qualifie malgré l’adversité et la présence, en face, d’un certain Francis Algret, le meilleur joueur de la région à l’époque selon moi. » En quart de finale, les Orsennais éliminent le Vendœuvres des frères Bilaine. En demie, ils défient Martizay. Après deux matchs nuls (2-2 puis 0-0), ils se qualifient pour la finale en s’imposant 2-1 lors du match d’appui au Poinçonnet, devant 2.000 personnes. Les voilà donc à Gaston-Petit face à Saint-Denis-de-Jouhet, formation emmenée par les frères Chenet. « On était menés 1-0, on égalise. À cinq minutes de la fin, on aurait dû obtenir un penalty sur une frappe déviée du coude. C’était limite et l’arbitre, Jean Bourigault, ne siffle pas. Finalement on prend un but à la 89e et on s’incline 2-1 », se souvient le soixantenaire.

L'Esprit de Camaraderie

Un apéro et un bal avec les deux équipes. Mais l’histoire ne s’arrête pas là pour Orsennes et Alaphilippe puisqu’après une nouvelle épopée, ils retournent en demi-finale de la Coupe de l’Indre en 1984 face à… Saint-Denis-de-Jouhet ! Le match aller (perdu 2-1), reste encore au travers de la gorge de ce dernier. Si son équipe est éliminée (2-1 à l’aller, 2-2 au retour), ce n’est pas ça qu’il retient. « On avait fait plus de 3.000 entrées au retour. J’organise la fin de soirée, on fait un apéro et un bal pour les deux équipes avec femmes et enfants. Il n’y avait aucune animosité entre les deux équipes. C’était beau, ça nous donnait les larmes aux yeux », conclut-il.

Palmarès de la Coupe de l'Indre

La Berrichonne est l’équipe la plus titrée de la compétition. La première Coupe de l’Indre a été remportée par Issoudun en 1946. Le FC Déols est le dernier vainqueur.

  • 17 victoires : Berrichonne (1948 à 51, 55 à 57, 61, 63, 71, 74, 77, 79, 85, 86, 91 et 92)
  • 14 : SA Issoudun (1946, 52, 53, 58 à 60, 64, 69, 73, 75, 90, 93, 95, 2016)
  • 11 : FC Déols (1998, 2001, 03, 06, 07, 2011 à 2014, 2017 et 2019).
  • 6 : US Argenton (1947, 62, 67, 70, 72, 94)
  • 5 : EGC Touvent (2002, 04, 05, 08, 2010)
  • 4 : US La Châtre (1976, 81 et 82, 2015)
  • 3 : Saint-Christophe Châteauroux (1988, 89, 2000).
  • 2 : Saint-Denis-de-Jouhet (1983 et 84), Velles (1996 et 97), Levroux (1954 et 78), Le Poinçonnet (1966 et 68).
  • 1 : Saint Maur (1965), Vendœuvres (1987), Martizay (2009), SC Vatan (1999), Neuvy-Saint-Sépulchre (1980).

La Philosophie de Daniel Alaphilippe

Daniel Alaphilippe et sa « défense de fer ». S’il admet avoir vécu sa « plus belle aventure dans le football » à Orsennes, Daniel Alaphilippe a clairement marqué de son empreinte le petit club indrien dans les années 1980. On lui donnait même un surnom bien particulier, Luis Menotti. « J’étais adepte de la défense à l’italienne. Personne n’arrivait à nous battre chez nous. J’avais un système de jeu avec une défense de fer. On arrivait à faire déjouer n’importe quelle équipe. Menotti, sélectionneur de l’Argentine au début des années 80, avait une défense rigoureuse. J’adoptais cette solution », développe-t-il en fin tacticien. Mais pour lui, le principal n’était pas là : « Il fallait que les joueurs adhèrent à ça. C’est pour ça que le côté humain est très important. Je suis ami avec la plupart encore aujourd’hui et on mange de temps en temps ensemble. Si un jour je suis dans le besoin, que j’ai un problème, j’appelle n’importe lequel et il vient. Humainement, cette équipe, c’était et c’est quelque chose. » Alors qu’il se souvient des nombreuses soirées d’après-match de coupe, de la chèvre « Coco », peinte en bleu et blanc, faisant le tour du stade avant chaque rencontre à Orsennes, et des gens qui pleuraient de joie après une victoire, Daniel Alaphilippe estime que le « côté humain se perd et qu’on ne verrait plus ce genre de chose maintenant ». Il poursuit : « Personne ne se plaignait à l’époque et on ne parlait pas d’argent. » L’ancien coach assure avoir vécu des moments magiques et ne regrette rien. « Peut-être que j’aurais pu faire une autre carrière mais j’ai privilégié l’humain et le boulot avant le sportif.

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Initiatives et Événements Récent

L’USLCF a 100 ans, on a fêté ça toute l’année : Le centenaire a fait son expo ! L’Entente Nord Bassin, avec Andernos Sports voit le jour, réunissant les équipes des deux clubs en U14 et U15. NOUVEAU ! L’USLCF a ouvert son école de foot féminin ! Toutes les jeunes filles, et plus précisément celles nées en 2010, 2011 et 2012 (mais toutes sont bienvenues ) sont invitées à nous rejoindre. Retour avec Laurent Marquezanne, l’entraîneur de notre équipe réserve, sur la montée acquise en Régionale 2 la saison prochaine. L’aventure est née d’un hasard heureux. Comme souvent. Cela fait quelques printemps qu’on évoque, au sein du club, l’idée de monter des sections filles enfants. Plusieurs jouent déjà en mixte, la Fédération se fait pressante, car le développement du football féminin passe par l’implication des clubs. L’USCLF accueille son cinquantième partenaire. Un partenaire très particulier puisque il s’agit de l’AS Saint-Etienne, le club mythique de notre championnat de France. L’USLCF remporte sa première coupe d’Aquitaine. C’est la première fois que l’USLCF remporte ce prestigieux trophée, et signe par là même un retentissant doublé coupe-championnat.

Changements d'Entraîneurs et de Direction

Patrice Lair et Jaroslav Plasil démissionne de leurs fonctions. Patrice Lair est nommé entraîneur de La Berrichonne. Olivier Saragaglia devient le nouvel entraîneur de l'équipe première. Michel Denisot quitte son poste de président du club. Arrivée du nouveau logo choisi par les fans. Jean-Luc VASSEUR est nommé nouvel entraîneur de l'équipe professionnelle. La Berrichonne est reléguée sportivement en National et est repêchée administrativement en Ligue 2. Pascal GASTIEN est nommé entraîneur de l’équipe professionnelle. Thierry SCHOEN est élu Président de la SASP. Bruno ALLEGRE est nommé Président Délégué. Départ de l’entraîneur Didier THOLOT, remplacé par Jean-Louis GARCIA. Départ de Michel DENISOT et Patrick TROTIGNON. Daniel BAUJEAN et Patrick LE SEYEC deviennent co-présidents de la BERRICHONNE. Mise en place du statut professionnel, réorganisation du Club en 2 structures distinctes (S.AO.S. Arrivées d'Hervé BROSSARD et Michel DENISOT qui devient Président. Fusion entre la BERRICHONNE et l'ASC.

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