L'épopée du Stade Cadurcien Rugby : Une histoire de passion et de résilience

L'histoire du Stade Cadurcien Rugby est une chronique riche en événements, marquée par des moments de gloire, des défis surmontés et une passion indéfectible pour le rugby. Des terrains de l'île de Cabessut aux joutes nationales, le club a su forger son identité et s'inscrire durablement dans le paysage sportif lotois.

Les prémices du rugby à Cahors : L'émergence d'une passion

L'histoire du rugby à Cahors est intimement liée à l'essor du sport au début du XXe siècle. Le 26 octobre 1910, à l’initiative de Paul Orliac, une poignée de jeunes gens désireux de pratiquer le "football" (un jeu combinant l'usage des mains et des pieds) pose les fondations d'une future institution. Le Colonel Reibell, commandant le 7e d’Infanterie, met à disposition le terrain situé au lieu-dit Roc de l’Agasse, où joue l’équipe du régiment. La municipalité acquiert progressivement les parcelles de l’île de Cabessut, réalise quelques aménagements et édifie une tribune en bois.

Cette période initiale est marquée par la volonté de structurer la pratique du rugby à Cahors. En 1919, l’Aviron cadurcien créa une section rugby dont le stade se trouve face à l’Aviron dans l’île de Cabessut. Situé sur la commune de Cahors dans le département Lot (46), le stade a été mis en service en avant 1945, cet espace sportif est de type terrain de rugby, il dispose d’un sol en gazon naturel et compte 1500 places en tribune. La surface d’évolution est de 7700.00m2. Le 31 octobre 1920, le stade de l’île devient le Robinson Park de Cabessut, qui connaîtra une existence éphémère. Le 16 janvier 1921, les dirigeants voulant honorer les joueurs morts lors de la Grande Guerre, nomment le Stade Lucien Desprats, en hommage au jeune aviateur cadurcien, mort au combat le 9 octobre 1916. Les dirigeants contractent un lourd emprunt pour édifier une tribune de 300 places, qui sera emportée par la crue du Lot en 1927.

Cette période héroïque est malheureusement endeuillée par la Première Guerre mondiale. Parmi les sportifs lotois fauchés par le conflit, Lucien Desprats, rameur émérite de l’Aviron cadurcien et pilote, incarne le sacrifice de toute une génération. Né à Cahors en 1889, Desprats était un sportif accompli, champion national de skiff et rugbyman talentueux. Mobilisé en 1914, il est affecté à l'aviation et périt en 1916, son nom est immortalisé par le stade du club.

L'essor du Stade Cadurcien : De l'ombre à la lumière

Les années qui suivent la Seconde Guerre mondiale marquent un tournant dans l'histoire du club. Dans les années 40, la ville achète les dernières parcelles de l’île. Le stade est utilisé par les scolaires et les sociétés sportives qui dénoncent l’hégémonie du rugby. En 1945, un terrain de basket-ball est aménagé et une piste d’athlétisme entoure la pelouse. Les dirigeants du Stade Cadurcien décident d’ériger un monument à la mémoire des Morts pour la France, inauguré le 11 novembre 1949 ; l’équipe de Toulon est invitée. En 1956, la passerelle d’accès est élargie et consolidée. Une tribune-pesage recouverte de tôles ondulées est érigée face à la tribune d’honneur. Jules Ladoumègue en 1956 et Michel Jazy en 1965 fouleront la piste d’athlétisme.

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Le club gravit les échelons et connaît son premier sacre en 1955 en remportant le Championnat de France de deuxième division. C’est le début d’une très belle période pour le club de la préfecture du Lot. En 1956, Cahors va rapidement s’afficher comme un gros morceau du championnat. En Février 1958, 12 000 spectateurs assistent à la réception de Lourdes à Cahors. Cahors réalisera ses meilleures saisons en 1962 et 1963. En 1962, il termine premier de sa poule devant Mont de Marsan, avant de se hisser en quart de finale, battu de peu par le champion de France sortant, Béziers 3-0. En 1963, Cahors termine à nouveau premier de sa poule, mais sera éliminé en quart de finale par Lourdes.

Cette période faste est incarnée par des figures emblématiques, à l'image d'Alfred Roques. Surnommé affectueusement le ‘’Pépé du Quercy’’ en raison de sa calvitie précoce, Alfred Roques débuta sa carrière sportive atypique dans le Tarn-et-Garonne. Après la pratique du football à Cazes-Mondenard (Tarn-et-Garonne) et repéré par deux dirigeants, il se convertit au rugby et s’épanouit en première ligne de l’équipe de Moissac. Son adaptation rapide à ce sport et sa force physique ne laissèrent pas les dirigeants de Cahors (Lot) insensibles. Sélectionné en équipe de France à l’âge canonique de 33 ans, âge où certains joueurs commencent une retraite bien méritée, Alfred va connaitre la gloire lors de la tournée de l’équipe de France en Afrique du Sud, en 1958. Opposé au monstrueux Chris Koch puis au fougueux Piet Du Toit, il va impressionner les Sud Africains en les surclassant. surnommera ‘’The Rock’’. Le 16 août 1958, lors du dernier test match contre l’Afrique du Sud, Alfred Roques sera un des principaux joueurs de la victoire de l’équipe de France. Il est un des acteurs de la victoire française lors de quatre Tournois des Cinq Nations (1959, 1960, 1961 et 1962).

Les turbulences et la reconstruction : L'adaptation aux défis

Malgré ces succès, le club connaît des périodes difficiles. Cahors est relégué en 1971. Il faudra 3 ans pour retrouver la première division. À la fin du XXe siècle, "Lucien Desprats" subit un grand "lifting". La tribune-pesage est remplacée par une tribune couverte. Des changements de couleurs et des difficultés financières viennent perturber la stabilité du club.

Cependant, le Stade Cadurcien fait preuve d'une remarquable capacité de résilience. Des bénévoles passionnés, des dirigeants engagés et des joueurs talentueux se mobilisent pour maintenir le club à flot et relancer la machine. L'accent est mis sur la formation des jeunes et la consolidation des bases.

Le renouveau : L'émergence d'une nouvelle génération

Au début du XXIe siècle, le Stade Cadurcien entame une nouvelle phase de son histoire. Une école de rugby est relancée opportunément par Frédéric Baldy. Le nombre de jeunes treizistes ne fait que croître au fil des années pour atteindre les 100 licenciés au cours de la saison 2013/2014, un record. Le premier Président de cette nouvelle entité (Cahors XIII Rugby League) est Pascal Gailhard. L’équipe senior est 1ère de sa poule, qualifiée pour la demie finale Coupe Falcou et les phases finales du Championnat de France lorsque l’activité est stoppée par le 1er confinement COVID. L’équipe Junior en bonne voie de qualification suit le même chemin.

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En 2022, L'équipe sénior reprend enfin après une saison blanche dû à la COVID. L'équipe survole la phase de poule avec des scores impressionnants. Elle échoue en 1/4 de finale dans la course au titre de champion de France de fédérale 1 mais se rattrape en accédant à la finale de fédérale 2 gagnée finalement par la redoutable équipe du Thor. En 2023, Première saison en Division Nationale pour Cahors Lot XIII depuis une vingtaine d'années. Les efforts du club portent enfin leurs fruits avec cette génération à haut potentiel. Les cadurciens ont pour objectif de se maintenir dans cette division. Ils réussissent ce pari haut la main en terminant 4ème de leur poule mais en échouant en 1/8 ème de finale face à Salses. Champion de France Élite 1Cahors XIII Fauteuil Vainqueur des Dragons Catalans, 47 à 38.

Cette renaissance est le fruit d'un travail acharné et d'une vision claire. Le club s'appuie sur ses valeurs fondamentales : la convivialité, le respect et la proximité. Il s'investit dans la vie de la cité et noue des liens étroits avec ses partenaires publics et privés.

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